Skip to main content

Full text of "Manuel des jeunes gens, ou sciences, arts et récréations qui leur conviennent, et dont ils peuvent s'occuper avec agrément et utilité ... traduit de l'anglais par Paul Vergnaud"

See other formats


MANUEL DES 
JEUNES GENS, 
OU SCIENCES, 
ARTS ET 



RECREATIONS... 




Digitizett by Goog 



EMGYCLOPÉDIERORET. 

MANUEL ^ 

JEUNES GENS 

ou 

JEUX ET RÉCRÉATIONS 




PARIS 

| LIBRAIRIE ENCYCLOPÉDIQUE DE RORET 



_ 



MANUEL 

DES 

JEUNES GENS. 

TOME I. 



DE L'IMPRIMERIE DE CRÀPELET, 

RUE DE VAL'lilUAKB, K° (). 



Digitized by Google 



MANUEL 



JEUIVES GENS, 



SCIENCES, ARTS ET RÉCRÉATIONS 

QUI LEUR CONVIENNENT , ET DONT ILS PEUVENT 
s'oCCOPER AVEC AGRÉMENT ET UTILITÉ , 

Tels que les Jeux de Billes, de Toupies, de Balles, d'Agilité 
et d'Esprit; les Exercices et Récréations Gym a astiques, 
l'Ire, la Crosse, l'Escrime, la Natation; les Amusemeus 
d'Arithmétique, Magnétiques, d'Optique, Aérostatique* 
et Chimiques; les Tours de Magie, de Cartes, d'une exé- 
cution facile ; les Feux d'Artifice saus poudre et sans dan- 
ger, Jeux de Patience , de Dames, d'Ecbecs, etc., etc. 



TRAlll.'IT de Vk, 

PAR PAUL VERGNAUD. 

Ouvrage orné d'un grand nombre de Pignettet gratiéen si 
par M. Goda un. 




PARIS, 

A LA LIRRA1R11Î EHCYCLOPËD1QUK DE 1 

RUIl RAUTlfBDIU.K, KV COin DE Ll RUE DU BATTOI». 

i83i. 



Lf Éditeur offre cet Ouvrage pour 
son Amusement et son Instruction. 



Digilized by Google 



Digitized by Google 



' MANUEL 

„ DES 

JEUNES GENS. 

INTRODUCTION. 



Ukh encyclopédie populaire des jeux et des passe* 
temps de la jeunesse, un compagnon des jours de 
congé , le •véritable livre des garçons de tout âge r sans 
aucun mélange de ce qui n'est pas pour eux d'un 
véritable intérêt, était un ouvrage désiré depuis long- 
temps. Cette encyclopédie devait suppléer à tous les 
livres que l'on achète pour les enfans, à cause de 
leur bas prix, et quî sont pour eux ou d'un faible 
intérêt, ou même quelquefois d'une inconvenance 
marquée. 

Nous avons publié cet ouvrage pour remédier à 
un aussi grand inconvénient, et nous prions ceux à 
qui la garde de la jeunesse est confiée , de l'offrir à 
leurs jeunes protégés , sous forme de présent de fête 
ou de jour de naissance. Ce livre, où tout ce qui 
I. I 



Digilized 



charme ordinairement la jeunesse se Irouve réuni 
de manière à mériter l'approbation des instituteurs, 
est beaucoup plus amusant et surtout plus instructif 
pour les jeunes gens , que le rebut de bon marché 
pour lequel le schilling (i) amassé se dépense habi- 
tuellement. L'événement a pleinement justifié notre 
attente ; peu d'ouvrages ont eu une réception aussi 
flatteuse de la presse et du public. La première édi- 
tion, tirée à trois mille exemplaires, a été vendue 
sans avertissement eu moins de deux mois. 

L'édition actuelle contient plusieurs changemens 
et additions; elle est augmentée en volume par une 
demi-feuille de plus , et réellement de près d'une 
feuille et demie par la grandeur de ses pages. Les 
articles ont tous été augmentés, et quelques uns d'eux 
refaits. Le volume est enrichi de nouvelles grivures 
d'un dessin et d'une exécution supérieurs. 

On ne peut guère s'imaginer un champ plus vaste 
que celui que nous avons pris. Notre plan embrasse 
tous les arausemens de tout le monde et de toutes 
les saisons : hiver comme été , au logis et dehors ; les 
jeunes gens robustes et délicats, contemplatifs et in- 
génieux , ont chacun leur article. Les jeux et lés 
exercices en plein air, les passe-temps du coin du feu 
d'hiver, et les récréations de la science, sont ample- 
ment détaillés dans ces pages, qui ont été imprimées 
dans un caractère serré, afin de nous permettre de 



(i) Le schelling vaut environ un franc vingt-trois cert- 



Digitized by Google 



DES JEUNES SENS. 3 

réduire toute une bibliothèque en un petit volume. 
Nous pouvons dire que nos peines n'ont pas été 
épargnées pour parvenir à notre but. Nous nous 
sommes efforcés de plaire aux vieux et aus jeunes; 
tâche qui n'est pas facile; et si nous nous trompons, 
ce ne peut être qu'honorablement; car si nous étions 
condamnés par quelques personnes, nous sommes 
sûrs que le plus grand nombre serait en notre fa- 
veur, et qu'une foule d'avocats, appréciant notre 
industrie et nos motifs, prendraient avec plaisir notre 
défense. 




Digitized by Google 




La joyeuse enfance est le bonheur de la vie : le» 
jeunes gens prennent alors plaisir dans les toupies 
et les billes, que les amusemens grave* de l'homme, 
quoique très chers , n'égalent jamais. 

Nous espérons que nos jeunes lecteurs commence- 
ront notre livre avec un plaisir égal à celui que nous 
avons en nous mettant à l'écrire, et que nous con- 
tinuerons ensemble agréablement notre ouvrage. La 
description des jeux de la jeunesse sera un agréable 
passe-temps pour nous, et fera revivre de temps à 
autre ces heureux souvenirs des momens de notre 
enfance où nous étions le héros de la rangette, et 
jamais un adversaire méprisable , même pour les 
jennes joueurs les plus accomplis aux jeux de balle. 
Cela nous rappellera nos heureux jours de congé 



Digitized by Google 



DES JEUNES CENS. 5 

et nos meilleurs camarades d'école, les Uaits d'agi- 
lité faits dans l'imitation et les trophées emportés 
en triomphe à la toupie dans le cercle; cela nous rap- 
pellera aussi les joyeuses matinées où le premier 
rayon du soleil nous réveillait pour donner au jeu 
une demi-heure prise sur le sommeil, sans empiéter 
sur les heures consacrées à l'étude. Cela nous rap- 
pellera encore les jours du règne grondeur de l'hiver, 
ou nous nous réunissions au petit nombre d'écoliers 
actifs , qui , au lieu de s'envelopper dans de grands 
manteaux ou de tourner autour d'un feu , couraient 
dans l'air vif et froid, et faisaient des sauts et des 
bonds dans la neige ou dans la glace qui couvrait la 
terre, cherchant et trouvant à s'échauffer dans un 
jeu de barres , ou faisaient cligner les yeux au jeu 
dangereux du cheval fondu , ou hien défiaient le froid 
en fouettant la toupie avec une peau d'anguille, et 
revenaient le cœur content, les joues rouges, avec 
le meilleur appétit pour notre repas du matin, et 
une bonne volonté parfaite pour nos devoirs d'étude. 
Cela nous rappellera aussi ces endroits frais et om- 
bragés où, lorsque le soleil de midi était à la moitié 
de sa course dans les cieux , dans le chaud mois 
d'août , nous lisions alternativement des livres agréa- 
bles et instructifs, où nous jouions avec nos cama- 
rades de classe à la grande rangette, où nous élevions 
une pyramide de billes pour qu'ils tirassent après , 
où nous tirions après une semblable pyramide élevée 
par l'un d'eux ; cela nous rappellera les montagnes 
et les collines où nous faisions voler nos cerfs-volans , 



Digitized by Google 



6 



MANUEL 



les endroits où nous prenions notre essor pour courir 
à plusieurs milles de là; cela nous rappellera aussi 
nos mésaventures dans les jeux où nous jouions le 
mieux; cette salle chérie où, pendant les vacances, 
abondaient les confitures, les poudings aux prunes , 
et les jeunes gens occupés à les manger ; celte salle 
dans laquelle , la veille de Noël et à la joyeuse Épi- 
phanie , nons jouions , près d'un feu paisible , aux 
jeux de la saison ; la ruine, la cour du château ren- 
versé, avec nn orme haut et respectable placé dans 
nu coin, nid d'une quantité innombrable d'oiseaux 
qui gazouillaient, et ornaient sa verdure. Cela nous 
rappellera encore la scène de nos principaux exploits 
à la halle , l'endroit du jardin où notre pavillon 
d'école était élevé entre deux poiriers jumeaux gigan- 
tesques, et enfin tous ces endroits qui faisaient les 
délices de nos jours de congé, lorsqu'une partie amu- 
sante au saut de mouton récompensait les deux heures 
d'étude employées à résoudre une question d'arith- 
métique, à composer un thème sur quelque sujet 
difficile , à traduire un passage de V Iliade en vers 
latins, ou les vers de Pope en prose française. Nous 
pensons que cela ne nous fera aucun tort d'avouer 
que pous profitions complètement de nos heures de 
récréation. Le passage d'un écrivain célèbre , sot en 
écrivant une syntaxe, mais maître joueur aux billes, a 
été converti en proverbe par quelques personnes sans 
réflexion, et on a accusé les jeunes gens qui étaient 
les meilleurs joueurs d'élre mauvais écoliers. Nous 
avons presque toujours vu le contraire; car nous 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 7 

avons remarqué souvent que les jeunes gens qui con- 
duisaient les jeux étaient les premiers dans leurs 
classes. Il y a un temps pour toute choie; c'est un vieux 
dicton, sur lequel nous nous permettrons une observa- 
tion. Les maîtres d'école consacrent certaines heures 
du jour à la récréation ; on pourrait les employer à 
jouer à des passe-temps agréables et bons pour la 
santé, tels qu'ils prépareraient l'écolier à reprendre 
son travail avec une vigueur nouvelle; l'étude doit 
délasser du jeu, et le jeu de l'étude. Maïs nous ue 
recommandons d'oublier le travail en jouant, que 
pour mieux faire sentir à nos jeunes lecteurs la né- 
cessité d'oublier le jeu en travaillant. 




JEUX DE BILLES. 

11 y avait il y a quelques années , et nous croyons 
qu'il y a encore trois ou quatre espèces de billes. Les 
billes d'argile tachées de brun ou de noir étaient tu 



Digitized by Google 



8 



MANUEL 



plus mauvaises; celles de pierre jaune venaient après, 
et celles en marbre et en agate étaient préférées à 
toutes les autres. Les jeux de billes ne sont pas très 
nombreux ; on peut les varier, et nous n'avons omis 
aucun de ceux qui sont venus à notre connaissance. 

LA TAPZTVK A CALEB. 

C'est le plus simple de tous les jeux de billes. Un 
joueur jette sa bille; l'autre aussitôt s'efforce de là 
frapper ou taper, ou autrement, de la caler, en la tou- 
chant avec la sienne. S'il manque a toucher, le pre- 
mier joueur tire de l'endroit où sa bille est restée, 
après celle du second ; et on continue ainsi jusqu'à 
ce qu'on tape ou cale, qu'on prenne la bille calée ou 
tapée, et que le gagnant recommence le jeu. 

LA ROULETTE. 

Ce jen diffère du précédent en ce qne les billes , au 
lieu d'être tirées avec Je pouce et l'index , c'est-ù-dire 
calées, pour user du mot technique , sont simplement 
roulées par les joueurs. 

LA POO.IJETTB. 

On creuse trois petits trous séparés à peu près 
d'un à deux mètres , et le joueur tire à partir d'une 
ligne qui se trouve à environ trois mètres du pre- 
mier trou. Le sort décide qui jouera le premier ; 
le jeu est de pousser d'abord sa bille dans le premier 
trou : si on réussit, on la pousse dans le second trou; 
si on ne peut le faire, l'autre joueur commence, et 
chacun tire lorsque l'autre manque. 



Digitized by Goog 



DES JEUNES ORS* . g 

Le joueur qui a mis sa bille dans un trou, doit, si 
la bille de «on adversaire est près, la chasser avec 
la sienne aussi loin qu'il le peut; et s'il la frappe, il 
garde son trou. Le joueur qui entre h premier dans 
le dernier trou de cette manière : premier trou, se- 
cond, troisième, second, premier, second, troisième, 
gagne. Le perdant place sa bille près du premier 
trou; le gagnant tire après d'aussi près qu'il le peut 
de la ligne, et tire ensuite trois fois de l'endroit où 
sa bille reste, après celle du perdant. 

J.A TiPBTTH. 

Deux personnes on un plus grand nombre jouent 
à ce jeu ; celui qui commence jette sa bille doucement 
contre un mur, de manière qu'elle puisse rebondir à 
une distance qui n'excède pas un mètre. Un second 
joueur en jette une contre le mur, s'efforçaut de la 
faire rebondir de manière à frapper ou taper l'autre ; 
s'il ne peut la faire toucher, le premier joueur prend 
sa propre bille, et s'efforce à son tour de frapper 
OU taper l'antre. Toute bille ainsi tapée appartient 
à celui qui a tapé, et qui recommence. Dans les en- 
droits où il n'y a que deux personnes qui jouent, 
il vaut mieux frapper chacun deux ou trois billes 
avant de faire usage de celles qui sont parterre. Dans 
ce cas , un joueur peut gagner ses propres billes, et 
prendre celle qu'il lui plaît pour jouer. 

T.E CONQUÉRAIT T. 

C'est un jeu auquel nous ne donnons pas noir» 
approbation , quoique dans notre jeunesse nous l'ai- 



Digilized by Google 



IO MANUEL 

niions beaucoup. On doit jouer avec de fortes billes 
de pierre. Un joueur commence en mettant sa bille 
sur une terre unie et assez dure : le gazon et le pavé 
ne valent rien. L'autre joueur lance sa bille aussi 
fort qu'il le peut , de manière à casser la bille pla- 
cée ; s'il manque , sa propre bille est rejetée , et ainsi 
chaque joueur tire alternativement sa bille après celle 
d'un autre. Une forte bille en casse ou en prend sou- 
vent cinquante ou cent. Dans les endroits où l'on joue 
souvent à ce jeu, on prise beaucoup une bille qui 
en a conquis uue grande quantité d'autres, et le pos- 
sesseur ne la joue que contre celles qui en ont conquis 
une quantité convenue. Quand un grec rencontre un 
grec, ou lorsque deux conquérons sont engagés, le 
nombre de hilles brisées par le vaincu est ajouté a 
celui du vainqueur. Ainsi, si ma bille, ayant brisé 
vingt billes, en conquiert une autre qui en a pris vingt, 
ma bille en conquiert alors quarante et une, savoir : 
vingt de sa première vingtaine, vingt de la vingtaine 
du vaincu, et une pour la bille brisée elle-même. 
Dans l'ouest de l' Angleterre on joue aussi le jeu du 
conquérant avec des coquilles petites, dures et variées, 
qu'on trouve dans les vieux bancs, et dont les lima- 
çons, leurs premiers habit an s , ont disparu. On tient 
la coquille dans l'index de la main droite, et on 
pousse vigoureusement son orifice contre celui de 
celle de l'adversaire ; la coquille qui se casse est ordi- 
nairement conquise. . 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. II 

LA PLANCHE AUX ARCHBS. 

Ou nomme ce Jeu eu quelques endroits les neuf 
irons; il a divers noms , et on le joue quelquefois avec 
des balles de fer au lieu de billes. On roule les billes 
vers une planche élevée, ayant neuf petites arches 
numérotées. Si la bille frappe contre les piles des 
arches, elle appartient au gardien de la planche; mais 
si elle passe au travers d'une d'elles, celui qui la roule 
en réclame un nombre égal au numéro qui était sur 
l'arche au travers de laquelle elle a passé. Nous avons 
vu que les planches, dans ce jeu , étaient marquées au 
haut de quelques arches , de numéros dans cet ordre : 
5, 0,1,3,0, 3, o,4>°; dans quelques endroits où 
on ne numérote pas les planches, et où les nombres 
vont au-delà de cinq , le joueur ne perd pas seulement 
sa bille s'il frappe contre les piles des arches, mais 
donne au gardien de la planche une bille chaque fois 
qu'il joue. 

LA RAflGETTB SIMPLE. 

Les règles de la rangette varient en divers endroits ; 
la règle suivante est la plus générale. On trace un 
cercle dans lequel chaque personne place autant de 
billes qu'on est convenu d'en mettre; on trace une 
ligne, nommée ligne de but, à quelque distance du 
cercle , d'où chacun tire lorsque son tour vient. Faire 
sortir une bille hors du cercle permet an joueur de 
recommencer, et ainsi un bon joueur peut nettoyer 
le rond avant que ses compagnons aient une seule 
chance. Après le premier coup, les joueurs ne retour- 



Digitized by Google 



nent plus à la ligne de but, mais tirent — l'endroit nu 
leurs billes sont restées. Chaque bille »asnîe hors ,J j 
cercle est gagnée par celui qui l'a fraj : tuais si i. 
bille reste dans le rond, le joueur n'e; seule. i * i* 
hors du jeu, mais encore, lorsqu'il >,i, q U . [ qai 
billes, il est obligé de les remettre dan.' oad. Qkw. ■. 
un joueur frappe avec sa bille celle un autre, î<- 
joueur dont la bille est ainsi frappée ■: dehors ; *t 
s'il a pris quelques billes, il doit les . tire dans '• ■ 
main du joueur qui a frappé sa bille. 

LA GRâBDB BAKGETTI 

Ce jeu est supérieur à tous les autrt j<;uxde hiflet; 
il diffère de la rangette simple par h particularité 
suivantes : Si, avant qu'une bille si ' chassée 
du cercle ou de la ligne, la bille d ' » joueur? 
est frappée par la bille d'un autre, .'»e mie d« 
son partenaire, ou bien s'il tire sa - 'îans l'en- 
ceinte, dans l'un ou dans l'autre , il met une 
bille dans le rond , avant qu'aucul 'ntre joue de 
la ligne de but et continue le jeu; iv.is si le pre- 
mier de ces cas arrive après qu'u.it ou plusieurs 
billes ont été chassées hors de l'enceinte, s'il a préa- 
lablement obtenu quelques billes, îl les tt! dans It 
main de celui qui l'a frappé, et un l-ns le cercle 
avant de tirer de la ligne de but. M s'il n'a pas 
obtenu de billes, il ne joue plus per : - t ic reste du 
jeu, ou est tué parce que sa bille a él .p : i« ; et de 
nouveau, si, après qu'une ou plut: if* bille» ont 
été chassées hors du cercle, sa bille ; .itrw [U ,igne 



Digitized by Google 



DES JEBNES GENS. l3 

n'y fait rien ) , il met les billes qu'il a obtenues, avec 
une en plus, dans l'enceinte, et tire de la ligne de 
but. Mais s'il n'a pas eu une ou plusieurs billes après 
que sa bille reste ainsi dans le cercle , ou devient 
gratte, comme on dit , il est tué, et sort du jeu. Quand 
il n'y a qu'une bille dans le cercle , elle peut y rester 
sans être grasse. Les joueurs mettent rarement plus 
d'une bille chacun dans le rond au premier coup. 



Ll PÏBiMIDE. 

On trace un petit cercle dans lequel un joueur fait 
une pyramide, en plaçant trois billes tri angulaire ment 
et une autre au-dessus; un autre joueur peut alors 
tirer d'une distance convenue après la pyramide, en 
donnant à celui qui garde la pyramide une bille 
chaque fois qu'il tire. Si le joueur frappe la pyramide 
avec sa bille , il lui appartient autant de billes qu'il 
en a chassé hors du cercle, et le gardien de la pyra- 
mide doit la tenir complète. C'est un jeu assez amu- 
sant ; tous les joueurs , prenant leur tour à des 
intervalles marqués, penvent y trouver beaucoup de 
plaisir. 

I. 2 



Digitized by Google 



>4 



MANUEL 




JEUX DE TOUPIES. 



L> TOUPIE D'ALLEMAGNE. 

On peut acheter des toupies d'Allemagne de diffé- 
rentes tailles, dans les boutiques. Il faut très peu 
d'art pour s'en servir. Après que la ficelle est entor- 
tillée autour de la partie supérieure , on en prend 
un bout dans une main , pendant qu'on tient la clef 
de l'autre. On n'a qu'à étendre les bras, et la toupie 
tourne sur elle-même eu restant droite. 

TOUPIE A FOUET. 

C'est un excellent amusement. La toupie est lancée 
aisément en la faisant tourner avec les deux mains 
sur un sol uni, fouettant d'abord doucement, puis 
augmentant la force des coups à mesure que la toupie 
s'affermit. 11 y a une variété de cette toupie qui est 
trop singulière pour n'en pas dire un mot : nous 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. l5 

voulons parler de celle de Colchester, 
dont on Toit ci-joint la gravure. Sa 
construction est très simple, et pour 
dormir, on la dit surpasser de beau- 
coup celles qui sont faites d'après la 
méthode ordinaire. Les seuls jeux que nous avons 
tus avec des toupies à fouet sont les courses et Us 
rencontres. Dans le premier, le jeu est de chasser la 
toupie à une certaine distance; dans le dernier, on 
fouette les toupies l'une contre l'autre, jusqu'à ce 
qu'une d'elles soit jetée par terre. La meilleure ma- 
tière pour un fouet est une peau d'anguille; elle sur- 
passe de beaucoup en bonté la corde ou des courroies 
de cuir. 

toupie x FICELLE. 

On peut acquérir beaucoup de dextérité à ce jeu 
en y jouant souvent. A Londres , on fait ordinaire- 
ment tourner ces toupies, et on les prend, pour 
dormir, dans des cuillers de bois, qu'on vend dans 
les boutiques ; mais on joue aussi à la toupie, des jeux 
dans lesquels les vainqueurs emportent des pointes 
de toupies comme preuves de leurs victoires. On 
trace un cercle d'environ un mètre de diamètre, 
sur une terre unie (le pavé ne vaut rien), et plu- 
sieurs joueurs l'entourent. Un d'eux commence en 
jetant sa toupie dans le cercle, et les autres jettent 
alors les leurs après la sienne , pendant tout le temps 
qu'elle y reste : aussitôt qu'elle en sort, il peut la 
reprendre et -la jetor après celles qui y sont restées. 
L'objet de chaque j Dueur est de fendre les toupies de 




Digitized by Google 



16 manuel 

ses compagnons; s'il y reassît, il garde la pointe de 
la toupie brisée, comme trophée de sa victoire. Si 
un des joueurs ne jette pas sa toupie dans le cercle, 
ou qu'il s'efforce de la retirer, ou si elle roule hors 
du cercle, on l'appelle toupie morte, et on doit la 
remettre dans le cercle, afin qu'elle y subisse les 
coups de fer des autres. Quand elle est de nouveau, 
frappée sans être fendue, le joueur à qui elle appar- 
tient la reprend et joue de la même manière. Quel- 
quefois une demi-douzaine de toupies mortes sont 
chassées hors du cercle par un seul coup , sans qu'au- 
cune d'elles soit endommagée; et en général, si elles 
sont faites de bon bois, elles ne se fendent que rare- 
ment. Une toupie à longue pointe est meilleure, parce 
qu'elle sort du cercle presque aussitôt qu'elle est lan- 
cée. Une toupie qui dort aussitôt qu'elle est dans le 
cercle court le plus grand danger, et celles qui dor- 
ment le plus sont des toupies pesantes, avec des 
pointes courtes. 11 est très utile de tourner la corde 
assez près de la pointe, aussi-bien qu'au haut de 
la toupie, et de faire usage d'un bouton à la fin, 
au lieu d'un nœud coulant. La toupie espagnole à 
ficelle, dont la figure est ci-contre, 
est faite de bel acajou, et travaillée 
plus délicatement vers la pointe que 
les toupies anglaises. La pointe est 
très courte, d'une épaisseur égale, 
et arrondie vers la fin. Ces toupies dorment presque 
droites, et trois fois le temps qu'elles dorment ordi- 
nairement. Il ne sert de rien de les jeter avec farce ; 




Digitized by Google 



DES JEUNES GESS. 17 

en effet, elles dorment mieux quand on les lance 
doucement; de manière que pour jouer sur le pavé 
ou le parquet, elles sont de beaucoup supérieures a 
celles faites à la mode anglaise, quoique, pour la 
même raison , totalement impropres pour fa toupie 
dans le cercle, La forme des toupies à ficelle , aussi- 
bien que des toupies à fouet et des toupies d'Alle- 
magne, est si bien connue, qu'il nous serait inutile 
d'en offrir d'autres gravures. 




JEUX DE BALLES. 
Les jeux de balles sont nombreux et amusans : la 
crosse est un jeu si important, qu'il mérite une place 
séparée dans notre ouvrage ; mais quant aux autre* 
jeux de balles, notre jeune lecteur les trouvera à peu, 
près tous dans ce chapitre. 



Digitized by Google 



ï8 



MANUEL 



LA PARTIS SIMPLE. 

On peut joner seul ou avec des partenaires. On 
doit choisir un bou mur, ayant un sol uni en face ; 
on trace une ligne à un mètre de hauteur sur le mur : 
une autre sur la terre, séparée d'un ou deux mètres 
du mur, et arrêtée par deux autres sur le terrain le 
plus près du mur, servant à marquer les bornes, et 
décrivant ainsi trois côtés d'un carré, dont le mur 
sera un quatrième. Les joueurs mettent an^jeu ; le 
gagnant commence en jetant sa balle par terre, et en 
la frappant contre le mur au-dessus de la ligne , de 
manière qu'elle puisse rebondir assez loin pour tom- 
ber au-delà de la ligne tracée sur la terre; l'autre 
joueur la frappe de la même manière, ou avant 
qu'elle ait touché la terre, ou qu'elle ait rebondi plus 
d'une fois; le premier joueur se prépare alors à la 
frapper lorsqu'elle rebondit, et le jec continue ainsi 
jusqu'à ce qu'un des joueurs manque de frapper la 
balle de son compagnon avant qu'elle ait rebondi „ 
qu'il la frappe sous la marque ou la chasse hors de* 
bornes. Si un joueur fait un de ces coups, il perd ce 
qu'il a mis au jeu ; si c'est l'autre , il compte un point 
dans chaque occasion semblable, la partie étant er* 
quinze points. Quand on y joue plusieurs , les règles 
sont les mêmes , chaque joueur jouant à son tour. 
Après le premier coup , il n'est pas nécessaire de faire 
reboudir la balle au-delà de la ligue tracée sur la terre, 
dont on ne fait usage que pour obliger le joueur 
dont la balle est dans le carré à donner la balle , 



Digitized by Google 



DES IEONES GENS. tg 

«'est-à-dire quand il prend son enjeu après avoir 
gagné un point. 

LES HEUF TROUS, OU LA BALLE DANS LES CHAPEAUX. 

Près d'un mur où le sol est uni , creusez neuf 
trous ou un moindre nombre, suivant le nombre des 
joueurs, assez grands pour qu'on y puisse rouler une 
balle avec facilité. Numérotez-les, et qu'on donne à 
chaque joueur son numéro , que le hasard ou le choix 
décidera. On trace une ligue à environ quatre mètres 
des trous; un joueur se place dessus, et jette la balle 
dans un des trous. Le joueur à qui ce trou appar- 
tient la ramasse aussi vite qu'il le peut, et s'efforce 
de frapper un des joueurs avec; ils se sauvent aussi- 
tôt qu'ils aperçoivent que la balle n'est pas pour eux. 
S'il manque son coup, il perd un point, et s'appelle 
perdant, et c'est à son tour à jouer; si cependant il 
«n frappe un autre, il ne perd rien; mais le joueur 
ainsi frappé, en cas qu'il en manque un autre, devient 
perdant, et c'est à son tour à jouer. On peut en frap- 
per ainsi cinq ou six de suite, et garder la balle 
aussi long-temps qu'on pourra, jusqu'à ce qu'on 
manque; alors le joueur qui manque perd un point 
et joue. C'est aussi la règle qu'un joueur accepte la 
balle d'un autre : ainsi, si A est derrière B, et que 
C ait la balle devant B, A peut prendre la balle que 
C lui envoie; il l'attrape, et tâche d'attraper B avant 
qu'il puisse s'enfuir; s'il manque, il perd un point 
et joue. Le second coup se joue précisément comme 
le premier ; mais celui qui joue trois fois sans jeter la 



Digitized by Google 



20 MANUEL 

balle dans un trou perd un point; et s'il en a perdu 
un d'avance , devient deux fois perdant; il doit conti- 
nuer jusqu'à ce qu'il jette la balle dans un trou. 
C'est sa faute si celui dans lequel il la jette lui appar- 
tient. Quelqu'un qui manque son coup deux fois de- 
vient deux fois perdant; celui qui perd trois points, 
trots fois perdant, et celui qui en perd quatre ne joue 
plus. Le jeu continue ainsi jusqu'à ce que tous les 
joueurs soient dehors, excepté un qui gagne. Un des 
perdans prend alors la balle , se place la téte contre le 
mur, et la jette par-dessus son épaule aussi loin qu'il 
peut. Le joueur qui a gagné va à l'endroit où sa balle 
a touché la terre, ou si elle n'est pas tout-à-fait derrière 
celui qui l'a jetée , on trace une ligne depuis l'endroit 
{j que la balle touche jusqu'à une 

\ ligne derrière eelni qui l'a js- 

tée. Ainsi, supposons que le je- 
X. teur soit en a, la balle tombe à 

X b, où l'on tire une ligne qui va 

c — ~- a jusqu'à c. Le gagnant jette alors 

la balle trois fois après le dos du perdant, aussi fort 
qu'il lui plaît. Les autres perdans jettent la balle l'un 
après l'autre , et le gagnant a trois coups de balle à 
leur donner depuis l'endroit où leurs balles touchent 
la terre, comme on le voit ci-dessus. 

Auprès de Londres, on appelle ce jeu la balle dans 
les chapeaux, parce que les joueurs se servent de leurs 
chapeaux au lieu de trous. 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 21 
Lv li li.I.F. EMPOtSQBHÉB. 

C'est un jeu très semblable au précédent. Au lieu 
de rouler la balle dans les trous, on la jette en l'air, 
et le jeteur appelle la personne pour qui il la destine. 
Si le joueur ainsi appelé l'attrape avant qu'elle ait 
rebondi deux fois, il ne perd rien, mais il la rejette 
en l'air, et appelle celui qu'il lui plaît. S'il ne l'at- 
trape pas lorsqu'il le faut, il doit s'efforcer d'en frap- 
per un autre; s'il manque, il perd un point et joue. 
Le reste du jeu, le nombre de points et la punition 
des perdans sont comme dans les neuf trous; des 
deux jeux, c'est le meilleur. 

LA IMT. LE AUX PIEDS. 

Quelques joueurs se divisent en deux troupes égales 
en nombre ; on a une grosse balle, une vessie enflée et 
couverte de cuir vaut mieux que toute autre : on la 
place entre les deux troupes, et le jeu de chaque 
troupe est de faire passer la balle au travers de la 
limite de l'autre, et de l'empêcher de passer au tra- 
vers de la sienne. Le parti au travers de la limite 
duquel la balle passe, perd. On commence le jeu 
entre les deux limites, qui sont séparées de quatre- 
vingt-dix mètres. 

Ce jeu était très à la mode en Angleterre, quoiqu'il 
soit dernièrement presque tombé en désuétude, et 
qu'on ne le joue que très peu. On ne sait quand on 
commença à le connaître; mais il paraît que ce n'est 
qne sous le règne d'Édouard III, quoiqu'il fût dé- 
crié par un édit public, parce qu'il empêchait les 
progrès du tir a l'arc. 



Digitized by Google 



22 MANUEL 

Les gens de la campagne font usage d'une vessie 
enflée , sans couverture de cuir , y mettant des pois , 
ce qui occasionne un certain bruit lorsqu'on la jette 
en l'air. 

Li BALLE ET LA CBOSSE. 

Dans le nord de l'Angleterre , on joue beaucoup 
à ce jeu. Il répond à un passe-temps des Romains, 
qui s'exécutait avec une balle de cuïr remplie de 
plumes , et la balle pour jouer à ce jeu se compose 
des mêmes matériaux à présent. Sous le règne 
d'Édouard III, ce jeu s'appelait cambuca, probable- 
ment à cause du bâton recourbé avec lequel on jouait, 
et qui s'appelait crosse, d'où le jeu a pris son nom 
de la balle et la crosse. 

On y joue à présent avec un battoir dont le 
manche est droit, fait de frêne, et long d'un mètre; 
la partie courbe est attachée au fond, entourée de 
corne par-devant, et de plomb par-derrière. La balle 
est petite et très dure, quoique faite de cuir et rem- 
plie de plumes. Il y a ordinairement deux joueurs, 
dont chacun a son battoir et sa balle. Le jeu 'consiste 
à mettre la balle dans certains trous ; celui qui achève 
le plus tôt, gagne. Les longueurs de battoir, ou 
l'espace entre le premier et le dernier trou, sont 
quelquefois de deux ou trois milles; on peut choi- 
sir les nombres de trous, maïs les balles doivent 
être lancées dedans, et non au-delà. Lorsque quatre 
personnes jouent, il y a quelquefois deux partenaires, 
et ils n'ont qu'une balle, qu'ils frappent alternative- 
ment ; mais chacun a sa crosse. C'était un jeu à la 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 



mode parmi la noblesse du commencement du diit- 
septième siècle, et il amusait beaucoup le prince 
Henri, fils aîné du roi Jacques I er . 

U B.IXLE ET LES TABOURETS, 

Les écrivains anciens font quelquefois mention de 
ce jeu, mais sans dire comment il se joue. Le docteur 
Johnson nous dit qu'il y a un jeu où on jette les balles 
de tabourets en tabourets , mais sans dire comment 
ou à quel dessein. Le jeu consiste à mettre un ta- 
bouret à terre, et un joueur se place devant. Son 
antagoniste jette la balle, et tâche de toucher le 
tabouret. Le premier joueur s'efforce d'empêcher le 
tabouret d'être touché, en frappant avec la main, et 
comptant un à chaque coup ; si au contraire il man- 
que, et que la balle touche le tabouret, les joueurs 
changent de place. Le gagnant est celui qui frappe la 
balle le plus de fois avant qu'elle touche le tabouret. 
Dans quelques endroits, on range un certain nombre 
de tabourets en rond , à une certaine distance l'un 
de l'autre , et chacun est occupé par uu joueur : lors- 
qu'on frappe la balle, ce qui se fait comme avant, 
avec la main, ils sont tous obligés de changer de 
place , courant successivement de tabouret en tabou- 
ret, et si celui qui jette la balle peut la reprendre à 
temps pour en frapper un autre avant qu'il ait atteint 
le tabouret auquel il court, il prend sa place, et le 
joueur touché doit jeter la balle, jusqu'à ce qu'il 
puisse , de la même manière , retourner dans le 
cercle. 



Drgrlized by Google 




LA TRAPPE, LE BATTOIR EX LA BALLE. 

Nos jeunes lecteurs connaissent sans doute la 
forme de la trappe; il ne sera nécessaire pour nous 
que de donner les lois du jeu. Deux bornes sont 
également placées à une grande distance de la trappe, 
entre lesquelles la balle doit passer, quand le joueur 
la frappe ; si elle tombe à c6té d'une d'elles , il perd 
son enjeu. On met au jeu, et le gagnant place la 
balle dans la cuiller de la trappe , touche la raie avec 
le battoir, et lorsque la balle sort de la trappe, la 
lance aussi loin qu'il peut. Un autre joueur s'efforce 
de l'attraper; s'il le fait avant qu'elle ait touché la 
terre ou qu'elle ait rebondi plus d'une fois, ou que 
celui qui frappe manque la balle ou touche la raie 
plus de deux fois sans qu'il frappe la balle , il perd 
son enjeu, et le second lui succède; si la balle était 
bien frappée, mais non pas attrapée, le joueur qui 
ne joue pas, et dans les mains duquel elle tombe, la 



Digitized by Google 



. * 

DES JËONES GENS. 25 

roule depuis l'endroit où il l'a ramassée jusqu'à la 
trappe, et s'il la touche, celui qui frappe est dehors. 
S'il manque, celui qui frappe compte un : on pourra î 
choisir le nombre de points. C'esJ aussi l'usage dans 
quelques endroits, que celui^qai frappe devine a 
combien de battoirs la balle est de là trappe ; s'il de- 
vine juste, il compte ce nombre de points; mais s'il 
en devine plus qu'il n'y en a, il perd son enjeu. Il 
n est pas nécessaire de ne mettre qu'un enjeu. - "* ' 



On joue à ce jeu avec une trappe , et on frappe la 
balle avec un battoir ou un fort bâton, à la volonté des 
joueurs, mais on se sert plus généralement du der- 
nier. Il n'y a pas besoin dans ce jeu de personnes 
pour attraper ou arrêter la balle ; car l'objet est sim- 
plement de savoir lequel jettera la balle le plus loin 
dans un nombre donné de coups. La longueur de 
chaque coup est mesurée avant qu'on renvoie la 
balle par une cordé attachée auprès de la trappe, et 
tenue de l'autre bout par une personne qui n'est là 
qu'à dessein, et qui l'ajuste à la halle, quel que soit 
l'endroit où elle est. La corde est divisée en mètres , 
qu'on compte successivement, de manière que la 
personne placée au fond du terrain peut aisément 
prévoir la distance de chaque coup par le nombre 
de mètres, qu'il dit aux joueurs , qui le retiennent, et 
ou renvoie la balle. Ce passe-temps n'a que peu de 
variété , et n'est pas tout-à-fait si amusant pour les 
spectateurs que la trappe , le battoir et la halle. 

i. 3 



Digitized by Google 



Mi« DEL 



LES H OH DR. 

Dans l'ouest de l'Angleterre, ce jeu est un de 
ceux qu'on préfère le plus à tous les autres jeux avec 
le battoir et la balle. Dans la métropole , on joue à 
un jeu semblable nommé nourricier. Dans les ronds, 

les joueurs se divisent en deux parties 

égales, et le hasard décide laquelle 
g d commencera. On place quatre pierres 

séparées de onze à dix-huit mètres, 
E comme A, B, C, D ci-contre; on en 
A met une autre à E; un de ceux qui 

sont dehors, qui s'appelle le nourricier, 
se place en E. Il jette la balle doucement vers A , à 
côté de laquelle un des joueurs qui sont dedans se 
place, et frappe la balle s'il le peut. S'il manque trois 
fois , ou que la balle tombe derrière A , ou qu'un des 
joueurs ci-dessus, qui sont tous dispersés dans le 
champ, excepté un qui est derrière A, l'attrape, il 
est dehors , et un autre prend sa place. S'il ne manque 
pas , aussitôt que la balle est frappée , il laisse pendre 
le battoir, et court à B , ou s'il peut à C , à D , ou 
même retourne à A. Si cependant le nourricier ou 
un joueur de dehors qui a la balle, la chasse de A à 
B, de B à C, de C à D, ou de D a A, il est dehors. 
Supposons qu'il ne puisse aller qu'à B , un autre 
joue, et si on la manque, le premier joueur va à une 
autre pierre sans être frappé , s'il le peut. S'il ne peut 
aller qu'à C ou à D , le second ne va qu'à B ou à C , 
suivant ce qui arrive , et un troisième joue; lorsqu'ils 



Digilized by Google 



DES JEUNES GENS- 27 

arrivent an logis, c'est-à-dire a A, ils font courir la 
balle jusqu'à ce qu'ils soient tous dehors; les autres 
joueurs leur succèdent alors. 




JEUX D'AGILITÉ ET D'ESPRIT. 



Plusieurs jeux de toupies et de balles sont en par- 
tie des jeux d'agilité et d'esprit, ainsi que plusieurs 
de ceux qu'on trouvera sous le titre de Jeux divers, 
mais les passe-temps suivans sont des jeux d'agilité 
et d'esprit auxquels il ne faut pas d'attirail. 

tM SAUT-DE-OTOUTOW. 

C'est un jeu très amusant. On devrait y jouer dans 
un endroit vaste, loin des maisons, si c'était possible, 
et plus il y a de joueurs , pourvu qu'ils soient de la 
même hauteur et de la même agilité, mieux vaut le 
jeu. Supposons qu'ils soient, une douzaine, que onze 
se mettent en rang, séparés de cinq à six mètres, 
leurs figures dans la même direction, les bras pliés 



Digitized by Google 



28 MANUEL 

ou les mains posées sur les cuisses, leurs têles pen- 
chées eu avant , de manière que leurs mentons soient 
appuyés sur leurs poitrines, le pied droit avancé, le 
dos un peu courbé , les épaules arrondies , et le cnrps 
ferme. Un d'eux commence , en prenant un court 
élan , plaçant ses mains sur les épaules du plus proche 
joueur , et sautant avec leur assistance ( sautant natu- 
rellement avec ses pieds en même temps) par-dessus 
sa tête, comme on voit dans la gravure. Ayant sauté 
surle premier, il va successivement sur le deuxième, 
troisième, quatrième, cinquième, etc., et aussi vite 
que possible. Quand il a sauté sur tous les joueurs, 
il se place a une distance convenable, et celui sur 
lequel il a sauté d'abord , saute le premier par-dessus 
lui , ainsi que le second, troisième , quatrième , etc. ; 
et quand ils ont fini , il se place convenablement, et 
les autres sautent encore par-dessus lui. Le jeu con- 
tinue ainsi jusqu'à ce qu'où soit fatigué. 

La manière de jouer ce jeu à Londres est diffé- 
rente, et procure moins d'amusement, de sûreté et 
de variété. Un joueur se met les mains sur les 
genoux, le corps presque en deux, et son coté au 
lieu du dos tourné vers les sauteurs, qui prennent 
leur élan à peu de distance. Celui qui saute le plus 
loin est reconnu le meilleur joueur. On peut voir de 
suite que ce jeu n'est pas si amusant que le vrai jeu 
du saut de mouton, que nous venons de décrire. 
Celui sur lequel on doit sauter reçoit un plus grand 
choc des sauteurs, et court le danger d'être culbuté, 
ou d'être cogné à la téte par leurs genoux. 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 



LES BAH B BB. 

C'est un jeu fait pour le temps froid. Le meilleur 
nombre de joueurs est six ou huit de chaque côté, 
mais il n'y a pas d'objection à ce qu'il y ait plus ou 
moins de joueurs. Le choix des partenaires est dé- 
cide par le hasard. On trace une ligne d'à peu près 
dix mètres; elle est séparée- d'un mur d'à peu près 
dix mètres; on trace d'astres lignes aboutissant au 
mur, et la troisième depuis le mtlieu.de la première 
ligne jusqu'au mur. Un parti prend possession d'un 
de ces camps, et l'autre parti de l'autre. 

On marque deux prisons, séparées de quatre- 
vingt-dix ou de cent quatre-vingts mètres; elles 
doivent être en face l'une de l'autre. Un joueur sort 
du camp, et un joueur du camp opposé le poursuit ; 
le joueur qui est touché va dans la prison de l'autre 
parti , et celui qui l'a pris ne peut être inquiété lors- 
qu'il retourne dans son camp. Le parti qui gagne est 
celui qui prend tous les joueurs de l'autre. 

LE CHEVAL FOSDU. 

Deux joueurs cherchent des associés. Le meilleur 
nombre est six ou huit de chaque côté. Après leur 
choix, ils mettent au jeu; le perdant et ses associés 
se placent de cette manière : le premier s'appuie 
:ontre un mur, le second met sa téte contre le pan 
le l'habit du premier, et ainsi de suite, jusqu'à ce 
ju'ils soient tous rangés. Ils doivent ou se tenir par 
es pans de l'habit du joueur qui est devant eus,. 



Digitized by Google 



30 MANUEL 

croiser les bras, ou les appuyer sur leurs genoux. Un 
des gagnans commence en prenant l'élan, sautant 
sur un des perdans, et aussi loin qu'il peut; aussitôt 
tons les autres s'élancent sur les perdans; s'ils s'y 
tiennent sans toucher la terre, ou qu'un des perdans 
plie sous le poids, pendant que le conducteur compte 
vingt, les cavaliers gardent leur enjeu , et recommen- 
cent; s'ils ne peuvent pas se tenir sur les dos des 
perdans, ils perdent, et les autres deviennent cava- 
liers, et eux chevaux. 

LES QUATHB COUTS. 

C'est un jeu très simple , maïs en même temps fort 
amusant. On n'y joue que cinq. L'endroit du jeu doit 
être une cour carrée, ou un endroit où il y a quatre 
arbres à peu près à la même distance l'un de l'autre, 
formant les quatre coins d'un carré. U» joueur oc- 
cupe chaque coin, et le cinquième, appelé pot de 
chambre , se place au milieu. Le jeu commence. Deux 
joueurs essaient de changer de coin, et le pot de 
chambre tâche d'attraper un des coins avant qu'un 
autre y soit. S'il réussit, le joueur qui n'a pas de 
coin devient pot de chambre. On doit observer que si 
A et B changent de coin, et que A arrive au coin de 
B, mais que B ne puisse atteindre le coin de A avant 
que le joueur du milieu y arrive, c'est B et non p3â 
A quï devient pot de chambre. 

COQUBLBTTE. 

Un joueur se met à quatre pattes, les autres st 
placent les uns derrière les autres. Un d'eux com- 



Diçiiiizcd by C 



DES JEUNES GENS. 3l 

menée en frappant des mains, criant un , deux, trois, 
coquelette, et sautant sur le dos du premier joueur. 
S'il arrive sur son dos lorsqu'il prononce le dernier 
mot, ïl Ta prendre sa place an bout de la file; s'il 
manque, il devient coquelette a son tour, et les 
autres sautent sur lui jusqu'à ce qu'un d'eux manque 
et devienne coquelette. 

l/rMITATlOW. 

Sans un conducteur actif, ce jeu est ennuyeux et 
monotone ; avec un bon conducteur, c'est tout-à-fait 
le contraire. On peut y jouer en nombre indéter- 
miné. On choisit un conducteur do jeu, et tous les 
joueurs se placent derrière lui. Il ouvre le jeu en 
faisant quelque trait d'agilité, tel que sauter, grimper, 
ou tout autre , que les autres s'efforcent de faire. Il 
en fait alors un autre, et le jeu continue jusqu'à ce 
qu'on Veuille finir. Le plus actif doit être choisi pour 
conducteur; il doit faire des traits d'agilité assez dif- 
ficiles pour rendre le jeu intéressant, évitant en 
même temps ceux qui ne pourraient être faits que 
par lui ou un ou deux autres. Si un joueur peut faire 
un tour qu'aucun autre ne peut faire, il devient 
conducteur du jeu, jusqu'à ce qu'il soit surpaisé par 

C'est un jeu d'agilité. Le meilleur nombre pour 
jouer à ce jeu est six ou huit. Un joueur s'appelle 
toucheur, et tous les autres se sauvent et l'évitent. Il 
les poursuit tous, et s'il en attrape un, le joueur qui 



Digitized by Google 



3a MANCEL 

est pris devient toucheur. C'est un jen amusant pen- 
dant le froid. On appelle quelquefois ce jeu touche- 
bois ou touche-fer; dans ces cas, les joueurs ne sont 
en sûreté que lorsqu'ils touchent du fer ou du bois , 
comme on en convient d'avance. On ne peut les 
toucher que lorsqu'ils courent d'un morceau de bois 
ou de fer à un autre. 



JEUX PRÉPARÉS. 

Les jeux préparés sont très nombreux. Les plus 
ordinaires sont avec le cerf-volant , le cerceau, le 
suceur, la sarbacane, et deux ou trois autres. Nous 
offrons à nos jeunes lecteurs une description de cha- 
cun de ces jeux. 

U CAHOSHIÉRB. 

La canonnière est un morceau de bois creux , avant 
une baguette et deux Louchons. On place un bou- 
chon dans la omonnièr::, l'autre bouchon en dessus , 



DES JEUNES GENS. 33 
et en en fonçant la baguette très vile, le premier 
bouchou part avec beaucoup de force. On fait aussi 
la canonnière avec des bouta d'aile, avec lesquels 
on coupe des bouchons dans des morceaux de pomme 
de terre crue. 

I..V FHOHDB. 

Coupez un morceau de cuir ovale, large d'environ 
quatre ou cinq centimètres dans sa plus grande lar- 
geur; attachez à chaque bout une courroie de cuir, 
dont l'une doit être plus longue que l'autre; place*, 
une pierre sur la partie ovale, entortillez la courroie 
la plus longue deux ou trois fois autour de votre 
main, tenez la plus courte entre le pouce et l'index, 
laissez-la aller, et la pierre sera lancée avec beaucoup 
de force. De petits morceaux d'argile, attachés à une 
baguette flexible, peuvent être lancés à une hauteur 
incroyable. 

L.V SlHSlDiïï. 

Au moyen d'un tube d'étain ou de cuivre, on peut 
"t" lancer un pois à une distance très 

considérable par la seule force de 
l'haleine. Les naturels de Macous- 
lie, avec une sarbacane de coudrier 
de trois à quatre mètres de long, 
lancent des flèches avec tant de 
force et de dextérité, qu'ils abat- 
tent différentes sortes de gibier. 




Digitized by Google 



34 



MANUEL 



Pour construire le cerf-volant, il faut vous pro- 
curer une baguette droite c, et une pliante pour 
faire l'arc. Attachez l'arc par son milieu avec de la 
ficelle, à peu de distance 
de la baguette, au-dessus 
du cerf-volant; nouez les 
ïjyd deux extrémités de l'arc , et 
attachez-les à la baguette 
par une corde qu'on noue 
aux deux bouts, et qu'on 

la baguette, telle que a, à. 
On doit placer la corde à la 
jonction de l'arc et de la 
baguette , et l'attacher à /, 
et de là à a; de a, elle doit 
passer à un trou en e, de là 
a d, à /, où on la passe au 
travers d'un trou fait exprès , et de nouveau k a, h, d. 
La carcasse étant maintenant complète, vous n'avei 
qu'à coller assez de papier pour la recouvrir et vous 
procurer un étui pour coller sur les bords exté- 
rieurs. Ensuite faites deux trous dans la baguette, 
dont un à peu près du cinquième de la longueur 
totale a partir du haut, et un autre vers le bas, à peu 
près en b; passez au travers, et attachez, par un 
nœud fait aux deux bouts, votre corde ventrière, 
à laquelle la balle de ficelle, par laquelle on lance U 




DES JEUNES GENS. 



35 



cerf- volant , est ensuite fixée. Les ailes se font de plu- 
sieurs feuilles de papier à écrire, taillées en glands, 
et attachées en a et d. La queue, qui doit être dix 
ou quinze fols aussi grande que le cerf-volant, se 
fait en attachant des glands de papier quatre fois 
pliés, larges denviron deux à trois centimètres, et 
longs de sept à huit centimètres, séparés de quatre à 
cinq centimètres , sur une ficelle ayant un gland plus 
gros, semblable à ceux des ailes, au bout. "Votre 
cerf-volant est alors complet, et prêt à être lancé 
comme à l'ordinaire. On sait bien que c'était l'usage 
du célèbre docteur Franklin de lancer un cerf-volant 
avant d'entrer au bain; et alors, se couchant sur le 
dos, de se laisser entraîner par sa force. Le maître 
d'un collège de Bristol , parmi les élèves duquel 
nous avons passé plusieurs heures à lancer des cerfs- 
volans, a réussi à voyager sur les routes publiques 
( nous pensons de Bristol à Londres ) avec une 
vitesse étonnante, dans une voiture traînée par des 
cerfs-volans , de la manière la plus sûre, malgré les 
variations du vent et les sinuosités des routes. 



Digitized by Google 



MANUEL 




LE THAUMATHOPE. 

Ce jeu, très amusant, est fait et montré de la manière 
suivante. Coupez nu morceau circulaire de carte, à la- 
quelle vous attachez six morceaux de ficelle, comme 
ci-dessus; dessinez d'un côté une figure avec des 
balles, et de l'autre deux balles seulement, comme 
ci-dessus ; prenez alors une des cordes entre le pouce 
et l'index de choque main, près de la carte; tournez- 
la rapidement, et, suivant la paire de ficelles que 
vous tenez , la figure semblera jeter deux , trois ou 
quatre balles , en différentes directions. On peut faire 
usage de plusieurs cartes et devises; par exemple, 
vous pouvez dessiner un oiseau d'un côté et une cage 
de l'autre; et en ne prenant que les morceaux de 
ficelle du centre , l'oiseau paraîtra dans la cage ou la 
volière, un cheval d'un côté et un cavalier de l'autre, 
comme ci-dessus (ayant soin de renverser les figures 
on de les dessiner sens dessus dessous ) ; et en faisant 
usage de différentes paires d« cordes, vous pouvez 



Digitized by Google 



foire paraître le cavalier sur le cheval, sautant des- 
sus ou « coté, comme il vous plaira. Pour d'autres 
dessins, nous indiquerons une corde tendue et un 
danseur, un corps et une téte, une chandelle et une 
flamme, un tableau et sa bordure, etc. 





I.A RAQUETTE ET LE VOUIt. 

On trouve des volans et des raquettes dans toutes 
les boutiques, à bon marché. Deux personnes jouent 
a ce jeu en se renvoyant le volant avec les raquettes. 

Le volant est de longue date un jeu d'enfant : il 
paraît qu'il a étéà la mode parmi les personnes âgées 
sous le règne de Jacques I", et on en parle comme 
tel dans une vieille comédie de ce temps. Parmi les 
anecdotes qu'on raconte du prince Henri , fils de 
Jacques I", se trouve la suivante : Son altesse jouant 
au volant avec quelqu'un d'une taille plus élevée que 

i. 4 



Digitized by Google 



MANUEL 



la sienne, le toucha par hasard sur le front avec le 
volant : «Voici, dit-il, la rencontre de David et de 
Goliath. ■ 

LE SUCEUR. 

Prenez un morceau de cuir , trempez-le bien dans 
l'eau, retirez-le, placez-le suruue pierre, et pressez- 
le bien avec le pied; faites-y un trou, et passez-y une 
ficelle ayant un nceud au bout, pour l'empêcher de 
s'en aller. Vous pouvez alors, en tirant votre suceur, 
élever un poids considérable. 




LH CERCEAU. 

Tout le inonde sait faire courir le cerceau à l'aide 
d'une baguette. On y ajoute quelquefois des morceaux 
d'étain, ce qui produit un carillon assez agréable. 
Dans quelques endroits, on lance les cerceaux l'un 
contre l'autre, et le cerceau qui tombe dans ces ren- 
contres est conquis. 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 



39 



LE CHAT ET LE HAT. 

C'est un jeu français : on y joue à deux. Le rat 
tient deux morceaux de bois plat, dont les bords de 
l'un sont dentelés; les joueurs ont les yeux bandés, 
et sont attachés à une longue corde fixée à un bâton 
par un nœud coulant, afin de flotter librement dans 
Jes évolutions faites par les joueurs. Le rat racle de 
temps en temps les morceaux de bois l'un conlre 
l'autre, et celui qui fait le chat, attiré par le son, 
s'efforce de l'attraper. 

LE FUSIL A fi ESSOR T DE MONTRE. 

Coupez proprement un morceau de bois long d'à 
peu près un décimètre, eu forme de crosse de fusil 
ou de pistolet ; taillez une coulisse dans la partie 
supérieure; dans cette coulisse, placez un tuyau de 
plume ouvert aux deux bouts, et attaché par un fil 
ciré. Il faut que le tuyau dépasse la pointe de la crosse, 
et qu'il atteigne jusqu'au milieu. Ensuite procurez- 
*vous un vieux ressort de montre, qu'on peut acheter 
à bon marché chez un horloger, coupez-en un mor- 
ceau à peu près aussi long que le tuyau de plume, 
courbez-le en arrière, et attachez-en un bout à la 
partie supérieure ou au bont de la crosse ; faites alors 
un petit trou au milieu de la crosse, à environ trois 
centimètres du bout du tuyau ; coupez une épingle en 
deux, attachez-en la moitié par la téte à un morceau 
de fil, attachez l'autre bout au fil qui se lie ou ressort ; 
c'est la détente, et votre fusil est maintenant complet. 



Digitized by Google 



4o MANUEL 

Pour vous eu servir, placez une flèche ou une bille 
dans la coulisse, entre le bout du tuyau el le trou ; 
passez l'épingle au travers du trou , et courbez en 
arrière le ressort, de manière que l'épingle le toucbe ; 
prenez le jonet dans la main droite , tirez la détente 
avec l'index , et le ressort , étant ainsi lâché , lancera 
la flèche ou la bille à une grande distance. Si vous 
vous servez de flèches , vous pouvez tirer après une 
petite marque ou but. 

JEUX DIVERS. 

Sous ce nom , nous avons l'intention de décrire 
une foule de jeux amusans , qu'on ne pourrait com- 
prendre dans les classes précédentes. 

touchk-l'ours- 

On tire au sort pour le premier ours, qui s'asseoit 
sur une pierre, tenant dans sa main le bout d'une 
ficelle longue de deux ou trois mètres, dont son 
maître tient l'autre bout. Les autres joueurs attaquent 
l'ours avec leurs mouchoirs roulés , et le maître s'ef- 
force d'eu toucher un , et s'il réussit sans lâcher la 
corde, ou sans àter l'ours de son siège, le joueur 
touché prend la place de l'ours. Chaque ours a le 
privilège de choisir son maître , et avoir été ours une 
ou plusieurs fois n'empôche pas un joueur, s'il est 
touché , de le redevenir. 

LRS RICOCHETS 1 . 

On joue à ce j eu en lançant des pierres plates ou 
des morceaux d'ardoise sur la surface d'one rivière 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS . 4 1 

ou d'un étang. De ce jeu vient le proverbe qu'on 
applique à un prodigue : ■ Il fait des ricochets de 
son argent. » Si la pierre touche l'eau, et rebondit 
une fois, c'est un point; si elle rebondit deux fois, 
c'est deux points, et si elle rebondit trois fois, c'est 
trois points. Celui qui fait rebondir sa pierre ou mor- 
ceau d'ardoise le plus grand nombre de fois , gagne. 



C O J. I W - M A I IX A K 1 > . 

Ce jeu populaire, à la mode et charmant, est si 
connu , qu'il nous serait inutile de le décrire. Il y en 
a cependant une variété, nommée colin-maillard à la 
silhouette, qui est moins connue , mais aussi amusante. 
On suspend un grand morceau de linge blanc au 
bout d'une chambre, et, à peu de distance , Colin- 
Maillard s'assied sur un bas tabouret , la figure tour- 
née vers le linge. Tout droit, à un mètre derrière 
lui, est une chandelle sur une table; toutes les autres 
lumières doivent être éteintes. Les joueurs doivent 
passer derrière le linge l'un après l'autre, boitant et 
se contournant comme il leur plaît, de manière à 



Digitized by Google 



MANUEL 

contourner leur ombre. CcJi a -Maillard , qui ne doit 
pas tourner la téte, dit exactement quelle est la per- 
sonne qui passe. S'il devine, en ne nommant qu'âne 
fois pour chaque personne, cette personne prend sa 
place. 

1RS traîneaux. 
C'esï un des amusemens que Fîtz-Stéphen permet 
aux jeunes gens de Londres; et autant qu'on peut 
juger de la description de ce jeu, il ne diffère 
guère de celui d'à présent. Il fait mention d'un autre 
passe-temps sur la glace ; voici ses mots : ■ D'antres 
font un siège de glace aussi grand qu'une meule de 
moulin, et ayant placé un de leurs camarades dessus, 
ils le traînent ; mais il arrive quelquefois que , mar- 
chant sur des glissoires, ils tombent. » On tait aussi 
des traîneaux qui sont attachés à un centre commun 
par une forte corde , et les joueurs qui sont dedans 
sont traînés avec beaucoup de vitesse, et forment un 
eercle. On en vit sur la Tamise, pendant un très 
grand froid, au commencement du dernier siècle, 
comme le couplet suivant, pris dans une chanson 
écrite sur ce sujet, le prouve : 

Lorsque la canaille court étourdiment en traîneaux, 
et qu'on ne trouve qu'na cercle de folie. 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS . 



43 




14X18 U. 

Ce n'est pas un passe-temps moderne, et îl' est venu 
plutôt de la nécessité que du désir de s'amuser. Les 
gens du Nord se vantent de traverser la neige sur des 
patins de bois. Strutt dit qu'il ne peut pas assurer en 
quel temps on commença a connaître ce passe-temps ; 
mais on en trouve quelques traces dans le treizième 
siècle, où, suivant Fitz-Stéphen, il était d'usage dans 
l'hiver, quand la glace pouvait les porter, que les 
jeunes citoyens de Londres attachassent les os des 
animaux sous leurs pieds; et alors, prenant une 
perche , se poussassent en avant en la frappant contre 
la glace, « égaux en vitesse, dît l'auteur, à un oiseau 
fendant l'air ou à une flèche tirée d'un arc » ; mais 
nous ne devons pas croire beaucoup aux expressions 
poétiques. II ajoute alors : - Deux patineurs se four- 
nissent de perches et se frappent l'on l'autre ; et il 
arrive quelquefois qu'un ou tous les deux tombent, 
et après leur chute sont portés à une grande distance 



Digilized by Google 



44 MANUEL 

par la rapidité du mouvement , et non pas sans quel- 
que blessure. • Les patins de bois ferrés d'acier, qu'on 
attache autour du pied, comme les cothurnes des 
Grecs et des Romains, viennent probablement des 
Pays-Bas , où l'on dit qu'on les a inventés , et où, 
comme on le sait, les personnes des deux sexes en font 
usage lorsque la saison le permet. Quelques écrivains 
modernes ont assuré que la métropole de l'Ecosse a 
fourni plus d'exemples d'élégans patineurs qu'aucun 
autre pays , et l'institution d'un club de patineurs 
n'a pas peu contribué à cet amusement. Strutt, en 
le rappelant, observe que lorsque la rivière Serpente^ 
dans Hyda-Parc , fut glacée, il vit quatre personnes 
y danser, si on peut se servir de cette expression, 
un double menuet, avec autant de facilité, et peut-être 
plus d'élégance, que dans une chambre, et d'autres 
qui, en tournant avec beaucoup d'adresse , ont écrit 
sur la glace toutes les lettres de l'alphabet. 



Digitized by Google 



DES JEUNES GEKS. 




J.'F.SClRrOLKTIE. 

La construction de l'escarpolette est simple. Ou 
fixe deux cordes de même longueur à deux arbres, 
on bien à un châssis de bois placé eu croix ; on at- 
tache un siège entre les deux cordes , et celui qui 
s'asseoit peut être balancé par un autre. A ce dessein, 
on ajoute une corde au siège. 

le fhawçâi» bt l'a h «lais. ' 

Pour jouer à ce jeu , on se divise en deux partis 
égaux en nombre; les deux partis prennent chacun 



Digitized by Google 



46 MANUEL 

le bout d'une corde, et s'efforcent de tirer leurs ad- 
versaires au-delà d'une ligne tracée à la craie. Lorsque 
tous les joueurs d'un parti sont ainsi faits prison- 
niers, l'autre parti gagne. On peut jouer en nombre 
indéterminé, et ce jeu procure beaucoup d'amusement 
et d'exercice. 

CH1T POINTU. 

Chat pointu , ou plutôt le jeu du chat, est un 
passe-temps rustique bien connu dans plusieurs par- 
ties du royaume. Sa dénomination dérive d'un mor- 
ceau de bois nommé chat, avec lequel on y joue Le 
chat a à peu près quinze centimètres de longueur, 
et trois à quatre centimètres de diamètre ; il est pointu 
aux deux bouts en forme de double cône. Par cette 
singulière forme, les places de la trappe et de la balle 
sont ménagées; car le chat étant par terre, le joueur 
le frappe fortement avec son bâton, il n'importe sur 
quel bout, et il s'élève, avec un mouvement de ro- 
tation , assez haut pour qu'il le frappe , lorsqu'il 
retombe, comme il frapperait une balle. 

II y a plusieurs manières de jouer à ce jeu ; mais 
nous ne parlerons que des deux suivantes. La pre- 
mière est très simple , et consiste à tracer un grand 
rond au milieu duquel le frappenr se place ; il doit 
frapper le chat sur le rond : s'il manque , il est dehors, 
et un autre joueur prend sa place ; s'il réussît, il 
mesure de l'œil la distance qu'il y a entre le chat et 
le cercle , et demande à ajouter le nombre de points 
qu'il lui plaira. Si le nombre demandé se trouve, 
lorsqu'on mesure, excéder le même nombre de la 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 47 

longueur du bâton, il est dehors; au contraire, s'il 
ne le dépasse pas, il obtient sa demande. La seconde 
méthode est de faire quatre, six ou huit trous en 
cercle , et aussi rapprochés que possible , à d'égales 
distances les uns des autres , et à chaque trou on place 
un joueur avec son bâton; un joueur du parti opposé, 
qui est dans le champ, jette le chat à celui qui est le 
plus près de lui , et chaque fois qu'on frappe le chat , 
les joueurs changent de trou, et courent d'un trou à 
l'autre successivement. Si le chat est lancé à une 
grande dislance, ils continuent à courir de la même 
manière; ils comptent vingt points chaque fois qu'ils 
courent d'un trou à un autre. Mais si leurs opposans 
arrêtent le chat, et qu'il tombe entre deux trous 
avant que le joueur qui en a quitté un puisse atteindre 
l'autre, il est dehors. 

U MlIlFLLK. 

Dans quelques endroits de l'Angleterre, ce jeu 
s'appelle poule. On joue à ce jeu avec une écaille 
d'huître, de ta manière suivante. Tracez avec de la 
c 1 craie une figure semblable à celle 
ci-jointe; mettez au jeu. Le gagnant 
se. place à " , et jette l'écaillé dans 
le n° I , qu'on appelle la première 
case; il s'avance à cloche-pied dans 
cette case, et lance l'écaillé avec le 
pied droit, c'est-à-dire la rejette 
vers Il jette ensuite l'écaillé dans le 
n° a , saute dans le n° I avec le pied 




Digitized by Google 



48 MANDEL 

gauche; et, plaçant le pied droit dans le n° a t re- 
jette l'écaillé dehors, et revient, sautant en arrière, 
dans le n° i, et de là dehors. Il doit alors jeter 
l'écaillé dans le n° 3, sauter dans i , a et 3 , rejeter 
l'écaillé, et revenir successivement au travers de 
toutes ces cases; il va ensuite à 4 , 5 et 6 de la mime 
manière , et à chaque coup saute dans la case d'avant 
avec uo pied seulement, et la même chose en reve- 
nant , renversant l'ordre des numéros. Ensuite, il 
met l'écaillé dans le n° i , y saute , la jette dans a , et 
ainsi jusqu'à 6 , et retourne de la même manière , 
case par case, à Enfin, il jette l'écaillé dans le n° i, 
met le pied droit dans la case, et lui fait parcourir 
tous les numéros au-delà de la ligne de fi d'un seul 
coup. S'il réussit à faire tout ceci exactement, il 
gagne. Si au coniraire il se met dehors, comme on le 
décrit plus bas, le second joueur prend sa place; 
mais s'il se met dehors sans finir le jeu , le premier 
reprend son jeu a l'endroit où il était lorsqu'il sortit. 
Le second fait la même chose , si le premier sort une 
seconde fois. Lorsqu'il y a plus d'un enjeu, le joueur 
qui finit le jeu comme ci-dessus gagne. Un joueur 
perd son enjeu dans un des cas suivans : s'il jette 
l'écaillé dans la mauvaise case ou sur la ligne ; s'il 
met deux pieds dans une case ou un pied sur la ligue, 
ou s'il ne jette pas l'écaillé hors de la case où elle 
est d'abord; s'il met ses mains à terre; s'il lance 
l'écaillé au-delà de la ligne c (excepté dans le dernier 
coup, qui s'appelle le long coup), ou au-delà des lignes 
a i't h; si , en s'avançant, il met le pied dans 3 avant i, 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS, 49 

ou le contraire en revenant; ou si , jetant l'écaillé, il 
la pousse au-delà de la case qui suit celle dans laquelle 
elle est; ou si , pendant le jeu, après avoir sauté dans 
une case , il saule plus d'une fois pour approcher de 
l'écaillé; s'il saute après l'avoir lancée; ou enfin, si 
dans le long coup il ne la jette pas d'un seul coup , 
depuis i josqn'au-delà de la ligne c. Mais observez 
que lorsqu'il a jeté l'écaillé dans le n° i, ou toute 
autre case au - delà , il n'est pas forcé de la jeter 
dehors, c'est-à-dire au-delà de la ligue d, d'un seul 
coup. 

LE ROI DÉTRÔNÉ. 

C'est un jeu très simple, mais en même temps 
très amusant. Un joueur se place sur une col- 
line, et tâche de garder son poste aussi long-temps 
qu'il peut contre les attaques de ses camarades , qui 
s'efforcent de le déloger chacun à son tour; s'ils 
y réussissent, le joueur qui l'a détrôné prend sa 
place. 



Digitized by Google 



5o 



MANUEL 




H I I 1MCHE BALAKÇOIRE. 

On met une planche en équilibre sur une pierre, 
un arbre tombé ou tonte autre chose semblable , et 
un joueur se place à chaque bout; de cette manière, 
par un léger mouvement, quand la planche est con- 
venablement placée, chaque joueur s'élève et s'abaisse 
alternativement. On doit observer que si les joueurs 
sont inégaux en poids , le plus pesant doit , pour 
conserver l'équilibre, occuper le bout le plus court 
de la planche. 

CLICHE-MUSETTE. 

On joue à ce jeu de la manière suivante. Tous les 
joueurs, excepté un qui va se cacher, se rassemblent 
à un endroit nommé chalet. Quand le joueur est ca- 
ché, il crîe : Fait! les autres cherchent alors à le 
trouver. Celui qui découvre le joueur caché s'écrie : 



DES 1 ZONES GENS. 5l 

Fait! le joueur caché sort alors de sa cachette, et 
s'il en peut attraper uu autre, le joueur pris doit le 
porter sur son dos au chalet. C'est alors le tour du 
joueur qui a fait la découverte d'aller se cacher, et 
les autres s'efforcent de trouver sa cachette, comme 

C'est un jeu très semblable au précédent. Ou cache 
un mouchoir ou quelque autre bagatelle; les joueurs 
s'efforcent de le trouver. Celui qui a caché le mou- 
choir encourage les joueurs qui en sont près, en 
leur disant qu'ils brûlent, et les avertit qu'ils s'en 
éloignent, en leur disant qu'ils glacent, et celui qui 
l'a découvert le cache à sou tour. 

LS CU JLIKR ( HII'IMS ). 

Les Grecs avaient un passe-temps nommé hippas ; 
c'était , dit - on , une personne montant sur les 
épaules d'une autre , comme sur un cheval. On voyait 
chez nous un jeu de cette espèce au commencement 
du quatorzième siècle, et on le voit encore dans 
quelques endroits du pays; ce sout deux compétiteurs 
qui luttent l'un contre l'autre , et celui qui ôte son 
adversaire du dos de son porteur est le vainqueur. 
On choisit ordinairement Une pelouse pour jouer â 
ce jeu. 

P. MF! LU L* AIGUILLE. 

Enfile l'aiguille peut être joué par un nombre con- 
sidérable d'enfans qui se tiennent les mains , et le 
jeu commence par le dialogue suivant entre les deux 



Digitized by Google 



52 MANUEL 

joueurs qui sont su bout de la ligne : •Combien de 
lieues d'ici à Babylone ? — Soixante-dix. — Puîs-je y 
aller à la lueur de la chandelle? — Oui , et revenir. 
— Alors, ouvrez les portes sans plus de peine, et 
laissez passer le roi et ses hommes. • Pour obéir a 
cet ordre, te joueur qui est à l'autre bout de la ligne 
et celui qui est devant lui élèvent leurs mains aussi 
haut que possible; le premier joueur approche et 
court sur les mains ainsi élevées , et toute la ligne le 
suit sans se désunir, s'il est possible : c'est enfiler 
l'aiguille. On répète le même dialogue; le répondant 
devient demandeur, et court entre les deux joueurs 
d* l'antre bout , ayant toute la ligne derrière lui. 
C'est alors au tour du premier. 

LU GA.SAK». 

On peut jouer à ce jeu en nombre qui dépasse 
trois , mais pas plus de sept ou huit; on fixe eu terre 
une grosse pierre ayant un sommet uni, et on marque 
une ligne de but à sept ou neuf mètres de distance. 
Chaque joueur se munit d'avance d'un caillou ou 
d'une grosse pierre, d'une taille double de celle d'une 
balle de crosse ou à peu près; et un d'eux, par le 
hasard ou le choix, devient canard, c'est-à-dire 
que, au lieu de jouer, il place sou caillou sur la grosse 
pierre, et se retire un peu de côté. Les joueurs jettent 
leurs cailloux après celui du canard, chacun à son 
tour, de la ligne de but, et s'efforcent de le pousser 
hors de sa place. Chaque joueur, aussitôt qu'il a jeté 
son caillou, cherche une occasion de le ramener an 



Digilized by Google 



DES JEUNES GENS. 53 

but, de manière à le rejeter; mais si le joueur qui est 
canard peut le toucher après qu'il * pris son caillou 
et avant qu'il atteigne le but, pourvu que son caillou 
reste sur la grosse pierre, le joueur touché devient 
canard. Il arrive quelquefois que trois ou quatre des 
cailloux des joueurs sont si près l'un de l'autre, que le 
joueur qui est canard peut être à leur portée; dans 
ce cas , ils ne peuvent pas , sans courir le risque d'être 
touchés, les ramasser, jusqu'à ce qu'an de ceux qui 
sont au but soit assez heureux pour ôter le caillou 
de la pierre, alors, avant que le canard puisse le 
remettre (ce qu'il doit faire avant de toucher nu 
joueur) , ils prennent tous leurs cailloux , et courent 
au but , où naturellement ils sont en sûreté. 

l'A MOUFLE. 

C'est ordinairement un jeu de salon , quoiqu'il n'y 
ait pas d'antre objection à faire à ee qu'on y joue sur 
une pelouse sèche, que celle qu'on ne l'entende pas, 
lorsque son possesseur momentané la frappe et qu'elle 
passe autour du cercle joyeux. Plusieurs jeunes gens 
s'asseoient eu cercle ; on leur donne une pan- 
toufle, et un d'eux, qui accepte ordinairement cet 
office pour commencer le jeu , se place au centre, et 
il doit chasser la pantoufle d'après l'indication du 
son. Les personnes assises se la passent de manière à 
empêcher, s'il est possible, qu'on la trouve dans la 
possession de quelqu'un; afin que le joueur du centre 
puisse savoir où est la pantoufle, on. la frappe de 
temps en temps sur la terre , et on la passe à droite 



Digitized by Google 



54 MANUEL 

ou à gauche. Lorsque celui qui chasse la pantoufle la 
trouve dans la possession de quelqu'un du cercle, la 
personne sur laquelle on la trouve prend sa place. 

IE MAIL. 

Le mail est un jeu dans lequel ou lance un mor- 
ceau de bois rond , avec un maillet, au travers d'une 
arche de fer; celui qui peut le faire en moins de 
coups ou en un nombre donné, gagne. Il faut observer 
qu'il y a deux de ces arches, c'est-à-dire, une à 
chaque bout de l'allée. Le jeu du mail était un amu- 
sement à la mode sous le règne de Charles II , et la 
promenade de Saint-James-Park , nommée le Mail, 
reçut ce nom parce qu'elle était consacrée à ce jeu , et 
que Charles et ses courtisans s'y exerçaient souvent. 
La dénomination mail, donnée à ce jeu, vient évi- 
demment du maillet ou marteau de bois dont on se 
sert pour frapper la balle. On s'apercevra que ce jeu 
est assez semblable à la balle et la crosse. On nous a 
dîi qu'il existe encore en quelques endroits de l'An- 
gleterre ; mais nous devons avouer que nous ne 
l'avons jamais obserré. 

s'avancer ht sauter. 

C'est un jeu d'émulation ; le but est de savoir 
lequel des joueurs prend le plus de terrain dans un 
saut et un pas faits successivement. On peut les faire 
sans élan ou avec un clan , ce dont les joueurs con- 
viennent en commençant. 



Digitized b 



SES JEUNES GENS. 



55 



TlUFit l'EtUvB. 

Plusieurs joueurs s'asseyent en ligne, et de telle 
manière que chacun soit tenn autour du corps par 
celui qui est derrière lui. Lorsqu'ils sont tous ainsi , 
deux joueurs prennent par les mains celui qui est à 
l'extrémité de la ligne , et tirent jusqu'à ce qu'ils le 
séparent de l'autre; ils prennent alors le second de 
la même manière, et continuent ainsi jusqu'à ce 
qu'ils aient séparé toute la ligne.' 

LES ECLAIBEUBS BOITEUX. 

Deux eufans s'agenouillent l'un devant l'autre, 
chacun sur un genou, tenant l'autre en l'air; on 
donne à l'un une chandelle allumée, et à l'autre une 
chandelle éteinte. Ils s'efforcent d'allumer la der- 
nière; mais, étant en équilibre sur un genou, et 
prêts à tomber par le moindre mouvement, ils trou- 
veront cela si difficile , que cela amuse beaucoup les 
spectateurs. 

LA BOUTEILLE DE BOIS. . 

C'est un jeu très semblable an précédent, et au- 
quel on joue souvent dans les jours de fêtes, au coin 
du feu. C'est un joueur se plaçant sur une bouteille 
de bois renversée, ets'efforçant, avec une chandelle 
allumée qu'il tient dans sa main droite , d'en allumer 
One autre qu'il tient dans sa main gauche. 

LA LOB GUE CORDE A SAUTER. 

Deux joueurs prennent chacun un bout d'une 
longue corde ; lorsqu'elle se meut régulièrement , 



Digitized by Google 



56 .MANUEL 

un , deux , ou même plusieurs enfans, s'avancent entre* 
ceux qui tiennent la corde , la laissant passer sur 
leurs têtes lorsqu'elle s'élève, et sautant de manière 
qu'elle passe sous leurs pieds , lorsqu'elle touche la 
terre, précisément comme une corde ordinaire. La 
grande difficulté est de courir entre les joueurs au 
moment de sa plus grande élévation, de manière 
qu'on soit prêt à sauter dessus lorsque, dans son 
circuit, elle vient vers les pieds ; on doit faire atten- 
tion à bien sauter, de manière à s'accorder avec le 
mouvement de la corde. 

Il y a une autre manière de jouer à la longue 
corde. Un des joueurs qui sont aux boots avance d'un 
on deux pas, tenant la main qui tient la corde en de- 
hors ; et alors, à l'aide du joueur de l'autre bout, tourne 
la corde, et saute par-dessus pendant son circuit. 

pendue i.ii mouchoir. 

Un certain nombre de joueurs se tiennent le* 
mains de manière a former nn cercle ; un d'eux seu- 
lement est dehors, se promène, et pend un mouchoir 
derrière le joneur qu'il lui plaît. Le joueur derrière 
qui le mouchoir est pendu suit immédiatement celui 
qui l'a pendu; ceux qui étaient de côté complètent le 
cercle en joignant leurs mains, et la chasse com- 
mence. Le poursuivant est forcé de suivre tout-à-fait 
le poursuivi, qui passe dans et sous les bras des 
autres joueurs, qui les élèvent pour le laisser passer, 
et s'efforce, par tous les moyens possibles, de le 
tromper et de le dépasser. S'il y réussît , c'est-à-dire v 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 57 

si le poursuivant se trompe dans sa course, il re- 
tourne à sa place, et le premier joueur se prépare à 
pendre le mouchoir derrière un autre joueur ; lors- 
qu'il est pris par ce joueur, le dernier prend sa place, 
et il va dans le cercle. 

LB DAIM. 

C'est un portrait en miniature du saut de mouton; 
mais il ne demande ni vitesse ni agilité ; c'est un 
jeu pour deux enfans seulement, qui doivent être 
à peu près égaux en taille et en force. Un troisième, 
qui ne joue pas, est à côté comme arbitre. Le jeu 
s'ouvre par un des joueurs qui donne le dos , c'est- 
à-dire place les bras contre sa poitrine on les appuie 
sur ses genoux , et s'avance de manière à mettre son 
dos presque horizontal avec sa téte contre un poteau, 
un mur, un arbre ou toute autre chose convenable. 
Il est d'usage , mais nous croyous tout-à-fait inutile, 
que le joueur qui donne le dos ait les yeux bandés ; 
nous disons inutile, puisque le seul objet est de 
l'empêcher de voir ce qui se passe derrière lui, ou 
plutôt sur son dos ; ce qu'il n'a pas la possibilité de 
faire s'il tient sa téte dans une position convenable, 
ce à quoi l'arbitre doit veiller. Le premier joueur 
s'étant ainsi posé, le second saute sur son dos, lève 
amant de doigts d'une main qn'il lui plaît , et dit : 
Daim , daim, combien ai-je de cornes levées? Le joueur 
qui donne le dos devine ; s'il nomme le v li nombre, 
l'autre joueur devient daim, et donne le dos; si 
cependant il devine mal , le cavalier descend , re- 



Digitizad by Google 



58 M ANC EL 

monte , élève le même ou un différent nombre de 
doigts, et fait la même question qu'avant. On répèle 
ceci jusqu'à ce que le daim devine juste : l'arbitre 
doit veiller à ce que le cavalier ne triche pas. Nous 
pensons que ce serait un accroissement pour ce jeu 
simple et tranquille, que l'arbitre fût un troisième 
joueur. Ainsi , lorsque le daim devine juste, le cavalier 
donnerait le dos, l'arbitre deviendrait cavalier et le 
daim arbitre; et, au lieu de laisser la place d'arbitre 
un simple emploi paresseux, le jeu serait plein d'a- 
musement et d'exercice pour les trois enfans qui y 
jouent. 

LA STATUE DE BEIGE. 

Lorsque l'hiver couvre d'un manteau de neige la 
surface de la terre, et que la plupart des atnusemens 
sont forcément alors suspendus, c'est l'usage des 
enfans, comme quelques uns de nos jeunes lecteurs 
le savent sans doute très bien , de se servir de cela 
même qui empêche leurs anciennes récréations pour 
s'en procurer de nouvelles. Faites alors voler en 
abondance des boules de neige , inoffensives s! on les 
presse légèrement, mais dangereuses si on les presse 
fortement. On construit des caves et même de petites 
forteresses, et la boule roulante, qui a d'abord été 
roulée par les petites mains d'un enfant, devient 
bientôt, en la roulant sur la neige, trop grosse pour 
qu'un homme puisse la mouvoir. Lorsque les joyeux 
possesseurs du terrain sont fatigués de rouler la 
balle, ou qu'elle a acquis une taille et un poids supé- 
rieurs à leutB forces réunies, il est d'usage d'en fa- 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 5g 

çonner grossièrement une figure d'homme , ajoutant 
à sa hauteur et diminuant sa largeur. On l'appelle la 
statue de neige, et lorsqu'elle est complète , les jeunes 
sculpteurs se retirent à quelque distance , et chacun, 
avec des balles de neige, s'efforce de détruire ce 
qu'il vient de construire avec tant de peine. 

Nous savons qu'il y a d'autres jeux et passe-temps 
moindres que ceux que nous avons décrits , en plein 
air, et que l'on pratique en Angleterre, mais il nous 
serait impossible de les décrire tous en nous renfer- 
mant dans les limites de ce livre. Nous avons donné 
une collection des plus amusans et de ceux qu'il fal- 
lait expliquer; et lorsqu'il y avait différentes manières 
du jouer au même jeu, nous avons donné celle qu'on 
suit le plus ordinairement. On trouvera plusieurs 
jeux et amusemeus qu'on aurait pu insérer dans cet 
article, dans -d'autres endroits , plus convenablement. 

Nous finissons cet article par un avertissement im- 
portant pour les jeunes gens ; c'est qu'ils ne doivent 
pas avoir recours aux jeux dans les heures consacrées 
au travail, autrement le grave précepteur viendrait 
vers eux , au milieu de leur amusement intempestif, 
et jouerait avec eux au jeu désagréable des arrêts ou 
de lu prison. 



Digitizad by Google 



6o MANUEL 

JEUX ATHLÉTIQUES. 



Pour sauver sa vie et celle d'Albert, Tell doit 
abattre une pomme placée sur la tête de sou 
propre fils. Guillaume Tell. 

En Angleterre, on encouragea d'abord beaucoup 
cet art, et on publia plusieurs édits pour sa conser- 
vation. La compagnie d'artillerie de Londres, quoi- 
que depuis long-temps elle ne se serre plus de cette 
arme, est le reste de l'ancienne association des 
hommes d'arc ou des archers. Il parait que l'on n'est 
pas certain du temps où le long arc commença a de- 
venir en usage en Angleterre. Richard 1" fut tué par 
une flèche, en 1199; depuis ce temps, nous ne lisons 
rien de l'arc jusque sous Édouard III , où on envoya 
un ordre aux gouverneurs de la plupart des comtés 
anglais , de donner cinq cents arcs et cinq cents bottes 
de flèches pour la guerre projetée contre la France. 
La fameuse bataille de Crécy fut livrée quatre ans 
après, et on dit qu'il y avait deux mille archers op- 
posés à environ le même nombre d'archers français. 
Dans la cinquième année du règne d'Édouard IV, ou 
publia un édit par lequel tout Anglais et tout Irlan- 
dais demeurant avec des Anglais, était forcé d'avoir 
un arc anglais de sa hauteur, fait d'if, de frêne, de 
coudrier ou de tout autre arbre convenable, suivant 
son plaisir. Le même édit indiquait aussi qu'on fe- 
rait des buts dans chaque ville, auxquels les habi- 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 6l 

tans seraient obligés de tirer, tous les jours de fêle, 
sous punition d'uu demi-sou lorsqu'ils oublieraient 
cet exercice. Sous le règne de Henri VII , plusieurs 
édits furent publiés pour l'accroissement de l'arc. Un 
édit du parlement, sons le règne d'Élisabelb, régla 
Je prix des arcs. On dît que Charles I" fut un arcber, 
et dans la huitième année de son règne, il publia un 
édit pour empêcher les champs, près de Londres, 
d'être fermés de manière à * empêcher l'exercice 
nécessaire et profitable du tir. • Plus tard, en l'an 
1753, on érigea des .marques dans les champs de 
Finsbury, pendant les fêtes de Pâques et de la Pente- 
côte, et le meilleur tireur était créé capitaine pour 
l'année suivante, et le second, lieutenant. Édouard VI, 
dans son journal , dit que cent archers de sa garde 
tirèrent chacun deux flèches en sa présence, et en- 
suite tous ensemble , et qu'ils tirèrent après une 
planche de l'épaisseur d'un pouce, que quelques uns 
pe/cèrent tout-à-fait avec leurs flèches, la planche 
étant de bon bois de charpente. On ne parle pas dé 
la distance du but. Comme peut-être il n'y a aucun 
jeu supérieur à celui-ci, et qu'il a été et est encore 
très encouragé dans ce pays, jugeant du présent et 
du passé , nous pouvons prédire que 

Cet amusement *era toujours exercé, jusqu'à 
ce que la mémoire de Robin Hood, de la bataille 
bien combattue de Créry, et de Cuesy-Cliase, 
soit bannie de notre souvenir. 

l'arc. 

Le jeune archer doit en premier lieu choisir un 

6 

Digitized by Google 



6a 



MANUEL 



arc convenable pour sa hauteur et sa force , et il est 
très probable que, malgré sa patience, il ne pourra 
jamais parvenir à en faire un bon, la fabrication des 
arcs exigeant un apprentissage de plusieurs années, 
et beaucoup d'attention; en effet, il y a peu de per- 
sonnes, quoiqu'il y ait'plusïeurs faiseurs d'arcs, qui 
puissent faire des arcs d'une construction supérieure. 
M. Thomas Waring, rue Caroline, est sans doute le 
plus habile faiseur d'arcs d'aujourd'hui , et c'est à lui 
que nous recommandons ceux de nos jeunes lecteurs 
qui voudraient s'équiper d'une manière convenable 
pour jouir de ce noble passe-temps. 

Le dos de l'arc est la surface plane extérieure, et 
le ventre la partie ronde intérieure. Le ventre est 
concave; si l'arc est tourné en sens inverse, il cas- 
sera; cependant, de quelque manière que l'arc soit 
courbé sans sa corde, il est impossible d'y mettre la 
corde en mettant le ventre en dehors. 

Les flèches doivent être proportionnées en lon- 
gueur et en poids à l'arc pour lequel on les destine. 
On se sert de flèches aiguës ou non, et elles varient 
en épaisseur suivant la volonté de l'archer. Quelques 
unes sont faites de manière à diminuer graduellement 
des plumes au milieu, et réciproquement d'autres 
sont plus épaisses dans le centre. Toutes les flèches 
doivent avoir leurs bouts couverts de corne , et les 
bouts doivent être assez gros pour remplir la corde 
exactement. On y attache deux ou trois plumes cVoie 



Digilized by Google 



DES JEUNES GENS. 63 

ou de dindon, dont l'une d'elles, nommée la plume 
du coq, est d'une couleur différente des deux autres, 
et qu'on doit placer toujours en haut. 

ht CORDE. 

La partie de la corde que touche le bout de la 
flèche, est entourée de soie pour empêcher la corde 
d'être frottée et affaiblie. Si la soie s'ôtait de la corde, 
il faudrait la renouer sans délai, autrement elle pour- 
rait casser, et ce ne serait pas un petit malheur, car 
une corde cassée est quelquefois la cause de la perte 
d'un arc. Il est aussi utile de monter le nœud et l'oeil 
de la corde , quoique plusieurs archers ne se donnent 
pas la peine de le faire. A un bout de la corde , on 
fait un œil, on le laisse pour l'archer; les arcs étant 
de grandeurs différentes, le jeune archer trouvera 
plus difficile de faire l'autre, la meilleure chose à 
faire sera de remarquer la manière de le faire sur une 
vieille corde. Le jeune archer fera bien si un des fil» 
de sa corde se casse de la jeter de côté, et d'en 
prendre une autre. Il ne doit jamais , s'il est possible, 
laisser la corde s'embrouiller au se rouler; si cela 
arrivait , avant de la remettre , il faudrait la dérouler 
et la cirer. Un arc long de cinq pieds, lorsqu'il est 
lié, ne doit pas avoir la corde à plus de cinq pouces 
du contre de l'arc. Cette règle servira de guide au 
jeune archer, en préparant son arc, quelle que soit 
sa longueur; il ajustera sans doute la distance sui- 
vant cet avis. 



Digitized by Google 



64 



LA T*SSETTE. 

La tassetie est très utile au jeune archer, pour ôter 
la saleté qui pourrait s'introduire dans ses 0èches si 
elles entraient en terre. Cette saleté , si on la laissait , 
arrêterait la flèche dans sa course, et l'en ferait dé- 
vier. La tassette est suspendue au côté gauche de 
l'archer, et elle est ainsi toujours prête au besoin. 

XR G15T. 

Le gant n'a de place que pour trois doigts, une 
courroie pour l'attacher , et une autre au poiguet. Le 
bout des doigts du gant ne doit pas dépasser celui 
des doigts, ou être retiré pour couvrir la première 
jointure. On s'en sert pour empêcher les doigts d'être 
blessés par la corde. 

LE Ji H ASSAUT. 

On le pose sur le bras qui tient l'arc, pour l'em- 
pêcher d'être frotté par la corde , ce qui très proba- 
blement , sans sa protection , empêcherait l'archer de 
tirer pendant long-temps. Il est fait de cuir très fort, 
ayant une surface unie, afin que la corde puisse 
glisser dessus aisément. 

LE CARQUOIS. 

Il sert à mettre les flèches, el on ne le porte pres- 
que pas, excepté pour une longue promenade. On 
le fait ordinairement de fer-blanc, quoiqu'on le con- 
struise quelquefois de cuir ou de bois ; comme ou le 
faisait presque universellement autrefois. 



Digitized by GoogI 



DES JEUNES GENS. 



65 



L£ POUBHHÀC, LA BOÎTB A ORAIS9B HT LA POCHE. 

Le fourreau est attaché à la ceinture, la boîte à 
graisse pend au milieu , et la poche ou gousset est 
placée à sa droite. On garde , dans la boîte , une 
composition pour graisser le doigt du gant et le côté 
doux du brassait, lorsque l'occasion le demande , et 
la poche contient les flèches dont on se sert immé- 
diatement en tirant au but. 

I>A BOÎTB. 

C'est une grande case divisée en plusieurs tiroirs 
et compartimens , pour contenir l'arc , le bout des 
flèches, les cordes, et tout ce dont l'archer a besoin. 

LU BUT. 

Le but est en forme de pyramide, généralement 
parlant ; mais on peut le façonner suivant le plaisir 
de l'archer. Pour de grandes personnes , les buts sont 
larges de deux à trois mètres, épais de plus d'un 
mètre à la base, et hauts d'environ deux à trois mètres 
au milieu. On fait des buts avec de longs morceaux 
de gazon, qu'on presse, et on place un morceau de 
carton rond au centre, pour faire la marque, qu'on 
doit augmenter on diminuer suivant la distance de 
laquelle l'archer tire : s'il tire de vingt-sept mètres, 
elle doit avoir un décimètre de diamètre ; de cinquante- 
quatre mètres, quinze centimètres, et ainsi de snite par 
rapport à une plus grande distance. On fixe la mar- 
que au but par un clou dans le centre. Les coups qui 
ne touchent pas la marque ne sont pas comptes , 



Digitized by Google 



66 MANUEL 

et celui qui place le plus de flèches dans la marque, 
pendant le jeu, gagne. On place souvent des buts à 
différentes distances l'un de l'antre : un assortiment 
de buts est quatre, qui sont arrangés de manière à 
empêcher les joueurs de les voir tous à la fois. Ce 
qu'on appelle une fin simple est tirer à une seule 
marque; une douhle fin est tirer à une marque, et 
de là à celle d'où l'on a d'abord tiré. 

LA M 48 QUE. 

On devrait proportionner la marque à la taille et 
au talent du jeune archer, et à la distance d'où îl en 
est. Le devant est ordinairement fait de canevas, 
cousu sur la base ; la base est faite de paille , tra- 
vaillée comme une ruche. Le devant a un centre cou- 
leur d'or, et quatre cercles, savoir : le blanc extérieur 
bordé de vert, le noir intérieur, et le blanc et le rouge. 
S'il n'était pas commode de fixer les marques, il vau- 
drait mieux se servir d'une autre espèce, faite de 
bois broyé, comme étant plus portative, quoique 
moins durable que les marques faites des matériaux 
dont nous venons de parler. Si on ne tire qu'à une 
seule marque, on perd beaucoup de temps à aller 
chercher les flèches, et à retourner à l'endroit d'où 
l'on tire; en conséquence, on se sert ordinairement 
de deux marques, et les archers tirent de l'une à 
Vautre. Dans les parties de tir, il y a ordinairement 
deux prix, uu pour le plus grand nombre de flèches 
entrées dans la marque, et l'autre pour le cercle le 
plus près du centre d'or. Les coups dans la marque 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 67 

sont quelquefois comptés de la même manière, maïs 
on fait ordinairement nne distinction. Le centre d'or 
est la grande marque; et le cercle qui en approche le 
plus près, étant petit, et conséquemment le plus dif- 
ficile à toucher, une flèche lancée dans ce cercle vaut 
plus, pour le prix, que si elle tombait dans an des 
cercles de dehors, et ainsi de suite par rapport 
aux antres. Une société célèbre d'archers fixe les 
nombres suivans pour chaque cercle : pour le cercle 
couleur d'or, neuf; pour le rouge, sept; pour le 
blanc intérieur, cinq; pour le noir, trois; et pour le 
blanc bordé extérieur, un. Un écrivain semble penser 
cependant que les cercles extérieurs sont trop esti- 
més, et que si on donne neuf pour le centre, on ne 
devrait compter que trois pour le rouge, denx pour 
le blanc intérieur, et moins en proportion pour les 
deux autres cercles extérieurs. Lorsque le jeu est fini, 
on doit compter la valeur des coups, et non pas les 
coups eux-mêmes; et celui qui a le plus grand nom- 
bre de points est naturellement le vainqueur. Comme 
l'encre n'est en aucune manière une chose facile à 
emporter dans un champ, et que les marques faites au 
crayon de mine de plomb sont sujettes à être effacées, 
il est pins convenable d'avoir une épingle attachée à 
une carte, proprement divisée, pour le compte de 
chaque archer, et de s'en servir pour marquer les 

bandeh l'arc 
On doit prendre l'arc par le manche dans la maîn 
droite, le ventre tourné vers la personne qui va 



Digitized by Google 



68 MANUEL 

s'en servir; le bras droit doit rester mit le côté ; le 
boni le plus bas de l'arc, qui est toujours le plus 
petit, doit être placé contre le pied droit, qu'on 
peut tourner un peu en dedans, pour empêcher 
l'arc de glisser. On doit avancer en même temps 
le pied gauche ; le milieu du poignet de la main 
droite doit être placé sur la partie supérieure de l'arc, 
au-dessous de l'œil de la corde ; l'articulation de l'in- 
dex sur un bord de l'arc, et le haut du pouce sur 
l'autre. On doit maintenant tirer l'arc vigoureuse- 
ment, et la partie supérieure, pressée par la main 
droite et le poignet de la gauche, qui doit en même 
temps glisser en haut, jusqu'à ce que L'ail delà corde 
soit sûrement placé dans le bout. Le doigt du milieu , 
le petit doigt et le doigt annulaire, doivent tous être 
plies, parce qu'on n'en a pas besoin dans l'opération 
de bander l'arc; en outre, si on ne le fait pas, ils 
sont sujets à être attrapés entre l'arc et la corde , et 
sont ainsi sévèrement punis. Le jenne archer doit 
faire attention à ce que la corde soit bien placée dans 
le nœud avant d'en éloigner la main gauche. Il ne 
doit pas s'impatienter en bandant l'arc, maïs se con- 
former soigneusement à ce que nous avons dit. S'il 
ne réussit pas, qu'il le mette de côté pour quelques 
minutes, et lorsqu'il est calme, qu'il fasse un second 
effort. Pour ôter la corde, le bout le plus court de 
l'arc doit être placé par terre, la paume de la main 
gauche touchant le côté plat de la partie supérieure, 
la corde en haut. On presse alors le manche arec le 
bras droit, de manière à allonger la corde ; lorsqu'elle 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 69 
est assez lâche, 011 ote le nœud de l'œil avec le pouce 
de la main gauche. 

POSITION. 

La figure doit être tournée vers la marque; mais 
aucune partie du corps, si 
la marque est nord , ne doit 
être tournée vers l'est. La 
tête doit être un peu incli- 
née; la main gauche, l'arc 
dedans , dans une position 
perpendiculaire, et droite 
vers !a marque; la fiVche 
doit être amenée vers l'o- 
reille, et non pas vers l'œil, 
à gauche de l'arc, et sous 
la corde ; l'index de la main 
gauche passe par -dessus; 
avec l'autre main, on met le nœud dans la corde, 
à la place convenable, la plume du coq en haut. 
Lorsque ceci est fait, on éloigne l'index de la main 
gauche , et on le place autour de l'arc. Pendant que 
la main gauche élève l'arc, la droite doit tirer l'arc 
avec deus ou trois doigts seulement, et non pas le 
pouce; aussitôt que la corde atteint la tète, on doit 
laisser l'arc tranquille, de peur qu'il ne se casse. 

On doit faire grande attention à acquérir une po- 
sition convenable, telle qu'on la représente dans la 
figure ci-dessus; car les mauvaises attitudes, dans 




7 o 



MANUEL 



TIR A TOUTE VOLÉE. 

On pratiquait autrefois ce tir avec le grand arc 
beaucoup plus qu'à présent. Le but n'est que desavoir 
quel est celui de toute une compagnie qui peut tirer le 
plus loin. Ceci est naturellement très mauvais pour les 
arcs, qui sont plus ordinairement cassés dans le tir 
à toute volée que dans tout autre passe-temps avec le 
grand arc. Ce jeu ne demande aucun talent à viser; 
par conséquent , il ne Fait pas faire de progrès an 
jeune archer qui désire être bon tireur. On se sert 
à toute volée des flèches les plus longues et les pins 
légères que l'arc peut supporter. Le jeu est ordinai- 
rement en sept points. 

T.C TIH AU BLAWG. 

Ce tir est principalement pratiqué par ceux qui M 
peuvent pas convenablement élever des bats ou d« 
marques près du logis. Le blanc, qui est tout-à-fait 
portatif, se fait d'un morceau de carton rond , d'nn 
mètre de circonférence , attaché à un bâton ; on peut 
le faire de linge blanc, arrangé de manière à se roulei 
sur un bâton, auquel on l'attache. Dans le tir, le jeu 
est en sept points , et on compte touies les flèches qui 
tombent à la longueur de trois arcs du blanc. 

ERRER A I.' AVENTURE. 

C'est un passe-temps très amnsant avec le gran<i 
arc, et quelques personnes le préfèrent même aunV 
à la marque. Les joueurs ne sont pas retenus dans nu 
endroit particulier, mais ils errent de champ en champ 



Digitizsd by Google 



DES JEUNES GENS. 

pendant plusieurs milles, s'ils le jugent convenable. La 
inarque est tout objet clair et remarquable, tel qu'un 
arbre ou un buisson . Le jeu est en général, comme dans 
les tirs au blanc et à toute volée, en sept points; mais 
on peut l'augmenler ou le diminuer suivant la volonté 
des joueurs. S'il y a plus de six personnes dans une 
partie, elles doivent se diviser en compagnies; et 
lorsque la première compagnie a tiré, et qu'elle s'est 
éloignée de la première marque , la seconde y tire, 
et ainsi de suite. On compte les flèches qui approchent 
de la marque à la longueur de cinq arcs; mais celles 
qui en approchent le plus près éloignent les autres. 
En mesurant la distance , l'archer le fait avec son arc , 
d'un endroit dans la marque, qui est à trente centi- 
mètres de terre, et la première flèche est celle qui est le 
plus près, non pas de la marque, mais de cet endroit. 
L'archer peut mesurer depuis la partie de sa flèche 
qu'il lui plaît. Celui qui tire le plus près a le privilège 
d'indiquer la marque suivante. Il vaut mieux avoir 
des flèches émoussées en errant que des flèches poin- 
tues; car il arrive quelquefois qu'elles entrent si avant 
dans la marque, qu'il est très difficile de les en reti- 
rer : en ce cas, il vaut mieux couper le bois tout 
autour que de s'efforcer de la retirer de force. Chaque 
archer errant doit porter au moins une douzaine 
de flèches à la fois , afin d'être prêt contre tout 
accident. 



MANUEL 



DKHKIÈRES REMARQUES. 

Nous recommandons fortement au jeune archer dr 
ne jamais tirer avec l'arc d'une autre personne, car 
il pourrait le casser, et il s'ensuivrait une perte à la- 
quelle l'argent ne pourrait remédier. Lorsque l'herbe 
est au-dessus du pied , ne tirez qu'à une élévation 
considérable. Après avoir tiré deux ou trois flèches, 
le jeune archer doit cesser, autrement son but s'usera. 
S'il tire de but en blanc à une marque, la flèche, 
s'il manque, tombera, et s'enterrera tellement dan* 
l'herbe, qu'elle défiera l'oeil le plus perçant, pendant 
très long-temps. On peut remédier a cet inconvénient 
en tirant à une élévation convenable; car alors ta 
Sèche descendra de manière à laisser voir les plumes; 
elles seront aussi sauvées du malheur qui leur arrive 
souvent par la moisissure de l'herbe ou du terrai», 
lorsqu'on les tire de but en blanc. On ne doit pas 
se servir de flèches de longueurs différentes , et le 
jeune archer ne doit pas tirer seul ; car s'il tire seul , 
il prendra des habitudes de négligence et d'indiffé- 
rence; s'il tire avec d'autres personnes, il s'efforcera 
de les dépasser, et au lieu d'un tireur inhabile et 
sans soin , il pourra bientôt devenir très habile dans 
l'agréable passe-temps de chasser a la flèche. 




LA CBOSSE. 

Les jeunes gens sont dans le champ, leurs tentes sont 
«levées, et chacun se prépare à figurer dans la querelle 
amicale. Leurs plus grands forts sont de minces guichets ; 
tons leurs retrancliemens, nne place pour rouler et rece- 
voir ; leurs armes, des crosses; leurs munitions, une 
couple de halles habillées en jaquettes convenables de 

Ce passe-temps vraiment anglais, quoiqu'il ait tou- 
jours été l'amusement favori du peuple de ce pays, 
n'a jamais atteint nn plus grand degré de popularité 
qu'à présent : c'est l'amusement favori du pair et du 
paysan , du membre de la Société des Arts et de l'éco- 
lier. Un roi a été dans le champ, la crosse en main, 
entouré de ces jeunes troupes de noblesse qui ont 
fait depuis l'orgueil de notre nation; et quoique cela 
puisse paraître étrange, il n'est pas moins vrai qu'é- 
trange, que des jeunes gens ont fait des parties de 
«rosse avec de jeunes personnes sans ternir leur ré- 



Digilized by Google 



■JiJ MANUEL 

pntation , et avec des frères, des maris et des amis 
pour spectateurs. Dans quelques endroits , c'est le 
seul amusement du peuple ; dans d'autres , ony joue 
rarement , et même on le connaît à peine. L'homme 
de Devon, qui regarde tout jeu comme inférieur à la 
lutte, et l'habitant de Sommer set, qui chérit le jeu 
hrave des épées , pensent à peine à la crosse ; les An- 
glais des autres comtés, particulièrement aux environs 
de la métropole , l'estiment comme un jeu supérieur, 
et de nature à l'emporter sur tous les autres jeux de 
même genre qui peuvent récréer l'homme. 

On joue ordinairement onze de chaque côté. Déni 
arbitres se placent à chaque guichet, pour empêcher 
toutes les disputes qui pourraient s'élever : ils doi- 
vent bien connaître les règles du jeu. L'arbitre platr 
au guichet de celui qui frappe devrait être plutôt 
derrière, pour voir si celui qui frappe ne frappe pas 
la balle avec son pied. 

GROSSES, BALLES, GUICHETS, ETC. 

La crosse ne doit pas avoir plus de six décimètres 
de hauteur, et plus d'un décimètre à la partie la pins 
grosse ; c'est la crosse pour les hommes : les jeunes 
gens doivent naturellement avoir des crosses propor- 
tionnées à leur taille et a leur force. 

La balle, pour les hommes, doit peser environ 
quinze décagrammes; pour les jeunes gens, elle doit 
être plus légère. 

Un guichet se compose de trois bâtons, qui sont 
assez longs pour être de sept décimètres hors de 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. ^5 

terre, quand ils y sont plantés, et d'un autre bâton, 
long de deux décimètres, pour mettre dessus. Le 
guichet doit être, comme la crosse et la balle, pro- 
portionné à la taille du joueur. Les guichets doivent 
être opposés l'un à l'autre, à la distance de vingt 
mètres pour les hommes, mais ils varient suivant la 
force des joueurs. 

La place pour rouler doit être sur la même ligne 
que le guichet, et avoir un endroit pour renvoyer. 

La place pour recevoir doit être à un mètre du 
guichet, et tout-à-fait parallèle avec lui. 

LE JOUEUR DE E1JUJ.E OU KOULEUH. 

Rouler la balle est une chose très importante, et 
demande beaucoup d'habileté. Bouler la balle de tra- 
vers fait quelquefois perdre un jeu. Un rouleur ne 
doit pas être trop systématique, mais lancer la balle 
plus ou moins fort, suivant l'adresse du frappeur. Le 
rouleur, et son partenaire du guichet opposé, doivent 
avoir un signe particulier, par lequel ils lancent la 
balle plus ou moins fort. 

La manière de lancer la balle la plus généralement 
approuvée, est de tenir la balle la couture en travers , 
afin que le bout des doigts puisse se toucher. On doit 
Ja tenir assez fortement pour l'affermir. Par un tour 
du poignet, on peut la faire tourner après qu'elle est 
lancée, ce qui embarrassera souvent d'habiles joueurs, 
i l', rumin, 

11 doit toujours être prêt à courir. Lorsque sou 
partenaire est près de frapper, il doit être devant la 



Digitized by Google 



76 MANUEL 

place pour recevoir, mais il doit avoir soin de ne 
pas quitter sa place avant que la balle soit hors des 
mains du routeur; car, s'il le faisait, il pourrait abat- 
tre sou guichet , et il serait naturellement dehors. 
Lorsque la balle est lancée, il peut la suivre, mais pas 
trop loin; de manière que, s'il manque, il puisse re- 
tourner à temps pour sauver son guichet. 

La crosse doit être tenue à coté du partenaire 
opposé , et on doit prendre garde à ne pas courir 
contre lui. 

UJ GABDECR DE COICKHT. 

Il ne doit pas souffrir que le frappeur aorte de s» 
place sans toucher son guichet, ce qui s'appelle 
forcer. 

L.i FRBMIÈHE CHASSE COUSIS. 

Il doit se placer à un mètre à côté du gardeur du 
guichet, et si ce dernier quitte le guichet pour courir 
après la balle, la première chasse courte prend sa 
place jusqu'à son retour; mais aucun joueur ne doit 
prendre la balle avant le gardeurdu guichet, à moins 
qu'elle ne vienne droit à lui. 

Il MARQUE. 

La marque se place environ à six mètres du frap- 
peur dans la place pour recevoir. En reculant il doit 
faire attention à donner assez de place à la chasse. 

1,'AVAaTAGB. 

Il doit être un peu éloigné de la ligne droite de 
la place pour recevqir 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 77 
L* ARRET DE LONGUE UH. 

Il doit se placer à une distance convenable derrière 
le guichet, pour empêcher un coup, si la balle n'est 
pas arrêtée par le frappeur ou le gardeur du guichet. 
Le joueur chargé de l'arrêt de longueur ne doit pas 
avoir peur de la balle lorsqu'on la lance vite; il doit 
aussi pouvoir bien lancer. Comme il n'est pas là seu- 
lement pour les balles qui dépassent le frappeur du 
guichet, mais aussi pour celles qu'on vient de tou- 
cher avec le bord de la crosse, il doit être attentif en 
reculant. 

LA LOIGDE CHASSE, POUR COUVRIR LA COURTE. 

Ce joueur doit être à peu près à la même distança 
en avant du guichet que l'arrêt de longueur est en 
arrière, sur la même ligue que le frappeur, entre lu 
marque et la chasse courte. 

LE COUVREUR DE LA MARQUE ET DU GARDEUR 
DB GUICHET. 

La place de ce joueur est sur le côté droit ; de sorte 
que , si la balle est lancée à la marque et au gardeur 
lu guichet, et manquée, il sera prêt à la recevoir. 

LE J.D1TG-CHAMP DE DROIXE. 

Il se place entre le gardeur du guichet et le joueur 
>u routeur de boule, à une distance considérable dans 
e> champ, de manière à les couvrir. On doit placer 
n cet endroit une personne qui puisse lancer la balle 
orame il faut, et bien juger les coups. 



Digitized by Google 



7« 



IANUEL 



LB LOKG-CHAMI 1 DE GAUCHE. 

Il se place à peu de distance du guichet du joueur 
de boule, de manière à empêcher un second coup. 

S'il y a plus de joueurs, on peut les placer, pour 
reculer ou empêcher un coup, en différens endroits 
du champ. *• 

LOIS DE LA CROSSE. 

Le joueur de boule doit lancer la balle en ayant un 
pied derrière la place pour rouler, et dans la place 
pour renToyer. Il doit lancer quatre balles avant de 
changer de guichet , et il ne change qu'une fois 
dans la même partie. Il doit avoir soin de lancer 
la halle de manière à ce que le frappeur puisse l'at- 
traper; car s'il la lançait au-dessus de la tête du 
frappeur, ou hors des bornes de la place pour rou- 
ler, on donnerait à la personne qui est dedans un 
poiut, pour ôter tous les coups de côté, et on ne 
considérerait pas une telle balle comme une des 
quatre. Lorsque l'arbitre crie une balle! celui qui 9 
touché peut la frapper, et donne amant de coups 
qu'il peut. Lorsqu'on change de joueur de boule, 
on ne peut donner plus de deux balles. Si le bras est 
étendu en ligne droite du corps , ou que le dos de la 
main soit en haut lorsque l'on roule la balle, l'ar- 
bitre s 'écriera immédiatement pas de balle ! 

Le frappeur est toujours dehors lorsqu'on jette le 
bâton de dessus à bas des antres; il est également 
dehors quand un bâton est jeté par terre; quand la 
balle frappe sur ou sous sa crosse, sur ses mains, 



Digitized by Google 



DES JEtlPfES GENS. j(j 
excepté sur ses poignets; quand on la relient avant 
qu'elle touche la terre, même si elle est pressée contre 
le corps de celui qui l'a attrapée, si pendant qu'il 
frappe, ou en tout autre temps pendant que la balle 
est en l'air, ses deux pieds sont sur la place pour 
recevoir, et son guichet abattu, excepté si sa crosse 
est dans le terrain qui est devant. S'il abat son gui- 
chet, ou qu'un des frappeurs empêche la balle d'être 
attrapée, le frappeur sera, dehors; il en sera de ra£me 
si la balle est frappée, et que le toucheur la refrappe 
volontairement; ou si, en s'efforçant d'avoir un point, 
son guichet est abattu par un coup , ou par la halle en 
main, avant que son pied, sa main ou sa crosse soit 
placé dans la place pour recevoir ; si le frappeur 
éloigne ou ramasse la halte pendant qu'il joue, sans 
que le parti opposé le lui demande , ou si , avec la 
jambe ou le pied, il arrête une halle qu'on a lancée 
droit au guichet du frappeur. 

Si on crie balte perdue .' ou donnera au frappeur 
quatre points. Si les joueurs se croisent en courant, 
celui qui court au guichet abattu est dehors; mais 
s'ils ne se croisent pas, celui qui a quitté le guichet 
abattu est dehors. 

Lorsqu'on attrape. une balle, on ne doit pas comp- 
ter de points. Lorsqu'un frappeur est dépassé à la 
course par un autre frappeur, on ne compte pas le 
point qu'ils cherchaient. Pendant que la balle est dans 
les mains du joueur de boule ou du gardenr de gui- 
chet, on la considère comme en repos, et les frap- 
peurs ne sont pas forcés de su tenir à leurs place* , 



Digitized by Google 



8o MANDE L 

jusqu'à ce qtfe l'arbitre ait crié jouet ! Mais si un 
joueur sortait de sa place, dans l'intention de courir, 
avant que la balle soit lancée , le joueur de boule p«ut 
le mettre dehors. Si un frappeur est blessé par une 
balle, ou autrement, pendant qu'il joue, il peut se 
retirer de son guichet, et coniinner son enjeu, et on 
peut permettre à une autre personne de sortir pour 
lui, mais il ne peut plus rentrer. Si un joueur arrête 
la balle volontairement avec sa crosse, on le consi- 
dérera comme mort, et le parti opposé peut ajouter 
cinq points à son compte. 

Si la balle est frappée, le frappeur peut garder son 
guichet avec son corps ou sa crosse. Si le frappeur 
envoie la balle contre le guichet de son adversaire, 
lorsqu'il est hors de sa place, il est dehors, si la balle 
a touché les mains du joueur de boule , ou d'un autre 
joueur, mais pas autrement. 

On donne à chaque personne deux minutes pour 
arriver, et quinze minutes entre chaque enjeu; et 
lorsque les arbitres crient jouez ! le parti refusant de 
jouer, perdra. 

L'arbitre doit observer la situation du pied du 
joueur de boule, lorsqu'il jette la halle; et s'il n'est 
pas derrière la place pour rouler, et dans la place 
pour renvoyer, il criera pas de balle! Si le frappeur 
cherche un point, l'arbitre criera pas de point! L'ar- 
bitre do guichet du joueur de boule , a le droit d'être 
consulté le premier pour sa décision sur les coups. 



D i çj ili zed by Got^ le 



DES JEUNES GENS. 



81 



Ce jeu n'est pas aussi intéressant que la double 
crosse, mais on peut y jouer en nombre indéterminé, 
quoiqu'il y ait rarement plu» de quatre ou six per- 
sonnes de chaque côté. Les fonctions du jouenr de 
boule el du frappeur sont à peu près les mêmes que 
dans la double crosse. Lorsque le frappeur court au 
guichet du joueur de bonle, ôte le bâton de dessus 
les deux autres placés dessous , avec sa crosse , et qu'il 
retourne à son guichet, sans qu'il soit abattu par la 
balle, il a droit à un point. Après avoir en un point, 
s'il en cherche un autre, il doit toucher le bâton pour 
rouler, et retourner, avant que la balle traverse le 
j'en, pour lui donner droit à un autre point. Il a droit 
à trois points pour une balle pft-due. 

S'il n'y a que quatre personnes, ou moins, elles 
doivent faire tous les coups devant le guichet sans 
dépasser les bornes, et ne pas se déplacer, excepté 
lorsqu'on en est convenu, Lorsqu'il y a plus de quatre 
joueurs d'un coté, il ne doit pas y avoir de bornes; 
et coups, coups de côté, et coups de surplus, doi- 
vent être comptés. On doit comprendre naturelle- 
ment que le joueur de boule doit jouer à la mémo 
distance du guichet. On donne iine minute pour cha- 
que coup. Lorsque le frappeur touche la balle, un 
de ses pieds doit être sur le terrain, et l'autre der- 
rière l'endroit pour recevoir, sans quoi l'arbitre 
criera pas de coup! L'homme du champ doit ren- 
voyer la balle de manière qu'elle passe entre le guî- 



Digitized by Google 



82 MANUEL 

chet et le bâton pour rouler, ou entre le guichet et 
les bornes; le frappeur peut courir jusqu'à ce que la 
balle soit ainsi renvoyée. Voici les principales règles 
adoptées par les plus habiles joueurs de crosse, pour le 
jeu de la simple crosse. La distance entre les guichets 
est la même; en conséquence, le coureur a deux fois 
cette distance à parcourir en obtenant chaque point; 
mais nous pensons qu'on pourrait remédier à cet in- 
convénient en parcourant seulement la moitié de 
cette distance ; de cette manière on peut rendre ce 
jeu beaucoup moins fatigant, et beaucoup plus amu- 
sant , au moins pour le frappeur. 




Digitized by Google 



DES JEUNES GEWS. 83 

GYMNASTIQUE. 




Earûlée parmi nos gymnastes, la pale jeunesse, dont 
les membres, faibles et dépourvus de muscles, pliaient 
sous le poids d'un léger fardeau, gagne bientôt la santé , 
et devieui à la En robuste et endurcie comme le mon- 
tagnard. 

Les exercices gymnasiiques ont acquis dernière- 
ment une grande popularité, non seulement dans 
ce pays, mais aussi en Prusse, et dans d'autres par- 
ties du continent. On peut les nommer une série 
d'exercices réguliers et systématiques, inventés pour 
meure en jeu, et conséquemment pour augmenter la 
furce et l'activité des différens muscles qui com- 
posent la forme humaine, en apprenant l'usage con- 
venable de chacun , et montrant à l'élève la manière 



Dlgtlized by Google 



84 MANUEL 

d'en tirer le meilleur parti. On les a aussi calculés 
pour lui inspirer de la confiance dans un moment de 
danger; pour l'aider à se retirer du péril, lui ou les 
autres, à raison de l'agilité plus grande du corps, 
et de l'expérience acquise par ce mode avantageux 
d'application. Un écrivain contemporain dit, en ap- 
puyant l'opinion que les exercices gymnastiques don- 
nent du courage et de la présence d'esprit : « Le 
courage est engendré par la confiance , et la con- 
fiance par l'exercice. • Une entreprise dangereuse que 
nous avons souvent achevée , cesse d'être considérée 
comme telle, lorsqu'on pense qu'elle servait à nous 
faire user de tous nos moyens. Le bon gymnaste fait, 
en cas de nécessité , un saut que peu de personnes 
pourraient faire, quoiqu'elles voulussent s'y appli- 
quer. Il a souvent entrepris, avec succès, des sauts 
très grands et très hauts, parce qu'il pouvait en me- 
surer d'un coup d'ceil la longueur, la profondeur, et 
les inconvéniens, et que la recherche de situations et 
de circonstances difficiles avaient été le seul amuse- 
ment de sa journée. Il ne peut pas être ému à la vue 
d'un danger dont il s'est amusé, et les principes de 
son art lui fournissent les moyens de le diminuer de 
moitié. 

Pour donner de la force aux remarques précé- 
dentes, nous allons raconter ce que nous considérons 
comme un exemple de la présence d'esprit, de ]i 
vivacité de jugement et du sang-froid qu'on peut 
acquérir en s'y exerçant journellement : 

Nous promenant un jour près de la ville d'Édim- 



Digitized by Google 



DES JEUNES CENS. 85 

bourg, notre curiosité fut excitée par la vue d'un champ 
où la compagnie royale des archers s'exerçait. Un 
homme exercé à cet emploi était placé à la marque, et 
avait à sa main un pavillon pour marquer l'endroit où 
les flèches tombaient , la distance étant très considéra- 
ble. Il est incroyable avec quelle justesse d'oeil il suivait 
la flèche dans son passage rapide au travers du sillon 
qu'elle faisait dans le ciel, et avec quelle exactitude 
il semblait deviner à quelle distance de la marque, 
ou de quel côté elle tomberait. Il était à côté de la 
marque, la touchant presque avec sa main droite. 
Une flèche partit; il observa avec attention le mes- 
sager ailé s'avançant rapidement en l'air, fit un pas 
vers la gauche, et la flèche tomba quelques pouces à 
sa droite , entre lui et la marque ; il y plaça son 
pavillon, et ou lança une deuxième flèche; il en 
échappa en se tournant un peu à droite. Ponr se sau- 
ver de la troisième , il n'eut pas l'occasion de bouger 
de sa situation , car il vit froidement qu'elle tomba 
dans la partie la plus basse de la marque. 11 est inu- 
tile de dire le reste;. Les flèches tombaient derrière, 
devant, et de tous côtés autour de lui. L'exercice 
finit enfin; et l'insensibilité au danger que cet homme 
montrait , pour l'amour d'un peu de gain , nous 
parut moins étonnante que la confiance que les ar- 
chers avaient sans doute dans la justesse de sa vue. 

Le même écrivain remarque autre part , que les 
anciens, surtout les États libres de la Grèce, culti- 
vaient l'étude de la gymnastique comme une branche 
importante de l'éducation de la jeunesse. Ayant sou- 
8 



Digilized by Google 



86 MANUEL 

■veut à défendre leur liberté contre les entreprises 
d'États jaloux , ou l'ambition de puïssans ennemis 
étrangers, ils pensaient qu'il était très nécessaire d'ac- 
coutumer leurs jeunes gens aux exercices durs et 
même violens , afin que leurs âmes ne fussent pas 
émues au moment du danger, et qne leurs corps ne 
succombassent pas sous les fatigues ordinaires de la 
guerre. 




EXERCICES GYMNASTIQUES. 
Les machines qui conviennent à un terrain gym- 
nastique sont ; une barre horizontale, un cheval pour 
sauter, un poste pour sauter, des barres parallèles, 
un poste pour grimper, et des échelles de corde et 
de bois. 

La meilleure heure pour s'exercer est de bonne 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 87 

heure dans la matinée. On doit aller graduellement 
des exercices les plus faciles aux plus difficiles, et 
les faire sous les yeux de personnes expérimentées. 
Lorsqu'il y a un certain nombre d'écoliers , il faut les 
diviser en classes suivant leur force ; il ne faut porter 
aucun jouet dans ses poches lorsqu'on s'exerce : on 
doit mettre des habits de rechange, et prendre les 
précautions nécessaires pour ne pas attraper froid. 

Les observations suivantes, qui sont prises en par- 
tie de Salzmann , peuvent être lues avec avantage. 
Aucune personne bien portante n'est incommodée en 
se réchauffant ; mais se refroidir trop vite , ou boire 
quand on a extrêmement chaud , de quelque manière 
que cela arrive, peut être extrêmement pernicieux. 
On ne doit pas se coucher sur la terre ; il est conve- 
nable d'ôter les yêteraens qu'on peut décemment 
mettre de côté, et de les remettre après avoir fini. 

En commençant un exercice , ne commencez pas 
par les degrés les plus violens, mais par les plus 
doux, et continuez de la même manière : les transi- 
tions soudaines sont toujours dangereuses. Ne portez 
jamais à l'excès l'exercice du corps, ni vos efforts 
pour l'endurcir; que votre but ne soit que d'endurcir 
le faible corps, et non de le fatiguer et de l'énerver. 
Dans tous les exercices, faites attention à ce qu'au- 
cune partie du corps ne soit dans une position dan- 
gereuse ; par exemple , on ne doit pas souffrir que 
la langue reste entre les dents. La maiu et le bras 
gauches sont ordinairement plus faibles que le droit ; 
qu'on les exerce souvent, par conséquent, en levant, 



Digitized by Google 



88 MANUEL 

portant et supportant le poids du corps, jusqu'à ce 
qu'ils deviennent aussi forts que les autres. 

Quoique marcher, courir, danser, se balancer, sau- 
ter, grimper, lutter, monter à cheval, nager, et tons 
les autres exercices musculaires, puissent être com- 
pris dans l'article Gymnastique, les exercices des 
écoles ne comprennent que marcher, courir, sauter, 
se balancer et grimper. 

■uacHu. 

Eu marchant, les bras doivent se mouvoir libre- 
ment , la tête haute, l'estomac en dedans , les épaules 
effacées , le pied parallèle a la terre , et le corps 
appuyé ni sur le bout du pied ni sur les talons , mais 
sur le milieu du pied : en entamant le pas , l'élève 
doit élever un pied , tenir le genou et le coude-pied 
droits, les doigts du pied courbés en dedans; lorsque 
ce pied atteint la terre, faites la même chose avec 
l'autre. On doit faire ceci jusqu'à ce que l'élève mar- 
che aisément et gracieusement. 

cou ma. 

En courant , on ne doit pas lever les jambes trop 
haut, les bras à peu près tranquilles, de manière à 
ne donner à l'air aucune opposition contraire par des 
mouvemens inutiles. Courir en cercle est un excellent 
exercice; maïs on doit changer de côté , de manièrs 
qu'on puisse courir également bien des deux côtés. 

SAUTES. 

La règle pour sauter est de ne jamais tomber sur 



Digilized by Google 



DES JEUNES GENS. 6g 

les talons, maie sur le bout du pied. Courbez les 
genoux de manière que le gras de la jambe touche la 
cuisse; avancez les bras en prenant un élan. Empê- 
chez h chute, s'il le faut, avec les mains; retenez 
l'haleine , avancez le corps; venez à terre à pieds 
joints. En prenant l'élan , que vos pas soient courts , 
et augmentez de vitesse lorsque vous êtes près de 
sauter. Commencez par une petite hauteur ou lon- 
gueur, et augmentez-les toutes deux à mesure que 
vous faites des progrès. 



BAREEB PABALLÈLES. 

Commencez par élever le corps à l'aide des mains, 
et faites-le mouvoir alternativement en avant et en 
arrière, jusqu'à ce que vous traversiez les barres de 
tous côtés seulement par le moyen de vos mains; 
remuez-vous ou sautez alors avec les deux mains à la 
fois. On se balance en soutenant le corps par les bras, 
l'estomac en haut, jusqu'à ce que le bout du pied 
soit dans la mime ligne que la tête; lorsque l'élève 



Digitized by Google 



t)0 MANUEL 

peut faire ceci aisément , il doit jeter son corps, hors 
de cette position, sur la barre droite ou sur la gauche. 
Le mouvement d'abaisser le corps en courbant les 
coudes se fait en tirant les pieds vers les jarrets, et 
se baissant jusqu'à ce que les coudes soient au niveau 
delà tête; relevez -vous en roidissant le bi-as, et faites 
cet exercice plusieurs fois. On peut exécuter sur ces 
barres plusieurs exercices que l'élève fera lorsqu'il 
apprendra. 



BARBE HOKIZOSTAJ.B- 

La première position est de prendre la barre à 
deux mains, et d'élever le corps jusqu'à ce que le 
menton soit dans la même ligne que le jarret. Lors- 
que vous pouvez regarder aisément de cette manière 
sur la barre, placez les mains sur l'endroit de la 
barre le plus éloigné de vous, et élevez le corps 
comme avant. Dans l'exercice suivant, on élève le 
corps de terre, au moyen des deux mains , de chaque 
côté de la barre, et l'élève passe, saute on meut les 
mains alternativement sur la barre. Serrez les jambes, 
levez les pieds de manière à ce qu'ils touchent ht 



Digitized by Google 



DES JEONES GENS. gt 

barre, et baissez-les. Faites ceci plusieurs fois; et, 
pendant que vous êtes dans cette position, passez 
par-dessus la barre en remuant alternativement les 
mains. On peut alors supporter le corps par le bras 
droit et la jambe gauche , et ensuite par le bras gauche 
et la jambe droite; vous pouvez alors vous placer à 
califourchon sur la barre. Vous pouvez aussi vous 
balancer la tête en bas, prendre la barre à deux 
mains, et passer les pieds entre jusqu'à ce que vous 
pendiez en bas; vous pouvez les retourner de la 
même manière ou tomber à terre sur la pointe des 
pieds. 

J.E SAUT EN LONGUEUB. 

Faites une coulisse qui s'élargisse graduellement 
d'un bout à l'autre, de manière qu'on puisse aug- 
menter journellement la longueur du saut; prenez 
votre élan de la pointe du pied, qu'on doit vite re- 
tirer vers l'autre ; pour sauter à pieds joints, ils doi- 
vent descendre en même temps. 

LE 6»tIT EH PROFONDEUR. 

Le corps doit être courbé en avant, et les mains 
prêtes à empêcher la chute en touchant la terre, au 
besoin, avant les pieds. Nous n'approuvons pas beau- 
coup cet exercice, qui consiste en une suite de sauts 
dont on augmente la profondeur suivant les progrès 
de l'élève. 



Digitized by Google 



92 MANUEL 




LE SAUT SB HAUTEUR. 

Ayez une barrière composée de deux bâtons percés 
de trous au travers desquels on peut passer une corde 
à la hauteur qu'il vous plaira , avec deux sacs de sable 
d'un poids suffisant pour la tenir droite, et cependant 
pas assez pesans pour vous empêcher de l'emporter 
avec le pied, en cas que vous la touchiez, en sautant. 
On peut aussi percer des trous pour y passer des 
chevilles mobiles pour soutenir la corde, comme ci- 
dessus. Vous devez faire ce saut sans élan ou avec un 
élan : pour le premier, on doit serrer les jambes, les 
pieds et les genoux droits. Pour le dernier, nous 
recommandons un court élan et un petit pas léger, 
augmenté graduellement à mesure que le sauteur est 
près de sauter. Il faut avoir grand soin de ne pas 
retomber sur les talons, mais hitôt sur la pointe el 
sur le milieu du pied. 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 



93 



LE SAUT EH niUTKUIl JVIiC Ll PEHCHE. 

Prenez la perche avec la main droite à la hauteur 
de la téte , et avec la main gauche à la hauteur de 
la hanche ; et lorsqu'elle est à terre, sautez avec le 
pied droit, et passez à la gauche de la perche sur 
quoi que ce soit que vous ayez a sauter, tournant en 
descendant, de manière à faire lace à l'endroit du- 
quel vous sautez. 

JE SAUT ES PROFONDEUR AVEC LA PEHCHE. 

Ceci demande de la force dans les bras et les 
mains. Placez la perche à la profondeur que vous 
avez à sauter; abaissez le corps en avant, jetez les 
pieds, et tournez autour de la perche, de manière à 
descendre la figure devant l'endroit dont vous avez 
sauté. Venez à terre sur le milieu du pied , s'il est 
possible. 

le saut bu lohgdeuB avec LA perche. 
On le fait comme le premier, excepté qu'on saute 
en avant plutôt que haut; on peut le faire avec la 
coulisse. 



Digitized by Google 



94 MANUEL 




Le cheval pour sauter est un cylindre de bois qui 
a les bouts ronds : on y trace deux raies en travers; 
la selle est l'espace qui se trouve entre les raies; elle 
doit être assez grande pour qu'une personne puisse 
s'y asseoir aisément. Le cheval peut être rembourré 
ou ne pas l'être. On saute sur le cheval en plaçant 
les mains dessus en travers; on élève le corps de cette 
manière, jusqu'à ce que les pieds atteignent assez 
haut pour se tenir sur le cheval : on place alors les 
mains sur la raie la plus éloignée, et on jette le corps 
en avant sur la selle. 

On peut sauter sur la selle sans élan ou avec un élan. 
Placez les mains sur une des raies; sautez et tournez 
le corps de côté, de manière qu'une jambe puisse 
passer sur le cheval et l'élève descendre sur la selle. 
Pour sauter de coté sur le cheval, on doit placer les 
mains comme ci-dessus, faire un saut suffisant pour 
jeter les pieds sur le cheval, uue main lâche alors la 
selle, et on descend de l'autre côté. Pour sauter en 
avant sur la selle, ou prend chaque raie avec la main, 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. g5 

et on saute entre elles de manière à rester ou passer 
sur la selle. 

grimper A la. connu. 

En grimpant à la corde , on doit mouvoir les mains 
alternativement l'une sur l'autre, en élevant les pied* 
entre chaque mouvement des mains et la corde prise 
fortement entre elles. En descendant, mouvez une 
main après l'autre ; car le frottement , si vous glis- 
siez, les blesserait. La meilleure manière de grim- 
per à la corde tendue est de mettre la plante du pied 
plate sur la corde, et l'autre jambe au-dessus de ce 
pied. 



ti PL4KCHE. 

La largeur de la planche doit être de trois déci- 
mètres environ; sou épaisseur, de cinq centimètres. 
Pour y grimper, on place les mains de chaque côté 
et les pieds sur sa surface inclinée; on grimpe en les 
mouvant alternativement. Redressez la planche par 
degrés à mesure que vous faites des progrès : les pro- 



Digitized by Google 



g8 MANUEL 

gréa qn'oo peut faire en montant à la planche sont 
étonnans. Nous connaissons plusieurs gymnastes qui 
peuvent monter une planche placée perpendiculaire- 
ment sans difficulté; pour cela, le corps et les pieds 
sont différemment posés que, ci-dessus , où la figure 
monte Bur une planche inclinée. Pour grimper à une 
planche verticale , le corps est plus courbé près des 
épaules, et les jambes sont arrangées de manière à 
ce que la plus haute est à peu près au niveau de la 
main. , ."' 

mou ter a l'Échelle. 

Prenez chaque côté de l'échelle , et montes en 
remuant les mains alternativement. Pour grimper à 
l'échelle deux à deux, l'élève doit mettre le coude 
du bras qui est le plus bas en bas des échelons avant 
de s'aider de l'autre. Pour grimper à l'échelle d'un 
côté, prenez un côté de l'échelle à deux mains, la 
paume vers la partie extérieure; mouvez les mains 
Alternativement, et tenez les jambes serrées et fermes. 

GBIHPBR SUR LA PF.HCHB PBRPEHDIClillIBE 
OU UEOITE. 

Remue/, les mains et les pieds alternativement, 
ayant soin, cependant, de r.e pas placer les mains 
l'une sur l'autre comme en grimpant sur la corde. 
En descendant de la perche , on se tient prêt à se 
servir des mains, s'il le faut, de chaque côté : les 
jambes étant un peu relâchées, vous descendrez très 
vite. 



Digitized by Google 



DES JEDNES GENS. 



pas vonss. 

C'est un très bon exercice. Fixez fortement un 
bâton en terre, ayant au haut une forte rondelle de 
fer, qui se meut horizontalement et circula irem en t ; 
attachez-y quatre cordes, au hout desquelles on fixe 
les morceaux de bois qu'on prend. Les élèves se sou- 
tiennent dessus , et courent autour du mât supportant 
leur poids sur la corde, et augmentant graduellement 
de vitesse, en touchant la terre par intervalles avec 
le bout du pied. {Voyez la gravure au commencement 
des exercices gy «mastiques, p. 86.) 




RÉCRÉATIONS G YMNASTI QUES. 
Nousespéronsqueles récréations suivantes d'agilité 
et de vitesse amuseront nos jeunes lecteurs; elles 
diffèrent entièrement , à deux ou trois exceptions 
près, des exercices gymnastiques , et on les trouvera 
peut-être plus amusantes , en ce qu'elle» ont moins 
de précision. 



Digitized by 



98 



MANUEL 



SAUTEE SUR SES DOIGTS. 

Prenez un morceau de bois , ou la moitié d'une 
pipe, tenez-le dans l'index de chaque main , et après 
quelque exercice , tous pourrez sauter par-dessus , en 
avant et en arrière, sans aucune difficulté. Lorsque 
vous y excellez, vous pouvez, comme l'auteur l'a fait, 
placer le bout des deux doigts du milieu ensemble, 
et sauter dessus de tous les côtés, sans les séparer et 
sans les toucher avec le pied. Il est impossible de faire 
ce tour avec des souliers à hauts talons; et en effet, 
la plus grande difficulté est de passer les talons. 

LE TRIOMPHE. 

Placez la paume des mains ensemblederrière vous, 
les doigts en bas , et les pouces prés du dos ; alors , 
tenant les paumes des mains aussi serrées que possible, 
les doigts d'une main touchant ceux de l'autre, 
tournez les mains , et touchez le dos avec les doigts , 
jusqu'à ce qu'ils puissent atteindre les épaules , les 
paumes serrées , les pouces en dehors , et le bout des 
doigts vers la téle. C'est un tour très difficile, et il 
mérite bien son titre. 



Digilized by Google 



DES JEONES GENS. 



99 




C'est une .récréation tout-à-fait gymnastique. 

Prenez une perche pesante , ferrée à un bout , ou 
une pique , si -vous voulez ; élevez-la avec la main 
gauche , à la hauteur de l'oreille , et lancez-la à un 
but. 

A quelques écoles gymnastiques , on apprend aux . 
élèves à lancer la perche avec les doigta, comme un 
roseau: c'est une mauvaise manière; il faut tenir la 
lance avec toute la main, le bout sortant d'entre 
l'index et le pouce ; et le devant , ou la partie ferrée 
sortant du petit doigt qui doit la serrer autant que 
son épaisseur le permettra ; lancez- la avec force , et 
visez avec soin avant de la jeter. Lorsque vous la 
lancez, retirez le bras aussi loin en arrière que pos- 
sible , et lancez la perche de toutes vos forces. 

PORTE A Il EUX l' P. H SOIS 11 ES. 

Celui qui fait ce tour, et que nous appellerons 
n" 1 , se place entre deux autres que nous appelle- 



Digitized by Google 



100 MANUEL 

rons n°" a et 3; il se baisse alors, et passe la main 
droite sous la cuisse gauche dun'i, et sa main gau- 
che sous la cuisse droite du n° 3, dont il prend la main 
gauche. Les n 0 ' a et 3 passent dans cette position 
chacun un bras autour du cou du n" i , qui, en se re- 
levant graduellement, enlève les deux autres de 
terre. 

SB COUCHER ET SE RELEVER. 

Croisez les bras sur la poitrine , couchez-vous sur 
le dos, et relevez-vous sans faire usagede vos coudes 
ou de vos mains. 

Ll LIVRE VOL ifl T. 

Placez un livre ou toute autre chose semblable 
entre les pieds, de telle manière qu'on le tient entre 
la cheville et le côté intérieur du pied, alors lancez- 
le en arrière avec les deux pieds , et jetez-le par-dessus 
votre tête. 

s'agenouiller. 
Placez les pieds sur use raie, agenouillez-vous, 
et relevez-vous sans vous aider des mains, ou sans 
éloigner les pieds de la raie. C'est un exercice assez, 
difficile. 

LA LONGUE ATTEINTE. 

On doit tracer sur ie parquet une ligne, sur laquelle 
les pieds sont posés, et au-delà de laquelle ils ne doi- 
vent pas passer. Une main, il n'importe laquelle, est 
jetée en avant, sans loucher le parquet, assez loin, 
et pas trop loin cependant , pour que vous puissiez 



Digilized by Google 



DES JEUNES GENS. IOT 

tons relever sans ôter vos pieds de leur position , sans 
vous aider des mains, et sans toucher le parquet avec 
U main lancée en avant. La distance à laquelle plu- 
sieurs personnes peuvent lancer la main, varie natu- 
rellement, suivant ta longueur des bras, leur force- 
on leur activité. 

Quand vous êtes sûr de la distance a laquelle vous 
pouvez vous relever sans toucher le parquet avec la 
main, et sans changer la position des pieds, il faut 
vous avancer aussi loin que possible, et pendant que 
le corps est soutenu par la main placée sur le parquet, 
crayonner aussi loin que possible avec l'autre ; en- 
suite relevez vos mains , et reprenez votre posîtiop , 
sans toucher le parquet avec les mains. Il faut beau- 
coup d'adresse et d'agilité ponr faire ce tour, et il y 
a des personnes dont la taille n'est que d'un mètre 
soixante et quelques centimètres, qui crayonnent plus 
loin que d'autres personnes bantes de près de deux 
mètres. Le grand art est de mettre le corps aussi près 
que possible du parquet; pour cela on recommande 
de reculer les pieds de la ligne aussi loin que pos- 
sible, ce qui baissera le corps davantage, et vous- 
aidera à crayonner aussi loin que toute la longueur 
de votre corps, ce qui est une distance très consi- 
dérable , quoiqu'il y ait plusieurs personnes qui dé- 
passent cette distance. Ceux qui fout le mieux ce tour 
peuvent essayer, lorsqu'ils s'exercent, d'appuyer le 
eorps sur le coude. 



Digitized by Google 



loa 



MANUEL 



PASSEE LA JAMBE PAR-DESSUS LA CHAISE. 

Placez le pied gauche sur le rayon de derrière le 
plus bas d'une chaise , passez alors le pied droit par- 
dessus le dos de la chaise , et amenez-le à terre entre 
la chaise el la jambe gauche, ce qu'il faut faire sans 
toucher la chaise avec les mains. 

En faisant ce tour, la chaise ne doit pas être sur un 
parquet glissant, car elle pourrait causer une chute. 
On doit choisir une chaise pesante, et prendre beau- 
coup de soin en passant la jambe. 

1E TOUH COMPLET. 

En faisant ce tour il est nécessaire de prendre un 
lan d'environ une demi-douzaine de pas. Il suffît de 
lacer le bout du pied contre un mur, à la hauteur du 
enou environ, et de passer la jambe gauche par- 
dessus , faisant ainsi une révolution complète , de ma- 
nière que quand la jambe gauche atteint la terre, 
on ait le dos tourné vers le mur. Le bout du pied 
droit est le point sur lequel vous devez tourner, et 
il ne doit pas quitter le mur pendant le toux 
complet. 

Faire le tour complet paraît très difficile au pre- 
mier coup d'œil ; mais un jeune homme un peu leste 
et au fait de la gymnastique , peut le faire saus danger 
et aisément en peu de temps. On doit redoubler 
d'attention pendant les premiers essais. 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. I o3 

l'essâI du pouce. 

Ce tour est très simple. Placez le dedans du pouce 
contre le bord d'une table , et alors reculez les pieds 
aussi loin que vous pouvez, de manière à reprendre 
■votre première position par l'effort du pouce, sans 
remuer les pieds. Vous pouvez faire ce tour avec 
beaucoup plus de facilité , si , avant de vous aider du 
pouce, vous faîtes deux ou trois courbettes avec le 
corps; ni les doigts, ni aucune partie de la main, 
excepté le pouce , ne doit toueber la table. On peut 
commencer par mettre les pieds à peu de distance de 
la table, et les éloigner graduellement à mesure que 
l'on devient fort. La table dont vous vous servez doit 
être pesante, ou appuyée contre un mur, au t rem eut 
vous pourriez la pousser en vous exerçant, et, dans 
ce cas, une cbute sur les mains et les genoux serait 
presque inévitable. 

LE BESSOBT DE LA MAIN. 

Un tour qui procure un exercice excellent, assez 
semblable à l'essai du pouce, peut se faire en vous 
tournant la figure vers un mur, et vous poussant en 
avant jusqu'à ce que vous vous empêchiez de tom- 
ber, en plaçant la paume d'une main, les doigts en 
haut, contre un mur; étant ainsi placé, vous devez 
recouvrer votre première position sans avancer les 
pieds. Le tour sera plus ou moins difficile, suivant 
le plus ou le moins de distance à laquelle vous vous 
trouverez du mur. Comme dans le tour de l'essai du 



Digitized by Google 



iq4 manuel 

pouce, il vaut mieux commencer à faire le ressort de 
la main à peu de distance du mur. D'abord, en s'exer- 
çant, si vous êtes actif et résolu, vous pouvez au 
moins vous relever aisément, les pieds placés à deux 
tiers juste de votre hauteur, de distance dn mur. 




t'ÉTEMUUS EH SB B4ISSAKT. 

Ce tour, pour lequel on peut acquérir une agilité 
considérable en s'y exerçant, se fait de la manière 
suivante : Tracez une ligne sur le parquet, contre la- 
quelle vous placez le bord extérieur du pied droit; 
à peu de distance derrière le talon droit , placez le 
talon gauche contre la raie. Prenez un morceau de 
craie dans la main droite, baissez- vous, passez la main 
droite eutre les jambes, immédiatement sous le ge- 
nou droit, et crayonnez le parquet aussi loin au-delà 
de la ligne que possible, de manière que vous puis- 
siez voua relever sans remuer la pointe du pied, et 
sans toucher la terre avec une de vos mains. Dan» 
ce cas, il n'y a aucun ressort de la main; car la craie- 
seule qu'on tient entre les deux index , touche le paF- 



Digitized by GoogI 



DES JEUNES GENS. lo5 

quet. Votre genou et votre corps doivent se projeter 
sur la ligne, si vos pieds sont à la place convenable, 
comme dans la figure. 



On doit faire ce tour avec une chaise à long dos: 
placez les genoux sur l'extrémité des pieds de I» 
chaise renversée; avec les deux mains retenez-votis 
aux bâtons de la chaise ; baissez la téte de manière 
k toucher le dos de la chaise, sur l'extrémité duquel , 
aussi près que vous pouvez venir sans tomber ou 
laisser toucher la terre au dos de la chaise , vous pla- 
cerez une pièce de monnaie , qu'il faut ôter avec 1» 
bouche. La manière de faire bien ce tour dépend 
beaucoup de la position convenable des mains : or* 
pent les arranger comme on le juge nécessaire, en 
haut ou en bas des bâtons droits qui forment le dos 
de la chaise. Une chaise de cuisine forte et à la vieille 
mode est la meilleure pour cet usage. 

i'expioit dks doigts. 

Les bras doivent être croisés horizontalement sur la 
poitrine , et les deux index serrés l'un contre l'autre. 
Une autre personne s'efforce de les séparer en tirant 
chaque bras; et quoiqu'il soit plus fort que vous, il 
ne pourra jamais en venir à bout s'il n'use que d'une 
force régulière , et non pas d'un coup soudain , ce 
dont il faut convenir d'avance. 



to6 



MANUEL 



DOUBLE ET TBIPLE TOUB. 

Avec la corde à sauter, on peut faire plusieurs 
exercices excellens; le meilleur est peut-être le sui- 
vant. Sautez comme à l'ordinaire pendant quelques 
secondes , augmentant constamment la vitesse du 
mouvement, et enfin sautez assez haut, et tournez la 
corde si vite, qu'elle puisse passer deux fois sous vos 
pieds avant qu'ils atteignent la terre; continuez jus- 
qu'à ce que vons puissiez le faire plusieurs fois de 
suite; et enfin, pendant le saut, passez la corde trois 
fois sous yos pieds au lieu de deux. 

LEVER A BBAS TENDIT. 

Élever une perche à bras tendu a été long-temps 
considéré comme un tour supérieur : pour le faire, 
le bras doit être étendu dans toute sa longueur, et la 
perche ( très petite d'abord ) tenue les doigts en 
haut, et élevée en ligue droite avec le bras. 

SAUTER AVANT DE BEGABDEB.. 

On doit faire grande attention dans ce tour, aîusi 
que dans celui de la chute, autrement on risque de se 
blesser. Ayez une chaise qui soit forte, et en même 
temps s! étroite dans le dos que vous puissiez la pous- 
ser aisément ; asseyez-vous , poussez avec vos mains 
la balustrade du haut, et avec vos genoux celle du 
milieu, jusqu'à ce qu'elle se tienne sur ses jambes de 
derrière; mais avant de perdre votre équilibre, sau- 
tez de la chaise de manière à descendre sur la terre 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 107 

tenant encore la balustrade du haut dans vos mains, 
et le dos de la chaise entre vos jambes. Nous répétons 
qu'il faut d'abord faire grande attention; mais après 
un peu d'exercice, ce tour est très facile. Sans con- 
fiance dans votre force, vous ne pourrez jamais le 
faire : pour vous donner cette confiance nécessaire, 
soyez sûr que des centaines de personnes ont réussi 
à le faire. 

LÀ BOÏILË DE BOIS. 

Jeter la boule est une très bonne récréation. On se 
sert pour cela d'une grosse balle de bois, dans laquelle 
on perce plusieurs trous : placez le pouce dans un de 
ces trous, et le doigt du milieu ou l'index dans un 
autre, et lancez-la le plus loin possible. On se procu- 
rera un modèle de la boule ordinaire dont on se sert 
dans les allées droites (nous ne voulons pas parler de 
celle dont on se sert pour les quilles). Le faiseur doit 
cependant se rappeler qu'il faut diminuer ses dimen- 
sions quand elle est trop pesante, et te trous trop 
séparés, pour l'usage des enfans; on doit la propor- 
tionner à l'âge des personnes pour lesquelles on la 
fait. ,■, . H 

l'iSSil UI TAKT41.E. 

On peut produire une scène amusante en priant 
quelqu'un de s'appuyer le dos contre un mur, et lors- ' 
qu'il est dans cette position , de ramasser une pièce 
de monnaie jetée à peu de distance devant lui , et en 
la lui offrant s'il peut le faire. Cela sera impossible, 



Ui^tiseO Google 



Io8 MANI7EL 

parce qu'en s'avançant, une partie du corps doit 
dépasser les talons, ce qne le mur empêchera dans 
ce cas. 

ÔTKR UKB CHAISE DE DESSOUS TOUS SAM TOMBER. 

Un jeune homme, dont le derrière de la tête est 
placé sur une forte chaise , a ses talons sur une autre, 
et une troisième chaise, qui doit être plus légère, est 
posée sous lui. Il doit roidir son corps et ses membres, 
jeter la poitrine en haut, baisser les épaules, et dé- 
gager la chaise du milieu, qu'il doit faire tourner 
autour de son corps, jusqu'à ce qu'il la dépose de 
nouveau sous lui , du côté opposé. C'est un de ces 
tours qui semblent très difficiles, mais qui véritable- 
ment sont très faciles à exécuter. Soyez sûr que si 
vous ne réussissez pas , pourvu que la chaise du mi- 
lieu ne soit pas trop pesante pour votre force, c'est 
que vous n'avez pas bien suivi les instructions. 

LE Ï0UR DE LA PELLE. 

On fait ce tour avec une pelle à feu ordinaire, que 
l'on doit tenir près du bout, entre les 
doigts et le pouce, comme on le voit 
ci-contre. On doit alors, par le seul 
mouvement des doigts et du pouce, tâ- 
cher d'élever la pelle en liant jusqu'à 
ce que la partie mince Vienne dans la 
main, pendant que 'la, pelle reste 'perpendiculaire 
pendant toute l'opération, tes premières fois qu'on 
s'efforce de le faire, on trouve (nia grande difficulté, 




Digitized by Google 



DES JEUNES CENS. j 0 g 

parce que cela ne demande pas seulement dans les 
doigts une force proportionnée au poids de la pelle, 
mais encore un certain coup qu'on ne peut acquérir 
qu'en s'exerçant. Nous avons tu quelques personnes 
faire le tour de la pelle , en apparence sans la moindre 
difficulté, tandis que d'autres, de force égale, ont 
fait leurs plus grands efforts et n'ont cependant pas 
réussi. 

LA POULIE. 

Attachez une poulie ordinaire à un morceau de 
bois horizontal ou à la branche d'un arbre; passez-y 
une corde ayant un morceau de bois eu croix à cha- 
que bout; deux enfans prennent ces morceaux de 
bois , un d'eux se couche sur le dos, et l'autre le tire, 
s'abaissant lorsqu'il l;ve son compagnon; et ainsi 
chacun s'élève et s'abaisse alternativement. 



Digitized by Google 



I TO 



M,1NU£L 




Fig. i. Fig. a. 



LE VENTRE A LA BOtTCHEi 

Beaucoup de personnes trouvent une grande diffi- 
culté à faire ce tour. Mesurez la distance qu'il y a 
entre le dehors du coude et le doigt du milieu, mar- 
quez cette distance sur une règle , comme on le voit 
dans la figure. On doit tenir la règle horizontalement 
devant soi , comme dans la gravure ci-dessus , fig. i , 
le doigt du milieu placé juste sur la marque; les 
doigts doivent être placés à angles droits sur la 
règle, et le pouce sur eux, comme on le voit dans 
la première position du bâton , fig. a. Tenant la règle 
dans cette position, vous devez, sans changer la 
place des doigls, baisser la téte ou éloigner le coude 
de votre coté, en vous efforçant d'élever le bout 
gauche du bâton du ventne à la bouche. 

LE SOU ATTRAPE. 

C'est un tour que plusieurs de nos jeunes amis 
connaissent sans doute très bien ; il y en a d'autres 
qui n'en ont jamais entendu parler, et conséquem- 



Digrlized by Google 



DES JEUNES GENS. I 1 1 

meut nous eu donnons une courte description pour 
ceux qui sont dans le dernier cas. 

Placez deux, trois ou même quatre pièces d'un sou 
en tas sur votre coude; retirez votre coude soudai- 
nement, et amenez votre main un peu au-dessous de 
l'endroit où était votre coude, et vous pouvez les 
attraper toutes. Il est cependant impossible de le 
faire , à moins que vous n'ameniez votre main exac- 
tement sous la place de votre coude, et que vous ne 
fassiez ce mouvement avec vitesse et dextérité. 

LUS ÉCHASSES. 

Marcher sur des échasses est l'habitude des ber- 
gers des landes du midi de la France. Cette habitude 
est acquise de bonne heure , et plus l'enfant est petit , 
plus ses échasses doivent être longues. Au moyeu de 
cette singulière addition à la jambe naturelle, les 
pieds sont garantis de l'eau, qui pendant l'hiver est 
profonde dans les sables , et du sable échauffé pen- 
dant l'été; ajoutez que l'étendue de la vue sur un 
terrain si plat est beaucoup augmentée, et que le 
berger peut voir ses moulons de beaucoup plus loin, 
grâce à ses échasses. On construit aisément les 
échasses : on se procure deux perches, et à quelque 
distance de leur extrémité, on attache un nœud cou- 
lant de cnirou de corde, on passe les pieds dedans, 
les perches sont maintenues convenablement avec 
les mains, et poussées par l'action des jambes. Une 
meilleure manière de faire des échasses est de substi- 
tuer un morceau de bois plat dans la partie snpé- 



Digitized by Google 



lia 



MANUEL 



rieure, au nœud coulant de cuir; le oied y pose, et 
y est attaché par une courroie; on cloue aussi à 
l'échasse un morceau de cuir ou de corde, et on I© 
passe autour de la jambe juste sous le genou. Des 
échasses faites de cette manière n'atteignent pas jus- 
qu'aux mains, mais sont entièrement conduites par 
les pieds et les jambes. Dans plusieurs endroits de 
l'Angleterre, les enfans et les jeunes gens s'amusent 
souvent à marcher sur des échasses. 




Digitized by Google 



DES JEUWES GEMS. Il3 




L'ESCRIME. 

Veui-tu que Ion fils acquière un port gracieux, un 
abord brave; veux-tu rendre ses yeui perçaus comme 
ceux du faucon ; veux-tu que ses jeunes membres défient 
ceux des chevreuils agiles? qu'il apprenne le noble art 
de l'escrime. 

Hi.Mt.ET. 

Dana le temps où une petite épée était vin ornement 
indispensable rj»ur l a personne d'un gentilhomme, 
il s'élevait quelquefois des objections contre la cul- 
ture de l'art de l'escrime, comme tendant à engager 
les jeunes gens dans des querelles et des duels ; mais 
on ne peut k présent rien dire à ce sujet contre cet 
art, l'usage de porter des épées, excepté parmi les 
militaires, ayant depuis long-temps cessé, et les 
duels étant aussi souvent décidés au pistolet rju'.i 



Digitized by Google 



il£ MANUEL 

l'épée. L'art de l'escrime reste cependant comme un 
moyen de procurer un exercice excellent, un amuse- 
ment élégant, et de donner un port aisé et une dé- 
marche gracieuse, aussi-bien qu'un coup d'œil d'une 
justesse extraordinaire et une grande agilité de corps. 
Il ne peut y avoir aucun doute sur ce mérite de 1 es- 
crime : aussi la recoin ma nde-t-on souvent aux jeunes 
gens, comme étant incontestablement, et sons tous 
les rapports, un exercice supérieur à tous les autres. 

FLEUBETS, MASQtfËS, ETC. 

Les fleurets doivent être proportionnés à la taille 
de ceux qui s'en servent. Huit à neuf décimètres est la 
grandeur moyenne pour les hommes. Il est d'usage 
de porter sur la main droite un gant , rembourré sur 
]e dos et les dehors des doigts. Les masques doivent 
avoir le devant en fllfi de métal, assez forts pour ré- 
sister à un coup accidentel à la figure. On doit por- 
ter un habit commode, et il est d'usage dans les aca- 
démies d'avoir une marque ou un cœur du côté gau- 
che de la poitrine de l'habit. 

MANIERE r>E TEBIR LE FlfalBET. 

La poignée doit être à plat dans la main, de ma- 
nière que les deux bords soient presque horizontaux 
lorsque vous vous mettez en garde; le pouce doit 
être placé contre la partie plate supérieure de la poi- 
gnée, à deux centimètres environ du bord, et le 
pommeau doit rester sous votre poignet. 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. I l5 




GARDES ORDTKïIRES DE QUARTE El DE TIERCE. 
Mettez -vous dans la première position, qui est 
semblable à la troisième position en dansant, c'est-à- 
dire le pied droit en avant et le talon avancé; mettez- 
vous alors en garde ordinaire de quarte, en avançant 
le pied droit à environ quinze centimètres du pied 
gauche. Les deux talons doivent être sur la même 
ligne. Tournez le poignet de manière que les doigts 
puissent être en haut; que votre main soit dans la 
même ligne que la partie la plus basse de la poitrine, 
le bras non étendu, mais un peu courbé, et le coude 
Incliné un peu au-dehors. La pointe de votre fleuret 
doit être élevée d'à peu près quinze degrés, et diri- 
gée vers la partie supérieure de la poitrine de 
votre adversaire. Le bras gauche ( qui est nécessaire 
pour balancer le corps dans ses différens mouvemens) 
doit être élevé d'une manière demi-circulaire, dans la 
même ligne que le front, la main ouverte d'une ma- 
nière aisée, le pouce et l'index se touchant presque. 
Votre corps doit être de côté, et la tête tournée vers 
l'adversaire, de manière à voir votre pointe. Que 



Digitized by Google 



1 l6 MANUEL 

l'équilibre du corps repose sur la jambe gauche; 
tenez le genou gauche courbé et flexible , de manière 
que tous puissiez vous incliner un peu en arrière ; le 
genou droit doit être un peu courbé, et perpendicu- 
laire à l'endroit sur lequel votre talon droit reste. 

La position de la garde de tierce est semblable à 
celle de quarte, seulement la main doit être un peu 
renversée, de manière que les doigts soient à moitié 
tournés en bas. Le bras doit être un peu étendu en 
dehors , afin d'assurer ou de couvrir le côté extérieur, 
et la pointe doit être comme en quarte. 

BIfGAGEH FT DEGAGER. 

Engager en quarte ou en tierce est vous opposer 
à la lame de votre adversaire, soit en dedans, soit 
en dehors, lorsque vous croisez ou que vous joignez 
d'abord les lames en garde. Dégager se fait en chan- 
geant avec dextérité la pointe de votre fleuret, d'un 
côté de l'épée de votre adversaire à l'autre, c'est-à- 
dire de quarte en tierce, ou réciproquement. 

I.' AVANCE ET LA RETBAriE. 

Pour avancer, portez le pied droit à la distance 
de plus de trois décimètres , et que le pied gauche 
arrive à l'instant à la même distance; ces deux mou- 
vemens doivent être faits presque en même temps. 
Que votre corps soit ferme et assuré , pendant que 
vous avancez cinq ou six fois, et qu'il y ait une 
courte pause entre chaque avance. Après avoir fait 
cinq ou six pas en avant, observez si la distance et 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. I 17 

la position de Totre garde sont exactement les mêmes 
qne lorsque tous avez commencé. Dans la retraite, 
le pied gauche fait le premier mouvement en arrière , 
et le pied droit le suit presque en même temps. 

LES SIMPLES PARADES DE QUARTE BT DE TIERCE. 

On les distingue de toutes les autres, parce qu'elles 
défendent la poitrine , comme parades supérieures. 
Pour parer en quarte, placez-vous en garde ordinaire, 
et poussez votre main vers la gauche, ou en dedans, 
à peu près à seize centimètres de garde, faisant un 
tour graduel en haut avec le poignet , afin de rejeter 
plus aisément la lame de votre adversaire; en même 
temps, retirez votre main un peu vers votre corps, 
afin que l'opposition soit plus grande. 

La simple parade de tierce se fait aussi , de la garde 
ordinaire, en poussant et en étendant le bras oblique- 
ment en bas (ou en dehors) , les doigts renversés par 
le tour graduel du poignet, en achevant la parade. 
Elle pare le simple coup de quarte sur le bras et la 
seconde. La distance de la main de la garde ordinaire 
doit être de seize centimètres environ.. La pointe du 
fleuret , voire corps et vos jambes ne doivent pas déviep 
delà ligne de direction en faisant une de ces parades.. 



Digitized by Google 



MANUEL 




J.ES FARAI1ES DOCTAVB ET DE DEMI-CEHCLB. 

Pour faire la parade d'octave, élevez la mai» aussi 
haut que le menton , les doigts ne doivent pas être si 
tournés que dans le demi-cercle ; le bras doit être bien 
étendu , et pousse en dehors, à la distance de seize 
centimètres; le poignet courbé autant que possible, de 
manière à ce que la pointe soit dans la même ligne 
que le côté de votre adversaire , faisant à peu près le 
même angle du point de garde que le demi-cercle. 

La parade de demi-cercle est utile contre les coups 
de quarte basse, de seconde, le dégagement et le 
coup de quarte sur le bras. Que votre corps soit prin- 
cipalement incliné du coté gauche ; baissez la pointe , 
les doigts en haut, de manière à former un angle d'à 
peu près quarante-cinq degrés avec la pointe de garde. 
En même temps, étendez bien votre bras, élevez la 
main aussi haut que la bouche , et poussez le bras en 
dedans , à la distance de seize centimètres de la ligne 
de direction de la garde ordinaire, de manière que la 
pointe puisse apparaître à l'oeil, lorsque vous regar- 
dez le bras. ( forez la gravure.) 



Digilized by Google 



I.BS SIMPLES P4HADES DU SECONDE ET DE PK1MF.. 



Ou ne se sert pas de ces deux parades aussi sou- 
vent que des quatre précédentes. La seconde est très 
bonne contre les coups de quarte basse et de seconde. 
Pour la faire de quarte en tierce , les doigts et le poi- 
gnet doivent être tournés en bas, la pointe baissée, 
et la main poussée en dehors , connue dans la parade 
d'octave. L'étendue de la pointe de garde est aussi à 
peu près la même chose que dans la parade d'octave , 
et l'inclinaison de la lame doit former l'angle de qua- 
rante-cinq degrés. {Voyez la gravure.) 

La prime se fait les doigts tournés en bas , la main 
élevée plus haut que la bouche et poussée en dehors, 
de la même manière que dans le demi-cercle. Le bras 
doit être bien tiré vers le corps, et le poignet baissé, 
de manière que la pointe puisse être plus baissée que 
dans toute autre parade basse. 



Digitized by Google 



DES JEUNES GEMS. 121. 

Poussez alors profondément le coup eu quarte eu 
vous fendant à une dislance proportionnée à votre 
tailie. Votre bras gauche doit être placé à côté du 
flanc , à la distance de sept à huit centimètres , et tou- 
jours élevé lorsque vous vous remettez en garde, afin 
de donner de la grâce et de l'équilibre à vos mou- 
vemens. Le corps doit être un peu incliné en avant , 
la tête droite, regardant en dehors vers l'épaule, de 
manière à bien voir la pointe. En approchant de la 
poitrine de votre adversaire , opposez une résistance 
graduelle contre son fleuret , en dedans , afin de vous 
couvrir en vous fendant. Pliez le geuou droit, et qu'il 
soit perpendiculaire avec votre talon, le geuou et la 
cuisse gauche étendus, et le pied fixé fortement sur 
la terre. 

Pour vous relever avec aisance, appuyez-vous sur les 
talons des deux pieds, la plus grande force d'abord 
sur le droit, puis sur le gauche ; en ployant le genou 
gauche en même temps , et inclinant le corps en ar- 
rière , vous vous mettez en garde. Le coup de quarte 
sur le bras se fait comme le coup de quarte de de- 
dans, par un dégagement en tierce, la seule diffé- 
rence est que la tête est élevée droite en dedans, et 
la main bien poussée en dehors , afin d'être bien cou- 
vert. Le coup de tierce ne diffère du coup de quarte 
sur le bras , qu'en ce qu'on renverse le poignet , et 
qu'on Élève bien la main qu'on pousse en dehors. 



I. 1 1 



Digitized by Google 



122 



MANUEL 



COUPS DE QUARTE BASSE, D*OCTAVR, DE SBCOHDB 
ET DE PBIME. 

La quarte basse, appelée quelquefois coup de demi- 
cercle, se fait après la parade de demi-cercle, et de 
la même manière que le simple coup de quarte , seu- 
lement la main et la pointe doivent être fixées plus 
bas. C'est un très bon coup, si votre adversaire a 
souvent recours à ses hautes parades. 

Le coup d'octave se fait après la parade d'octave , 
sur le coté ou sur le ventre, le bras bien poussé en 
dehors. Si vous parez le coup de votre adversaire en 
octave , le coup que vous rendrez sera naturellement 
le coup d'octave, qui pent en même temps le tou- 
cher avec l'extension seule, sans vous fendre. 

Le coup de seconde se fait après la parade de tierce, 
ou lorsqu'on est engagé en tierce, en baissant votre 
pointe sous le poignet de votre adversaire, les doigts 
en bas; fendez-vous, et donnez le coup sur le côté. 

La prime est le coup naturel de retour, après avoir 
paré le coup de votre adversaire, lorsqu'il s'est trop 
avancé, en poussant vigoureusement sur vous. Ce 
n'est qu'une extension du bras, de l'opposition de la 
parade à la poitrine de votre adversaire, les doigts 
étant baissés. Le bras doit être bien élevé et poussé 
en dedans. 

VARIATIONS El LBCOWS SUR MGiGER ET DEGAGER , 
AVANCER ET RECULER , PABAOES SIMPLES , ET COUPS 
DE QUARTE ET DE TIERCE. 

Supposez que vous êtes engagé en quarte avec un 



Digitized by Googli 



DES JEUNES GENS. 123 

adversaire, il recule, vous avancez, bien couvert en 
quarte ; il recule encore , vous avancez avec un déga- 
gement en tierce, et ainsi de suite alternativement, 
ayant soin d'être bien couvert à chaque engagement , 
votre avance et sa retraite doivent se faire en même 
temps; de la même manière, vous pouvez reculer 
pendant qu'il avance. Dans l'engagement de quarte , 
votre adversaire donne un coup en quarte, parez-le 
en faisant la parade de quarte, et en retour, donnez 
le coup droit de quarte. Il pousse droit de la même 
manière, parez aussi en faisant la parade de quarte; 
en retour , donnez le coup de quarte sur le bras , en 
dégageant en tierce. En engageant en tierce, il dé- 
gage, et pousse quarte en dedans; parez par la pa- 
rade de quarte, dégagez, et poussez quarte sur le 
bras, il pare et retourne en tierca , ce que vous parez 
par une parade de tierce, et fendez-vous profondé- 
ment avec un coup droit de tierce. 

J.EI.OSS ET VARIATIOKS DU DEMI-CERCLE, QUARTE 
BASSE ET OCTAVE. 

En engageant en quarte, baissez votre pointe, et 
donnez le coup de quarte basse. Dans le même enga- 
gement, votre adversaire pousse profondément, parez 
par la parade de quarte , et donnez un retour du coup 
en quarte basse. Dans le même engagement, dégagez 
en tierce , et ponssez quarte sur le bras ; il le pare par 
sa parade, et rend un coup dégagé de quarte, que 
vous parez par la parade de quarte; alors baissez 
votre pointe vivement , et donnez-lui un coup de 



Digitized by Google 



I 24 MANUEL 

quarte basse. En engageant en tieroe , votre adver- 
saire, en dégageant, s'efforce de donner un coup de 
quarte basse, parez en faisant la parade d'octave 
(f, la grav.) , et faites un vif retour du coup d'octave. 




En engageant en quarte, il pousse quarte basse, 
parez en octave, formez a l'instant votre extension, 
fixez bien votre pointe à son corps , et vous pouvez, 
presque être sûr de le toucher. ( Voyez la gravure.) 




En engageant en quarte, il dégage en tierce et 
pousse; parez par la parade de tieroe, renverser, 
alors vos doigis en haut , et rendez un coup d'octave. 



Digilized Google 



DES JEUNES GENS. I aS 

Dans le même engagement , il pousse quarte basse , 
parez, en faisant la parade de demi-cercle, donnez 
alors un coup d'octave , en dégageant sur le bras , ce 
qu'on appelle ordinairement un contre-dégagement. 

lEÇOKS BT V4HI*irOMS OB PRIME ET DE SECONDE. 

En engageant en tierce, votre adversaire avance 
dans sa mesure, et donne un coup de tierce ou de 
quarte sur le bras, parez son coup par la parade de 
prime, et rendez le coup de prime. { Voy. la grav.) 




Dans le même engagement, il avance, dégage et 
pousse fortement en quarte; baissez votre pointe, et 
parez en prime; dégagez alors sur son bras, et ren- 
dez votre coup de seconde. 

Dans l'engagement de quarte, il dégage, et pousse 
quarte sur le hras ; parez en simple tierce , et rendez 
un coup de tierce, il avance, pendant que vous re- 
culez, dans sa mesure, forçant sur la lame; faites 
votre parade de prime , et donnez un vif retour du 
coup de prime. Dans le même engagement, il dé- 
gage encore, cl pousse quarte sur le bras; parez en- 



Digitized by Google 



1 26 M AN DEL 

tierce, et rendez le coup de tierce; il force un coup 
sans avancer, parez en prime, dégagez alors sur le 
bras, et rendez votre coup de seconde. 

I.E SiLTJT. 

Placez-vous en garde; engagez la lame de votre 
adversaire en dehors , sous forme de compliment. 
Priez-le de tirer d'abord à vous ; baissez votre pointe 
en renversant les doigts en has , avec un mouvement 
circulaire. Mettez votre pied droit derrière le gau- 
che , tendant les jarrets. Élevez le bras droit , et avec 
la main gauche ôtez votre chapeau gracieusement; 
faites alors un mouvement circulaire avec le poignet, 
les doigts en haut, pendant que vous avancez votre 
pied droit, formant l'extension convenable. Votre 
adversaire fait les mêmes mouvemens en même temps 
que vous; mais, au lieu de faire l'extension, il se 
fend profondément, comme s'il allait pousser quarto 
en dedans , afin de prendre sa mesure , présentant sa 
pointe à peu de distance de votre corps , pendant que 
vous restez découvert dans l'extension. 




Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 127 

Lorsque votre adversaire reprend sa position après 
avoir pris sa mesure , vous reprenez aussi ia vôtre en 
mettant le pied ou le talon droit à côté du gauche , 
la main droite bien étendue et élevée , les doigts en 
haut et la pointe pendante ; la main gauche en forme 
Je demi-cercle, comme si on était en garde; votre 
chapeau placé dans la main avec aisance et grâce , la 
tête haute et les jarrets tendus. Dans cette attitude, 
saluez d'abord en quarte en faisant cette parade : 
saluez alors en tierce, en faisant ia parade de tierce. 
Enfin , faites un mouvement circulaire avec le poi- 
gnet , en baissant la pointe en tierce; à ce moment, 
mettez votre chapeau, et mettez-vous en garde de 

Lorsque c'est votre tour de pousser, le salut ne 
diffère qu'en un point du précédent; c'est-à-dire, 
au lieu de faire l'extension et de découvrir le corps , 
vous vous fendez profondément de la première posi- 
tion du pied droit derrière le gauche, en quarte; 
alors reprenez la seconde position eu plaçant le pied 
ou le talon droit à coté du talon gauche, et finissez 
par les antres mouvemens. Tous ces mouvemens 
doivent se faire aisément , avec grâce , et sans 
précipitation. Après avoir fait le salut , et étant en- 
gagé en quarte, votre adversaire, pour répondre à 
votre politesse , pouâse à votre poitrine en dégageant 
en tierce, et poussant quarte sur le bras. Observez 
que le poignet n'est jamais renversé lorsqu'il dégage ; 
parez en faisant la parade de tierce. Baissez alors la 
pointe pour vous accoutumer à faire le retour de 



Digitized by Google 



138 



MANUEL 



seconde, qu'on peut appeler la gréée de la parade de 
tierce. Restez dans cette grâce jusqu'à ce que Totre 
adversaire se mette en garde ; joignez alors sa lame 
en tierce : il dégage en poussant quarte en dedans , 
parez en faisant la parade de quarte. 

La grâce ou l'ornement doit se faire après cette 
parade , pendant que votre adversaire se fend , en 
tenant le fleuret flexible dans votre main, la pointe 
en bas, tenant voire main dans la même direction 
que s! vous étiez couvert par la parade. 

Votre adversaire, après avoir poussé tierce et 
quarte alternativement , commence le salut ; et , pen- 
dant qu'il est en extension, vous prenez la mesure 
en vous fendant en quarte. Ayant joint les lames en 
quarte, dégagez, et poussez quarte sur le bras; il 
joint encore votre lame en tierce , dégagez , et pous- 
sez quarte en dedans. 




Il pare en quarte ; laissez alors la lame et la pointe 
voler librement sur la main, tenant votre fleuret 
entre le pouce et les deux premiers doigts , afin de 



Digitized by Google 



DES JEUNES CENS. I ?.() 

■voir Votre adversaire au travers de l'angle fait de 
cette manière. C'est la grâce , en se fendant en quarte 
en dedans. 

LES COKTBE-PiBiDES DK QUARTE ET DE IIBHCH. 

La contre-parade de quarte est estimée une des 
plus essentielles , en ce qu'elle rend inutile une foule 
de coups, pare le dégagement sur le bras , eic. Afin 
de la faire pendant que votre adversaire dégage, 
suivez sa lame fortement, avec un petit cercle, tout- 
à-fait du mouvement du poignet, par lequel vous 
joignez toujours sa lame en quarte; s'il fait un coup 
en dégageant, parez, en vous couvrant graduelle- 
ment, par la parade de quarte, après avoir suivi sa 

La contre-parade de tierce se fait d'une ma- 
nière semblable à la contre-parade de quarte , seu- 
lement le cours de la pointe est renversé. Par 
exemple, voire adversaire dégage en quarte, ayant 
le dessein de pousser quarte en dedans; suivez de 
près sa laine , avec un petit cercle fait par le mouve- 
ment du poignet en tierce ; étendez votre bras, et 
donnez à sa lame un coup fort et brusque , lorsque 
vous la dépassez ou que vous la joignez en tierce. Le 
cours de la pointe , en faisant la contre-parade de 
quarte, est de gauche à droite; et dans la coutrc- 
parade de tierce , c'est le contraire. 



Digitized by Google 



ï3o MANUEL 




COHTRE-DBG1CEMENS d'oCTAVE ET DEMI-CERCLE. 



Le contre -dégagement d'octave peut se faire après 
que votre adversaire a poussé en seconde, et que 
vous avez paré en demi-cercle ; quand il se replace, 
contre-dégagez, et poussez en octave. {T'oyez la 
gravure. ) 

Pour mieux décrire le contre -dégagement d'oc- 
tave, on l'exécute aussi en faisant d'abord une feinte, 
comme si vous aviez l'intention de pousser octave ; 
l'adversaire pare naturellement en faisant sa parade 
d'octave : dégagez sur le bras quarte en dedans, et 
donnez ou ce coup ou le coup de quarte basse. 

Le contre- dégagement de demi-cercle se fait eu 
engageant en quarte, lorsque votre adversaire s'ac- 
coutume à prendre la parade de demi-cercle , en fai- 
sant d'nbord une feinte, comme si vous vouliez 
pousser quarte basse , ce qu'il s'efforce de parer en 
demi-cercle ; alors dégagez agilement sur son bras , 
et donnez votre coup d'octave. 



Digirized by Google 



DES JEUNES GENS- 1 3 1 

LUS COMTE E-DEGAGBMEKS DE PRIME ET DE SECONDE. 

On se sert rarement du contre- dégagement de 
prime dans les attaques ; mais , approchant si près de 
la parade et du coup de prime , nous le décrirons 
ici. Il se fait en engageant en tierce, en forçant sur 
la lame de votre adversaire ; s'il s'engage dans la 
parade de prime, dégagez alors vivement sur son 
bras, et donnez votre coup de seconde. 

On peut se servir plus souvent du contre-dégage- 
ment de seconde; on le fait de l'engagement de 
quarte", en baissant votre pointe, en faisant une 
feinte, comme si vous vouliez pousser prime. Votre 
adversaire pare, en faisant la parade de seconde; 
dégagez alors sur son bras, et donnez votre coup en 
vous fendant en prime. 

LEÇONS ET VAHIATIOKS SUR LES COHTBE-PARADES DE 
QUARTE ET DE TIERCE, ET LES COMTEE-DEGAGE- 

En engageant en quarte, dégagez, et poussez 
quarte sur le bras ; votre adversaire pare en faisant 
la contre-parade de quarte. En se remettant, il dé- 
gage à son tour, et pousse quarte sur le bras ; parez 
par la contre-parade de quarte, etc , dégageant et 
parant alternativement , vous fendant toujours com- 
plètement en poussant , et vous mettant bien en 
garde en formant les contre- parade s. Que vos mou- 
vemens soient lents et exacts en commençant, et 
animez-les graduellement. Exercez-vous à engager 



Digitized by Google 



I 32 MANUEL 

en tierce de la même manière , d'abord en dégageant 
et poussant quarte en dedans ; ce qu'il pare , en fai- 
sant la contre-parade de tierce. En retour, il dégage 
et pousse quarte en dedans ; ce que vous parez par la 
contre-parade de tierce , etc. , poussant et parant 
comme ci-dessus , jusqu'à ce que tous animiez vos 
mouvemens avec toute l'exactitude possible. 

En engageant en tierce , si votre adversaire pousse 
octave ou quarte basse, vous pouvez parer en oc- 
tave ; contre-dé gagez alors , et donnez un coup de 
quarte basse. Dans le même engagement , il contre- 
dégage , et pousse quarte basse , que vous pai%z par 
la contre-parade d'octave , et rendez-en le coup. Dans 
le même engagement, il contre-dégage de nouveau; 
ce que vous parez en faisant d'abord la parade d'oc- 
tave. Alors, faisant la parade.de demi-cercle vite 
après l'autre, et lorsqu'il se remet, contre-dégagez , 
et poussez oclave. 

Dans l'engagement de tierce , avancez dans la 
mesure, forçant sur la lame de votre adversaire ; il 
fait la simple parade de prime, contre-dégage/,, et 
poussez seconde. Dans le même engagement, il 
avance, force, et contre-dégage comme ci-dessus ; 
mais parez son coup de seconde par la parade de 
prime, et rendez-en le coup. Dans le même engage- 
ment, il contre-dégage ; suivez sa lame par la contre- 
parade de prime. S'il s'efforce de doubler ou de 
dégager de nouveau, arrêtez -le en faisant la simple 
parade de seconde. 

En engageant en quarte , contre-dégagez pendant 



Digitized by Google 



DES JE UNES CENS. 



i33 



que votre adversaire esl en seconde, et poussez 
prime. Dans le même engagement, il contre-dégage 
lorsque vous êtes en seconde ; parée par voire parade 
de seconde , rendez alors un coup vif de seconde ; ou 
si , dans le même engagement , il fait un coup vif de 
seconde, vous pouvez le parer en demi-cercle, et 
rendre le coup de quarte basse. Dans le même enga- 
gement, il contre-dégage; répondez à ses mouvemeus 
en faisant les parades de seconde et de prime, contre- 
dégagez , alors , lorsqu'il se remet , et donnez un 
coup de seconde. 

FEINTES. 

On se sert des feintes pour obliger son adversaire 
à se découvrir. La simple feinte une , deux , se fait de 
deux dégagemens séparés, en engageant soit en 
quarte on en tierce , lorsque votre adversaire pousse 
ses simples parades. Si vous êtes engagé en quarte , 
dégagez très peu en tierce ; dégagez alors vite en 
quarte, et donnez-en le coup. En engageant en 
tierce, dégagez d'abord en quarte, dégagez alors en 
tierce , donnant le coup de quarte sur le bras. 

La feinte seconde, quarte sur le bras, se fait lors- 
qu'on est engagé en tierce , en baissant votre pointe; 
et , renversant les doigts comme si vous vouliez 
pousser seconde , tournez-les alors vite en haut , et 
donnez le coup de quarte sur le bras. Dans le même 
engagement , vous pouvez faire la feinte de seconde , 
et pousser quarte en dedans s'il y a une ouverture. 

Les feintes une, deux, trois, se font de trois déga- 
I. 12 



Digitizad by Google 



1 34 MANUEL 

gemens séparés, en engageant soit en quarte ou en 
tierce. En engageant en quarte, faites la feinte une, 
deux , comme ci-dessus ; si votre adversaire fait sa 
simple parade de quarte , marquez vivement votre 
troisième dégagement en poussant quarte sur le bras. 
En engageant en tierce, dégagez trois fois, et donnez 
votre coup de quarte en dedans. 

COUP SUR 1.1 POINTE. 

Faites un coupé ou coup sur la pointe lorsque 
vous vous apercevez que votre adversaire tient sa main 
trop bas , et que sa pointe est élevée en garde. Pour 
le faire de quarte en tierce , élevez votre pointe avec 
le mouvement supérieur du poignet, bien sur la 
pointe de votre adversaire, sans ôter votre bras de la 
ligne de direction , faisant en même temps votre ex- 
tension , et donnez votre coup de quarte sur le bras. 

De la même manière, vous pouvez faire des coups 
sur la pointe , en engageant en tierce , lorsque votre 
adversaire tient sa pointe haute. 



Faites le.coup du poignet lorsque vous voyez que 
votre adversaire est lent à h riposte , après que vous 
vous êtes fendu en poussant, comme dans l'engage- 
ment de quarte; supposez que vous poussez quarte 
sur le bras, que votre adversaire pare naturellement 
en tierce simple; appuyez avec quelque force sur sa 
iame , et comme vous vous remettez en garde , don- 
nez-lui un coup du poignet en seconde. 



jitized by Google 



DES JEUNES GENS. 



i35 



Cela se fait quand votre adversaire se fend en 
poussant : vous devez parer assez vigoureusement 
pour jeter son bras hors de la ligne de direction ; 
alors, avec toute la vitesse possible , étendez le bras, 
et rendez-lui un coup droit , avant qu'il ait le temps 
de se remettre. Si l'extension du bras n'est pas a por- 
tée, servez-vous de voire extension complète de la 
jambe et du bras. 

APPELS, COUPS SUE LA LAME , ET GLISSAUES. 

Ces appels , coups , et glissades tendent à vous faire 
tenir ferme en garde, à embarrasser votre adversaire, 
et à le forcer à se découvrir; on peut les faire avant les 
simples coups, feintes, ou contre-dégagemens , etc. 
Un appel, ou coup de pied, se fait en engageant en 
quarte ou en tierce, en élevant soudainement , et 
laissant tomber le pied droit, avec un coup au même 
endroit , en prenant soin de ne pas balancer le corps, 
et de rester bien en garde. 

Le coup sur la lame est de toucher brusquement la 
lame de votre adversaire, de manière à l'ébranler, et 
à avoir des ouvertures pour pousser. S'il résiste au 
coup, dégagez de suite, et poussez profondément. 
S'il fait une simple parade, faites la feinte une, deux; 
ou s'il fait une contre-parade , contre -dégagez en 
double. 

Les glissades font glisser légèrement votre lame 
contre celle de votre adversaire , formant en même 



Digitized by Google 



1 36 MANUEL 

temps l'extension du bras, oul'extensioncomplète, en 
ménageant votre corps , de manière à être sûr de ses 
coups, ainsi que des vôtres. Si vous êtes engagé en 
quarte, il est hors de doute qu'une vive avance et 
une glissade vous donneront quelques ouvertures , 
soit pour faire des feintes ou autrement. 

LE C0TTP * TEMPS. 

On fait ce coup lorsque l'adversaire est lent. En 
vous efforçant de faire ce coup, couvrez-vous bien, 
en vous opposant graduellement et fortement à h 
lame de votre adversaire : il ne peut y avoir de dan- 
ger de vous exposer à un coup entre-changê , c'est-o- 
diro, un coup en même temps ou coup fourré. 

I.EÇOHS ET VÀBIÀTIOHS DES FEIJ1TES , APPELS, ETC. 

En engageant en quarte, faites la feinte une, deux, 
et poussez quarte en dedans. En engageant en tierce , 
faites la feinte une, deux , et poussez quarte sur le 
bras; en engageant en quarte, faites une feinte sur le 
bras , et poussez quarte basse. Dans le même engage- 
ment, faites la feinte sur le bras, renversez le poignet, 
et poussez seconde. 

Sur l'engagement de tierce, faites la feinte de se- 
conde, renversez le poignet, et poussez quarte sur le 
bras. Dans le même engagement, faites la feinte de 
seconde, et poussez quarte en dedans. Sur l'engage- 
ment de quarte, en essayant la feinte une, deux, s'il 
la pare par sa contre-parade de quarte, contre-déga- 
gez, et iloime/, le coup de quarte sur le brag. 

Sur l'engagement de quarte , supposez que votre 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. t 37 

adversaire tienne sa gaide liasse et sa pointe haute, 
faites un coup sur la pointe, formant votre extension, 
et poussez quarte sur le bras. Sur rengagement de 
quarte, donnez un coup sur la pointe, s'il se sert d'une 
simple parade , dégagez, et poussez quarte en de- 
dans. Sur l'engagement de tierce , si voire adversaire 
tient sa main basse , et sa pointe haute, faites un coup 
sur la pointe, et poussez quarte en dedans. Sur k 
même engagement, faites deux coups sur la pointe , 
et donnez le coup de quarte sur le bras. Sur le même 
engagement, faites deux coups sur la pointe , déga- 
gez alors , et poussez quarte en dedans. Sur le même 
engagement , faites un coup sur la pointe, et marquez 
alors les feintes une, deux , et poussez quarte en dedans. 

Sur l'engagement de quarte, dégagez en tierce, 
et poussez quarte sur le bras; si votre adversaire fait 
sa simple parade de tierce , et qu'il soit lent à faire 
un retour, donnez-lui avec le poignet un coup de 
seconde; lorsque vous vous remettez sur l'engage- 
ment de tierce, dégagez, et poussez quarte en de- 
dans ou quarte basse. S'il pare en octave , dégagez 
sur le bras lorsque vous vous remettez , et donnez- 
lui un coup de quarte basse. Sur l'engagement de 
quarte, dégagez, et poussez seconde; s'il pare en 

tez, et poussez prime. Sur l'engagement de tierce, 
forcez sur sa lame , dégagez, et poussez quarte basse; 
il pare en prime; et s'il est lent à faire un retour, 
donnez avec le poignet le coup dû seconde lorsque 
vous vous remettez. 



Digirized by Google 



1 38 MANUEL 

Sur l'engagement de quarte, découvrez-vous un 
peu ; s'il marque la feinte une , deux , et pousse , for- 
mez votre contre-parade de quarte. Donnez-lui alors 
avec le poignet un vif retour de quarte basse , en 
formant l'extension complète. Sur l'engagement de 
tierce , de la même manière , donnez-lui quelques ou- 
vertures; s'il marque la feinte une , deux , et pousse, 
faîtes votre contre-parade de tierce ; et , dans l'exten- 
sion , donnez-lui un coup de seconde. Sur l'engage- 
ment de quarte, s'il fait les feintes basses et les coups, 
faites la parade de demi-cercle , et rendez un coup 
droit sur l'extension avant qu'il se replace. 

Sur l'engagement de quarte , faites un appel ou 
coup du pied droit , battant brusquement en même 
temps la lame de votre adversaire ; ce qui votis don- 
nera une ouverture pour pousser quarte droit et 
profondément. Sur le même engagement, faites un 
appel, baltez sa lame; dégagez alors, et poussez 
quarte sur le bras. Sur l'engagement de tierce , faites 
un appel , battez sa lame, et poussez quarte ou tierce 
sur le bras. Sur le même engagement, faites un 
appel, battez sa lame; dégagez alors, et poussez 
quarte en dedans. Sur l'engagement de tierce, faites 
votre appel , dégagez en quarte en battant sa lame , 
et poussez quarte en dedans. 

Sur l'engagement de tierce, faites une glissade sur 
sa lame avec l'extension; s'il ne se couvrait pas, 
donnez un coup droit de quarte sur le bras. Sur 
rengagement de quarte, faites une glissade, baissez 
votre pointe, et donnez un coup de quarte basse. Sur 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 13g 

l'engagement de tierce, faites une glissade, baissez 
votre pointe sous son poignet, et donnez un coup 
d'octave. 

Sur l'engagement de tierce, il dégage en quarte, 
dégagez contrairement , et poussez profondément 
quarte sur le bras. Sur l'engagement de quarte, 
lorsque vous trouvez que votre adversaire tient sa 
main trop bas en garde, et dévie des règles de 
garde, saisissez l'ouverture en poussant quarte droit 
et profondément. Sur l'engagement de tierce, ayant 
la même occasion, donnez le coup de quarte sur le 
bras, droit et profondément. 

Sur l'engagement de quarte, votre adversaire dé- 
gage en tierce, à l'instant dégagez contrairement, 
c'est-à-dire en quarte, et poussez profon dément. 
( Voyez la gravure. ) 




Toutes ces leçons doivent être faites avec attention , 
répétées souvent, et l'élève doit s'exercer toujours 
avec un adversaire qui ait autant d'habitude, exécutant 



Digitized by Google 



lijo MANUEL 

tous les coups, feintes, contre-dégagemens , etc., 
pendant que l'autre reste en garde, faisant usage des 
parades nécessaires, etc. Il doit alors, en retour, 
faire les mouvemens pratiques, afin que tous les deux 
puissent faire des progrès mutuels dans cet exercice. 

I.B SALUT AVAÏI LES ASSAUTS. 

Sur l'engagement de tierce , faites deux vifs appels 
ou coups du pied droit ; amenez-le derrière le 
gauche près de la cheville, étendant et élevant votre 
bras droit les doigts en haut, et la pointe de votre 
fleuret baissée; en même temps, ôtez votre chapeau 
gracieusement , et tenez-le dans la main gauche, éten- 
due près du flanc, alors avec un mouvement circu- 
laire du poignet, comme si vous formiez la contre 
de tierce, reculez votre pied gauche à la distance de 
la garde ordinaire, et élevant la main gauche , faites 
deux autres appels, avancez votre pied gauche duos 
la première position, c'est-à-dire devant le droit, 
près de la cheville , en même temps , étendez votre 
bras, les doigts en haut, comme avant, et dans cette 
position, faites gracieusement les parades de quarte 
et de tierce, faites un mouvement circulaire avec le 
poignet, et avancez vivement le pied droit a totre 
première garde, couvrant en même temps votre téte. 
Tous les mouvemens de ce salut doivent être faits 
plus vite que dans le salut avant de pousser quarte et 
tierce; observez aussi que ces mouvemens doivent se 
faire exactement eu même temps que ceux de votre 
ad versai ne. 



Digirized by Google 



DLS JEUNES GENS. 1 4 I 




DÉSARMER. 

Après avoir paré le coup de votre adversaire en 
quarte simple ou par le contre de quarte, sans quit- 
ter sa Jame , appuyez brusquement dessus, et la res- 
serrant avec la vôtre, renversez le poignet, les doigts, 
comme en seconde, et avec ce mouvement , donnez 
à sa lame un coup brusque. ( Foyez la gravure. ) 

Si cela ne le désarme pas, cela jettera su main et 
sa lame hors de la iigne de direction, de manière 
que vous pouvez effectivement fixer votre pointe, et 
lui donner un coup de seconde. 

Aussi, après avoir paré en simple tierce, croisez sa 
lame avant qu'il se remette; faites un mouvement 
circulaire hnisque et fort, en seconde, avec votre 
poignet, sans quitter sa lame, et cela ou le désar- 
mera, ou vous donnera une ouverture pour lui don- 
ner un coup. 



Digitizsd by Google 



1^2 MANUEL 




OBSERVATIONS PRATIQUES. 

Prenez un air hardi et une position assurée; fixez 
bien vos yeux sur ceux de votre adversaire, de ma- 
nière qu'il ne puisse pas pénétrer votre dessein , et 
tenez la mesure et la distance convenable. C'est une 
cbose très essentielle dans les assauts, que ces dispo- 
sitions; à cet effet, observez la taille de votre ad- 
versaire, la longueur de son fleuret, etc., et faites 
les dispositions nécessaires en conséquence. S'il dé- 
gage souvent, bat votre lame, et vous embarrasse 
autrement, afin d'avoir des ouvertures, vous pouvez 
saisir l'occasion de donner un coup de temps, ayant 
soin de vous bien couvrir, en vous opposant forte- 
ment à sa lame. Sur l'engagement de quarte, par 
manière de pïége, tenez votre pointe plus haute 
çu'à l'ordinaire; s'il veut donner un coup sur la 
pointe, dégagez h l'instant contrairement, et poussez 
quarte en dedans, ou vous pouvez, de préférence, 
donner un coup droit de quarte sur le bras. ( Voyez 
la gravure. ) 



Digitizsd by Google 



DES JEUNES GENS. 1^3 

Ne vous pressez pas trop en Taisant vos coups de 
retour, car, en se pressant trop, les élèves contrac- 
tent une habitude de rendre leurs coups en croisant 
le bras , ce qui est tout-à-fait erroné. Faites vos pa- 
rades avec justesse, et accoutumez- vous d'abord A 
faire des retours droits sans dégager. Si vous voulez 
rendre un coup en dégageant , vous devez le faire au 
moment où votre adversaire se remet , il doit venir 
du mouvement du poignet , et non en croisant le bras. 
La distance de voire garde doit être modérée ; six à 
sept décimètres est la distance pour les hommes ; par 
une garde trop large, vous tenez votre adversaire à 
une trop grande distance, et vous n'avez pas la force 
nécessaire pour jeter votre corps assez en arriére lors- 
cju'il avance et se fend ; vous ne pouvez pas non plus 
reculer ni faire des retours avec la vitesse nécessaire, 
la partie la plus basse du corps est aussi plus exposée 
qu'en garde moyenne et convenable. 

Ne vous fendez jamais trop, car cela vous empêche 
de vous remettre en garde avec la vitesse nécessaire. 
Efforcez-vous toujours de vousremettrevite, et aussi 
aisément que possible, fixant votre pointe au corps 
de votre adversaire , et formant la parade la plus 
naturelle, en cas qu'il fasse un vif retour; si vous 
êtes engagé avec un adversaire de plus petite taille, 
attaquez-le sur l'engagement de tierce, comme étant 
plus avantageux pour une foule de feintes et de coups 
que l'engagement de quarte, particulièrement pour 
la feinte en seconde sur le bras, etc. 

Si votre advtrsaire avance dans sa mesure , et force 



,/£ MANUEL 

en coup droit quarte sur le bras ou en tierce , élevez 
et courbez alors votre bras, faisant la parade de 
prime , et rendes vite un coup droit de prime avant 
qu'il se reinette, ou si vous n'avez pas assez d'ouver- 
ture, dégagez sur son bras, et donnez un coup de 
seconde. 

Lorsque vous commencez l'assaut, vous pouvez 
engager sa lame hors de mesure en quarte, comme 
étant plus aisé que les autres engagemens, pour exé- 
cuter vos mouvement différens. {Voyez la gravure.) 



Lorsque vous engagez la lame de voire adversaire, 
agissez sur la défensive pendant quelque temps , afin 
de découvrir quelles sont les feintes ou les coups qu'il 
préfère. Changez vos parades autant que possible, 
afin qu'il ne puisse pas à son tour s'assurer de celles 
que vous préférez; car, si un bon élève est jugé 
préférer une parade à une autre, il peut être trompé 
avec beaucoup moins de peine qu'on ne pourrait le 
croire, et lonrlié quelquefois par une personne beau- 
coup moins habile que lui. Un élevé, cependant, 
doit faire toutes les parades, et les changer constam- 



Digitized by GoOgI 



DES JEUNES CENS. lfô 

ment, ou au moins aussi souvent qu'il en a l'occasion. 
Il doil s'efforcer d'aller des hautes parades aux basses, 
et des dernières aux premières, avec toute l'agilité 
possible, jusqu'à ce que, par l'exercice, il soit ca- 
pable de parer presque tous les coups. 

Si tous engagez la lame en quarte, couvrez un 
peu votre dedans, et si vous engagez la lame en 
tierce, couvrez votre dehors, pour empêcher des 
coups droits sur ces cngagemens. Lorsque vous atta- 
quez , il est bien de dégager avec dextérité eu dehors 
et en dedans, formant votre extension comme si 
vous vouliez pousser ; si cela ne vous donne pas quel- 
ques ouvertures , cela sera, selon toute probabilité, les 
moyens de savoir les parades préférées par votre ad- 
versaire. S'il ne se sert que des simples parades, 
vous pouvez le tromper aisément en faisant les feintes 
une, deux,, ou une, deux, trois. Si c'est un tireur 
habile, et qu'il se serve de diverses co n ire- parades , 
Vous devez vous efforcer de l'embarrasser par des 
appels, coups sur la lame, extensions, glissades, 
contre-dégagemens,etc. 

Pour teripiner, nous recommandons à nos jeunes 
lecteurs de faire leurs exercices d'escrime avec dou- 
ceur et décorum l'un vers l'autre, s'efforçant en 
même temps de faire toutes leurs parades , etc. , avec 
élégance et précision. Qu'ils montrent aussi peu de 
gêne que possible , et aucune crainte , autrement ou 
pourrait avec assez de justesse comparer leurs assauts 
à une querelle entre la souris et la grenouille. 

i. i3 



Digitized by Google 



ifô MANUEL 

LA NATATION. 




Cest le meilleur exercice pour la santé ; le bon 
rafraîchissement des chaleurs de l'été. 

Thomsoit. 

Il est certain que l'homme a tous les moyens re- 
quis pour nager, et pourrait traverser des eaux pro- 
fondes comme tons les autres animaux , s'il n'était 
privé de l'usage de ces moyens par la crainte, l'effet 
du préjugé, de la précipitation ou de l'impatience. 
Le courage a souvent aidé quelques personnes à na- 
ger au premier effort, pendant que la timidité en a 
empêché d'autres pendant long-temps d'être capables 
de se laisser flotter, même pour quelques momens. 
La natation est maintenant devenue un art, et on 
peut donner, pour le pratiquer, plusieurs règles , à 
l'aide desquelles et d'un peu d'exercice l'enfant le 
plus timide peut acquérir facilement le plaisir déli- 
cieux de jouer dans le courant argenté. Indépendam- 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. ifa 
ment de ses avantages comme exercice fortifiant et 
bon pour la santé, l'humanité seule, ou le plaisir de 
n'être pas seulement capable de sauver sa vie, mais 
encore celle îles autres, doit certainement être un 
motif assez puissant pour acquérir de la dextérité 
dans cet art très utile. Lorsqu'on considère que notre 
pays a l'Océan pour frontières, et que, dans l'inté- 
rieur, il n'y a pas un pays dans le monde plus abon- 
dant en rivières, ruisseaux, lacs et canaux artificiels; 
lorsqu'on se rappelle que l'Angleterre est la première 
puissance maritime du monde, il petit paraître éton- 
nant qu'un si petit nombre de ses habit ans sache na- 
ger. On aurait pu croire naturellement que chaque 
habitant de notre île se sent presque aussi bien dans 
l'eau que sur terre. Le renversement des minces 
bateaux des natifs d'Otahiti est pour eux une partie 
de plaisir : ils nagent, prennent le chétif bâtiment, 
le redressent et s'en vont, ne se croyant jamais en 
danger. Si l'exercice de nager était universel dans ce 
pays, et il pourrait l'être, nous n'entendrions presque 
jamais parler de morts en se noyant. Il serait superflu 
de continuer à énuwérer les avaniages de l'art de la 
natation , ils sont évidens , même pour les plus inex- 
périmentés. 

Avant d'en venir à ces règles par lesquelles nos 
jeunes lecteurs pourront s'aider à faire des progrès, 
nous considérons comme nu bienfait pour eux de leur 
présenter quelques extraits des remarques du docteur 
Bucban , et l'excellent avis du célèbre philosophe le 
docteur Franklin , sur ce sujet. 



i48 



MANUEL 



REMARQUES DU DOCTKDB BUCHAK. 

L'immerston dans l'eau froide est un usage qui 
remonte à l'antiquité la plus éloignée ; réellement, il 
doit être contemporain de l'homme lui-même. La 
nécessité de l'eau pour les usages de propreté, et le 
plaisir dérivant de son application sur le corps dans 
les pays chauds, doit l'avoir recommandé de très 
bonne heure à l'espèce humaine : l'exemple même 
des autres animaux était suffisant pour le suggérer à 
l'homme. Par instinct, plusieurs d'entre eux sont 
conduits à appliquer de l'eau froide de celte manière, 
et l'on en a vu quelques uns, lorsqu'ils sont privés 
de son usage, languir, et même mourir. 

Le bain froid se recommande dans une foule de 
cas ; il est particulière ment bon pour les habitans des 
villes populeuses, qui s'abandonnent à la paresse et 
mènent une vie sédentaire ; il accélère le monvement 
du sang, étend les diverses sécrétions, et donne une 
vigueur permanente aux solides. Mais tous ces des- 
seins peuvent être remplis par l'application d'eau 
salée. On ne doit pas la préférer à cause de sa pesan- 
teur spécifique plus grande, mais aussi pour son plus 
grand pouvoir de stimuler la peau, ce qui dispose à 
la transpiration , et empêche l'élève d'attraper froid. 

Il est d'ailleurs nécessaire d'observer que le bain 
froid est plus sujet à empêcher qu'à guérir no embar- 
ras dans le système glandulaire ou lymphatique; et 
lorsque ces embarras sont arrivés à une certaine pé- 
riode, on ne peut les guérir d'aucune manière. Dans 



DES JEUNES GENS. l/fo 

ce cas , le bain froid ne fait qu'aggraver les symptô- 
mes , et pousserait le malheureux malade dans un 
tombeau hâtif. Il est cependant de la plus grande 
importance , avant que le malade serve du bain 
froid, de s'assurer s'il a ou non quelque embarras 
obstiné dans les poumons ou autres viscères ; dans ce 
cas, le bain froid doit être fortement prohibé. 

Dans ce qu'on appelle un état pléthorique, ou une 
trop grande plénitude du corps, il est dangereux aussi 
de se servir du bain froid sans préparation. Dans ce 
cas, il y a grand danger de briser une veine ou d'oc- 

On dit que les anciens Grecs et Romains , lorsqu'ils 
étaient couverts de sueur et de poussière, se plon- 
geaient dans les rivières sans en éprouver le moindre 
mal. Quoiqu'ils pussent échapper au danger de cette , 
conduite imprudente , cependant cela était certaine- 
ment contraire à la vraie raison. Plusieurs hommes 
robustes ont perdu la vie par un tel effort. Nous ne 
donnons cependant pas au malade l'avis de n'entrer 
dans l'eau froide que lorsque le corps est froid , mais 
on doit prendre au moins assea d'exercice pour exci- 
ter une légère chaleur sur tout le corps , sans en 
prendre de manière à le faire suer. 

Pour les jeunes gens, et surtout pour les enfans, le 
bain froid est de la plus grande importance; cela 
avance leur croissance , augmente leur force , et pré- 
vient une foule de maladies accidentelles et particu- 
lières à l'enfance. 

Il est cependant nécessaire ici de prévenir Je* 



Digitizad by Google 



l5o MANUEL 

jeunes gens contre le bain trop fréquent; car plu- 
sieurs conséquences fatales ont résulté «le l'habitude 
journalière de se plonger dans des rivières , et d'y 
rester trop long- temps. 

Le temps le plus convenable du jour pour se ser- 
vir du bain froid est , sans aucun doute , le matin , 
ou au moins avant le dîner, et la meilleure manière 
celle d'une vive immersion. Comme le bain froid 
tend toujours à pousser le sang et autres humeurs 
vers la téte, ce devrait être une règle de mouiller 
toujours cette partie aussitôt que possible. En faisant 
bien attention à cette circonstance, on peut croire 
avec raison que de violens maux de tête, et d'autres 
douleurs qui proviennent fréquemment du bain froid, 
pourraient souvent être prévenues. 

Le bain froid, lorsqu'on y reste trop long-temps, 
n'occasionne pas seulement un flux excessif d'hu- 
meurs vers la tête, mais refroidît le sang, crispe les 
muscles, relâche les nerfs, et ùte tout-à-fait la force 
de se baigner. De là , en ne prenant pas garde à cette 
circonstance, des nageurs experts sont souvent ex- 
posés, et même quelquefois perdent la vie. Tous les 
bienfaits du bain froid sont atteints par une immer- 
sion complète; le malade doit se sécher en sortant de 
l'eau, et doit continuer à prendre de l'exercice quel- 
que temps après. 

AVIS 11U DOCTEUR PRaHKLIM AUX MAGEURS. 

Le seul obstacle aux progrès dans cet art nécessaire 
pt préservateur de la vie, est la crainte, et ce n'est 



Digitized by Google 



DES JEDNES GENS. l5l 

qu'en surmontant cette crainte que vous pouvez de- 
venir maître d'observer les instructions suivantes. Il 
est très ordinaire aux novices dans l'art de nager, de 
se servir de bouchons et de vessies, pour aider le 
corps à rester sur l'eau ; quelques personnes en ont 
entièrement condamné l'usage ; cependant on peut 
s'en servir lorsqu'on apprend ce qui s'appelle la brasse, 
c'est-à-dire cette manière de tirer et de pousser les 
pieds et les mains, qui est nécessairé pour produire 
un mouvement progressif. Mais vous ne saurez nager 
qu'autant que vous aurez confiance dans le pouvoir 
qu'a l'eau de vous supporter : cependant je donnerai 
un avis pour acquérir cette confiance, avis qui a si 
bien profité à plusieurs, qu'avec un peu d'exercice 
ils ont appris la brasse comme si la nature le leur 
avait montrée. L'exercice dont je veux parler est 
celui-ci : choisissez un endroit où l'eau s'appro- 
fondit graduellement , marchez tranquillement de- 
dans jusqu'à ce qu'elle vienne à la poitrine , tour- 
nez alors votre figure vers le bord , et jetez un œuf 
dans l'eau entre vous et le bord ; il tombera au fond , 
et vous le verrez aisément si l'eau est claire. Il doit 
être assez profondément jeté pour que vous ne puis- 
siez aller le chercher qu'en plongeant. Pour vous 
encourager, réfléchissez que vous passerez d'une eau 
profonde à une eau basse, et qu'en tout temps vous 
pouvez , en poussant vos jambes sous vous , et vous 
appuyant sur le fond , élever votre téte fort au-dessus 
de l'eau; plongez les yeux ouverts, et tenez-les 
ouverts avant de plonger : comme vous ne pouvez 



Digilized by 



1 52 MARCEL 

ouvrir les paupières, à cause du poids de l'eau an- 
dessus de vous, il est nécessaire qu'ils soient ouverts 
d'avance pour tous jeter vers l'œuf, et vous efforcer, 
par l'action de vos mains et de vos pieds contre 
l'eau, d'avancer jusqu'à sa portée. Dans cet effortj 
vous trouvez que l'eau vous pousse en haut contre 
votre volonté, qu'il n'est pas si facile d'enfoncer que 
vous le croyiez, et que vous ne pouvez que par une 
force active attraper l'œuf : ainsi vous sentez le pou- 
voir qu'a l'eau de vous supporter, et vous apprenez 
à vous confier à ce pouvoir. Pendant vos efforts à le 
surmonter pour atteindre l'œuf, apprenez-vous la 
manière d'agir sur l'eau avec vos pieds et vos mains, 
ce dont on se sert ensuite en nageant pour soutenir 
la tête sur la surface de l'eau, ou pour avancer au 
travers. 

Je vous presse d'autant plus d'essayer cette mé- 
thode, que, quoiqu'il soit facile de vous démontrer 
que votre corps est plus léger que l'eau, et que vous 
pourriez y flotter long-temps en conservant votre 
bouche libre pour respirer, si vous vous mettiez dans 
une posture convenable sans vous débattre, cepen- 
dant, jusqu'à ce que vous ayez acquis cette confiance 
ex péri m en la le , je ne peux pas espérer que vous ayez 
assez de présence d'esprit pour vous rappeler cette 
posture, et les avis que je vous ai donnés là-dessus. 
La surprise peut vous faire tout oublier. 

Quoique les jambes, les bras et la tête du corps 
humain , soient des parties solides spécifiquement 
plus pesantes que l'eau douce, cependant le tronc, 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. I 33 

particulièrement la partie" supérieure, est tellement 
plus légère que l'eau , à cause de ses cavités, que tout 
le corps, pris ensemble, est trop léger pour s'enfon- 
cer en entier dans l'eau. Quelques parties surnage- 
ront jusqu'à ce que les poumons soient remplis d'eau, 
ce qui arrive en aspirant de l'eau au lieu d'air, lors- 
qu'une personne effrayée s'efforce de respirer en 
ayant la houche et les narines sou* l'eau. 

Les jambes et les bras sont spécifiquement plus 
légers que l'eau salée, et peuvent s'y soutenir, da 
inanière que le corps humain ne peut enfoncer dans 
l'eau «siée , quoique les poumons (.uient remplis 
d'eau, comme ci-dessus, que par la pesanteur spé- 
cifique plua grande de la tête; ronséqnemment une 
personne se mettant sur le dos dans l'eau salée, et 
étendant se» bras, peut s'y tenir aisément, ayant sa 
bouche et ses narines libres pour respirer, et par un 
petit mouvement de la main , peut s'empêcher de 
tourner si elle s'aperçoit qu'elle y tend. 

Dans l'eau douce, lorsqu'un homme se jette sur 
le dos près de la surface, il ne peut rester long-temps 
dans celte position, excepté par l'action convenable 
de ses mains sur l'eau; s'il ne se sert pas de ce mou- 
vement, les jambes et la partie la plus basse du corps 
s'enfonceront graduellement jusqu'à ce qu'il vienne 
à une position droite, dans laquelle il restera sus- 
pendu, le haut de la poitrine tenant la tête en haut. 

Mais si , dans cette position droite , la tête est te- 
nue droite au-dessus des épaules, comme lorsque 
nous sommes sur terre, l'immersion , par le poids de 



Digitized by Google 



1 54 MANUEL 

cette partie de la tête qui est au-dessus de l'eau, at- 
teindra au-dessus de la bouche et des narines, peut- 
être un peu au-dessus des yeux, de sorte qu'un 
homme ne peut rester long-temps .suspendu dans 
l'eau la tête dans cette position. 

Le corps continuant d'être suspendu comme ci- 
dessus, et droit, si la lête est appuyée tout-à-fait eu 
arrière, de manière que la ligure soit eu haut, toute 
la partie de derrière de la téte étant sous l'eau , et 
par conséquent sou poids soutenu en grande partie, 
la figure restera an -dessus de l'eau, tout-à-fait libre 
pour respirer, s'élèvera de quelques centimètres plus 
haut à chaque aspiration, et s'abaissera autant à cha- 
que expiration , mais jamais assez, bas pour que l'eau 
puisse venir au-dessus de la bouche. 

Si cependant une personne qui ne sait pas nager, 
et qui tombe accidentellement dans l'eau, a assez de 
présence d'esprit pour éviter de se débattre et de 
plonger, et pour laisser prendre au corps cette posi- 
tion naturelle, elle pourrait rester pendant long-temps 
sans se noyer, peut-être jusqu'à ce qu'il vienne du 
secours. Quant aux habits, leur poids dans l'eau est 
très peu considérable, l'eau les supportant, quoique 
eu sortant de l'eau ils soient réellement très pesa n s. 

Mais, comme je l'ai dit auparavant, je ne vous 
donne pas l'avis, ni à aucune autre personne, de 
compter avoir cette présence d'esprit dans une telle 
occasion, mais bien d'apprendre à nager, comme je 
voudrais que tous les hommes l'apprissent dès leur 
jeunesse; dans plusieurs occasions , ils seraient d'au- 



■ le 



DES JEUNES GENS. 1 55 

tant plus en sûreté qu'ils auraient ce talent, et en 
outre d'autant plus heureux qu'ils seraient libres des 
appréhensions pénibles du danger, pour ne rien dire 
de la jouissance d'un exercice si bon et si agréable. 

Les soldats, je pense, devraient tous apprendre à 
nager; cela pourrait leur servir souvent , soit en sur- 
prenant un ennemi , ou en se sauvant ; et si j'avais 
maintenant des enfrras à élever, je préférerais les 
écoles ( les autres choses étant égales ) où l'on procu- 
rerait une occasion d'apprendre un art si utile , qui , 
une fois appris, n'est jamais oublié. 

Je sais par expérience que c'est un grand secours 
pour un nageur qui a une grande distance à parcou- 
rir de se tourner quelquefois sur le dos, et de varier 
de toute autre manière les moyens de procurer un 
mouvement progressif. 

Lorsque la crampe le saisit dans la jambe, la mé- 
thode de fêter est celle-ci : de donner aux parties 
affectées un coup soudain, vigoureux et violent, ce 
qu'il peut faire dans l'air en nageant sur le dos. 

Pendant les grandes chaleurs de l'été, il n'y a au- 
cun danger à se baigner, quelque chaud que nous 
puissions avoir, dans des rivières qui ont été bien 
chauffées par le soleil : mais se jeter dans une eau 
froide de source lorsque le corps a été échauffé par 
l'exercice au soleil, est une imprudence qui peut être 
fatale. Je connais un exemple de quatre jeunes gens 
qui, ayant travaillé h la moisson pendant la chaleur 
du jour, se plongèrent, avec l'intention de se rafraî- 
chir, dans une source d'eau froide, deux mourureat 



Digitized by Google 



i5fi 



M AH DEL 



sur la place , un Troisième le lendemain matin , et le 
quatrième en revint avec beaucoup de peine. 

Un semblable effet, dans de semblables circon- 
stances, suit souvent une copieuse boisson d'eau 
froide, dans l'Amérique septentrionale. 

L'exercice de nager est un des meii'eurs et des 
plus agréables du monde. Après avoir âgé pendant 
une ou deux heures le soir, on dort tranquillement 
pendant toute la nuit, même penda ît lis plus grandes 
chaleurs de l'été. Peut-être les porcs étant nettoyés, 
la transpiration insensible augmente , et occasionne 
cette fraîcheur. Il est certain que nager beaucoup est 
le moyen d'arrêter une diarrhée, et même de pro- 
duire une constipation. Pour ceux qui ne savent pas 
nager, ou qui sont affectés d'une diarrhée dans une 
saison qui ne leur permet pas de se servir de cet 
exercice, un bain chaud, en nettoyant et purifiant la 
la peau, est très salutaire, et guérit souvent radica- 
lement. Je parle de ma propre expérience, souvent 
répétée, et de celle des autres, auxquels je l'ai re- 
commandé. 

Lorsque j'étais enfant, je m'amusais un jour à faire 
voler un cerf-volant de papier, et à approcher des 
bords d'un lac qui avait à peu près un mille de large. 
J'attachai la corde à un pieu, et le cerf-volant monta 
à une hauteur considérable sur le lac, pendant que 
je nageais. Peu de temps après, désirant m 'amuser 
avec mon cerf-volant, et jouir en même temps du 
plaisir de nager, je retournai, et détachant du pieu 
la corde avec le petit bâton qui y était attaché, je 



Digitized by Google 



DE» JEUNES GENS. 1 57 

retournai dans l'eau, où je trouvai que, couché sur 
le dos, et tenant le bâton en main, j'étais traiué sur 
la surface de l'eau d'une manière très agréable. Ayant 
alor* engagé un autre enfant à porter mes habits au- 
tour du lac, à un endroit que je lui montrai, je com- 
mençai à traverser le lac avec mon cerf-volant , ce 
qui me mena jusqu'au bout sans la moindre fatigue, 
et avec le plus grand plaisir imaginable. J'étais seu- 
lement obligé de m'arréter de temps en temps , et de 
résister à ses progrès, parce qu'il paraissait qu'en 
suivant trop vite, j'abaissais trop le cerf-volant : en 
ralentissant de temps en temps je le faisais remonter. 
Je n'ai jamais, depuis ce temps, pratiqué cette sin- 
gulière manière de nager, quoique je pense qu'il ne 
serait pas impossible de traverser de cette manière 
de Douvres à Calais. Le paquebot est cependant pré- 
férable encore. 



,4 

Digitized by Google 



jfjS MANUEL 




INSTRUCTIONS PRATIQUES. 

Nous supposons maintenant qu'un de nos jeunes 
anus soit sur le bord d'un courant , et prêt à prendre 
sa première leçon dans l'art de nager ; s'il a avec loi 
quelque ami ou compagnon qui veuille et qui soit de 
force à lui donner les directions nécessaires, il fera 
bien de les suivre ; car l'exemple , dans ce cas et dans 
tous ceux semblables, vaut quelquefois mieux que le 
précepte. Mais s'il n'est pas si heureux, qu'il adopte 
l'excellente méthode mentionnée par le docteur Fran- 
klin, comme on le voit dans la page précédente, ou 
qu'il suive les instructions que nous allons lui don- 
ner sur ce sujet. 



Notre jeune élève ne doit pas d'abord s'aventurer 
dans l'eau de la manière hardie et hasardeuse des 
nageurs expérimentés; il doit attendre patiemment 
jusqu'à ce qu'il puisse le faire sans danger. Qu'il s» 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. IÎk} 

rappelle qu'il fut un temps où le meilleur nageur 
d'à présent marchait pas à pas dans l'eau , et sondait 
la profondeur avec un pied, avant de lever l'autre du 
fond du courant. Léandre même, dont ceux de nos 
jeunes lecteurs qui sont un peu avancés dans les 
classiques connaissent sans doute le sort et l'histoire ; 
Léandre même, qui traversa si souvent l'Hellespont, 
nagea une fois dans un lac ; et ceux qui, d'après nos 
leçons, font leurs premiers efforts pour se soutenir 
sur l'eau parleurs moyens naturels, dans un ruisseau, 
peuvent devenir assez bons nageurs pour faire le tour 
dont lord Byron était si fier, c'est-à-dire traverser 
l'Hellespont , comme fit Léandre dans les jours de 
l'antiquité reculée. Nous recommandons à notre jeune 
ami d'être patient aussi-bien que persévérant pen- 
dant ses tentatives dans l'art de nager; il ne doit pas 
être découragé et dégoûté, parce qu'il semble ne 
faire d'abord que peu de progrès. Qu'il se rappelle 
qu'il acquiert graduellement un pouvoir nouveau et 
important, celui de maîtriser les eaux. Un écrivain 
de beaucoup de discernement a observé avec justesse 
que rien de ce qu'il faut apprendre ne s'apprend sans 
difficulté et sans application; il faut bien quelque 
peine pour s'empêcher de craindre de tomber dans 
une rivière où deux sur trois de nos compatriotes 
se noieraient sans secours; qu'on ne regrette cepen- 
dant pas cette peine. 

Avant d'entrer dans l'ean , la tête et le cou doivent 
être bien mouillés; J'élève doit alors avancer du côté 
d'un bord clair et transparent dans quelque courant , 



Digilized by Google 



l6o MANUEL 

de la profondeur duquel il s'est bien assuré en son- 
dant ou autrement, jusqu'à ce qu'il y soit jusqu'à la 
poitrine; qu'il tourne alors sa figure vers le bord, 
et qu'il se prépare a faire la première tentative dans 
cet art , comme on le voit dans le paragraphe suivant. 




S'il EH DRE. 

La figure tournée vers le bord, comme on dît ci- 
dessus , que l'élève se couche doucement sur le 
ventre; qu'il tienne la téte et le cou droits, la poi- 
trine avancée, et le dos courbé en dedans. Qu'il 
retire alors ses jambes du fond , et qu'il les étende 
immédiatement, non pas en bas, mais derrière lui; 
qu'il étende les bras en avant, les mains jointes, et 
leur dos eu haut, un peu sous la surface de l'eau ; 
qu'il les retire pendant qu'il retire ses jambes pour 
un second effort, et qu'il se pousse ainsi en avant, se 
servant de ses pieds et de ses mains alternativement. 
Il arrivera peut-être qu'il avalera de l'eau dans ses 
premiers essais , mais cela ne doit pas le décourager ; 
il ne doit pas non plus s'imaginer que , parce qu'il 



DES JEUNES GENS. ïfjl 

fait peu de progrès, il n'est pas aussi capahle d'ap- 
prendre à nager que d'autres. Le même petit accident 
arrive à tous tes jeunes commençans. 




BOUC H OKS ET VESSIES. 

L'usage de bouchons et de vessies pour ceux qui 
apprennent à nager est recommandé aussi fortement 
par quelques personnes qu'il est déprécié par d'au- 
tres. Il est assez clair qu'on peut acquérir plus aisé- 
ment l'action nécessaire des mains et des bras avec 
celte aide que sans elle ; néanmoins nous sommes con- 
vaincus par l'expérience, qu'il vaut mieux apprendre 
à se laisser flotter, et à devenir capable de nager dix 
ou douze mètres au moins , bien ou mal, sans aucun 
moyen artificiel. Nous avons vu plusieurs jeunes gens 
qui, après avoir atteint l'action nécessaire d'une très 
bonne manière, à l'aide de bouchons et de vessies, 
étaient tout-à-fait incapables de tenir leur tête au- 
dessus de l'eau lorsqu'ils abandonnaient leur aide, et 
se trouvaient ainsi dans la même situation que s'ils 
n'avaient pas fait un seul effort dans l'art de nager; 
nous avons connu, il est vrai, de légères exceptions, 
mais elles ont été extrêmement rares. Nous pensons 



Digitized by Google 



162 MANUEL 

que les bouchons et les vessies peuvent être utiles; 
mais il ne faut pas commencer par s'en servir. Après 
que l'élève a fait quelques progrès, et quand il est 
capable de traverser un courant étroit, il peut se ser- 
vir pendant peu de temps de bouchons et de vessies, 
afin de se perfectionner dans l'action nécessaire pour 
bien nager, surtout avec les mains et les bras. L'action 
des jambes peut bien s'acquérir à l'aide de la plan- 
che , comme on le décrit après. Les meilleurs nageurs 
que nous ayons connus ne se servaient jamais de 
bouchons pour ce dessein ; cependant on peut ne pas 
les regarder comme inutiles, pourvu que l'on s'en 
serve de la manière que nous venons de dire ; mais 
si notre jeune lecteur juge convenable de se servir 
de bouchons ou de vessies, qu'il suive les avis sui- 
vans. Les bouchons pour nager se font ainsi : on 
attache trois ou quatre plaques rondes de liège, 
augmentant progressivement en circonférence , par 
un trou fait dans leurs centres, à chaque bout d'un 
morceau de grosse corde qui est asseï longue pour 
traverser la poitrine , et passer sous les aisselles ; le 
même nombre de bouchons est placé à chaque côté 
de la corde, et on les empêche de s'en aller par des 
nœuds faits aux deux extrémités. Lorsqu'on se sert 
de vessies , on les remplit d'air, on les lie au col , et 
on les attache avec de la ficelle au bout de la corde 
au lieu de bouchons. 

La manière de se servir de bouchons et de vessies 
est celle-ci : l'élève place sa poitrine sur la corde, 
entre les bouchons et les vessies pendant qu'ils flutt 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 



i63 



lent; il élève ses jambes de terre , et appuie tout son 
poids sur la corde , de manière que les vessies ou le» 
bouchons flottent entre ses brns et ses côtés. Dans 
celte position , il s'étend , et se pousse en avant avec 
ses jambes et ses pieds. L'action des pieds et des 
mains soutient seule un nageur, de manière qu'il fait 
presque autant de progrès en se servant de bouchons, 
s'il les tient tranquilles, que s'il les remue; néan- 
moins, on peut perfectionner leur action pendant 
que le corps est soutenu par les bouchons, et le 
jeune nageur peut acquérir cette manière gracieuse, 
ferme et puissante de s'étendre , qu'il peut pratiquer 
par degrés lorsqu'il a jeté les bouchons de côté. 
L'écrivain de ces pages a souvent lutté contre les 
vagues à un mille ou deux de terre, quand les eaux 
étaient agitées par ce qu'un pêcheur appelle an méat 
frisant, avec un plaisir que ceux mêmes qui ont été 
daus le sein profond de la mer, peuvent à peine ima- 
giner; ce qui est plus difficile encore, il a traversé 
les eaux profondes et tranquilles d'un lac par un 
calme mortel; et quoiqu'il n'ait pas été un excellent 
nageur, il en a peut-être été un passable dans son 
temps ; et la manière qu'il a toujours suivie , et qu'il 
recommande à ses jeunes amis, est de s'étendre avec 
les bras. On doit fermer les doigts et tenir les pouces 
près des mains étendues, ou plutôt un peu élevées 
vers la paume : les mains doivent alors être jointes 
ensemble , les deux pouces se touchant ou paume 
contre paume, et élevés juste sous le menton. Il faut 
alors les pousser graduellement en avant ; et lorsque 



Digitized by GoogI( 



l64 MANDEt 

les bras sont bien étendus, on doit les séparer et Ici 
ramener lentement un peu sous la surface de l'eau , 
dans toute l'étendue des bras en arrière, ansai loin 
qu'on le pourra commodément. Ils doivent alors en- 
foncer jusqu'aux cuisses , en pressant un peu l'eau en 
descendant ; le corps sera élevé , la téte pourra être 
jetée en arrière , et l'haleine prise pour le second 
effort. Lorsque les mains sont près des cuisses, on 
doit les élever avec les pouces en dessus, mais non 
avec le dos de la main, à la première posilion. Pen- 
dant ce temps , on doit tirer les jambes aussi près 
du corps que possible , et frapper la plante du pied 
contre l'eau avec une force raisonnable, et en même 
temps on étend de nouveau les mains : c'est là réel- 
lement tous les principes de la natation. On étend 
d'abord les bras , et on avance le corps par la force 
de la plante des pieds , frappée contre l'eau ; l'air des 
poumons est expiré ou aspiré pendant cette action , 
les mains sont alors étendues et amenées de manière 
à lever le corps, qui n'a pas besoin de soutien, étant 
poussé par les jambes, et les poumons étant presque 
remplis d'air, pendant qu'on tire les jambes et qu'on 
remplit les poumons d'air pour un second effort. Ces 
mouvemens très simples paraîtront d'abord très diffi- 
ciles et très compliqués au jeune lecteur, mais par 
degrés il apprendra à les faire facilement. Sur toutes 
choses, qu'il s'efforce de les faire d'une manière ré- 
fléchie et sans se presser; car il est certain qu'un 
nageur qui parait lent dans ses mouvemens, fait la 
moitié plus de progrès qu'un autre qui est vif. Le 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. l65 

premier est réfléchi et vigoureux ; le dernier est trop 
pressé, produit moins d'effet, et se fatigue plus tôt. 
Un novice dans l'art fera dix efforts pendant qu'un 
adepte en fera un, et en même temps il fera à peine 
la moitié autant de progrès. 

Nous recommandons fortement à nos jeunes lec- 
teurs de ne jamais s'aventurer a perdre pied avec 
des bouchons, s'ils ne peuvent nager sans s'en ser- 
vir. Nous avons connu un jeune homme de grande 
espérance qui fut presque noyé dans l'eau profonde , 
en ce que les bouchons glissèrent de sa poitrine à sa 
ceinture, de manière que ses reins, et enfin ses jambes, 
étaient sur l'eau pendant que sa téte était dessous. Il 
fut retiré de cette situation périlleuse par un jeune 
homme de son âge , qui avait commencé à apprendre 
l'art de nager, mais sans bouchons , juste le même 
jour que celui qui était en danger de se noyer. II 
serait bien d'attacher une ficelle par le milieu , à 
chaque bout de la corde, à côté du plus grand bou- 
chon , et qu'on en passât un bout par-dessus les 
épaules, l'autre devant , et qu'on les attachât forte- 
ment ensemble; cela empêcherait au moins les bou- 
chons de sortir de leurs places. 



Digitized by Google 



i66 



MANUEL 




Là. PLAKfJHE. 

La planche est utile dans un baïn pour perfec- 
tionner le jeune nageur dans l'action d'étendre con- 
venablement ses pieds et ses mains. Un morceau de 
liège de la longueur de trois mètres, épais de cinq à 
six centimètres, et large de quarante-cinq ou soixante 
centimètres, est ce qu'il y a de meilleur; il faut le jeter 
dans l'eau, et l'élève, après avoir acquis l'art de se 
soutenir pendant peu de temps sans aides artificielles, 
doit prendre un de ses bouts a deux mains; son corps 
sera ainsi soutenu, et il doit s'étendre avec ses jambes 
de la manière dite ci-dessus , et s'efforcer de pousser 
la planche devant lui , ayant soin de la bien tenir 
et de la suivre de près ; autrement , il pourrait sentir 
une sensation assez désagréable causée par la planche, 
qui s'élance en avant et qui le laisse tomber, sans 
qu'il s'y attende, la lèle dans l'eau. Nous avons été 
souvent témoin de l'utilité de la planche pour le 
dessein dont nous venons de parler ; et nous pouvons, 
cohséquemment, la recommander en confiance à ceux 
de nos jeunes lecteurs qui ont envie d'apprendre l'art 
de nager par des aides préliminaires , occasionnelles 
ou artificielles. 



Digitized by Google 



DES JEUNES CENS. 



,6, 



f LA COHUE ET iUTBHS 411) ES. 

La corde pour les nageurs est ordinairement atta- 
chée à un bout d'un fort morceau de bois , qui est fixé 
dansnn mur ou autre part, de manière à se projeter 
aur l'eau; la corde descend sur sa surface, où elle 
peut être assez longue pour que trente ou quarante 
centimètres de son extrémité puissent y trefnper. La 
corde sert à soutenir l'élève, lorsqu'il fait le mouve- 
ment avec ses jambes; mais elle est très inférieure 
pour ce dessein à la planche, car lorsque l'élève se 
soutient en tenant la corde, son corps est dans une 
position trop perpendiculaire, de manière qu'il frappe 
plutôt en bas qu'en arrière. L'élève doit s'accoutu- 
mer, autant que possible, k tenir ses jambes près de 
la surface; car ceux qui nagent avec les extrémités 
les plus basses profondément dans l'eau ne vont 
jamais si vite que ceux qui adoptent la position con- 
venable, qui doit être, à peu de chose près, hori- 
zontale. La planche a un autre avantage sur la corde ; 



Digiîized by Google 



l68 MANUEL 

elle tient mieux dans l'eau, et offre assez de résistance 
pour exciter et même pour aider le jeune commen- 
çant en lui offrant un point d'appui, à étendre vi- 
goureusement ses jambes. La corde est plus utile à 
ceux qui vont dans l'eau pour se baigner, qu'à ceux 
qni apprennent à nager; car, à l'aide du soutien 
qu'elle procure, le baigneur peut 6ter ses jambes du 
fond, et se mieux exercer en sautant, «'étendant, 
et tournant dans l'eau ça et là ; il peut ainsi s'exercer 
d'une manière qui, sans l'aide de la corde, serait 
tout-à-fait hors de son pouvoir. 

L'aide de la main ne s'applique qu'à de très jeunes 
élèves qui ont l'avantage de se baigner avec un bon 
nageur. Elle est de beaucoup supérieure, comme aide, 
aux bouchons et aux vessies, parce qu'on peut la re- 
tirer graduellement, et enfin entièrement, de manière 
que l'élève ne sentira presque pas qu'on l'Aie, et clic 
sera remise à l'inslant , si la fatigue le rend trop faible 
pour se soutenir. Un jeune homme haut et fort, ou 
une personne d'un âge mûr, prend le petit élève dans 
ses bras, et va avec lui dans l'eau jusqu'à la poitrine; 
il place alors l'élève presque à plat sur l'eau, le sou- 
tenant d'une main sous le ventre , l'encourageant et 
lui montrant à s'étendre hardiment, et en même 
temps correctement. Après deux ou trois leçons dans 
des jours différens, on peut retirer tant soit peu la 
secours de la main de temps en temps, et dans le- 
cours d'une semaine ou dix jours, le petit nageur, 
suivant toute probabilité, n'aura plus besoin de ses 
services. Oh ! quel moment heureux et triomphant 



Digitized by Google 



DES JEUNES HENS. 169 

piiur un enfant, lorsqu'il flotte seul sur l'eau, sans 
autres aides que celles dont la nature l'a pourvu ! II 
est bientôt fatigué, mais, dès cet instant, il sent une 
nouvelle confiance en lui-même, et ses progrès sont 
ordinairement plus rapides. 

Nous n'approuvons pas laut l'aide de la corde et 
de la main, que celle de la main seule. Une corde est 
attachée autour du corps de l'élève, une grande per- 
sonne tient l'autre bout, et soutient l'élève pendant 
qu'il acquiert la manière de s'étendre. L'aide, dans 
ce cas, ne peut pas être appliquée avec précision à 
l'endroit convenable, ni mise et retirée avec autant 
de douceur que lorsqu'on se sert de la main seule. 



Nous supposons que notre jeune lecteur ait fait 
quelques progrès dans l'art de nager, et qu'il ait envie 
d'aller dans l'eau profonde. S'il se sent tout-à-fait 
sûr de ses forces, il peut s'aventurer quelques pas à 
perdre pied, au travers d'un courant, par exemple, 
qui n'a que quelques pieds d'eau au-dessus de la 
tête au centre , avec des bords eu pente douce de 
chaque coté. Les jeunes nageurs se sentent quelque- 
fois alarmés lorsqu'ils sont sûrs qu'ils se sont aven- 
turés où ils ne peuvent plus mettre leurs pieds à terre : 
cette pensée les agile; ils frappent vite, leur hate 
augmente , la trépidation s'ensuit, et ils ont beau- 
coup de peine à retourner au bord. Nous recom- 
mandons bien à notre élève de ne laisser échapper 
aucun de ces inouvemens. Avant de s'aventurer à 

1. i5 



Digilized by Google 



perdre pied, qu'il calcule ses propres forces. Est-il 
capable de nager pendant cinq mètres sans poser ses 
pieds à terre? Si cela est, il peut eu toute confiance 
traverser un endroit profond qui n'a que la moitié 
de cette largeur. Qu'il ne s'imagine pas qu'il n'est 
pas si capable de nager dans l'eau profonde que dans 
l'eau basse ; car, il est de fait au contraire que plus 
l'eau est profonde, mieux il peut nager. Sur toutes 
choses, qu'il ne se presse pas, mais qu'il frappe len- 
tement et également, et qu'il fasse à temps les mou- 
vemens de ses bras, de ses jambes et de ses pou- 
mons. Les jeunes gens tombent souvent dans une 
erreur qui a toujours des suites désagréables , en 
perdant leur présence d'esprit, et aspirant lorsqu'il 
ne le faut pas. Ils aspirent lorsqu'ils s'étendent avec 
leurs jambes, au lieu d'aspirer lorsque leur corps est 
élevé par les mains, à la pleine étendue des bras en 
arrière, ou en descendant vers leurs cuisses. Pendant 
ce mouvement des jambes, la tête s'enfonce en par- 
tie , et la bouche se remplit ainsi , ce qui cause une 
nausée très désagréable, et une suffocation momen- 
tanée. Lorsque les mains sont dans la position ci- 
dessus, le progrès du corps eu avant cesse, la figsre 
n'est plus poussée contre l'eau, mais est élevée au- 
dessus de la surface; il faut alors prendre haleine, 
et l'on doit expirer pendant que le corps, au coup 
suivant, est poussé en avant par l'action des jambes. 
Pendant ce temps, si voire bouche est au niveau, 
ou en partie sous la surface de l'eau, il ne peut y 
entrer d'eau , l'air que vous poussez entre vos lèvres 



Digitized by Googll 



DES JEUJHES GENS. I^I 

l'empêchant tout-à-fait. Tout à temps, est une des 
principales règles du nageur. A moins que l'élève 
n'y fasse attention, il ne fera que peu de progrès, 
et boira inévitablement quelques coups du courant 
dans lequel il nage. Pour ceux qui n'ont jamais nagé 
dans le courant argenté, une circonstance de cette 
espèce sera considérée comme peu de chose ; mais 
nous parlons des sentimens des nageurs, lorsque 
nous disons que la même personne qui sera charmée 
de boire un coup du torrent , lorsqu'elle est assise et 
habillée sur le bord, sentira le plus grand dégoût de 
boire un coup de la même eau lorsqu'elle y nage. 

Après que l'élève a perdu pied , et qu'il se sent 
satisfait du succès de ses efforts , il s'enhardit , et 
augmente sa distance journellement. Il deviendra 
bientôt un assez bon nageur à la brasse, et désirera ap- 
prendre à flouer sur le dos, nager en demoiselle, etc. 
Il est temps, par conséquent, de lui donner les ins- 
tructions nécessaires pour faire ces tours, et d'autres. 

N.U;Ell EN DEMOISELLE. 

Tout ce qui est nécessaire pour nager en demoi- 
selle , est de laisser pendre vos jambes dans l'eau 
jusqu'à ce que vous soyez droit, laissez-vous flotter 
dans celte position, en foulant l'eau avec vos pieds 
alternativement, et, si cela est nécessaire, foulant 
avec vos mains en les descendant vers vos cuisses. 

HAGEK S1TH EE CÔTÉ. 

Abaissez le côté gauche , et en même temps élevés 
le droit, frappez en avant avec la main gauche, ei 



Digitized by Google 



1^2 MANUEL 

de côté avec la droite , le dos de la derrière étant 
devant, aiî lieu d'être en haut, le côté du pouce de 
la main en bas , pour servir précisément de rame. 
En donnant au corps un effort additionnel, vous 
avancerez ainsi plus prompte ment que parla mélhode 
ordinaire , cela vous reposera aussi beaucoup, lors- 
que vpus vous sentirez fatigué, de vous étendre en 
avant. Vous pouvez aussi vous tourner sur le coté 
droit, et vous servir du gauebe comme d'une rame. 
Dans chaque cas, L'action des jambes est la même 
qu'à l'ordinaire. 

PïaGEH comme us chien. 

Frappez alternativement avec chaque pied et cha- 
que main, c'est-à-dire commencez avec la main et le 
pied droits, tirez la main vers le menton et le pied 
vers le corps en même temps, et alors, simultané- 
ment, poussez le pied en arrière, et étendez-vous 
en ligne droite avec la main ; faites alors la même 
chose avec la main et le pied gauches, et ainsi de 
suite. Il ne faut pas pousser les mains en arrière , 
comme dans la manière ordinaire de nager, niais 
poussées simplement la paume en bas, un peu sous la 
surface , seulement devant. Lorsqu'on les ramène à la 
poitrine, on doit plutôt les élever, et l'eau est attirée 
ou poussée vers le nageur. On ne peut faire beau- 
coup de progrès en nageant de cette manière, mais 
cependant cela vaut la peine de l'apprendre; car 
tout changement, en le faisant pendant quelque dis- 
tance, augmente la force du nageur. 



Digitized by Google 



DES JEUNES CENS. 



'73 



C'est un changement (l'action très avantageux et 
très agréable. Le bras droit est entièrement hors de 
l'eau, l'épaule poussée en avant, et le nageur, pen- 
dant qu'il s'étend avec ses jambes, pousse sa main 
devant lui, aussi loin que possible. A la plus grande 
étendue du bras la main tombe, un peu élevée dans 
l'eau , qu'elle pousse ou attire vers le nageur, en 
retournant au corps, dans une direction transversale, 
vers l'autre aisselle. Pendant qu'elle passe da cette 
manière au travers de l'eau, les jambes sont prépa- 
rées pour un second effort , et le bras et l'épaule 
gauches élevés comme nous venons de dire pour la 
droite. C'est le plus grand repos en nageant, excepté 
nager sur le dos. Flotter sur le dos repose tout le 
corps aussi bien que les membres; mais en flottant 
on ne fait pas de progrès, pendant que lorsque quel- 
qu'un nage de la manière ci-dessus, non seulement 
on se reposera considérablement, mais encore on 
avancera autant dans l'eau que si l'on nageait d'après, 
la méthode ordinaire. 



Digitized by Google 



,,4 



MANUEL 




Pour faire ceci , il faut vous tourner sur le do» 
aussi doucement que possible ; élevez la poitrine au- 
dessus de la surface , jetez la tête en arrière, de ma- 
nière que vos yeux, votre nez, votre bouche et votre 
menton soient seuls au-dessus de l'eau. En vous 
tenant dans cette position, les bras et les jambes éten- 
dus, et foulant l'eau avec vos mains à côté de vos 
cuisses , vous flotterez. Si vous voulez nager, il faut 
vous étendre avec vos jambes, ayant soin de ne pas 
lever vos genoux trop haut , ni trop abaisser les 
cuisses et les côtés , mais les tenir dans une ligne 
aussi droite que possible. Vous pouvez croiser les 
bras sur la poitrine ; tenez-les sans mouvement sur 
le côlé, ou, si vous voulez, étendez-les pour vous 

Pour nager les pieds en avant, sur le dos, levez 
les jambes l'une après l'autre , laissez-les tomber dans 
l'eau, et retirez-les aussi Fort que possible vers -vos 
cuisses; ainsi, vous nagerez les pieds en avant, et 
retournerez d'où vous venez. 

Pour vous tourner du ventre sur le dos, élevei 
vos jambes en avant, et jelez la tête en arrière, jus- 



Digilized by Google 



DES JEUNES GENS. 1*6 

qu'à ce que votre corps soit dans une position droite; 
pour changer du dos à la poitrine, laissez pendre 
vos jambes , et jetez le corps en avanl sur la poi- 
trine. 

SE TOURNER EN NAGEANT. 

Si vons voulez tourner pendant que tous êtes sur 
le dos , tenez une jambe tranquille , et embrassez 
l'eau à côté de vous avec l'autre; ainsi, vous tour- 
nerez du côté où votre jambe embrassera l'eau par 
son mouvement, et vous tournerez à droite ou à 
gauche, suivant la jambe dont vous vous servirez de 
cette manière. 

Se tourner, lorsqu'on nage d'après la méthode 
ordinaire , ne demande pas plus d'efforts que d'in- 
cliner voire tête et votre corps du côté duquel vous 
voudriez tourner, et en même temps remuez et tour- 
nez vos jambes, de la même manière que vous feriez 
pour tourner sur terre. 

MONTRER LE! PIEDS. 

Lorsque vous êtes sur le dos, courbez-en la petite 
partie en bas, soutenez-vous en remuant vos mains 
çà et là juste au-dessus de votre poitrine, et étendez 
vos pieds au-dessus de l'eau. 

1IATTBE i'EaTT, ETC. 

Lorsque vous nagez sur le dos, élevez vos jambes 
hors de l'eau, l'une après l'autre, et frappez avec 
elles l'eau alternativement. Ceux qui sont plus expé- 
rimentés dans ce tour, amènent leur menton vers la 
poitrine à chaque coup des jambes. 



Digitized by Google 



1fj6 MANUEL 

Il y a une foule de tours semblables fait* par des 
nageurs expérimentés, tels que nager en demoiselle, 
les deux mains élevées au-dessus de la téte; flotter 
sur le dos, les bras au-dessus de la surface; prendre 
la jambe gauche dans la main droite , hors de l'eau , 
en nageant snr le dos; tirer le talon droit -vers le 
dos, avec la main droite, en nageant comme à l'or- 
dinaire; donner des coups dans l'eau en avant et en 
arrière, etc. , etc., pour lesquels il n'y a pas besoin 
d'avis particuliers; car l'élève, lorsqu'il sera fort dans , 
les diverses manières de nager que nous avons dé- 
crites, sera capable de faire ces choses sans diffi- 
culté, ainsi que tous les tours qui pourront lui venir 
à l'idée. 




FLOU GBR. 

lin s'exereant, on peut plonger avec une perfec- 
tion étonnante. Les perles sont rapportées du fond 
de la mer par des plongeurs qui sont habitués à res- 
ter un temps considérable sous l'eau. Dans l'ancien 
temps , on se servait à la guerre de plongeurs pour 
détruire les vaisseaux ennemis, et plusieurs auteurs 
respectables racontent des exemples d'hommes ploiL- 



Digitized by Google 



DES JEUKES GENS. Ï77 

géant, et rapportant des clous et des pièces de mon- 
naie jetés dans la mer, et même dépassant le clon ou 
la pièce avant qu'il ait atteint Je fond. 

On peut plonger de la surface de l'eau en nageant , 
en tournant simplement la tête en bas, et frappant 
en haut avec les jambes. Il vaut cependant beaucoup 
mieux sauter dedans les mains fermées au-dessus de 
la tête, en s'élançant d'une pierre, d'un bateau ou d'un 
bord élevé. En ne frappant qu'avec les pieds, et tenant 
sa tête vers !e fond, le plongeur peut se pousser à 
une distance considérable sous la surface. S'il atteint 
le fond, il n'a qu'à tourner la tête en haut, s'élancer 
du fond avec les pieds, et il arrivera bientôt à la 
surface. S'il désire monter plus vite, il doit frapper 
en bas avec ses pieds , poussant l'eau au-dessous de 
lui, vers sa tête, d'une main, et la poussant en bas, 
a côté de lui, avec l'autre. Eu plongeant, les yeux 
doivent être ouverts; il faut par conséquent avoir 
soin de ne pas les fermer lorsqu'ils atteignent la sur- 
face , et que vous commencez à descendre. Il est 
presque inutile de dire qu'il faut retenir y otre haleine 
pendant tout le temps que vous êtes sous l'eau. 

KtGEB ESTHE DEUX BAUX. 

Nager entre deux eaux peut se faire par la brasse 
ordinaire, si vous avez soin de baisser un peu la tête, 
et de frapper un peu plus haut avec vos pieds que si 
vous nagiez sur la surface : vous pouvez, aussi baisser 
vos pouces, et faire la brasse les mains dans cette 
position, au lieu de les tenir à plat. 



Digitized by Google 



178 



MANUEL 




LA CRAMPE. 



Nos directions-pratiques dans l'art de nager se- 
raient incomplètes si nous omettions de dire quel- 
ques mots sur la crampe. Ceux qui y sont sujets de- 
vraient peut-être abandonner toute idée de nager; 
car. des personnes du plus grand talent , et des na- 
geurs de présence d'esprit dans le danger, en sont 
devenus victimes | et on l'a assez bien nommée la 
mort des baigneurs. La crampe peut saisir une per- 
sonne, la première fois de sa vie, à quelque distance 
de terre; cela arrive souvent, et dans tous tes cas 
que nous ayons connu, à une exception près, le 
souffrant s'est sauvé en agissant comme nous allons 
le conseiller à notre jeune lecteur, si jamais il est 
attaqué de cette terrible contraction. Soyez sûr qu'il 
n'y a pas de danger si vous êtes seulement un nageur 
passable, et ne vous presse 1 pas. Au moment où vous 
sentez la crampe dans votre pied ou voire jambe, 




DES JEUNES GENS. 

poussez ce membre de toute voire force , retirant le 
talon, et poussant les pieds en haut aussi fort qut 
possible, et ne faites pas du tout attention à la peine 
momentanée que cela peut causer. Si deux ou trois 
efforts de cette espèce ne réussissent pas, jetez-vous 
sur le dos, et efforcez-vous de vous faire flotter avec 
vos mains jusqu'à ce qu'il vous vienne du secours , 
ou, s'il n'y en a aucune espérance , essayez d'arriver 
à bord avec vos mains. Si vous êtes incapable de flot- 
ter sur le dos, mettez-vous dans la position dite pour 
nager en demoiselle, et vous pouvez tenir votre tête 
an-dessus de l'eau, en frappant l'eau seulement avec 
les mains aux cuisses, sans vous servir des jambes. 
En cas que vous ayez la crampe aux deux pieds, il, 
faut vous efforcer de faire quelques progrès de cette 
manière, s'il n'y avait pas de secours. S'il n'y a 
qu'une jambe attaquée de cette manière , vous pou- 
vez vous pousser en avant avec l'autre. Afin de vous 
donner de la confiance dans un moment de danger 
d'une attaque de la crampe, essayez de nager avec 
une jambe, ou une jambe et une main , ou les deux 
mains seules, et vous trouverez que ce n'est pas du 
tout difficile. 

Nous sommes étonné qu'aucun des Traites sur la 
natation qui sont tombés entre nos mains ne recom- 
mande l'exercice de deux enfans s'efïbrçant de se 
porter l'un et l'autre dans l'eau lorsqu'ils peuvent 
nager. C'est une manière excellente et sure d'appren- 
dre à en soutenir un autre qui est eu danger à cause 
de la crampe , de la faiblesse , de l'ignorance de nager, 



Digitized by Google 



l8o MANUEL 

ou /autres choses. Dans la gravure ci-dessus , la figure 
de devant nage, et porte avec elle une autre per- 
sonne , qui est soutenue en appliquant une main à 
chaque cuisse de son compagnon. On dit que quel- 
qu'un eut le plaisir d'empécifer par ces moyens un 
ami de se noyer. Il y a cependant beaucoup de ris- 
que , surtout si la personne que vous voulez sauver 
perd sa présence d'esprit, ce qui arrive trop souvent 
à ceux qui sont en danger de se noyer. Tout nageur 
qui essayera cette expérience sera surpris de trouver 
avec quelle facilité il peut en soutenir un autre attaché 
à lui de cette manière. La personne qui repose sur 
les cuisses de son compagnon est représentée comme 
passive, car on la suppose incapable de nager; mais 
deux nageurs faisant l'expérience peuvent s'étendre 
ensemble avec leurs jambes. 

TBMrS ET ENDROITS POUR RAGER. 

De tous les endroits pour nager, la mer vaut le 
mieux , les eaux courantes viennent ensuite, et les lacs 
sont les moins bons. Le meilleur temps pour nager est 
dans les mois de mai, juin, juillet et août. Il y a cepen- 
dant quelques années où il n'est pas bon d'aller dans 
l'eau pendant ces mois lorsque le temps, et par con- 
séquent l'eau, sont plus froids qu'à l'ordinaire pour 
cette saison. II ne faut pas aller dans l'eau lorsqu'il 
pleut, car la pluie , si elle dure quelque temps , re- 
froidit l'eau, et vous met en danger d'attraper froid, 
en mouillant vos habjts. La nuit est aussi mauvaise 
pour cet exercice. Gardez-vous des herbes , car, quoi- 



DES JEUNES GENS. . l8i 

que vous ayez du monde avec vous, vous pouvez 
cependant être hors de toute possibilité de secours si 
votre pied s'y engage. Le fond doit être de sable ou 
de pierres douces, afin que vous puissiez y être aussi 
ferme que sur terre, sans danger d'enfoncer dans la 
boue ou de blesser les pieds. Il faut aussi faire atten- 
tion à ce qu'il soit égal et sans trous : il faut surtout 
que vous en sachiez la profondeur, car, comme il est 
facile de se fatiguer en se débattant et en faisant les 
premiers efforts , il faut que vous soyez sûr que le 
fond n'est pas hors de votre portée lorsqu'il faut vous 
reposer et prendre baleine. Il est impossible d'avoir 
trop de précautions lorsque vous êtes seul, ou que 
vous n'avez personne de la compagnie qui connaisse 
l'endroit. Lorsque vous avez trouvé un endroit bon 
pour apprendre, n'allez autre part que lorsque vous 
savez bien l'art de la natation ; jusqu'alors il vaut 
mieux s'exercer avec quelqu'un qui sait déjà nager. 

DEBHIÈBES RKMABQUES. 

En entrant dans l'eau , il faut d'abord mouiller la 
tête , soit en la plongeant en bas, ou versant de l'eau 
dessus. Avant d'adopter la première mélhode, assu- 
rez-vous que l'eau est assez profonde pour que vous 
plongiez sans toucher le fond; autrement vous pour- 
riez vous blesser. Ne restez pas trop long -temps 
dans l'eau ; mais sortez aussitôt que vous êtes fati- 
gué, refroidi ou engourdi. Il est bon de plonger 
pour mouiller tout le corps , de sortir de suite , et un 
instant après , d'entrer dans l'eau pour prendre votre 
i. 16 



Digitized by Google 



182 MANUEL 

leçon ou nager. Vous ne vous refroidissez pas autant 
que si vous plongiez et nagiez de suite. Ne vous alar- 
mez pas d'avaler quelques coups d'eau en apprenant à 
nager. Ne vous décourage?, pas des difficultés, mais 
souvenez-vous que des millions d'hommes ont fait 
ce que vous tâchez de faire. Evitez les bords qui ont 
des trous, et ne perdez pied que par degrés. 

Si un de vos compagnons est en danger de se 
noyer, tâchez, en essayant de le sauver, d'approcher 
de manière à l'empêcher de s'attacher à vous : s'il 
attrape vos membres, vous serez inévitablement per- 
dus tous les deux. 

Quoiqu'on ait dit que le poids des habits fait 
peu de chose dans l'eau, nous prions fortement le 
jeune nagenr, lorsqu'il sait nager et qu'il a confiance 
dans ses moyens, de nager quelquefois avec ses ha- 
bits : pour cela, il n'a besoin que de se servir d'un 
vieil habit usé. Il verra ainsi que ses habits ne font 
pas tant de différence qu'il se l'imagine; il aura aussi 
plus de courage s'il tombe ensuite dans l'eau , on 
s'il y saute pour sauver un autre. Il y a plusieurs 
animaux dont les mouvemens dans l'eau sont sem- 
blables fi ceux de l'homme lorsqu'il nage , et on a dit 
que celui qui désire apprendre cet art ne peut avoir 
un meilleur maître que la grenouille. 



Digirized by Googlej 



DS» JkUMSS GLUS. 



18J 



AMUSEMENS ARITHMÉTIQUES. 




Cocker et Dilworth, Walkiugtiam et Vyie, 
furent, dans leur sphère, par Bidder éclipsés : 
arec la plume ou le crajou ils résolvaient de* 
problèmes; lui lie le fit qu'avec une mémoire 
étonnante. lia acquirent dans l'âge mur leur 
renommée. Il épela en chiffres ; car les chiffres 
furent son alphabet. 

La science charmante et utile de l'arithmétique ar- 
riva à uii grand degré de perfection eu Europe, parmi 
les Grecs, qui se servaient des lettres de l'alphabet 
pour exprimer leurs chiffres. Une semblable méthode 
fut suivie par les Romains, qui, outre des caractères 
pour chaque espèce de chiffres , en introduisirent 
d'autres pour cinq, cinquante et cinq cents, dont on 
se sert encore pour les chapitres des livres, et 
d'autres usages. L'arithmétique ordinaire, daus la- 
quelle on se sert des dix figures arabes i , a, 3 , <j , 



Digitized by Google 



l84 MANUEL 

5, 6,7, 8, 9,0, était inconnue aux Grecs et aux 
Romains, et vint en Europe par l'Espagne, des 
Arabes, qu'on dit l'avoir reçue desindiens. On sup- 
pose qu'elle a pris sou origine des dix doigts de la 
main dont on se servait dans les calculs avant que 
l'arithmétique fût devenue un art. 

Les Indiens sont très experts à calculer sans plume 
ou encre, et les naturels du Pérou, dans l'Amérique 
méridionale, qui font tout par l'arrangement de 
grains de maïs , surpassent l'Européen aidé de toutes 
ses règles et de ses moyens d'écrire. Mais la dexté- 
rité de ce peuple ne peut être comparée aux faits 
d'arithmétique mentale faits par George Bidder, le 
jeune homme dont le portrait est à la téte de cet 
article. Cet enfant étonnant, de très bonne heure, et 
sans éducation, était capable de résoudre des pro- 
blèmes d'arithmétique très difficiles, sans l'aide de 
plume, de crayon, d'encre, ou d'aucun moyen pour 
écrire, maïs seulement dans son esprit, aussi vite et 
aussi correctement que les personnes les plus sa- 
vantes d'après la méthode ordinaire. Nous avons, en 
personne, vu son adresse inconcevable; et parmi 
plusieurs questions difficiles qu'on lui fit, nous nous 
rappelons celle-ci : en supposant que le soleil soit à 
9 5 millions de milles (= 15,833,333,333 mètres) de 
la terre, et qu'il fût possible à un insecte, dont le 
pas est de 7 ponces et demi (=; 19 centimètres) par 
minute, de traverser cet espace, combien de temps 
serait-il a atteindre le soleil? Il résolut cela en très 
peu de temps, et mentalement. 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. l85 

Plusieurs autres arithméticiens ont paru depuis 
peu d'années. Parmi eux, Jedediah Buxton, paysan 
ignorant, qui ne sut jamais ni lire ni écrire, parait 
s'être distingué. Plusieurs des questions résolues par 
cet homme ont été rassemblées. Parmi d'aulres, nous 
nous rappelons celles-ci. Combien de fois une roue, 
dont la circonférence est de 5 mètres , tournera- 
i-elle en faisant 104 lieues? En i3 minutes, répondit 
Buxton , 59,840 fois. On lui demanda alors : Et en 
supposant que le sou voyage pendant 343 mètres 
par seconde , combien y aura-t-il de temps ayant que 
le bruit d'un canon soit entendu à 5 lieues ? Sa ré- 
ponse fut i3 secondes f et il reste 46. On lui de- 
manda de multiplier 4 5 fi par 378, il donna le pro- 
duit en très peu de temps; et lorsqu'on lui dit de 
répondre à la question à haute voix, afin qu'on pût 
savoir sa méthode , il multiplia 456 par 5 , ce qui fit 
»s8o, qu'il multiplia par ao, et trouva pour produit 
45,6oo , qui était le multiplicande multiplié par 100. 
Il multiplia ce produit par 3, ce qui fit t36,8oo, 
produit du multiplicande par 3oo. Il restait, par 
conséquent, à le multiplier par 78, ce qu'il fit en 
multipliant 3,380 (ou le produit du multiplicande 
par 5) par i5, car 5 fois i5 font 75. Ce produit étant 
34 t a°o , il l'ajouta a 1 36, 800 , qui était le multipli- 
cande multiplié par 3oo , et cela fit 171,000, ce qui 
est 375 fois 456. Pour finir l'opération, il multiplia 
456 par 3 , ce qui fit 1 368 , et ayant ajouté ce nombre 
à 171,000, il trouva que le produit de 456 par 378, 
est 173,368, Par la, il paraît qu'il connaissait si peu 



Digitized by Google 



l86 MANUEL 

les règles ordinaires, qu'il multiplia 45(5 par 5, et ion 
produit par au, pour voir quelle somme cela ferait 
multiplié par too , pendant que s'il avait ajouté deux 
chiffres , il aurait obtenu le produit d'un seul coup. 

DIRE TOUT NOMBRE PEMSE. 

Priez une personne de penser un nombre; par 
exemple, un certain nombre de francs ; dites-lui d'em- 
prunter cette somme à quelqu'un de la compagnie, 
ut ajoutez le nombre emprunté au montant pensé. Il 
faudra alors nommer la personne qui a prêté les francs, 
et dire à celle qui fait le calcul de le faire avec beau- 
coup de soin ; car elle pourrait bien se tromper, sur- 
tout la première fois. Dites alors à cette personne : Je 
ne vous en prête pas, maïs je vous en donne 10, 
ajoutez-les à la première. Continuez ainsi , donnez-en 
la moitié aux pauvres , et retenez dans votre mémoire 
l'autre moitié. Ajoute* alors : rendez à monsieur ou à 
madame ce que vous avez emprunté, et rappelez-vous 
que la somme prêtée est tout-à-fait égale au nombre 
pensé. Demandez à la personne si elle sait ce qui 
reste , elle répondra oui. Il faut alors dire : et je sais 
aussi ce qui reste , il est égal a ce que je vais cacher 
dans ma main. Mettez dans une de vos mains 5 pièces 
de monnaie, et priez la personne de dire combien 
vous en avez; elle dira 5, sur quoi ouvrez votre 
main , et montrez-lui les 5 pièces. Vous pouvez alors 
dire : je savais bien que votre résultat était 5 ; mais 
si vous aviez pensé un très grand nombre , par 
exemple, a ou 3 millions , le résultat aurait été hien 



Digilized by Google 



DES JEUNES GENS. 187 
plus grand , mais ma main n'aurait y*s tenu, ma 
nombre de pièces égal au reste. La personne, sup- 
posant que le résultat du calcul doit être différent 
suivant la différence du nombre pensé, s'imaginera 
qu'il faut connaître le dernier nombre pour deviner 
le résultai; mais cette idée est fausse, car, dans le 
cas que nous avons supposé , quel que soit le nombre 
pensé, le reste doit toujours être 5. En voici la rai- 
son ; la somme dont on donne la moitié aux pauvre 
n'est que a fois le nombre pensé, plus 10, et lorsque 
les pauvres ont reçu leur part, il ne Teste que le 
nombre pensé , plus 5 ; mais le nombre pensé est ôté 
lorsqu'on rend la somme empruntée, et par consé- 
quent il ne reste que 5. 

On peut voir de là que le résultat peut être aisé- 
ment connu , puisqu'il sera la moitié du nombre 
donné dans la troisième partie du calcul; par exem- 
ple, quel que soit le nombre pensé, le résultat sera 
3fi ou s5 , suivant qu'où a donné 71 ou 5o. Si on fait 
ce tour plusieurs fois successivement, le nombre 
donné dans la troisième partie de l'opération doit 
toujours être différent ; car si le résultat était plu- 
sieurs fois le même, on pourrait découvrir la trom- 
perie. Lorsque les cinq premières parties du calcul 
pour obtenir uu résultat sont finies, il vaut mieux ue 
pas les nommer d'abord , mais continuer l'opération , 
pour la rendre plus compliquée, en disant, par 
exemple : doublez le reste , fitez deux , ajoutez trois , 
prenez le quart, etc., et les différens pas du calcul 
peuvent être employés, afin de savoir combien, le 



Digitized by Google 



l88 MAffUBL 

premier résultat a été augmenté ou diminué. Ce 
procédé irrégtdier ne manque jamais de confondre 
ceux qui s'efforcent de le suivre. 

SECONDE MANIERE. 

Priez la personne d'A'er i du nombre pensé, et de 
doubler alors le reste. Priez-la d'ôter i de ce double, 
et de l'ajouter au nombre pensé. En dernier lieu, 
demandez le nombre qui résulte de cette addition. 
Si vous y ajoutez 3, le tiers de ia somme sera le 
nombre pensé. L'application de cette règle est si 
facile, qu'il ne sert de rien de l'éclaircir par un 
exemple. 

TROISIÈME MAHIÈBB. 

Priez la personne d'ajouter i au triple du nombre 
pensé, et multipliez la somme par 3. Priez la per- 
sonne d'ajouter à ce produit le nombre pensé. Le 
résultat sera une somme dont, si vous retranchez 3, 
le reste sera io fois le nombre pensé ; et si vous 6tez 
le chiffre de droite du reste, l'autre indiquera le 
nombre cherché. 

Exemple. Que le nombre pensé soit 6 , dont le 
triple est i8. Si l'on y ajoute i , il vient 19; le triple 
de ce dernier nombre est 57. Si ou y ajoute 6, il 
vient 63. Si l'on en retranche 3, ii reste 60; or, si 
l'on ôte le chiffre de droite, le chiffre qui reste, 6, 
sera le nombre cherché. 

QUATRIÈME METHODE. 

Priez la personne de multiplier le nombre pensé 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 189 

par lui-même, et priez-la alors d'ajouter 1 au nombre 
pensé, et de le multiplier aussi par lui-même. En 
dernier lieu, demandez -lui la différence de ces deux 
produits, qui sera certainement un nombre impair, 
et sa moindre moitié sera le nombre cherché. 

Que le nombre pensé soit , par exemple, 10, qui, 
mnltiplié par lui-même, donne 100. Ensuite, 10, 
augmenté de 1, est 11, qui, multiplié par lui-même, 
donne m , et la différence de ces deux carrés est si, 
dont la moindre moitié étant 10, est le nombre 

Cette opération peut être variée, en priant la per- 
sonne de multiplier le second nombre par lui-même, 
après l'avoir diminué de 1. Dans ce cas, le nombre 
pensé sera égal à la plus grande moitié de la différence 
des deux carrés. 

Ainsi , dans l'exemple précédent, le carré du nom- 
bre pensé est 100, et celui du même nombre moins I, 
est 8t; leur différence est de 19, dont la plus grande 
moitié, ou 10, est le nombre pensé. 

dire oanx on plusieurs sombres peksés. 

Si un on plusieurs des nombres pensés sont plus 
grands que 9, il faut distinguer deux cas : celui dans 
lequel ce nombre des nombres pensés est pair, et 
celui dans lequel il est impair. 

Dans le premier cas , demandez la somme du pre- 
mier et du second, du second et du troisième, du 
troisième et du quatrième, et ainsi de suite jusqu'au 
dernier, et alors la somme du premier et du dernier. 



Digitized by Google 



igo MANUEL 

Ayant écrit ces tommes successivement, ajouter en- 
semble celles dont les facteurs sont impairs, tels que 
la première, la troisième, la cinquième, etc.; failes 
une autre somme de toutes celles dont les facteurs 
sont pairs, telles tpie la seconde, la quatrième, la 
sixième, etc. ; retranchez cetie somme de la première, 
et le reste sera le double du premier nombre. Sup- 
posons, par exemple, qu'on pense les cinq nombres 
suivans, 3, 7, i3, 17, 10, qni, lorsqu'on les ajoute 
deux à deux comme ci-dessus, donnent ïo, ao, 3o, 
37, a3. La somme du premier, du troisième et du 
cinquième est 63 , et celle du deuxième et du qua- 
trième S7. Si l'on retranche 37 de 63, le reste 6 sera 
le double du premier nombre 3. Or, si l'on ôte 3 de 
10, le reste sera le second nombre 7; et en continuant 
de cette manière, on peut trouver tout le reste. 

Dans le second cas, c'est-à-dire si le nombre des 
nombres pensés est pair, il faut demander et écrire, 
comme ci-dessus , la somme du premier et du second, 
celle du second et du troisième, et ainsi de suite, 
comme avant; mais au lieu de la somme du premier 
et du dernier, il faut prendre la somme du second et 
du dernier; ajoutez ensemble ceux qui ont les fac- 
teurs pairs , et faites-en une somme k part ; ajoutez 
aussi ceux qui ont des facteurs impairs, excepté les 
premiers, et retranchez cette somme de la première: 
le reste sera le double du second nombre ; et si le 
second nombre, ainsi trouvé, est retranché de la 
somme du premier et du second, vous aurez le pre- 
mier nombre. Si vous la retranchez de celle du se- 



Drgrtized by Google 



DES JEUNES GENS. igi 

cond et du troisième, cela donnera le troisième, et 
ainsi du reste. Que les nombres pensés soient , par 
exemple ,3,7, i3, 17, les sommes, formées comme 
ci-dessus, sont 10, 10, 3o, 34; la somme du second 
et du quatrième est 44, dont, si l'on retranche 3o, 
le troisième, le reste est 14, double de 7, le second 
nombre. Le premier est, par conséquent, 3, le troi- 
sième ï3, et le quatrième 17. 

Lorsque chaque nombre pensé ne dépassé pas 9, 
on peut aisément les trouver de la manière suivante : 

Ayant fait ajouter à la personne 1 au double du 
premier nombre pensé, priez-la de multiplier le tout 
par 5 , et d'ajouter le produit au second nombre. S'il 
y en a un troisième , faites-lui doubler la première 
somme, et y ajouter 1 ; après quoi, priez-la de mul- 
tiplier la nouvelle somme par 5, et de l'ajouter au 
troisième nombre. S'il y en a un quatrième, conti- 
nuez de la même manière, la priant de doubler la 
somme précédente, d'y ajouter ï, de la multiplier 
par 5 , d'ajouter le quatrième nombre , et ainsi de 
suite. 

Demandez alors le nombre résultant de l'addition 
du dernier nombre pensé, et s'il y avait deux nom- 
bres, retranchez-en 5; s'il y en a trois, 55; s'il y 
en a quatre, 555, et ainsi de suite; car le reste 
sera composé de chiffres, dont le premier de gauche 
indiquera le premier nombre pensé; le suivant, le 
second , et ainsi de suite. 

Supposons que les nombres pensés soient 3, 4, 6; 
en ajoutant 1 à 6 , double du premier, nous aurons 7, 



Digiîized by Google 



IÇ>i MANUEL 

gui , élant multiplié par 5 , donne 35 ; si on y ajoute 
alors 4, le second nombre pensé, on aura 39, qui, 
doublé, est 78; et si nous ajoutons 1, et que nous 
multiplions 79, somme, par 5, le résultat sera 3oS. 
En dernier lieu, si nous ajoutons 6, nombre pensé, 
la somme sera 401 ; et, si l'on en retranche 55, nous 
aurons pour reste 346, dont les chiffres 3, 4, 6, in- 
diquent, par leur ordre, les trois nombres pensés. 

le jei: dp. l'a H G es T. 

Une personne ayant dans une main une pièce d'or, 
et dnns l'autre une pièce d'argent, vous pouvez dire 
dans quelle main est l'or, et dans laquelle est l'argent, 
de la manière suivante : Il faut donner à l'or une 
valeur représentée par un nombre pair, tel que 8 ; et 
à l'argent, une valeur représentée par un nombre 
impair, tel que 3 ; ensuite , priez la personne de mul- 
tiplier le nombre de la main droite par un nombre 
pair, tel que a ; et celui de la main gauche par un 
nombre impair, tel que 3 ; priez-la d'ajouter les deux 
produits ensemble ; et si la somme est impaire , l'or 
sera dans la main droite, et l'argent dans la gauche. 
Si la somme est paire, le cas sera contraire. 

Pour mieux cacher l'artifice , il suffira de demander 
si la somme des deux produits peut se diminuer de 
moitié sans reste; car, dans ce cas, le total sera pair, 
et dans le cas contraire, impair. 

On peut aisément voir que les pièces, au lieu d'être 
dans les deux mains de la même personne, peuvent 
être supposées dans les mains de deux personnes, 

I 

Digitized by Google 



DES JECNES GENS. Ig3 

dont l'une a le nombre pair, ou la pièce d'or, et 
l'autre le nombre impair, ou la pièce d'argent. Les 
mêmes opérations peuvent alors être faites sur ces 
deux personnes, comme on les fait sur les deux mains 
de la même personne, en appelant l'une la droite, et 
l'autre la gauche. 

LE JBC DE l'as sii.vu. 

Ce jeu est une application d'une des méthodes 
employées pour dire plusieurs nombres pensés, et 
doit se faire dans une compagnie qui ne dépasse pas 
neuf, afin qu'il soit moins comph'qué. Priez quel- 
qu'un de la compagnie de prendre un anneau, et de 
le mettre sur la jointure du doigt qu'il lui plaît La 
question est alors de dire quelle personne a l'an- 
neau, sur quelle main, sur quel doigt et sur quelle 
jointure. 

Pour cela , il faut appeler la première personne r, 
la seconde a, la troisième 3, et ainsi de suite. Il faut 
aussi nommer les dix doigts des deux mains des nom- 
bres suivans, de la progression naturelle i, i, 3, 4, 
5, etc., commençant au pouce de la main droite, et 
finissant à celui de la main gauche, afin que, par cet 
ordre, le numéro du doigt puisse indiquer la main. 
Enfin, les jointures doivent être nommées i, a, 3, 
commençant du bout des doigts. 

Pour rendre la solution de ce problème plus facile, 
supposons que la quatrième personne ait l'anneau sur 
le sixième doigt, c'«st-à-dire le petit doigt de la main 
gauche , et but la seconde jointure de ce doigt, 
i- '7 



Digilized by Google 



194 MARCEL 

Priez quelqu'un de doubler le nombre exprimant 
la personne, ce qui , dans ce cas, donnera 8 ; priez-le 
d'ajouter 5 à ce double, et de multiplier la somme 
par 5, ce qui fera 65. Priez-le d'ajouter à ce produit 
le nombre désignant le doigt , c'est-à-dire 6, à l'aide 
duquel tous avez 71 ; et enfin priez-le de multiplier 
le dernier nombre par 10, et d'ajouter à ce produit 
le numéro de la jointure a. Le dernier résultat est 
711, Si l'on retranche de ce nombre a5o, le resle 
sera 1 d° u t I e premier chiffre de gauche désigne 
la personne; le suivant, le doigt, et par conséquent 
la main; et le dernier, la jointure. 

Il faut observer ici que lorsque le dernier résultat 
contient un chiffre qui serait arrivé dans l'exemple 
actuel, si le nombre du doigt eût été 10, il fallait 
retrancher la figure précédant ce chiffre , et donner 
au chiffre même la valeur 10. 

tE JEU DU SaC. 

Laisser une personne choisir plusieurs numéros 
hors d'un sac , et lui dire le nombre qui divise exac- 
tement la somme de ceux qu'il a choisis. Ayez un 
petit sac, divisé en deux parties : mettez dans une 
d'elles plusieurs billets, numérotés 6, 9, i5, 36, 63, 
110, ai3, 3og, etc.; et dans l'autre partie, mettez 
autant de billets, marqués n° 3 seulement. Tirez une 
poignée de billets de la première partie , et après les 
avoir montrés à la compagnie, remettez-les dans le 
sac; et, l'ayant ouvert une seconde fois, priez quel- 
qu'un de tirer autant de billets qu'il jugera con«- 



DES JEUNES (1ENS. H|'J 

nable. Lorsqu'il l'a fait, ouvrez secrètement l'autre 
partie du sac, et priez-le de tirer un seul billet. Vous 
pouvez en toute sûreté dire que le billet contiendra 
le nombre par lequel le montant des autres est divi- 
sible ; car, comme chaque nombre peut être multiplié 
par 3, leur somme totale doit, par conséquent, être 
divisible par ce nombre. 

Un esprit ingénieux peut aisément diversifier cet 
exercice, en marquant les billets d'uue partie du sac, 
de nombres qui ne sont divisibles que par 9, les pro- 
priétés de g et de 3 étant les mêmes; et il ne faut 
jamais ie nsontrer deux fois à la même compagnie sa us 
le varier. 



Digitized by Google 



I96 MANUEL 

ff 
+ 

+ 




Digitizsd by Google 



DES JEUNES GENS. 



>97 



i-b hombrb mkuf. (Voyez la page opposée.) 

La découverte suivante des propriétés remarqua- 
bles du nombre g fut faite accidentellement il y a 
plus de 

quarante ans, quoique nous pensions qu'on 
ne les connaît pas généralement. 

Les figures du produit, fait par la multiplication 
de cliaque chiffre du nombre 9, ajoutées ensemble, 
font 9. 

L'ordre de ces chiffres est renversé, après que ledit 
nombre a été multiplié par 5. 

Les chiffres composant le montant des multiplica- 
teurs (voyez 45), ajoutés ensemble, font 9. 

Le montant des différens produits, ou multiples 
de y (voyez 4o5), divisé par 9, donne pour quotient 
45, c'est-à-dire 4 + 5 = 9. 

Le montant du premier produit (voyez g), ajouté 
aux autres produits, dont les chiffres composons font 
9, est 81 , qui est le carré de 9. 

Ledit nombre 81, ajouté au montant ci-dessus des 
différens produits ou multiples de 9 (voyez 4o5), 
fait 486 , qui, divisé par 9, donne pour quotient 54 , 
c'est-à-dire 5 ■+■ 4 = 9. 

II est aussi digne d'observation que le nombre des 
changemens qu'on pent mettre sur 9 cloches, est 
363,8So, dont les chiffres ajoutés ensemble font 27, 
c'est-à-dire 3-1-7 = 9. 

Et le quotient de 36a,88o, divisé par 9, sera 
4o,3ao , c'est-à-dire 4- 4_ °-+-3-l-2-*-o=;g. 

Ajoutez à tout le nombre pensé un chiffre qui le 



Digitized by Google 



TG/8 MANUEL 

rendra divisible par 9 ; ajoutez les chiffres dans voire 
esprit, et le chiffre qu'il faut ajouter à cette somme 
pour la rendre divisible par 9, est le chiffre demandé. 
Ainsi, supposons que le nombre donné soit j&ati 
ajoutez-les ensemble, et vous aurez i5. Or, i5 de- 
mande 3 pour être divisible par 9, et ce nombre 3, 
ajouté a ja5i, cause la même divisibilité. 
75m 
3 

9)75^4(836 

On peut diversifier cet exercice en spécifiant, avant 
que la somme soit nommée, l'endroit particulier où 
le chiffre sera inséré , pour rendre le nombre divi- 
sible par 9; car cela est exactement la même chose, 
soit qu'on mette le chiffre à la droite du nombre, 
ou entre deux de ses chiffres. 

LE JEU CEBTAIJf. 

Deux personnes conviennent de prendre alternati- 
vement des nombres moindres qu'un nombre donné; 
par exemple, 11, et de les ajouter ensemble, jusqu'à 
ce qu'une d'elles ait atteint une certaine somme , telle 
que 100. Par quel moyen une d'elles peut-elle infail- 
liblement atteindre ce nombre avant Vautre ? 

Tout l'artifice de ceci consiste à faire choix immé- 
diatement des nombres 1 , is , a3 , 34, et ainsi de 
suite, ou une série qui augmente continuellement de 
1 1 jusqu'à 100. Supposons que la première personne, 
qui sait le jeu, choisisse I, il est évident que son 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 1ÇJ9 

adversaire, comme il doit compter moins que 1 1, peut 
au moins atteindre 1 1 , en y ajoutant io. Le premier 
prendra i, ce qui fera iî ; et, quel que soit le nombre 
que l'autre puisse ajouter, le premier gagnera cer- 
tainement, pourvu qu'il ajoute continuellement le 
nombre qui forme le complément de celui de votre 
adversaire. Pour 1 1, c'est-à-dire si le premier prend 
8, il doit prendre 3, 9, il doit prendre », et ainsi 
de suite. En suivant cette méthode, il atteindra in- 
failliblement à 89; et il sera alors impossible, pour 
le second, de l'empêcher d'atteindre à 100; car, 
quelque nombre qu'il prenne , il ne pourra atteindre 
qu'à 99. Après quoi le premier peut dire, et 1 font 
100. Si le second prend 1 après 89 , il aura 90 ; et 
l'adversaire finira, en disant, et 10 font 100. Entre 
deux personnes qui connaissent également le jeu, 
celle qui commence doit nécessairement gagner. 

SIÈCLE MAGIQUE. 

Si le nombre 11 est multiplié par un des neuf 
chiffres , les deux chiffres dn produit seront toujours 
égaux, comme on le voit dans l'exemple suivant : 
II 11 11 11 II 11 il il 11 
ii345 6 7 8 9 

11 31 33 44 55 66 77 88 99 
Or si une autre personne et vous avez 5o jetons, 
et que vous conveniez de n'en mettre chaque fois 
que 10 au jeu, vous pouvez lui dire, que si elle vous 



Digitized by Google 



200 MANUEL 

laisse mettre au jeu d'abord , vous atteindrez toujours 
le siècle pair avant elle. 

Pour réussir, il faut d'abord mettre 1 ; et vous rap- 
pelant l'ordre des séries ci-dessus, ajoutez toujours à 
ce qu'elle met ce qu'il faut pour faire un de plus que 
les nombres il, aa , 33, etc., dont il se compose, 
jusqu'à ce que vous veniez à 89 , après quoi votre 
adversaire ne peut atteindre le siècle pair, ni vons 
empêcher de l'atteindre. 

Si votre adversaire ne connaît pas les nombres, 
vous pouvez mettre tout autre nombre sous 1 o, pourvu 
surtout que vous ayez soin de vous assurer un des 
derniers termes, 56, 67, 78, etc.; ou vous pouvez 
même le laisser mettre d'abord, si vous avez ensuite 
soin de vous assurer un de ces nombres. 

Cet exercice peut se faire avec d'autres nombres; 
mais, pour réussir, il faut diviser le nombre à attein- 
dre par uu nombre qui soit une unité plus grande 
que celle que vous pouvez mettre chaque fois, et le 
reste sera le nombre que vous devez d'abord mettre. 
Supposons, par exemple, que le nombre à atteindre 
soit 5s (se servant d'un paquet de cartes au lieu de 
jetons), et qu'il ne faille jamais ajouter plus de 6, 
divisant 5a par 7 : le reste, qui est 3, sera le nombre 
qu'il faudra d'abord mettre; et, quelque chose que 
votre adversaire mette, il faut ajouter ce qui le ren- 
dra égal à 7, nombre par lequel vous avez divisé , et 
ainsi en continuant. 



Digitized by Google 



DES JKUIÏES GENS. 



aoi 



DEVJKER UW CHIPFBB ÔTR. 

Dire le chiffre qu'une personne a filé de la somme 
de deux nombres donnés. Ne dites que les nombres 
qui sont divisibles par 9; tels, par exemple, que 3fi, 
63, 81, 117, ts6, ifii, s6i, 36o, 3i5 et 43». 

Priez une personne de choisir d;ux de ces nom- 
bres; et après les avoir a j on tés dans son esprit, ôter 
de la somme le chiffre qu'il lui plaira. 

Apres qu'elle l'a fait, priez-la de vous dire la somme 
des chiffres restans, et le chiffre qu'il faudra ajouter 
à ce montant pour le rendre 9 ou 1 8, sera celui qu'elle 
a ôté. Ainsi : 

Supposons qu'il choisisse les nombres 163 et 361, 
qui font ijaî , et qu'il ôte la figure du centre , les deux 
autres chiffres, ajoutés ensemble, feront 7, qui, pour 
faire 9 , demande a , le nombre ôté. 

LE DÉ OBVISH SA H S LB VOIB. 

Une paire de dés étant jetée, trouver les points de 
chaque dé , sans les voir. Priez la personne qui a jeté 
les dés , de doubler le nombre de points de l'un 
d'eux, et d'y ajouter S, alors, de multiplier la somme 
produite par 5 , et d'ajouter au produit le nombre 
de points de l'autre dé. Cela fait, priez-la de vous 
dire le montant; et après en avoir ôté i5, le reste 
sera un nombre composé de deux chiffres, dont le 
premier de gauche est le nombre de points du pre- 
mier dé, et le second chiffre à droite, le nombre de 
l'autre. Ainsi : 



Digitized by Google 



202 



MANUEL 



Supposons que lu nombre de points du premier dé 
soit a, et celui de l'autre, 3. Alors, si à 4i double 
des points du premier, oo ajoute 5, et qu'on multi- 
plie par 5 , la somme produite , g , le produit sera 45. 
Si on ajoute 3 , le nombre de points de l'autre dé, 
on aura 48, dont, si l'on retranche a5, il reste a3, 
dont le premier chiffre est a , nomhre de points du 
premier dé, et le second chiffre 3, le nombre de 
points de l'autre. 

LE SOUVEBAIS ET IE SAGE. 

Un souverain voulant donner une récompense li- 
bérale à un de ses courtisans qui avait rendu un ser- 
vice très important, lui dit de demander ce qu'il 
jugerait convenable, l'assurant qu'il l'accorderait. Le 
courtisan , qui connaissait bien la science des nom- 
bres, demanda seulement que le monarque lui donnât 
une quantité de froment égale à ce qui résulterait 
d'un grain doublé 63 fois successivement. La va- 
leur de la récompense était immense ; car on trou- 
vera, par le calcul, que le soixante-quatrième terme 
de la double progression, divisée par 1, 1, 4, 8, 16, 
3a, etc., est 9,aa3,37î,o3fi,854,775,8o8. Mais la 
somme de Ions les termes d'une double progression , 
commençant par 1 , peut s'obtenir en doublant le 
dernier terme, et en retranchant 1. Le nombre des 
grains de froment, dans ce cas, est par conséquent 
18,446,744,073,709,551,615. Or, si une pinte (—473 
centilitres) contient 9:116 grains de froment, un gallon 
( = 3 litres 785) eu contiendra 73,718; et comme 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 2o3 

huit gallons font an bushtl (= 3o litres a8), si nous 
divisons le résullat ci-dessus par 8 fois 73,728, nous 
aurons 3 1, 1174,997, pour le nombre de bushels 
( = 3g,8a4,99î,533,885 décalitres) de froment, égal 
au nombre ci-dcssui de grains , quantité plus grande 
que celle que toute la surface de la terre pourrait 
produire en plusieurs années , et dont la valeur dé- 
passerait peut-être toutes les richesses du globe. 

LE MARCHE DU HAQOIOVOJf. 

Un monsieur prenant goût à un cheval, dont un 
maquignon voulait se défaire à un prix aussi haut 
qu'il lui plairait, ce dernier, pour engager le mou- 
sieur à l'acheter, lui offrit de lui donner le cheval 
pour la valeur du 34' clou de ses sabots, demandant 
1 liard pour le premier, 3 pour le second, 4 pour le 
troisième, et ainsi jusqu'au vingt -quatrième. Le 
monsieur, pensant qu'il aurait un bon marché, ac- 
cepta l'offre; le prix du cheval fut cependant néces- 
sairement grand. 

En calculant comme ci-devant; le 34 e terme de la 
progression 1, 1, 4, 8, etc., sera S, 388, 608, égal an 
nombre de liard* que l'acheteur donna pour le che- 
val : le prix monta, par conséquent, à 8,736 liv. a s. 
8 d. (= 310,110 fr. 4 cent.) 

U PARTIE DE DÎHEA. 

Une société de sept personnes convient de dîner 
ensemble chaque jour successivement , aussi long- 
temps qu'elles pourront se mettre à table différem- 



Digitized by Google 



3o4 manuel 

ment arrangée». Combien de dîners seraient néces- 
saires pour cela? On peut trouver aisément, par les 
règles déjà données, que la société doit dîner en- 
semble 5,o4o fois avant d'épuiser tous les arrange- 
niens possibles, ce qui demanderait plus de treize ans. 
combihaisors o'ns akagbammb. 
Si l'on propose un mot, par exemple, amor, et 
qu'on demande à savoir combien on pourrait faire de 
mots dîfférens de ces quatre lettres, qui donneront 
tous les anagrammes possibles de ce mot , en mul- 
tipliant ensemble », 3 et 4, leur nombre est a4, 
comme on le voit dans le tableau suivant : 



AMOR 


MORA 


Oïl A M 


RAMO 


À MRO 


MOAR 


OR MA 


RAOM 


AOMR 


MRO A 


OARM 


RMAO 


ARMO 


MRAO 


OAMR 


RMOA 


AORM 


MAOR 


OMRA 


ROAM 


AROM 


MARO 


OMAR 


ROMA 


LE 




! LES PIERRES. 



Si l'on place cent pierres en ligne droite, à la dis- 
tance d'un mètre l'une de l'autre , la première étant 
à la même distance d'un panier, combien de mètres 
doit faire la personne qui s'engage à les ramasser et 
à les mettre dans le panier, une à nue? U est évident 
que , pour ramasser la première pierre et la mettre 
dans le panier, la personne doit faire 1 mètre 80; 
pour la seconde , 3 mètres fio; pour la troisième, 
5 mètres 4o, et ainsi de suite, augmentant de deux 
jusqu'à la centième. 



Digitized by Google 



-DES JEUNES GENS. 2o5 

Le nombre de métrés que la personne doit faire 
sera, par conséquent, égal à la somme de la progres- 
sion a , 4 , 6, etc., dont le dernier terme est 100 (as). 
Mais la somme de la progression est égale à aoa , 
somme des deux extrêmes, multipliée par 5o, ou la 
moitié du nombre des termes, c'est-à-dire 9099 mè- 
tres, ce qui fait pins de cinq milles et demi. 




3 



LA SOURICIEHF, ARITHMETIQUE. 

Une des meilleures et des plus simples souricières 
en usage , peut se construire de la manière suivante : 
Ayez un morceau de liège doux, épais d'à peu près 
un huitième de pouce, large d'an quart de pouce, 
et d'une longueur suffisante pour couper les parties 
suivantes de la trappe. D'abord, un morceau droit, 
haut de 3 à 4 pouces, qui doit être carré au bas, et 
un petit morceau ôté du haut, pour remplir l'entaille 
tlu n° a {noyez n° 1 dans la figure ). La seconde pièce 
doit être de la même longueur que la première, avec 
un nœud coupé presque au haut, pour remplir le haut 
du n° i| et l'autre bout ajusté pour attraper l'entaille 
du n° 3 {voyez n° 1). Le troisième morceau doit être 
deux fois aussi long qu'un des deux autres; nn nœud 
semblable à celui du n° 1 doit être fait à un bout, 

.8 



Digitized by Google 



2û6 MANUEL 

pour recevoir le bout le plus bas da n° 3. Ayant été 
jusque là, il faut mettre les morceaux ensemble pour 
la finir, en ajonlant une entaille au n" 3, dont vous 
découvrirez la position exacte de cette manière. Placez 
n° 1 comme il est dans la gravure, mettez le nœud du 
n" a sur le bout aminci du n° r, tenez-le dans la môme 
inclinaison que dans la gravure, ayez un morceau de 
boîs plat ou une ardoise , dont un bout doit être sur la 
terre, et le centre du bout de l'autre, sur le bout du 
n° a ; vous trouverez alors que le bout aminci du n° a 
est élevé par le poids du morceau de bois plat ou de 
l'ardoise; mettez-en alors le bout aminci dans le noeud 
du n" 3 , et abaissez n° a k côté , jusqu'à ce que le 
tout ressemble à un chiffre 4. A l'endroit même où le 
n° 3 touche le bâton droit, faites un nœud , qui, at- 
trapant le bout du n° 1, retiendra la souricière. Vous 
pouvez alors amorcer le bout du n° 3 d'un morceau 
de fromage. Une souris, en dévorant l'appât, fera 
tomber n° 3 ; les autres morceaux se séparent immé- 
diatement , et l'ardoise ou la planche tombe. Nous 
avons vu beaucoup de souris , de rats et d'oiseaux 
pris par cette souricière en 4. 




Digitized by Google 



DES JEUNES CENS. 



AMUSEMENS MAGNÉTIQUES. 




Plus riche que l'or, ou que tout ce que l'homme 
tira jamais du sein de la terre, la pierre d'aimant, 
jouet dans l'enfance, est, dans l'ége mur, no guide 
vrai et constant au traders de l'Océan et des sables 
du désert. 

C'est l'observation d'un grand auteur vivant, que 
l'enfant est le père de l'homme. Ceci n'est pas une 
simple fiction poétique, mais cela nous paraît une vé- 
rité palpable ; car nous voyons souvent le cours futur 
de la vie tourné du côté de l'inclination de la jeunesse, 
comme l'arbre est courbé suivant l'inclinaison du re- 
jeton. On peut faire une assez bonne conjectare sur 
ce que seront les poursuites de l'âge mûr, d'après 
les amnsemens individuels de l'enfance. Nous trou- 
vons qu'un des amusemens favoris de Napoléon Bo- 
naparte, au collège, était de former ses compagnons 



Digiîized by Google 



ao8 



MANUEL 



en deux parties, dont l'une attaquait, et l'autre dé- 
fendait une forteresse de neige, construite par le futur 
conquérant de l'Italie , d'après les principes de for- 
tiiication qu'il avait alors acquis. La lecture acciden- 
telle de Spencer a réveillé le goût de la poésie dans 
le sein de plusieurs enfans, et en a fait des auteurs 
célèbres. Un des meilleurs mécaniciens de ce jour 
attribue ce choix de sa profession, dont il est main- 
tenant un si grand ornement, à une vieille cloche 
hollandaise en morceaux , qui lui avait été donnée 
par un ami , comme jouet , lorsqu'il n'avait que dix 
ans. Nons connaissons un célèbre chimiste qui prit le 
goût de son état actuel , en ce qu'il a été témoin , dans 
son enfance, de quelques expériences faites par un 
professeur ; et il est arrivé des événemens plus im- 
probables que ne le serait celui qu'un de nos jeunes 
lecteurs devint, dans l'âge mûr, un second capitaine 
Cook, ou lord Anson, en lisant les récréations ma- 
gnétiques suivantes : 

L'aimant, ou pierre d'aimant, est une sorle de 
substance ferrugineuse trouvée dans l'île d'Elbe, en 
Suède, en Corse, au Bengale et à la Chine. Il a les 
propriétés d'attirer le fer, de se diriger vers les pôles 
du monde , et de communiquer au fer, par le con- 
tact, sa vertu, sans perdre de son pouvoir. En effet, 
on peut rendre des aimans artificiels plus Forts que 
des aimans naturels. 

La découverte de l'inclinaison magnétique vers les 
pôles du monde a été un avantage immense pour les 
navigateurs. On dit que les anciens se servaient de 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 1!0<) 

l'aimant en médecine; mais ils ignoraient tout-à-fait 
ses propriétés plus utiles. 

Que la navigation des vaisseaux était rude, lorsque 
ni boussole a style, ni méridien, n'étaient cou- 
nus ! Côtoyant , ne perdant pas la terre de vue , 
ils ne connaissaient le nord que lorsque l'étoile 
polaire brillait. Cela est très différent à présent; a 
l'aide de la boussole nous traversons de vastes océans, 
loin de tout bord, et nous savons notre route au milieu 
d'eux , anssi-bien que les anciens la savaient en glis- 
sant le long des côtes, et s'aventurant rarement hors 
de vue de la terre. La conséquence en est que 

Tout le globe est maintenant du commerce desenu 
l'immense scène, scène que fréquentent des vaisseaux 
hardis , associés comme des colombes ou des hiron- 
delles dans la région de l'air, ou qui , comme l'aigle , 
sont vus solitaires. 

On né sait pas positivement quel fut l'inventeur 
de la boussole, mais l'honneur en est généralement 
donné à un habitant d'Amalû , dans le royaume de 
Naples, nommé Flavio de Giovfl. 

La boussole est une boîte de cuivre, avec un papier 
au fond, sur lequel les trente-deux points de la rose 
des vents sont marqués; au-dessus l'aiguille aiman- 
tée est placée. Elle tourne invariablement vers le 
nord, excepté dans peu d'exemples, en divers en- 
droits du monde, où l'on a aperçu une légère varia- 
tion; mais elle est toujours assez tournée vers le pôle 
pour aider le marin, par un seul regard, à voir » 



Digitized by Google 



210 MANUEL 

«on vaisseau poursuit sa course donnée au milieu dn 

Et ce n'est pas seulement au marin que la boussole 
sert de guide, les voyageurs s'en servent souvent en 
traversant d'immenses déserts, qui n'ont ni marques 
ni chemins battus pour diriger leurs pas. 

Les caravanes voyageuses poursuivent, an travers 
de neiges éblouissantes , leur route longue et sans 
trace. Par la boussole elles s'avancent, de semaine 

HïHI&aB M FAIRE DBS AIMAS S. 

Le magnétisme, comme l'électricité, ne dépend 
que de l'attraction ; il a aussi une propriété négative , 
celle de la répulsion, dans des circonstances particu- 
lières , et de cette qualité proviennent plusieurs des 
expériences curieuses dont le magnétisme peut de- 
venir la base. L'acier et le fer contiennent beaucoup 
d'attraction positive qu'on peut mettre enjeu, et faire 
passer d'une barre à l'autre par le frottement seul. 

Nos pelles et pincettes, pour le feu, offrent lej 
meilleurs moyens de faire des aimans, à cause de leur 
position verticale, quoiqu'on puisse se servir avec 
avantage de limes et d'autres outils pour frotter, tou- 
jours dans la même direction. Prenez un morceau 
d'acier doux, de la taille demandée d'un aimant , et, 
l'attachant avec un fil à la partie supérieure de la 
pelle, suspendez-les dans la main gauche ; et prenant 
les pincettes par le milieu dans la main droite , frap- 
pez la pelle avec la pointe dix fois en haut, que la 



DES JEUNES GENS. 211 

pelle fasse alors un demi -cercle, et répètes ceci du 
côté opposé , et l'acier aura acquis un pouvoir ma- 
gnétique de peu de chose, mais qu'on peut augmen- 
ter par un plus grand frottement avec plusieurs barres 
d'acier ensemble. 

AlHAMT u'acier. 

Ayant d'abord marqué le pôle du nord (i) de 
l'acier, et aimanté plusieurs barres, mettez-en deux 
à côté l'une de l'autre, mais ayant leurs pôles ren- 
versés , le nord de l'un étant à côté du sud de l'antre, 
mais ayant un espace entre. A chaque bout placez 
on morceau de fer en contact avec les deux, et frot- 
tant alors, ou plutôt frappant les côtés de cette paire 
contre les bouts d'une autre, et ainsi de suite, -vica 
versa, on peut se procurer deux ou plusieurs paires 
de bons aitnans. Lorsque les bouts se frottent , il faut 
qu'il y ait un nord et un sud ensemble; et an bout 
inférieur, il faut les séparer avec une épingle. 

■ Tels sont les principes par lesquels le pouvoir ma- 
gnétique est communiqué à l'acier, et on peut l'aug- 
menter par certains procédés d'une nature semblable, 
qu'on acquiert en s'exerçant. Le prix des aimans est 
cependant si bas, qu'à moins d'un motif de curiosité, 
personne n'entreprendrait la tâche d'en faire. Comme 



(i) Le bout supérieur de tontes les barres ou verges, est 
le pôle sud dans cet hémisphère septentrional , pendant 
que, dans l' hémisphère méridional, le bout supérieur est 
le nord. 



Digitized by Google 



a 1 3 MANUEL 

les deux bouts d'un aimant sont ses pôles, il en est 
ainsi d'une aiguille aimantée , posée en équilibre 
sur un pivot : le bout qui tourne vers le nord est ap- 
pelé son pôle du nord , l'autre est par conséquent le 
sud. Lorsque le pôle du nord d'un aimant est pré- 
senté au pôle du sud d'un antre, une attraction égale 
à ses pouvoirs a lieu ; et si la substance attirée flotte 
sur da liquide, ou dans toute autre situation capable 
de changer de lieu, ils approchent, ou viennent en 
contact l'un avec l'antre. Plusieurs des expériences 
magnétiques sont fondées sur ce principe ; mais , en 
général , on fait pen d'attention à cette circonstance , 
que, si l'on présente le pôle du nord à un autre pôle 
du nord , la répulsion arrive, comme dans le cygne 
merveilleux. 

LE CïCSE MERVEILLEUX. 

On doit découper en liège la ligure d'un cygne, 
la couvrir d'une couche de cire blanche, et faire les 
yeux de perles. Cachez dans son corps une barre ai- 
mantée, et faites-le flotter sur un bassin d'eau. Au- 
tour du bord du bassin on peut placer plusieurs 
choses ; et surtout une cabane à cygne, telle qu'on en 
voit sur les rivières, peut pendre et toucher l'eau. 
Le cygne peut s'y réfugier quelquefois, et on peut 
l'y faire tourner, pour augmenter l'étonnement des 
spectateurs. Du ménagement de la barre magnétique 
placée dans le cygne , et de la verge magnétique , 
dépendent toutes les expériences qu'on doit attendre 
de l'approche ou de l'éloigné ment du cygne , en 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 



présentant au bord du bassin les pôles du sud et du 
nord alternativement. 

La verge se fait ainsi : Faites an trou de 3 dixièmes 
de pouce en diamètre, dans un morceau de bois rond, 
ou ayez une canne creuse, longue d'û pen près huit 
pouces , et épaisse d'un demi-pouce. Ayez une petite 
barre d'acier, et qu'elle soit fortement imprégnée 
d'un hou aimant; cette barre doit être placée dans le 
trou que vous aurez fait dans la verge, et fermée aux 
deux bouts par deux petits morceaux d'ivoire, qui 
peuvent se visser, dïfférens en laille, afin de distinguer 
aisément les pôles de la barre magnétique. Ce pro- 
cédé s'applique à toutes espèces de figures flottantes, 
telles que des vaisseaux, etc. 

LB P0IS3OH MAGNÉTIQUE. 

Un jouet agréable, d'un principe semblable à la 
récréation précédente , peut s'acheter aux boutiques. 
Il consiste en deux ou trois morceaux de plomb en 
forme de poisson, creux et très légers.avee des arêtes, 
des écailles , etc. , peints en imitation de la nature. 
On insère dans la bouche de chacun un petit morceau 
de fil de fer fortement magnétisé. La ligne est faite 
d'un petit morceau de bois, long de quelques pouces, 
auquel est attaché un fil, avec un hameçon de fer 
aussi fortement magnétisé. En jetant le poisson 
dans l'eau, et tenant la ligne et le hameçon, qu'on 
peut amorcer, auprès , il suit l'appât ; et comme il 
s'y attache, on peut le tirer promptement hors de 
l'eau. 



Digitized by Google 



2l4 



MANUEL 



»' ASSURER SI UltE (U 1151 AS CE CO.NTIEST DU PEK. 

Tenez un morceau de pierre d'aimant, ou un ai- 
mant artificiel, près de la substance supposée conte- 
nir du fer, et si elle en contient beaucoup , les deux 
corps s'attacheront si fortement, qu'il faudra beau- 
coup de force pour les séparer. Si la substance ne 
contient que peu de fer, elie ne sera que peu attirée, 
à moins qu'elle ne soit placée sur un morceau de boii 
ou de liège flottant sur l'eau. 




LES BOUQUETS MAGNÉTIQUES. 

Dans une boîte de bois léger, qui se ferme a?ec 
charnières, et longue d'à peu près 9 ou 10 pouces, 
large de S ou 6 , et épaisse d'un pouce , comme A, B, 
C, D, fîg. i, fixez un petit vase £, qui a un trou 



Digiiizeo by Google 



DES JEUNES GENS. 21 5 

d'un côté, au travers duquel passez le bout d'un bou- 
quet de fleurs artificielles, et ayez-en deux, tels que 
F et G, figures i et a. 

Les deux principales tiges de ces bouquets sont 
faîtes d'acier, qui a été fortement aimanté; et il faut 
observer que le pôle du nord de l'un de ces bouquets 
doit être placé dans le vase , et que l'autre doit être 
au bout de la fleur. Ces deux fils de métal, aussi-bien 
que tous ceux qui composent la fleur, doivent être 
couverts de soie. 

Vous présentez un de ces bouquets à quelqu'un , et 
lui donnez le cboix de le placer dans le vase, ou non. 
Fermant alors la boîte, il doit vous la donner. En y 
appliquant la boussole, vous voyez, par le mouve- 
ment de l'aiguille, s'il y est ou non; car, s'il n'y 
est pas, l'aiguille ne se fixera pas à un des bouts de 
la boite. 

Présentez alors les deux fleurs, et donnez-lui le 
cboix d'en placer une, de la même manière, dans la 
boîte, et en appliquant la boussole, comme avant, 
vous voyez, par la position de l'aiguille, quel bou- 
quet y est placé. Vous pouvez diversifier cette ré- 
création en ayant trois fleurs, dont l'une ne doit pas 
être aimantée, et donnant à la personne le choix d'en 
placer dans la boîte; mais, dans ce cas-ci, il doit en 
mettre une. 

Il faut observer que l'aiguille de la boussole doit 
être très sensible. Il est convenable d'essayer sa force 
sur la tige du bouquet, avant que les fleurs soient 
placées dessus. 



Digitized by Google 



2l6 MANUEL 

f,E C1DB AN MIRACULEUX. 

Ayez une case à cadran , comme A, B, C, D, fig. i, 
de la taille de ceux dont on si? sert ordinairement 
pour tenir une montre ; qu'elle soit placée sur le pié- 
destal C, D, E, F, dans lequel il faut placer un petit 
tiroir H, qui puisse tenir le carré A, B, C, D, fig. a, 
sur lequel carré tracez le cercle des heures E, et, dan» 
le centre, qu'il y ait une aiguille magnétique placée 
sur la pointe d'un axe , qui , passant au travers du 
carré , porte sur son autre 
pointe un aimant artificiel, 
qu'on doit cacher dans la par- 
lie qui est sous le carré. L'ai- 
guille magnétique elle-même 
peut servir, si elle n'est pas 
trop loin de l'autre cadran. 
Afin qu'on nepuïsse pas soup- 
çonner cette aiguille d'avoir 
été aimantée, on peut la do- 
rer, de manière à la faire pa- 
raître comme du bronze. 
Placez au fond de la case à cadran, a la partie I, 
un autre cadran , dont les barres doivent être ren- 
versées, comme on le voit dans la figure 3, et dont 
l'heure de midi doit être placée devant le front de la 
case G. Ajustes un pivot an centre de ce carré , et 
fixez dessus une aiguille magnétique. Couvrez les 
ouvertures du devant de la case du cadran ( eftepté 
l'endroit où le cadran paraît) d'un verre double de 




Digilized by Google 



DES JECNES GENS. Z1 y 

gaze en dedans , afin que h lumière puisse y entrer, 
et illuminez le cadran qui y est placé. Vers le haut 
de la case à cadran , placez un miroir incliné L, M, 
qui , en réfléchissant le cadran placé au fond de la 
case, le rendra visible à la partie N, où il faut ajus- 
ter un cercle de carton, qui , bordant la partie où le 
cadran paraît, et étant placé en dedans, empêchera 
les bordures on le derrière du miroir d'être vu. Tout 
étant ainsi ajusté, lorsque l'aiguille du cadran, fig. a , 
est mise à l'heure, et placée dans le tiroir de manière" 
que l'heure de midi puisse être près de l'anneau par 
lequel on Tôle, l'aiguïlle de l'autre cadran, placée 
au fond de la case, se dirigera à la même heure; et 
en regardant à la partie N, vous verrez, par le re- 
flet du miroir, l'heure paraître devant le carré du 
cadran. 




Donnez le cadran, fig. 2, à quelqu-rs-, et dites-lui 
de mettre la main sur l'heure qu'il lui plaira, et pla- 
cez-le dans le tiroir, observant que l'heure de midi 
soit près de l'anneau j et il verra alors l'aiguille du 
haut du cadran se diriger vers la même heure. 

I9 



Digitized by Google 



2l8 MANUEL 

Note. — Si l'on fait attention à placer la case du 
cadran Bar la table , de manière que l'aiguille du 
cadran qui est caché (et qui tournera d'elle-même 
vers le nord , si l'autre cadran n'est pas placé des- 
sous ) se dirige vers l'heure actuelle, lorsque l'expé- 
rience se fait, cela paraîtra plus extraordinaire, parce 
que , lorsqu'on ôte le tiroir, elle retournera à l'heure 
actuelle , ce qui rendra la cause de l'illusion encore 
plus mystérieuse. 

MONTRER QUE LES AIMAHS SB TOURNENT TOUJOURS 
A PEU PRÈS VERS LE NORD ET LE SUD. 

Prenez une aiguille non aimantée , ou une barre de 
fer, et balancez-la sur un centre, dans une position 
horizontale , et elle restera stationnaire dans toute 
position; prenez la même barre ou aiguille, et com- 
muniquez-y la vertu magnétique, comme on le dit 
dans une expérience précédente, et elle tournera un 
de ses bouts vers le nord, et ne restera dans aucune 
autre position. Tous les airaans qui sont en liberté 
d'obéir à l'influence magnétique tournent leur pôle 
du nord vers le nord , et leur pôle du sud vers le 
sud, quand il y a place pour la variation, qui 
n'est pas seulement différente à différens endroits du 
monde, mais différente au même endroit en diffé- 
rens temps, quantité de cette variation ne peut se 
détermiu'?; que par des moyens astronomiques. 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 



ai 9 




Ayez une boite à charnière faite comme À, B, C, D, 
fig. i, d'environ huit pouces de long, deux de large, 
et d'un demi-pouce d'épaisseur; divisez-en l'inté- 
rieur en quatre parties égales par des cloisons. Ayez 
quatre petites cases E, F, G, H, qui contiendront 
chacune de vos divisions, et dans chacune placez un 
petit aimant artificiel, dont les pôles doivent être 
placés comme dans la gravure. Couvrez ces cases de 
carton ou d'ivoire très mince, sur lesquels il fant 
écrire les quatre chiffres que vous jugerez à propos. 
Dans une table I, L, dont le bois ne doit pas être 
trop épais , ajustez un tiroir, au fond duquel il faut 
placer un miroir incliné M, N, de la même longueur 
et largeur que la boite mentionnée. Sous la planche 
qui forme le haut de la table , et vers le côté où le 
tiroir s'ouvre, placez une petite barre de bronze, 
recourbée aux bouts, et sur laquelle il faut placer 
quatre pivots, à la même distance l'un de l'autre que 
les centres des cases placées dans la boite. Ces pivots 



Digitized by Google 



220 MANUEL 

doivent soutenir quatre cercles de carton, P, Q, R, S, 
fig. 3, qui doivent avoir chacun une aiguille magné- 
tique. 

Observez que les chiffres du carton ne doivent 
pas seulement être renversés, mais être écrits en 
dessous , près du fond des tiroirs , afin que lorsqu'on 
l'ouvre, on puisse les voir dans le miroir qui y est 
placé. Faites aussi attention à la disposition des pôles 
des aiguilles, de la manière qu'on voit clairement 
dans la figure 3. 

Tout étant aînsî arrangé , lorsque vous avez placé 
sur la table la boîte et les quatre nombres qui y sont 
renfermés , de manière qn'ils puissent être exactement 
sur les quatre cercles de carton cachés dans le tiroir, 
c'est-à-dire que les centres soient sur les centres de 
l'autre, les aiguilles des cercles se conformeront aux 
aimans des cases ; de manière que , si un instant après 
avoir placé la boîte vous ouvrez le tiroir assez loin 
pour voir le miroir, vous apercevrez le nombre que 
font les quatre chiffres des cases. 

Donnez alors la boite et les quatre cases à quel- 
qu'un, et dites-lui de former un nombre, en mettant 
les cases dans l'ordre qu'il lui plaira, et de vous ren- 
dre la boîte bien fermée. Vous la placez alors sur la 
table et sur les cercles , et ouvrant le tiroir, sous pré- 
texte de prendre une lorgnette , vous jetez l'œil sur le 
miroir, et vous observez l'ordre des chiffres qui y 
sont exprimés. Fermez alors le tiroir, et vous retirant 
à quelque distance , faites semblant de discerner, avec 
la lorgnette, le nombre que vous avez observé. 



Digilized by Google 



DES JEUNES GENS. 



LES PERSPECTIVES MAGIQUES. 

Au fond d'une boîte heptagone ou à sept côtés, 
comme A, B, C, D, E, F, G, figure z , d'à peu 
pris huit pouces de diamètre, et profonde d'un 
pouce et demi, placez un cercle dé carton de cinq 
pouces et demi de diamètre, très léger et très mo- 
bile, sur un pivot fixé dans le centre H; sur ce cercle 
fixe?, une aiguille fortement aimantée I , et divisez le 
cercle en vingt et une parties égales , comme dans la 

Fig. i. Fig. a. 




Cette boîte doit être construite de manière qu'elle 
paraisse être le piédestal des trois lunettes décrites 
ensuite. Il faut couvrir le haut de la boite, de verre, 
sur lequel il faut coller une feuille de très beau 
papier, peint de la même couleur que la boîte, et 
verni, afin que la lumière puisse aisément passer au 
travers, et éclairer les objets qu'il faut écrire ou 
peindre sur le cercle de carton. Au milieu du haut 



Digitized by Google 



222 MANUEL 

de cette boite, élevez une colonne I {noyez la 
figure 3 , page a»3), soutenue sur un piédestal M, 
et surmontée de son chapiteau N. 

Dans ie verre qui couvre la boîte, il doit y avoir 
trois trous ronds, à égales distances l'un de l'autre, 
comme O, P , Q , ayant chacun trois quarts de pouce 
de diamètre, et sur chacun il faut fixer une lunette 
d'approche immobile , comme celle de la figure 4- 

Construction de la lunette d'approche. Ayez un 
support de bois A {figure 4, page "3), dans lequel 
faites un trou du haut en bas, de trois quarts de 
pouce de diamètre. Sur ce support, placez la lunette 
B, C, qui doit avoir un second tube D, comme 
les lorgnettes ordinaires. 

Dans la plus grande partie F, il faut qu'il y ait un 
miroir ovale plus petit E, qui s'incline ou s'élève 
à mesure qu'on enfonce ou qu'on retire le tube D. 
Qu'il y ait un trou circulaire dans la partie du tube 
qui est sur le support A, afin que lorsque le miroir 
est incliné, on puisse voir au travers du support (le 
la lunette tous les objets qui sont placés dans la boîte 
sous un des trous O, P, Q. Placez les trois lunettes, 
ainsi faites, sur ces trois trous. 

Au fond du pied de chaque lunette, vous pouvez 
placer une lentille de cinq à six pouces de diamètre, 
pour agrandir l'objet. 



Digitized by Google 



DES JEOKES GENS. 223 

Flg- 3. Fig. 4. 




Combinaisons des objets qu'on peut dessiner sur le 
cercle mobile de la boite, — Ce cercle doil être divisé, 
comme nous l'avons dit, en vingt et une punies 
égales, et chacune de ces divisions doit paraître sous 
chaque ouverture 0, P, Q, lorsque le cercle tourne 
sur son pivot. 

Il faut déterminer les trois objets que vous voulez 
faire paraître sous les Irois lunettes. Supposant, par 
exemple, qu'ils soient représentés par les chiffres 
I, », 3, vous verrez que ces chiffres ont six combi- 
naisons ou dispositions différentes, telles qpe 

1,3,3. i,3, a. a, i, 3. a, 3, I. 3, i , a. 3, a, i. 

Placez les nombres ou les objets qu'ils représentent 
dans un tel ordre, que le premier nombre i de lu 
première combinaison ï , a, 3, puisse être dans la 
première division A du cercle (voyez figure a), le 
second nombre a, dans la huitième, et le troisième 
nombre 3, dans la quinzième division, ufin que le 



Digitized by Google 



224 MANUEL 

premier nombre i de la seconde combinaison puisse 
être placé dans la seconde division B, le second 
nombre 3 dans la neuvième division , et le troisième 
nomhre a dans la seizième division, etc. Ayant ainsi 
rempli dix-huit divisions des six combinaisons des 
nombres, il faut laisser les trois autres blanches. 

Le cercle étant ainsi préparé, il faut le poser sur 
son pivot, et, sur un des sept côtés de la boîte, 
figure i , il faut placer un levier ou un point d'arrêt , 
qui, étant ahaissé à loisir sur le cercle, poisse l'em- 
pêcher de tourner. 

Quand les trois lunettes sont placées sur la 
boite, et tournées vers la colonne élevée dans le 
centre, si l'on y enfonce le plus petit tube, cela 
élève le miroir qui est placé dans chacune, et par le 
trou B on voit la colonne. Si, au contraire, on retire 
un peu le petit tube, le miroir s'incline, et alors 
vous voyez on des trois objets placés dans la boite, 
sous chaque ouverture des pieds de la lunette; 
et ces objets paraîtront nécessairement dans l'ordre 
d'une des six combinaisons dont ils sont seuls sus- 
ceptibles. En plaçant la boite sur la table, dans la- 
quelle on peut cacher une barre aimantée, longue de 
six pouces, et dont vous savez la direction, vous 
pouvez, faire paraître les trois objets mentionnés vis- 
à-vis des trois trousO,P,Q, avec tous leurs chan- 
geinens ; car it n'est plus nécessaire que de placer la 
boîte suivant une marque qui est sur la table, vis-à- 
vis de laquelle il faut placer un de ses sept côtés , et 
es laissant tomber le ressort ferré, vous maintenez le 



Digitizsd by Google 



DES JEUNES GENS. 2a5 

cercle fixé. Cette barre doit être fortement aimantée, 
afin qu'elle puisse tourner promptement vers le cercle 
de carton. 

Les amusemens qu'on doit faire arec ces lu- 
nettes peuvent se varier suivant le nombre des objets 
dîfférens qu'on peut placer sur le cercle mobile; nom 
nous contenterons ici de donner un exemple en 
chiffres, qu'on peut appliquer à tout autre objet, la 
différence des objets ne faisant pas la moindre diffé- 
rence dans la manière d'exécuter cette récréation, 
qui , lorsqu'on la fait bien, ne manque jamais d'exci- 
ter la plus grande admiration. 

D'abord , il faut placer le cercle mobile de ma- 
nière à ce que les trois divisions , sur lesquelles il n'y 
a rien d'écrit, puissent paraître sous les trois trous 
O, P, Q (il faut faire ceci avec le levier, en secret, 
avant de mettre la machine sur la table ) , et il faut 
disposer le petit tube des lunettes de manière que 
les miroirs du dedans s'inclinent à 45 degrés, c'est- 
à-dire à moitié d'une ligne tracée perpendiculaire au 
terrain et à sa surface, et réfléchir les objets placés 
sous ces trous. 

Les lunettes étant ainsi disposées, on les place 
sur la table, et on donne le loisir à ceux qui le dé- 
sirent de regarder dedans, car ils ne peuvent rien 
voir. Vous devez, alors présenter à trois personnes 
différentes les trois objets que vous jugerez à propos; 
ces objets peuvent être des chiffres, des fleurs, des 
mots , etc. Il est seulement nécessaire que le cercle 
soit convenablement peint. Vous pouvez anssi avoir 



Digitized by Google 



22& MANUEL 

des cercles différées, pour varier la récréation encore 
plus, en les changeant en secret. Nous supposerons 
les chiffres c , 3,3; lorsque chaque personne a choisi 
un de ces nombres, roulez les trois cartes sur les- 
quelles ils sont écrits , et mettez-les dans la colonne, 
vis-à-vis de laquelle on place les trois lunettes. 
Donnez à chaque personne la liberté de choisir le 
verre dans lequel elle veut voir son objet j le verre 
que la première personne choisit est indifférent avant 
qu'on place la boîte sur la table ; mais si la seconde 
ne nomme pas celui sous lequel son objet est placé, 
il faut remuer la boîte. Cependant le hasard est égal 
dans tous les cas , et elles voient toutes trois leurs 
objets. 

Lorsque les trois personnes ont choisi leurs lu- 
nettes, la boîte doit être placée sur la table, où la 
barre est cachée, ayant soin de la mettre dans une 
direction telle, que l'ouverture O , P, Q puisse cor- 
respondre aux parties du cercle sur lesquelles les 
objets sont écrits. 

Il faut donner au cercle peu de temps pour se 
remettre , et alors on abat le levier. Les personnes 
regardant au travers de la lunette que chacune a 
choisie , leurs objets leur paraîtront naturellement 
dans la partie de la colonne où leurs cartes étaient 
placée,. 

Vous pouvez alors proposer à chacune d'elles de 
lui faire voir son objet au travers d'une autre lu- 
nette j ce que vous faites en levant le levier, et 
mettant la boîte dans une direction différente. 



Digitized by GoogI 



DES JEDNES GENS. 227 

Note. Il faut de la mémoire pour faire cette ré- 
création avec facilité ; car il faut avoir dans l'esprit 
les six changement d'ordre, que la liberté que vous 
donnez aux spectateurs de voir au travers des verres 
qui leur plaisent demande. Vous pouvez cependant , 
pour éviter de surcharger votre mémoire, placer sur 
la boîte certains signes qui , pendant qu'ils paraissent 
être des ornemens, vous montrent dans quelle direc- 
tion il faut placer la boîte. 

Ll TABLE MAGHÉTIQOE. 

Sous le dessus d'une table ordinaire, placez un 
aimant qui tourne sur un pivot , et fixez une planche 
dessous, afin que rien ne puisse paraître; il peut 
aussi y avoir un tiroir sous la table, que vous tirez 
pour montrer qu'il n'y a rien de caché. A un 
des bouts de la table, il faut placer une épingle qui 
communique à un aimant , et par laquelle on peut le 
placer en différentes positions; cette épingle doit être 
placée de manière à ce que les spectateurs ne puissent 
la voir. 

Semez quelques fils d'acier ou de très petits clous 
sur la partie de la table où est placé l'aimant. Priez 
quelqu'un de vous prêter un couteau ou une clef, 
qui attirera une partie des clous ou des fils. Plaçant 
alors votre main d'une manière nonchalante sur 
l'épingle du bout de la table , vous changez la posi- 
tion de l'aimant; et, donnant la clef à quelqu'un , 
dites-lui de faire l'expérience, qu'elle ne pourra alors 
faire. 



Digitized by Google 



228 



MANUEL 



Donnez alors la clef à une autre personne ; et 
plaçant , à l'aide de l'aiguille, l'aimant à sa première 
position , cette personne fera immédiatement l'expé- 
rience, 

l'ohacle magnétique. 
Ayez un haut cylindre d'à peu près 6 pouces de 
hauteur et large de 3 , tel que A, B , dans la figure 
ci-dessous; son couvercle C, D doit se fixer sur tons 
les points. Sur un côté de cette boîte ou cylindre, 
qu'il y ait une coulisse E , F à peu près de la même 
longueur que ce côté , dans laquelle placez une pelite 
barre d'acier fortement aimantée , son pôle du nord 
sur le fond du cylindre. 




Sur le côté supérieur ou le couvercle , décrivez un 
cercle, et divisez-le en dix parues égales, dans les- 
quelles seront écrits les chiffres de i à io, comme on 
le voit par G. Placez un pivot au centre de ce cercle, 
et ayez une aiguille aimantée prête. 



Digilized by Google 



DES JEUNES GENS. 229 

Il faut alors avoir un sac dans lequel il y a plu- 
sieurs compartimens , comme le sac à ouvrage d'une 
dame , niais plus petit ; et dans chaque compartiment 
mettez quelques papiers , sur lesquels il faut écrire 
les mêmes ou de semblables questions. 

Dans le cylindre , mettez plusieurs réponses diffé- 
rentes à chaque question, et cachetez-les comme de 
petites lettres ; sur chaque lettre en réponse , écrivez 
un des numéros du cadran ou du cercle du haut de la 
boîte. On suppose que vous savez toutes les ré- 
ponses. 

Offrez alors nu des compartimens du sac , obser- 
vant quel est le compartiment, à quelqu'un, et priez- 
le de tirer un papier ; mettez alors le haut sur le cy- 
lindre, avec le nombre qui est sur la réponse, juste au- 
dessus de la barre; plaçant alors l'aiguille sur le pivot, 
tournez-la brusquement, et elle s'arrêtera naturelle- 
ment au nombre au-dessus de la barre. 

Vous priez alors la personne qui tire la question , 
d'observer le nombre auquel l'aiguille est, et de 
chercher dans la boîte un papier marqué du même 
nombre qu'il trouvera contenir la réponse. 

Vous pouvez refaire cette expérience, en offrant 
une autre division du sac à la même ou à une antre 
personne; et, plaçant le nombre qui correspond à la. 
réponse sur la barre aimantée , continuez comme 
avant. 

Il est aisé de concevoir plusieurs réponses pour la 
m âme question. Par exemple, supposons que la 
question soit : Est-il convenable de se marier ? 
I. 20 



Digitized by Google 



23o MANUEL 

i" Réponse. Lorsque vous êtes jeune ( pas encore; 
lorsque vous êtes vieux, pas du tout. 

a. Mariez-vous à la hâte, et repentez-vous à loisir. 

3. Oui , sï vous pouvez avoir une bonne fortune; 
car quelque chose a quelque saveur, mais rien n'a pas 
de goût. 

4. Non , si vous êtes sujet à vous mettre en colère, 
car alors vous aurez deux personnes à quereller. 

5. Oui, si vous êtes sûr d'avoir une bonne com- 
pagne , car c'est la plus grande bénédiction de la vie; 
mais ayez grand soin d'en être bien sûr. 

6. Non, si la personne que vous voulez épouser est 
un ange, à moins que vous ne soyez content de vivre 
avec un diable. 




LA MOUCHE rMTELLlGEBTB. 

Au centre d'une boite carrée d'environ six pouces, 
et profonde d'un pouce ( voyez la gravure ) , fixei un 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 23l 

pivot. Ayez une aiguille aimantée L, longue de trois 
ponces et demi , et au boot aimanté placez une mou- 
che faite d'émail; l'autre bout de l'aiguille doit être 
un peu plus pesant , pour la tenir en équilibre. Placez 
cette aiguille sur le pivot. 

Sur un morceau de carton carré, qui entrera juste 
dans la boîte, tracer un cercle A, B, C, D de trois 
pouces et demi de diamètre, et un autre à peu de 
distance, concentrique au premier. La partie au de- 
dans du dernier cercle doit être coupée. Le cercle 
de carion doit être placé à à peu près demi-pouce du 
fond de la boîte , et divisé en dix parties égales , dans 
lesquelles il faut écrire les lettres A , E , I , O , U , D, 
G , L , N , R , comme dans la ligure. 

Placez un verre a environ demi-pouce au-dessus 
du cercle, et couvrez-le d'un cercle de papier C ( 
assez grand pour cacher l'aiguille et ne laisser voir 
que la mouche. Sur ce papier, vous pouvez peindre 
quelques figures allégoriques , afin qu'on ne puisse se 
douter de son usage. 

Écrivez ensuite sur vingt-quatre cartes les questions 
suivantes; ces cartes doivent être mêlées et arrangées 
de manière qu'elles puissent être dans l'ordre où les 
questions sont placées ici. 

Questions. — i. Quelle est la terre de la liberté? 

Quelle est la seconde ville du monde ? 3. Que mé- 
prisent plusieurs hommes , quoiqu'ils n'aient pas la 
moitié de son mérite? 4. Quel est l'homme le plus 
pauvre du monde? 5. Quel est l'homme le plus vil? 
6. Que tarde-t-il à toutes les jeunes femmes d'avoir ? 



Digitized by Google 



a3a MANDE I. 

y. Qui, par ta situation , est le plus misérable de tous 
les êtres ? 8. Pot quoi l'homme découvre-t-il sa fai- 
blesse? 9. Que ferait toute femme mariée , si elle le 
pouvait ? 10. Dans quoi un homme montre-t-ïl son or- 
gueil et sa folie? 11. Qu'est-ce qui fait crier une femme 
plus qne pour la perte de son mari? 19. Comment 
parle un homme qui n'a rien à dire? i3. Qu'est-ce qui 
ressemble le plus à une belle dame ? i4> Qu'est-ce qui 
nous rappelle souvent une grande perte sans nous 
donner du dégoût? i5. Que fait une jeune femme 
qui aime un vieillard? j6. De quoi le poète a-t-il 
besoin pour couvrir son crâne vide? 17. Que ne doit 
jamais tirer un homme de la femme qu'il aime? 
18. Que doit être l'homme qui veut gagner l'estime de 
tout le monde ? 1 9. Quel est celui qui cherche la com- 
pagnie d'un homme lorsque tout son argent et ses 
omis sont perdus? ao. Qui gagne la bonne -volonté 
de tout le monde? ai. Qu'est-ce que les bonnes gens 
révèrent, et dont les coquins abusent? aa. Sur quoi 
compte un homme lorsqu'il demande du secours à 
ses amis? a3. De quoi peut être sûr celui qui laisse 
ses affaires à un auire ? a4. Qu'est-ce qui fait une 
différence presque aussi grande , sinon entière, entre 
un homme et cela , qu'entre cela et une brute ? 

Après avoir rangé les cartes de la manière ci-des- 
sus , vons les placez sur la table , et demandez A quel- 
qu'un laquelle, dans l'ordre où elles sont, contien- 
dra la question à laquelle la mouche lui donnera une 
réponse. S'il dit , par exemple , la vingtième , le 
compère, qui a la copie suivante des réponses , fera 



Digitized by GoogI( 



DES JEUNES GENS. a33 

Toucher à l'aiguille au bout de laquelle est la mouche, 
successivement les lettres qui composent ce mot. 
Compiant alors les cartes jusqu'à la vingtième, vous 
trouverez que ce mot répond à la question. 

Réponses, — i, L'Angleterre, a. Londres. 3. Un 
chien. 4. Un avare. 5. Un menteur. 6. Un anneau. 
7. Une nonne. 8. La colère, o. La loi. io. Un duel. 
1 1. Un cor. il. Haut. i3. Un ange. if\. Un cadran. 
ï5. L'or. 1 6. Un laurier. 17. Un refus. 18. Généreux. 
19. Un créancier. 10. L'argent, ai. La religion. 
>2. Un roseau. 23. La ruine. a4- La science. 

Ou peut faire plusieurs récréations par cette monche 
intelligente, par des nombres, des cartes, etc., sem- 
blables à ceux que nous avons déjà expliqués dans 
l'antre cas, et que, pour ne pas nous répéter, nous 
ne décrirons pas ici. L'entretien que la mouche intel- 
ligente procure, pourra, avec un pen d'esprit, être 
diversifié de manière à la rendre une source conti- 
nuelle d'amusement et de surprise pour les jeunes 
gens de la société. 



Digitized by Google 



MAHDEL' 



L'ES CBHCLHS MAGIQUES. 

Qu'il y ait deux boites, A et B , ligure r, carrées, 
d'environ six pouces, et jointes par l'allonge C large 
d'un pouce et demi; la profondeur des boites doit 
être un pouce, et celle de l'allonge un demi-pouce. 




Dans les boîtes et l'allonge, placez le mouvement 
A B, fig. 3, consistant en deux roues horizontales, 
D et E, qui ont le même nombre de dents, et deux 
pignons E et G. 

L'axe de la roue D doit passer au travers du haut 
de la boîte, et il faut placer dessus une main , par la- 
quelle on puisse la tourner; mais celle de E doit 
finir sous le couvercle de la boîte, une barre aimantée 
étant fixée dessus; et sur la boîte, sur un petit pivot, 
placez une aiguille aimantée. Ce mouvement doit 
être arrangé de manière à ne point faire de bruit 
lorsqu'on le remue. 

Tracez un carré magique, de la manière suivante, 
consistant en vingt-cinq carrés moindres, numérotés, 



Digitized by Google 



DES JEONES CENS. 235 
et dont les lignes , lues horizontalement ou perpen- 
diculairement, contiennent cinq mots, qui donne- 
ront une réponse a une question proposée. 
Que les cinq questions soient celles-ci : 

I. a. 3. \. 5. 

i. Ères- vous content du 



a. Quand tous les 

3. Devrions- nous désir 

4. Désirez- vous plus 

5. Quel plaisir est 
Tracez alors le carré ainsi 



,age.' 
plaiscut-ils? 
héritages ? 
de richesses ? 

le plus désirable ? 







3 


4 


5 


J'aime 


tnut-à-fait 








6 


7 


8 


9 




tout-à-fait 


plait 




la richesse 








i3 


H 


i5 




ce que 




demanda 


des plaisirs 


16 


'7 
bien 


18 
demanda 


'9 

beaucoup 








a3 


34 




les maris 








toujours. 



Digitized by 



ï 


'S ? « v ™ c- - 

H ■ 14 mil 11 






1 






















||4g||| 


Jj 










j 1 ' i s -1 

•O J 3l 0 M frt 


î 
s 






1 ; 




:J : : : : : 

itjjf M 


ri 

1 


•i 


M 


iï 


i 









Digitized by Google 



DES J tU NES CENS. 23 7 

Sur chaque côté des boîtes, places un carton 
carré de la même dimension , et sur celui de A, tra- 
cez un cercle , et divisez-le en trente parties égales. 
Sur celui de B , tracez aussi un cercle , et divisez-le 
eu quinze parties égales. 

Dans les divisions dn cercle A, écrivez les mots 
contenus dans les cinq premières divisions de la table 
suivante , qui composent les questions précédentes, 
dans l'ordre où elles sont numérotées ici , c'est-à-dire 
le mot je suis dans la première division, le mot êtes 
dans la seconde, le mot vous dans la troisième, le 
mot quand dans la quatrième division, etc. 

Sur les quinze divisions du cercle B, écrivez les 
mots dans l'ordre où Us sont dans la dernière co- 
lonne de la table. Dans le premier cercle, il faut 
écrire les mots de gauche à droite, et dans l'autre, 
de droite à gauche. 

Les mots étant ainsi transcrits sur les cadrans, il 
faut placer leurs aiguilles sur les divisions correspon- 
dantes : par exemple , lorsque l'index du cadran A 
est placé au mot êtes, celui du cadran B doit se diri- 
ger à la division qui contient le mot j'aime, et ainsi 
du reste. Il faut alors écrire sur cinq cartes les cinq 
questions précédentes, c'est-à-dire une sur chaque 

Tout étant ainsi prêt, présentez les cinq cartes à 
quelqu'un , et dites-lui d'en choisir une ; et qu'il di- 
rige alors l'index du premier cadran successivement 
à chacun des cinq mots qui composent celte question , 
pendant qu'une autre personne , placée à côté du ca- 



Digilized by Google 



238 



MANUEL 



dran auquel l'aiguille aimantée est placée , écrit les 
mots qu'elle montre successivement, et l'on trou- 
vera qu'ils forment la réponse. 

La circonstance la plus remarquable de cette ré- 
création , est que les quinze mots du cadran B don- 
nent des réponses convenables aux cinq questions 
de l'antre cadran, qui contient trente mots, et que 
chaque réponse contient le même nombre de mots 
que la question. Ces cadrans , au moyen de poulies , 
peuvent communiquer entre eux lorsqu'ils sont pla- 
cés aux deux bouts différens d'une chambre. 

L4 MO NT H T. OBÉiSSâHTB. 

Empruntez une montre à quelqu'un de la compa- 
gnie, et priez tout le monde de se placer autour de 
vous. Présentez la montre à l'oreille de la première 
personne du cercle, dites à la montre d'aller, et 
demandez son témoignage; cela fait, présentez-la à 
l'oreille de la seconde , et dites-lui de s'arrêter ; faites 
la même question à celte personne, et ainsi pour 
toute la compagnie. 

Explication. Il faut avoir soin , en empruntant la 
montre , qu'elle soit bonne et aille bien. Cachez dans 
votre main un morceau d'aimant, qui, aussitôt que 
vous l'appliquerez a la montre, occasionnera une 
suspension des mouvemens, qu'une secousse et qu'un 
éloignement de l'aimant rendront ensuite. Pour opé- 
rer, tenez l'aimant d'une main , et passez alternative- 
ment la montre de l'une a l'autre main. 



Digilized by Google 



DES JEUNES GENS. 23g 
MAGNÉTISME EXAGÉRÉ. 

Nos lecteurs se rappelleront sans doute plusieurs 
histoires dans lesquelles les pouvoirs de l'aimant sont 
fort exagérés. D'autres rapports de ses vertus, quoi- 
que vrais, paraissent cependant peu vraisemblables. 
Il y a peu de lecteurs qui ne connaissent pas l'his- 
toire de ce marin dont, comme on le raconte grave- 
ment, le vaisseau , en approchant trop près d'un ro- 
cher qni contenait une immense quantité d'aimant, 
fut attiré de force et naufragé sur le rocher. 

Dans une collection allemande de contes de fées, 
dans lesquels l'ancienne chevalerie de la cour du 
fameux Charlemagne, les fidèles écuyers qui sui- 
vaient ces chevaliers héroïques, les demoiselles en 
détresse qu'ils secouraient, les nains qui étaient leurs 
amis, et les géans et les magiciens qui causaient leurs 
malheurs terrestres sont les principaux personnages, 
nous nous rappelons le passage suivant. Le chevalier 
qui voulut s'aventurer hors du corps de chevalerie 
qui était venu pour reconnaître la position du châ- 
teau de l'enchanteur gigantesque, s'en était à peine 
approché à portée , lorsqu'il vit l'énorme taille du 
géant lui-même, s'appuyaut contre le mur extérieur. 
Suivant les instructions qu'il avait reçues , le che- 
valier tourna alors la tête de son brave coursier vers 
ses compagnons d'armes, et, d'un pas léger, vint 
passer sur la plaine. Il entendit alors le géant le pour- 
suivre, et enfonça ses éperons dans les flancs de son 
bon cheval; mais, hélas ! il voyait à peine la troupe 



Digitized by Google 



MANUEL 

chevaleresque, lorsque la puissante main du géant 
magicien fut étendue, armée seulement d*un des fers 
de son cheval, qui était fait d'aimant, et, par ses 
pouvoirs attractifs sur son armure d'acier, ses com- 
pagnons eurent la mortification de voir le chevalier 
démonté. 




Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 

AMUSEMENS D'OPTIQUE. 




Quelle merveille ou peut faire voir au travers du 
verre magique de l'opticien ! Un épi de blé de papier 
peint, éclairé par une bougie d'un Iiard , s'étend en 
^ une plaine spacieuse , sur laquelle le soleil darde son 
chaud regard. Une goutte d'eau, d'nn verd sombre, 
est changée en un océan. La petite, mince, mauvaise 
écriture, ae change en main écrivant sur le mur. 
Regardez là, et le nez d'une mouche devient une 
trompe d'éléphant. Regardez ici, l'hippopotame de- 
vient un moucheron par rapport ù une sonri». 

La science de l'optique procure une variété infime 
d'amnsetnens qui ne peuvent manquer d'instruire 
l'esprit aussi-bien que de charmer l'œil. A l'aide d'ins- 
t rumens d'optique , nous pouvons diminuer la dis- 
tance de nos organes visuels entre le globe que nous 
»■ ai 



Digitized by Google 



MANUEL 

habitons et les merveilles des cieux au-dessus de 
nous, observer le fini exquis et la propriété de la 
construction qu'on trouvera dans les plus petites 
productions de la terre, suivre le passage de la pla- 
nète dans son cours autour de l'orbite magnifique du 
jour, et voir le cours du sang lorsqu'il coule dans les 
veines d'un insecte. 

Il n'y a ici que peu des moyens que cette science 
offre à l'homme; les énuraérer demanderait un livre 
égal à notre ouvrage. Nous ne nous proposons pas de 
faire mention , dans les pages suivantes, des divers 
instrumens et des expériences qui sont tout-a-fait, 
ou principalement , destinés à des vues purement 
scientifiques, notre dessein n'étant que d'attirer l'at- 
tention de nos jeunes lecteurs yers les choses qui 
réunissent beaucoup d'amusement et d'instruction, 
de leur expliquer la construction des divers instru- 
mens populaires , de leur montrer la manière de s'en 
servir, et d'expliquer quelques unes des expériences 
les plus attrayantes que la science procure. En agis- 
sant ainsi , nous espérons engager nos jeunes lecteurs 
à prendre de plus amples informations sur la science 
qu'un ouvrage de cette nature ne pourrait leur pro- 
curer. 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 



243 




Li CHAMBRE OBSCUAE. 

Noua donnons à nos jeunes lecteurs une courte 
description de cette invention d'optique ; quoique 
très connue , elle est extrêmement amusante ; presque 
tout le monde l'a vue, mais peu de personnes savent 
la construire. 

A C représente une boite d'un pied et demi carré, 
fermée de tous côtés, excepté en D C ; O P est une boite 
plus petite, placée sur le haut de la plus grande; 
M N est une lentille convese double, dont l'axe fait 
un angle de quarante-cinq degrés avec B L, miroir 
plan lixé dans la boite O P; la longueur focale de la 
lentille est à peu près égale à C S + S T, c'est-à-dire 
a la somme de la distance de la lentille an milieu du 
miroir, et du milieu du miroir au fond de la grande 
boîte. La lentille, étant tournée vers la vue, en fera 



Digitized by Google 



244 MAMDKL 

un portrait presqu'à ton foyer; mais le» rayons, 
étant interceptés par le miroir, formeront le portrait 
aussi loin devant la surface que le foyer est derrière, 
c'est-à-dire au fond de la plus grande boîte, une 
communication étant faite entre les boites par l'es- 
pace vacant QO. 

On se sert souvent de cet instrument pour dessi- 
ner des paysages. Pour cela, le dessinateur, mettant 
sa tête et sa main dans la boite par le côté ouvert 
D C, et s'entourant d'un rideau pour empêcher l'en- 
trée de la lumière, qui troublerait l'opération, peut 
tracer une ressemblance distincte du tableau qui pa- 
raît au fond de la boîte. 

II y a une autre espèce de chambre obscure pour 
dessiner, ainsi construite : à l'extrémité du bras PQ, 
qni part du coté d'une petite boîte carrée BL, on 
place une double lentille convexe dont l'axe est in- 
cliné sous un angle de quarante-cinq degrés, et un 
miroir plan BO; la longueur focale de la lentille est 
égale à sa distance du côté de la boîte O T. Ainsi , 
lorsque la lentille sera tournée vers la vue éclairée, 
cela projettera l'image sur le côté 0 T; mais si l'on 
éloignait le miroir, on réfléchirait l'image sur le côté 
M L, qui est aussi loin du milieu du miroir qu'il l'est 
dn côté O T. 

Là, on reçoit l'image sur un morceau de verre 
dépoli en haut et poli en bas, et elle paraît dans sei 
couleurs convenables sur le haut de la chambre. Il est 
évident que dans chacun de ces instrumens l'image 
est réfléchie suivant l'objet M S est un couvercle 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 2^5 

pour empêcher l'entrée de ta lumière pendant qu'on 
dessine le portrait , et il y en a d'antres appliques 
pour le même dessein aux cotés MB et N L. 




Vous pouvez aussi construire la chambre obscure 
dans une chambre : ainsi , obscurcissez d'abord la 
chambre, en fermant les volets et tous les endroits 
par où la lumière extérieure peut entrer; faites alors 
un trou rond dans le volet ou dans une planche pla- 
cée contre la fenêtre, dans lequel trou vous placez une 
lentille ou un verre convexe dont le foyer est à la 
distance d'au moins quatre, et au plus de quinze ou 
vingt pieds. La meilleure distance est de six à douze 
pieds. A cette distance, placez aussi un carton cou- 
vert du papier le plus blanc , avec une bordure noire, 
pour empêcher que les rayons de côté ne puissent 
troubler le portrait; qu'elle soit longue de deux pieds 
et demie et haute de dix-huit ou vingt pouces ; cour- 



Digitized by Google 



246 MAHUEL 

bez sa longueur en dedans pour faire une partie de 
cercle donl le diamètre est égal au double de la dis- 
tance focale du verre; fixez-le alors sur une bordure 
de la môme longueur, et placez-le sur un pied mo- 
bile , afin qu'on puisse le fixer aisément à la distance 
exacte du verre où les objets se peignent avec la plus 
grande perfection. Lorsqu'il est ainsi placé , Tous les 
objets qui sont devant la fenêtre seront peints sur le 
papier, en sens inverse, avec la plus grande régula- 
rité et les couleurs les plus naturelles. 

Il y a une autre manière de faire la chambre ob- 
scure, avec une balle scioptique, c'est-à-dire une 
balle de bois dans laquelle on fait nu trou ; dans ce 
trou on fixe une lentille. On place cette balle dans 
une bordure de bois dans laquelle elle tourne libre- 
ment. La bordure est fixée dans le trou du volet, et 
la balle, en tournant, répond en grande partie au 
miroir placé en dehors de la fenêtre. Si le trou de la 
fenêtre n'est pas plus gros qu'un pots, les objets se- 
ront représentés sans lentille. 

Si vous placez un miroir mobile en dehors de la 
fenêtre, en le tournant plus ou moins, vous verrei 
sur le papier tous les objets qui sont de chaque côté 
de la fenêtre. 

La position inverse des images peut s'appeler une 
imperfection; mais on y remédie aisément; car si 
vous êtes au-dessous de la planche sur laquelle on les 
reçoit, et que vous regardiez dessus, elles paraîtront 
dans leur position naturelle; ou si vous êtes devant, 
et que, plaçant obliquement un miroir ordinaire 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. ifa 
contre votre poitrine, vous regardiez, vous y verrez 
les images droites, et elles y recevront un lustre ad- 
ditionnel de la réflexion do miroir; ou si vous placez 
deux lentilles dans un tube qui se tire; ou enfin, si 
vous placez un grand miroir concave à une distance 
convenable devant le portrait , elle paraîtra devant 
le miroir dans l'air et dans une position droite. 

Si, au lieu de mettre le miroir en dehorsdela fenêtre, 
vous le placez dans la chambre et au-dessus du trou 
(qu'il faut alors faire près du haut du volet), vous 
pouvez recevoir la réflexion sur un papier placé ho- 
rizontalement sur la table, et dessiner tous les objets 
qui y paraissent peints. 

LA CHAMBUE OESCUHB G ROSS ISS* M TB. 

Que les rayons de lumière qui passent au travers 
de la lentille dans le volet soient jetés sur un grand 
miroir concave , bien fixé dans une bordure ; prenez 
un morceau de verre ou une mince assiette de verre , 
et, y attachant quelque petit objet, tenez-le dans les 
rayons incidens à un peu pins de la distance du foyer 
du miroir, et vous verrez sur le mur opposé, au mi- 
lieu des rayons réfléchis, l'image de cet objet très 
grande, et extrêmement claire et brillante. 



Digitized by Google 



»48 MANUEL 

11 CBAMBKK OBSCUMB PBIUf&riQUB. 

T 'S- Fig. 2 . . 

OT l 

Faites deux trous F, / (fig. r) dans le volet d'une 
chambre sombre, près l'un del'autre, et contre chaque 
tron places un prisme, A, B, C et a, b, c, dans une di- 
rection perpendiculaire, afin que leurs spectres M N 
puissent être jetés sur le papier en ligne horizontale 
et coïncider l'un avec l'autre , le rouge et le violet 
de l'un étant dans la même partie que ceux de l'autre. 
Le papier doit être placé à une telle distance des 
prismes que le spectre puisse être suffisamment 
étendu. Ayez plusieurs papiers d'à peu près les di- 
mensions du spectre, croisez ces papiers, et faites 
des b'gnes pareilles aux divisions des couleurs. 

Dans ces divisions , coupez les figures que vous 
penserez avoir un effet agréable, telles que des fleurs, 
des arbres, des animaux, etc. 

Lorsque vous avez placé un papier dans sa posi- 
tion convenable, pendez un drap ou un papier noir 
derrière, afin qu'aucun des rayons qui passent au 
travers ne puisse être réfléchi et troubler le phéno- 
mène. Les figures «upées sur le papier paraîtront 
alors fortement éclairées de toutes les couleurs na- 
turelles. 




Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. zfo 

Si , pendant qu'un de ces prismes se repose, on roule 
l'autre sur son axe, l'altération continuelle des cou- 
leurs produira une variété admirable qu'on peut aug- 
menter en tournant le prisme en différentes direc- 
tions. Lorsque les prismes sont placés de manière à 
ce que les deux spectres coïncident, dans un ordre 
inverse de leurs couleurs , le bout rouge de l'un tom- 
bant sur le violet de l'autre, si on les regarde alors 
au travers d'un troisième prisme D H, ils ne paraî- 
tront pins coïncider, mais sous la forme de deux 
spectres distincts pt et mm (figure a), se croisant 
comme la lettre X , le rouge d'nn spectre et le violet 
de l'autre, qui coïncidaient en MN, étant séparés 
l'un de l'autre par une plus grande réfraction du 
violet à p et m, que celle du rouge «net*. 

Cette récréation peut se diversifier en ajoutant 
deux autres prismes , qui formeront un spectre dans 
la même ligne , et près de l'autre. Par ce moyen , on 
peut augmenter beaucoup la variété des figures et 
la vicissitude des couleurs. 

CHIMJjBK CI.AT1IB. 

Vis-à-vis de l'endroit où l'apparence doit se l'aire, 
percez nn trou d'à peu près uu pied de diamètre, ou , 
s'il y a une haute fenêtre, avec une ferrure de cette 
dimension , cela vaudra beaucoup mieux , sans ou- 
vrir le trou ou la ferrure. A une distance convenable, 
pour empêcher que la compagnie.., dans la chambre 
ne le voie, placer l'objet ou le portrait qu'il faut re- 
présenter, mais dans une position inverse ; si le por- 



Digitized by Google 



25o MANDE Ii 

trait est transparent , réfléchissez les rayons du soleil 
par un miroir, afin qu'ils puissent passer au travers 
jusqu'à l'endroit de l'apparition, et pour empêcher 
des rayons de passer à coté , que le portrait soit 
bordé de bois ou de drap. Si l'objet est une statue , 
ou une créature vivante , il faut l'éclairer en jetant 
dessus les rayons du soleil, soit par la réflexion , la 
réfraction, ou les deux à la fois. Entre cet objet et la 
place d'apparition, placez un large verre convexe, 
d'une telle convexité, qu'il puisse représenter dis- 
tinctement l'objet dans cet endroit. Plus il est près de 
l'objet, plus l'image est grossie sur le mur; et plus il 
en est loin, moins elle le sera, ceci dépendant de la 
différence de la grandeur des verres. Si l'objet ne peut 
pas être bien renversé, il doit y avoir deux verres 
de bonnes grandeurs, situés à des distances convena- 
bles , qu'on trouve aisément , en les essayant, pour 
rendre les apparitions correctes. Tout cet appareil 
d'objets , de verres , etc. , ainsi que les personnes em- 
ployées à les faire aller, doivent être placés en 
dehors de la fenêtre ou du trou , afin que les specta- 
teurs dansla chambre ne puissent les voir, et afin que 
vous fassiez aisément l'opération elle-même. 

LE FOLÉMOSCOPB. 

A l'aide d'un polémoscope, vous pouvez voir ce 
qui se passe autre part sans qu'on vous voie. Vous 
pouvez le construire ainsi : fixez dans une lorgnette 
un petit miroir, incliné sous un angle de quarante- 
cinq degrés, et ajustant un verre convenable, vous 



Digitizad by Google 



DES IECWES GF.NS. a5l 

pouvez, en paraissant regarder devant vous, voir ce 
qui se passe à coté. Cet instrument peut se construire 
de manière à ce que le tube puisse tourner, et le miroir 
s'élever ou s'abaisser, afin que vous puissiez voir suc- 
cessivement, età loisir, tous les objets que vous vou- 
driez voir, si vous étiez au haut du mur contre lequel 
l'instrument est placé. 

LE KALÉIDOSCOPE. 

Four construire cet instrument , ayez un tube d'é- 
tain, de cuivre, de carton, ou de toute autre matière, 
long de huit à dix pouces, et de on pouce et demi ou 
deux de diamètre ; placer un couvercle sur un bout 
avec un petit trou dans le centre, à la circonférence 
du cercle d, dans la figure ci-dessus , qui est une vue 
du bout droit de l'instrument, 
dont on a été le couvercle. Le 
cercle est le bord du tube , les 
lignes a c et b c sont les bords 
des deux surfaces réfléchis- 
santes qui sont à peu près de 
la même longueur que lu tube; 
on peut les faire de deux mor- 
ceaux de miroir, ou de verre à assiette, on de cristal, 
qui ont été noircis d'un côté, en ee, la surface ff 
étant bien polie. 

Le noircissage peut se faire avec la fumée d'une 
lampe simplement, ou du vernis, ou toute autre ma- 
tière noire , qui résiste aux rayons de lumière , et les 
deux réflecteurs doivent être séparés à l'aide d'un 




Digilized by Google 



aS2 M AN DEL 

bouchon, ou de toute autre substance, placée à chaque 
bout du tube , en c, où les réflecteurs se joignent, ils 
doivent être droits , et adaptés l'un à l'autre ; ou on 
peut les placer différemment, ou mime parallèles, 
comme dans la ligure suivante. A l'autre bout (où se 
place l'objet ) , et où les deux surfaces réfléchissantes 
ae bc se terminent, un morceau rond de Terre 
doit être poussé dans le tube, et retenu là par un 
morceau de fil de métal , qu'il faut courber en cercle , 
et placer sur le verre pour le tenir ferme. Sur ce bout, 
qu'on enfonce un autre tube, long d'un ou deux 
pouces au moins, capable d'être tourné , et au bout 
qu'on" enfonce un autre morceau rond de verre uni 
comme le précédent. Dans ce 
couvercle extérieur ou tube, 
qu'on mette les objets qu'il 
faut voir , qui peuvent être 
des substances demi- transpa- 
rentes colorées, telles que du 
verre, des grains de chape- 
let, des coquilles, des perles, 
et d'autres choses semblables, mais pas trop à la 
fols. Mettez le couvercle, et avançant le tube vers 
l'œil, tenant encore le côté a h en haut; regardez en 
d, et vous aurez une répétition brillante et symétrique 
des objets qui sont placés entre les deux verres, et 
visibles au travers de l'ouverture angulaire a , b , c. 
Tournez plus ou moins le couvercle , dans lequel les 
objets sont ainsi placés, et vous apercevrez un chan- 
gement dans les combinaisons des images ; de nou- 




Digilized by Google 



DES JEUNES GENS. 253 

velles formes paraîtront tout-à-fait distinctes des 
premières, quelquefois s'élevant du centre, d'autres 
s'y poussant, et de temps en temps jouant autour en 
oscillations doubles et opposées. En étant tranquille , 
cependant , le dessinateur peut copier sur le papier 
les formes qui se présentent, sans espérer toutefois 
d'égaler les teintes variées qui se développent, cha- 
que nouvelle teinte charmant l'œil par les perfections 
de ses formes et la beauté de ses couleurs; ceci dé- 
pend de l'arrangement des objets qu'il faut voir, et 
de l'angle sous lequel les deux réflecteurs de et bc 
sont placés. 

Au lieu de deux réflecteurs, cet instrument peut 
se faire avec trois ou plusieurs plans, tels qu'on 
puisse les arranger différemment par rapport l'un à 
l'autre; mais la perfection du kaléidoscope consiste 
à se procurer la réflexion d'objets lointains et na- 
turels, en les réduisant à une taille convenable pour 
une représentation de tableau. On peut faire ceci en 
fixant sur le bout de l'objet une lentille convexe, 
attachée au tube gUsscar, qui doit être presque aussi 
long que celui de dedans , afin qu'on puisse trouver 
le foyer, qu'on adapte à l'objet particulier. Ainsi 
on peut avoir deux ou trois lentilles de différentes 
longueurs focales, qui doivent toujours être moin- 
dres que leur plus grande dislance au Irou de vue, 
et on la trouvera généralement être d'un quart à un 
tiers de cette distance. On peut varier encore ceci, 
cependant, en introduisant deux lentilles, l'une fixée 
au tube du dedans, l'autre au glisseur, et en en ap- 
i. aa 



Digitized by Google 



254 MAHUEÏ, 

prochant ou reculant, à l'aide du glissenr, on trou- 
vera le foyer. 

Comme économie pour ceux qui ont un télescope, 
on pense qu'on peut faire répondre la taille du 
kaléidoscope à celle de cet instrument, de manière 
qu'on peut emprunter de temps en temps ses verres. 
Un verre concave , placé an trou de vue ( d, £g. a), 
repoussera les objets et abaissera leur taille , en ayant 
soin que la longueur focale soit égale à la longueur 
des réflecteurs. 

Supposant que l'instrument contienne vingt petits 
morceaux de verre, elo. , et que vous fassiez dix 
changement par minute, cela prendra le temps in- 
concevable de 46:1,880,899,576 ans et 36o jours pour 
épuiser l'immense variété de cliangemens dont il est 
susceptible, temps répondant, suivant noire frêle idée 
de la nature des choses, à une éternité. Or, si vous 
ne prenez que douze petits morceaux , et que von< 
fassiez dix cliangemens par minute, il faudra 33,ifii 
jours, ou 91 ans et <(g jours pour épuiser ces clian- 
gemens. 



Digitized by Google 



DES JEUNES ULKS. 




LA I.AHTF.RNE SIAGIO.UH. 

L'objet de cet ingénieur instrument est de repré- 
senter dans une chambre sombre, sur un mur oh 
un drap blanc, une succession de (igures grossies, 
d'objets remarquables, naturels ou grotesques. La 
figure ei-dessus eu est une représentation Elle con- 
siste en une boite d'étain, avec un entonnoir au 
haut, représenté par c, et une porte d'un coté. 
Cet entonnoir, étant courbé comme dans la figure, 
a ie double but de faire sortir la fumée et de gar- 
der la lumière. Au milieu du fond de la boîte est 
une petite lampe mobile d'étain a, qui doit avoir 
deux ou trois bonnes lumières à la hauteur du centre 
du réflecteur d'étain poli c. Devant la boîte, vis-à-vis 
du réflecteur, est fixé uu tube d'étain m, dans lequel 
glisse un autre tube n. Le tube glissant a, à son ex- 
trémité extérieure, une lentille convexe d'environ 
deux pouces de diamètre; le tube m a aussi une len- 
tille convexe, fixée dedans comme dans la figure, et 



Digitized by Google 



256 



MANUEL 



de trois pouces de diamètre. Le foyer de la plus pe- 
tite de ces lentilles peut avoir environ cinq pouces. 
Entre le tube m et la lampe, il doit y avoir une cou- 
lisse ou ouverture (comme en ii), pour faire passer des 
lames de verre, montées sur des bordures de papier ou 
de bois, comme on le voit ci-dessous, sur lesquelles 
lames on peint les figures en miniature qu'on veut 
faire voir sur le mur. La clarté des figures grossies 
ne dépend pas seulement de la bonté de la lunette 
d'approche, mais de la lumière donnée par la lampe 
a. On peut l'acheter toute faite de tout opticien. 



Peindre les verres. Dessinez sur du papier le sujet 
que vous voulez peindrej mettez-le sur une table ou 
toute autre surface plane , et placez le verre dessus. 
- Tracez alors les lignes avec un crayon très fin , avec 
du vernis mêlé de noir, et lorsqu'il est sec, peignez 
les autres parties en couleurs convenables. Il faut 
avoir pour cela des couleurs transparentes , telles que 
du carmin , de la laque , du bleu de Prusse , du vert- 
de-gris, du sulfure de fer, de la teinture de bois 
d'Inde, de la gomme-gutte, etc.; et il faut les dé- 
layer avec un fort vernis blanc, pour les empêcher 
de s'enlever. Ombrez-les alors de noir ou de brun 
mêlé du même vernis. 

Montrer la lanterne magique. La lampe étant allu- 
mée et la chambre obscure, qu'on place la machine 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 

sur la table, à quelque distance du mur blanc on du 
papier suspendu, et qu'on Introduise dans la cou- 
lisse i i une des lames représentées ayant les figures 
renversées. Si l'on pousse ou qu'on tire alors le tube 
mobile jusqu'à ce qu'on obtienne le foyer convenable , 
les figures du verre seront réfléchies sur le mur en 
couleurs et proportions distinctes , avec l'apparence 
de la vie même, et de toute taille, de six pouces à 
sept pieds, suivant la distance de la lanterne au mur. 
Les mouvemens des figures se font aisément , en 
peignant le sujet sur deux verres, et passant le même 
dans la coulisse. 

Représenter une tempête. Ayez deux" morceaux de 
verre dont les bordures soient assez minces pour 
passer dans la coulisse de la lanterne magique ordi- 
naire en même temps; sur l'un d'eux, peignez l'ap- 
parence de la mer, de la plus légère agitation à la 
plus violente commotion ; représentant d'abord un 
calme, puis une petite agitation, avec quelques nuages, 
et ainsi jusqu'à la fin , qui doit représenter un orage 




Ces représentations ne doivent pas être séparées, 
mais courir l'une dans l'autre, afin qu'elles forment 
une gradation naturelle; et une grande partie de 
l'effet dépend de la perfection de la peinture et de 
l'apparence pittoresque du dessin. 



Digitized by Google 



258 MANUEL 

Sur l'autre verre, peignez des vaisseaux de diffé- 
rentes formes el dimensions, et en différentes direc- 
tions, avec l'apparence des nuages dans les endroits 
orageux. 



Les verres étant faits , passez lentement le premier 
dans la -coulisse, et lorsque vous arrivez où l'orage 
commence, mouvez-le doucement en haut et en bas, 
ce qu» fera comme une mer qui commence à être 
agitée j et augmentez ainsi le mouvement jusqu'à ce 
que vous veniei à la hauteur de l'orage. En même 
temps, introduisez l'autre verre avec les vaisseaux, 
et le mouvant de cette manière, vous aurez une 
représentation naturelle de la mer et des vaisseaux, 
dans un calme et un orage. Comme on retirera len- 
tement les verres, la tempête semblera s'apaiser, le 
ciel s'éclaircir, et les vaisseaux glisser doucement 
sur les vagues. 

A l'aide de deux verres disposés de cette manière , 
on peut représenter une foule d'autres objets. 



Digilized by Google 



DES JEUHES GENS. 




L'iPrAKITIOK. 



Enfermez une pelite lanterne magique dans une 
boîte assez grande pour contenir un petit miroir qui 
réfléchira la lumière jetée dessus par la lanterne, de 
manière qu'elle sortira à l'ouverture faite au liant de 
la boîte. Cette ouverture doit être ovale, et d'une 
grandeur proportionnée à la lumière qui doit y pas- 
ser. Il doit y avoir une porte à gonds pour couvrir 
l'ouverture , afin qu'on ne puisse voir l'intérieur des 
boîtes. Il doit y avoir des trous dans la partie de la 
boîte qui est sur la lanterne, pour faire sortir la 
fumée ; et sur eux placez un réchaud d'une forme 
oblongue , assez grand pour contenir plusieurs char- 
bons allumés. Ce réchaud, pour mieux tromper, peut 
être enfermé dans une boîte d'étain peint, haute 
d'environ un pied, avec un trou au haut, qui doit 
être sur quatre pieds , pour faire sortir la fumée de la 
lanterne. Il doit aussi y avoir un verre plat pour se 
mouvoir en haut et en bas dans la coulisse ab, et 
faites-le aller par une corde et une poulie cdef, en 
hant et en bas, en faisant venir la corde hors de la 



Digitized by Google 



2ÔO MAHUEL 

boîte. Sur ce verre , peignez le spectre (ou la figure 
qu'il vous plaira ) dans une forme resserrée ou mince , 
car la figure sera réfléchie plus grosse qu'elle n'est 
dessinée. 

Lorsque vous avez allumé la lampe de la lanterne , 
et placé le miroir dans une direction convenable, 
mettez la boîte sur une table, et mettant le réchaud 
dedans, jetez quelque encens en poudre sur les 
charbons; ouvrez alors la porte, et abaissez douce- 
ment le verre dans la coulisse, et lorsque vous voyez 
la fumée diminuer, ôtez le verre, afin que la figure 
disparaisse, et fermez la porte. 

Ceci causera beaucoup d'ctonncment ; maïs obser- 
vez que toutes les lumières doivent être éteintes, et 
la boîte placée sur une haute table, pour qu'on ne 
puisse voir l'ouverture par laquelle la lumière vient. 

S.L LAMTEHHB MAGIQDK MB BULEBSR. 

La lumière de la lanterne magique et la couleur 
des images ne peuvent pas seulement être peintes sur 
un drap , mais aussi réfléchies par un nuage de fumée. 
Ayez une boîte de bois ou de carton , baute d'environ 
quatre pieds, et carrée de sept ou huit pouces an 
fond, mais diminuant à mesure qu'elle s'élève, de 
sorte que son ouverture du haut n'ait que six pouces 
de long et un demi-pouce de large. Au fond de cette 
boîte il doit y avoir une porte qui se ferme hermé- 
tiquement : par cette porte placez dans la boîie un 
réchaud avec des charbons allumés , sur le réchaud 
jetez de l'encens dont la fumée sortira en nuage au 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 2G1 

haut de la boîte. Sur ce nuage, projetez la lumière 
qui sort de la lanterne, et amenez-la dans une plus 
petite étendue, en tirant le tube mobile. Vous pouvez 
Tous servir ici de la figure ordinaire. 

Il est remarquable , dans cette représentation , que 
le mouvement de la fumée ne change pas les figures, 
qui paraîtront si distinctes, que le spectateur croira 
qu'il peut les prendre avec la main. Dans cette expé- 
rience, quelques uns des rayons passant au travers 
de la fumée, la représentation sera bien moius dis- 
tincte que sur le drap, et si l'on n'a pas soin de ré- 
duire la lumière à son plus petit foyer, elle sera pire. 

L\ l'A M'AS.M A GOH 1E. 

En montrant la lanterne magique ordinaire, les 
spectateurs voient un cercle rond de lumière et les 
figures au milieu; mais dans la fantasmagorie, ils 
ne voient que les figures sans cercle de lumière. Cela 
est produit par une lanterne magique placée du côté 
d'un écran demi-transparent , qui est vis-à-vis de 
celui sur lequel les spectateurs sont , au lieu d'être du 
même côté , comme lorsqu'on montre la lanterne 
magique. Pour mieux tromper, on rend les lames 
parfaitement épaisses, excepté dans les endroits où 
sont les figures qu'il faut montrer, et dans ces par- 
ties légères, le verre est couvert d'une teinte plus 
ou moins transparente, suivant l'effet demancfé. La 
meilleure manière est de peindre les figures avec des 
couleurs à l'eau , sur du papier mince , et ensuite de 
les vernir. 



Digitized by Google 



2Ô2 MANUEL 

Pour imiter les ra ou Yémen s naturels des objets re- 
présentés, on se sert quelquefois de plusieurs mor- 
ceaux de verre places l'un derrière l'autre. En portant 
la lanterne à différentes distances, et en même temps 
changeant plus ou moins la position de la lentille , on 
Fait grossir et diminuer les images : elles deviennent 
plus ou .moins distinctes, à la volonté de l'opérateur, 
de manière que, pour une personne qui ne connaît 
pas l'effet des instrumens d'optique, ces figures pa- 
raissent avancer et reculer. 

Faire des écrans transparent pour la fantasmagorie. 
On fait des écrans transparens en couvrant de cire 
blanche, dissoute dans de l'esprit de vin ou de 
l'huile de térébenthine, de la mousseline mince. Un 
écran ainsi fait peut se rouler sans inconvénient. On 
peut faire un écran plus clair en étendant toujours 
la mousseline sur une bordure rectangulaire, et en la 
préparant avec de la térébenthine au lieu de cire- 
Maïs un tel écran n'est pas toujours commode , et 
ne peut se rouler sans craquer et devenir en peu de 
temps inutile ; c'est pourquoi rien n'est si bon pour 
ce dessein que le premier. 




On fait un microscope solaire de la manière sui- 
vante. Dans un tube , -placez une lentille Convexe 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 263 

AB, et à une distance un peu plus grande que sa 
longueur focale , mats moindre que le double , fixez 
quelque*bbjet peint et transparent P Q , de manière 
que le foyer concentre J'.objeî. 

Placez devant l'objet une large lentille CD, pour 
concentrer les rayons solaires, pour l'éclairer juub 
fortement, et conséquemment rendre l'image plus 
distincte et plus brillante. 

CONSTRUIRE UNE LANTERNE QUI AIDERA QUELQU'UN 
A LIRE 1.A HUIT A UNE GRANDS DISTABCB. 

Faites une lanterne cylindrique ou de la taille 
d'une petite fiole, placée en longueur, de sorte que 
son axe soit horizontal , et fixez dans un bout un mi- 
roir parabolique ou sphérique, de sorte que son 
foyer puisse être sur le milieu de l'axe du cylindre. 
Si l'on place une petite lampe ou bougie dans ce 
foyer, la lumière passant par l'autre bout sera 
réfléchie à une grande distance, et si brillante, qu'on 
peut lire de très petites lettres sur un objet éloigné, 
en le regardant avec un bon télescope. Ceux qui ver- 
ront cette lumière, s'ils sont dans la direction de 
l'axe de la lanterne, croiront voir un grand feu. 

LES OMBRES CHINOISES. 

Faites une ouverture dans un mur à cloison de 
toute grandeur; par exemple, de quatre pieds de long 
et deux de large, de sorte que le bord inférieur puisse 
être à environ cinq pieds |hj parquet, et couvrez-la * 



Digitized by Google 



264 MANUEL 

de gaze blanche italienne, vernie de gomme copale. 
Ayez plusieurs bordures de la même taille que la gar- 
niture, couvertes de la même espèce de^aze, et 
peignez sur la gaze différentes figures , telles que des 
paysages et des bâtimens analogues aux scènes que 
vous voulez représenter, à l'aide de petites figures 
représentant des hommes et des animaux. 

Ces figures sont faites de carton, et leurs diffé- 
rentes parties sont rendues mobiles, suivant l'effet 
qu'on veut produire par leurs ombres, lorsqu'on les 
meut en avant et en arrière derrière les bordures , et 
à peu de distance d'elles. Pour les faire agir plus 
facilement, de petits fils de métal, fixés aux parties 
mobiles, sont courbés en arrière et se terminent en 
anneaux , dans lesquels on met les doigts de la main 
droite, pendant que la figure est soutenue par la 
gauche, à l'aide d'un autre fil de fer. De cette ma- 
nière, on les fait avancer et reculer, et gesticuler, 
sans que les spectateurs en voient le mécanisme; et 
comme l'ombre de ces ligures n'est pas observée sur 
les peintures jusqu'à ce qu'elles viennent aux endroits 
qui ne sont pas fortement ombrés, on peut ainsi les 
cacher et les faire paraître aux momens convenables , 
et on peut en substituer d'autres, de temps en temps , 
h leur place. 

Il est nécessaire , lorsqu'on fait agir les figures, 
de tenir une sorte de dialogue convenable à leurs 
gestes , et même d'imiter le bruit occasionné par 
diverses circonstances. Les peintures doivent être 
éclairées du derrière, a l'aide d'une lampe à réver- 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 2Ô5 

bère, placée vis-à-vis du centre de la peinture, et 
loin de là d'environ quatre à cinq pieds. On peut 
représenter ainsi plusieurs scènes amusantes , en 
employant de petites figures d'hommes et d'animaux , 
et les faisant mouvoir aussi naturellement que pos- 
sible, ce qui dépendra de l'adresse et de l'babitude 
de la personne qui les montre. 

I.F. .HT ru OIE MERVEILLEUX. 

Dans la boiserie d'une chambre, faites deux ou- 
vertures hautes d'un pied et larges de dix pouces , et 
à la distance d'un pied l'une de l'autre. Qu'elles soient 
à la hauteur ordinaire de la tête d'un homme, et 
dans chacune placez un verre transparent, bordé 
comme un miroir ordinaire. Derrière cette cloison , 
placez deux miroirs , l'nu du" coté extérieur de cha- 
que ouverture, incliné à la boiserie sous un angle de 
quarante-cinq degrés; qu'ils soient carrés de dix-huit 
pouces, et fermez tout l'espace qui est entre eux par 
des planches ou du carton peint en noir et bien 
fermé , afin d'empêcher la lumière d'y entrer. Ayez 
aussi deux rideaux , qu'on peut tirer de côté à loisir 
pour les couvrir. Lorsque quelqu'un se regarde dans 
un de ces miroirs supposés , au lie^de voir sa figure , 
il verra l'objet qui est devant l'autre ; de sorte que si 
deux personnes se présentent en même temps devant 
les miroirs, au lieu que chacun se voie, ils se ver- 
ront réciproquement. It doit y avoir un miroir avec 
une chandelle ou une lampe placée de chaque côté 
des deux verres de la boiserie pour éclairer les figures 

t. 23 



Digilized by Google 



a6 6 MAKOEL 

de ceux qui se regardent; autrement, celte expé- 
rience n'aurait aucun effet remarquable. 

Celte récréation peut s'augmenter beaucoup en 
plaçant les deux verres dans la boiserie , dans de» 
chambres adjacentes; et quelques personnes étant 
d'avance placées dans une chambre , lorsqu'un étran- 
ger entre dans l'autre, vous pouvez lui dire qu'il a 
la figure sale, et qu'il se regarde dans le miroir; ce 
qu'il fera naturellement. Et voyant une figure étran- 
gère, il reculera; mais y retournant , et en voyant 
une autre , une autre , et une autre , comme des rois 
fantômes dans Macbeth, il est plus aisé de concevoir 
que d'exprimer sa surprise. Ensuite, vons pouvez 
abaisser en secret un miroir réel sur le dos du verre ; 
et si vous pouvez l'y faire encore regarder, il verra, 
à son plus grand étonnement, sa propre figure; et 
veus pouvez lui dire , et même lui persuader, que 
tout ce qu'il voyait avant n'était que pure imagi- 
nation. 

Lorsque quelqu'un se regarde dans un miroir per- 
pendiculaire à un autre, sa figure paraîtra entière- 
ment déformée; si le miroir est incliné de manière à 
former un angle de quatre-vingts degrés (c'est-à-dire 
un septième de jprpendiculaire) , il verra toutes les 
parties de son visage, excepté son nez et son front. 
S'il est incliné à soixante degrés ( c'est-à-dire au tiers;, 
il paraîtra avoir trois nez et six yeux. Enfin , la dif- 
formité apparente variera à chaque degré d'inclinai- 
son ; et lorsque le verre vient à quarante-cinq degrés 
(c'est-à-dire la moitié en has) , la figure disparaîtra. 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 267 

Si au lieu de placer les deux miroirs dans celte si- 
tuation, on les dispose de telle sorte que leur jonc- 
tion soit verticale, leurs différentes inclinaisons pro- 
duiront d'autres effets, puisque la situation de l'objet 
relatif à ces miroirs est tout-à-fait différente. 



ANAMORPHOSE ISGEHIEUSE. 

Cette récréation montre à dessiner, sur une suiface 
plane , une figure iwegulière, qui paraîtra , vue d'un 
point convenable , non seulement régulière , mais 
élevée. Avez une planche mince, d'environ deux 
pieds de long et d'un de large, comme A, B, C, D, 
et placez dessus un morceau rond de carte ou d'épais 
papier à dessiner, sur lequel dessinez une figure irré- 
gulière, qui, vue du point H, paraîtra régulière et 
tout-à-fait semblable à celle qui est placée à M F. 

Fixez au bout de la planche un morceau droit I 
de bois mince ou d'étain , au haut duquel est un trou 
de vue H de deux dixièmes de pouce de diamètre. 

Préparez une lampe on chandelier, dont la lumière 
peut s'élever ou s'abaisser à loisir, et auquel est fixé 
un bras de bronze, portant une espèce d'entonnoir 
conique D, et dont l'ouverture, au bout près de la 
lumière , n'a pas plus de trois ou quatre dixièmes de 
pouce de diamètre. 



Digitized by Google 



268 MANUEL 

Dessinez l'objet que tous voulez représenter sur 
un morceau de verre égal en hauteur à l'espace M F, 
avec une très légère ligne, et toute couleur qui est en- 
tièrement opaque, Otez alors le morceau droit I, et 
placez la lampe , ainsi préparée , de telle sorte que la 
lumière puisse être exactement où le 
trou de vue H était; ses rayons , passant 
alors au travers du verre à M F, éclaire- 
ront la surface du papier, et y montre- 
ront, dans une forme tortueuse, ce qui 
est peint sur le verre. Dessinez alors avec 
un crayon toutes les lignes de l'ombre 
à mesure qu'elles paraissent; et, ôtantla 
lumière, replacez le morceau droit I, et voyez si ce 
que vous avez dessiné correspond à ce qui est sur le 
verre , corrigeant les imperfections qu'il peut y avoir. 
Enfin, peignez le sujet ainsi tracé avec la plus grande 
attention , regardant de temps à autre votre ouvrage , 
du point de vue, avant d'y donner le dernier coup. 
Lorsque la figure dessinée et peinte sur le papier est 
vue du point H, elle paraît élre au même point que 
celui où le verre MF était placé, et de la tneme 
forme qu'elle était peinte sur le verre; elle paraît 
même, à l'œil, élevée au-dessus de la surface de la 
planche où est le dessin , et par là rççoit une illusion 
agréable ainsi que remarquable. 




Digiîized by Google 



DES JEUNES GENS. 369 
LE PATBAOS TROUBLÉ. 

Dessinez ce qu'il vous plaira sur un mince car- 
ton blanc ; piquez-le , ensuite placez-le , bien per- 
pendiculairement, sur une surface horizontale, que 
nous supposerons être un antre carton. Mettez une 
chandelle allumée derrière la planche droite et pi- 
quée, et dessinez sur la surface horizontale les lignes 
données par la lumière , et vous aurez un dessin dif- 
forme. Ceci fait, ôlez le dessin piqué et la chandelle ; 
placez votre œil où la lumière était , et vous verrez 
prendre à votre dessin une forme régulière. 



Cette récréation apprend à dessiner une figure 
ïrrégulière sur un plan qui , vu de deux points oppo- 
sés, représentera deux objets différons et réguliers. 
Choisissez un plan de grandeur convenable ; sup- 
posons deux pieds de long et demi-pied de large ; 
dessinez la ligne AU dê la même longueur (f<g. 1 ), 




Digitized by Google 



2^0 MANUEL 

continuez-la de chaque côié à C et à D, et élevez les 
perpendiculaires CF et D G , à la hauteur d'envi- 
ron trois pouces. 

Tracez les lignes A F et B G, et divisez la ligne AB 
en six parties égales, au point S, ou tout autre nom- 
bre que vous voudrez. Des deux points de vue F et 
G tracez les lignes F S et G S dans ces six divisions ; 
alors sur la ligne G A marquez la distance GB , et sur 
la ligne FB la distance F A , et tracez les deux lignes 
B H et AI ; ce qui déterminera la largeur des deux 
objets à représenter sur le pian, et à voir l'une du 
point F, l'autre de G, et dont les divisions inégales 
formées par les lignes GS et FS détermineront ceux 
qui doivent correspondre aux parties séparées et in- 
clinées de la figure irrégulière qu'on doit voir des 
points de vue F et G. 

Cette première préparation faite, traces le paral- 
lélogramme A B C D ( fig. i ) de la même lon- 
gueur que la ligne A B dans la figure précédente, et 
d'environ six pouces de largeur; divisez-le en deux 
par ties égales par la ligne F G, qui continue à H et 1 1 
égale à la distance qu'il y a. entre C A et DB {fig. i). 
Des points A 0 S B (fig. I ) , laissez tomber les per- 
pendiculaires A A, O L, LS et BC, sur la ligne AC 
(fig. a); et des points L tracez les ligues i M, paral- 
lèles à A B. Des quatre angles du parallélogramme 
A BC D, tracez les lignes AI et BI au point de vue 
I , et celles C H et D H à l'autre point de vue H ; ces 
lignes détermineront, par les sections de X et de Y, 
la hauteur apparente de la figure. Divisez alors les 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 271 

lignes AB «CD ec autant de parties égales que 
■vous voudrez, et de ces points tracez les lignes NI 
etNH. 

Ensuite, tracez sur un papier les deux parallélo- 
grammes FGHI, LMNO (figure 3), et dessus 
dessinez les deux dessins différens que vous voulez 
représenter dans la figure troublée. 

Kg. 3. 

F r I ,. , , , ,M 

mm 

Que chacun de ces parallélogrammes soit égal en 
hauteur à la distance X Y (figure a) , et de la même 
longueur que HB (figure i); divisez leur hauteur 
)FH ou LN, suivant les divisions de la ligue XY 
(figure i), et leur longueur H I ou NO, suivant 
celles de la ligne B H ( figure i ). 

Après avoir dessiné les deux dessins aussi correc- 
tement que possible sur les divisions ci-dessus , prenez 
une planche ou un "carton ABCD (figure 4), des 



Pig. 4- 

A. II 




Digilized by Google 



MANUEL 

mêmes dimensions que le parallélogramme ABCD 
(figure a), et dessinez dessus les lignes L M, corres- 
pondant aux perpendiculaires qui tombent d'O S 
(figure i). Ces lignes doivent être assez, profondes 
pour admettre les plis du papier ensuite mentionne. 
Ayez un papier mince ABCD (figure 5) d'en- 



i 




4 X 




K 


| 


h 




î 


2 































viron deux pieds et demi de long et six ponces de 
large, et tracez dessus des lignes parallèles à des 
distances correspondantes à AO, OS, SO, e!c. 
(figure I ) , que vous mesurerez avec un compas des 
angles de la ligne AB (figure i ). Divisez ce papier 
eu deux parties égales, par une ligne tirée des points 
X et Y, et observez que c'est sur les espaces 
bbb, etc., qu'il faut dessiner la figure irrégulière 
qu'il faut voir du point F, et sur ceux de ecc, celle 
qu'il faut voir du point G. Sur chaque espace , tracez 
les lignes non pointiHées du parallélogramme ABCD 
(figure a), qui finissent aux points H et I. Tracez 
alors sur le même papier tous les traits des deux 
figures dessinées sur les deux parallélogrammes 
(figure 3), observant soigneusement les divisions 
séparées auxquelles ils correspondent. 

Lorsque cette figure irrégulicre est finie, pliez lu 



Dh;ii:izl'i. 



DES JEUNES GENS. 2^3 

papier suivant les divisions qui sont dessinées dessus, 
de sorte que chaque division S puisse tourner d'un 
côté, et chaque division O de l'autre, et collez tout 
sur une planche, de telle façon que les plis faits sur 
le côté blanc du papier puissent répondre aux lignes 
tracées dans la planche. Sur le papier ainsi collé , 
mettez quelque chose pour le bien tenir, jusqu'à ce 
que la colle soit sèche. Qu'il soit placé de sorte que 
six divisions puissent être vis-à-vis chaque point de 
vue F et G. Pour distinguer les objets sur le parallé- 
logramme plus aisément, il faut avoir deux petits 
cercles, avec un petit trou dans chacun, et placez-les 
bien sur les points de vue qui ont été fixés. L'œil 
étant alors placé à l'un de ces trous, verra la figure 
régulière; mais lorsque le plan est vu de front, il 
présente une forme si bizarre , qu'il est impossible de 
conjecturer ce qu'il veu~ représenter. 

Pour faire plus vite cette récréation, vous pouvez 
tracer le plan sur un carton , et plaçant dessus un 
papier transparent, tracez dessus le sujet; le même 
carton servira à exécuter aussi bien toutes sortes 
d'objets. 

ILLUSION SIKGULIÈHB. 

Fixez sur un mur sombre un morceau de papier 
rond de un ou deux pouces de diamètre, et uu peu 
plus bas, à la distance de deux pieds de chaque côté, 
faites deux marques; placez- vous alors vis-à-vis du 
papier, et tenez le bout du doigt devant votre figure, 
de telle sorte que, lorsque l'œil droit est ouveit, il 



Digitized by Google 



2^4 MANUEL 

puisse cacher la marque gauche, et lorsque l'œil 
gauche est ouvert, la marque droite. Si tous regardez 
alors avec les deux yeux le bout de votre doigt, le 
papier, qui n'est caché d'aucun de vos yeux, dispa- 
raîtra néanmoins. J 

•1 '* ' AIJTBE. 

Fixez à la hauteur de l'œil, sur uu terra in'sombre, 
un petit morceau rond de papier blanc , et un peu 
plus bas, à la distance de deux pieds à droite, fixez- 
en un autre d'environ trois pouces de diamètre; 
placez-vous alors vis-à-vis du premier morceau de 
papier , et ayant fermé l'œil gauche , retirez-vous en 
arrière, fixant encore l'œil sur le premier objet; 
lorsque vous êtes à la distance de neuf ou dix pieds, 
le second disparaîtra entièrement de votre vue. 

FilBB FABAÎTHB DEVANT OS VERRE COHVHXE VU 
OBJET PJ-iCB DERHIÈBE. 

Ayez un objet quelconque, tel, par exemple, qu'une 
petite flèche de bois d'un pouce et demi de long, et 
attachez-le perpendiculairement à un morceau de 
carte noire, qui doit être suspendu sur un mur à la 
hauteur de l'œil. Projetez une forte lumière sur la 
carte, et placez-la devant un verre lenticulaire de 
deux ou trois pouces de diamètre, de telle manière 
qu'elle puisse être loin de la flèche d'environ deux 
foi* la longueur de son foyer. Si vous faites alors 
mettre quelqu'un à une distance convenable devant 
le verre, la flèche lui paraîtra suspendue dans l'air 
devant le verre. 



Digitized by Google 



DES JECNES GENS. 

Il est évident que ce singulier effet de dioptrique , 
avec du goût et un peu d'intelligence, peut s'appli- 
quer à une foule d'autres amusemens qu'il n'est pas 
besoin de^ détailler ici. 

l'argeki multiplié. 
Prenez un grand verre à boire conique, c'est-à- 
dire petit au fond et large en haut, et ayant mis 
dedans un schelling, remplissei-le à moitié d'eau. 
Placez alors une soucoupe sur le verre, et renversez-le 
■vite, oEn que l'eau ne puisse sortir. Une pièce d'ar- 
gent aussi grosse qu'un demi-écu paraîtra immédiate- 
ment sur la soucoupe, et un peu plus haut, une 
autre pièce de la taille d'un schelling. 

l'astrohome et le pou. 
Butler, dans son Hudibras, raconte ce qu'on pent 
nommer une plaisanterie d'optique, relative à Sidro- 
phel , astrologue , et un des personnages du poème , 
qui lisait dans les deux à l'aide de son télescope. 

11 arriva un soir qu'un enfant a'amosa avec un 
cerf-volant. Le plus étrange faucon qui jamais vol* , 
qui , comme l'oiseau de paradis ou le roartin-pêchenr, 
n'a pas de jambes, ne couve ni ne pond. Sa queue 
avait cinq mètres de long, d'un blanc laiteux, au 
bout de laquelle pendait une lumière enfermée dans 
de la corne , et faite de papier, qui , au loin, parais- 
sait une étoile. Ceci, Stdrophel , ]iar hasard, l'épia, 
et avec étonnement, reculant d'un pas : Ciel ! dit-il , 
quelle terrible merveille parait là-bas dans les cïeui? 
Quoi ! une comète sans barbe , ou une étoile qui ne 
parut jamais ! 



Digitized by Google 



2^6 MANUEL 

Une histoire également risible, d'une date pins 
reculée, est racontée d'un certain astronome grave, 
qui, à sa grande surprise et terreur, découvrit un 
matin , en regardant dans son télescope , «ne puis- 
sante créature, avec une grosse trompe, deux vastes 
ailes et six jambes immenses, dévorant le soleil. Après 
avoir consullé plusieurs personnes savantes, qui 
furent presque aussi terrifiées que lui en regardant 
dans l'instrument, il s'aperçut qu'un malin avait mis 
une mouche dans un tel endroit de son télescope , 
qu'elle fut grossie en l'immense créature qu'il croyait 
dévorer le soleil. Ainsi, nous voyons souvent que la 
folie se joue de la sagesse. 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 2> 

AMUSEMENS AËROSTATIQUES. 




Que l'homme n'essaie plus d'être l'émule de 
Dédale et d'Icare, qui autrefois, avec des ailes, 
égalèrent le vol de l'aigle. Maintenant, dans sa 
barque de soie, l'acronaute passe sans crainte sur 
la téte du marin. 

L'ambition insatiable et le génie inépuisable de 
l'homme l'ont conduit en tout temps à imiter tout ce 
qu'il pense devoir ajouter à son pouvoir. Non content 
des jouissances de la terre, il a long-temps, en imitant 
les tribus aquatiques, pris sa demeure sur les eaux , 
et, les fendant avec la vitesse du plus léger poisson, 
il a obtenu, à l'aide d'un autre élément, l'air, un do- 
maine sur l'Océan. Il volerait aussi volontiers, com- 
me les oiseaux , et il a long-temps essayé son génie 
pour se faire des ailes. Comme il ne peut aller loin 



Digitized by Google 



3^8 MANUEL 

sur l'eau qu'à l'aide d'énormes machines { étant in- 
capable , d'après la structure de son corps , de vivre , 
de respirer et de flotter dans ce liquide élément i 
comme ses habitons naturels ) , il ne peut pas non 
plus voler dans l'air à la manière des oiseaux. II a 
été bien démontré par les anatomtstes que les mus- 
cles pectoraux , OU ceux qui se meuvent dans le 
bras en arrière et en bas , sont si faibles dans le corps 
humain , en proportion de son poids , comparés aux 
mêmes organes dans les tribus ailées, que l'homme, 
quoiqu'il puisse ingénieusement attacher des ailes à 
son corps , ne peut jamais se soutenir long-temps par 
leur aide au-dessus de la surface de la terre. Un bal- 
lon cependant est à l'air ee qu'un vaisseau est à l*eau; 
il aide l'homme à dépasser même les oiseaux les plus 

La première espèce de ballon d'air inflammable 
fut l'essai d'un M. Cavalbo, en 171a, qui essaya 
d'abord de faire enlever des vessies, qui furent trop 
pesantes, et ensuite du papier brouillard, en forme 
de globe, et couvert de peinture et de vernis, maïs 
aussi sans succès. Il fut enfin obligé de se contenter 
de bulles de savon , qui étant remplies d'air inflam- 
mable, en trempant le bout d'un petit tube de verre, 
lié à une vessie contenant de l'air inflammable, dans 
une épaisse solution de savon, et pressant doucement 
la vessie, montaient rapidement dans l'atmosphère. 

Quant aux plus grands ballons, le monde les doit 
à deux frères , nommés Montgolfier, papetiers d'An- 
nonay, près de Lyon. Ils construisirent un sac de 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 279 

belle soie, de la capacité d'environ quarante pieds 
cubes , et appliquant du papier brûlant à l'ouverture , 
il monta rapidement au plancher. L'année suivante 
( 1783) ils en construisirent un autre d'environ trente- 
cinq pieds de diamètre ; il fut rempli en brûlant de la 
paille et delà laine coupées sous l'ouverture du fond , 
et il s'éleva à plus de mille pieds ; il tomba à environ 
trois quarts de mille de l'endroit où il monta. Dans 
une antre ascension, il s'éleva à environ six mille 
pieds. Ces expériences donnèrent lieu à une opinion 
parmi les sa vans de Paris, que comme le poids de 
l'air inflammable n'était pas plus du huitième ou du 
dixième du poids de l'air ordinaire, il vaudrait mieux à 
ce dessein que l'air raréfie de Montgolfier. On souscri- 
vit pour effectuer cette idée, et le 17 août ij83 on 
l'exécuta avec succès au Champ- de-Mars, et le ballon 
monta à la hauteur de 3is3 pieds. Une autre expé- 
rience réussit aussi, et porta un M. De Rosier à s'of- 
frir comme premier aventurier dans cette navigation 
aérienne. Pour ceci , M. Montgolfler £t une nouvelle 
machine ; sa forme était ovale , son diamètre de qua- 
rante-un pieds, et sa hauteur de soixante- quatorze. 
A l'ouverture du fond était attachée une petite gale- 
rie d'environ trois pieds de large, avec une balus- 
trade d'environ trois pieds de haut. Du milieu du 
ballon était suspendue , par des chaînes qui descen- 
daient à côté de la machine, une grille de fer ou 
brasier, dans lequel il y avait du feu pour remplir la 
machine , et il y avait des trous dans là galerie vers 
l'ouverture, par lesquels le feu était alimenté, et la 



Digitized by Google 



MANUEL 



dilatation de l'air renfermé réglée à loisir. Il monta, à 
l'admiration d'une foule de spectateurs, à la hauteur 
de quatorze pieds, et on l'y fît flotter en jetant de la 
paille et de la laine sur le feu. Il descendit alors eu 
toute sûreté. Dans une autre occasion , le marquis 
d'Arlaudes monta avec M. De Rosier. Le premier essai 
de cette espèce à Londres , fut fait par le comte Zem- 
beccari, italien ingénieux, qui lança un ballon bien 
orné, du parc d'artillerie , à une heure après midi , 
en novembre de la même année, et qui descendit à 
Petworth, en Sussex, a quarante-huit milles de là, 
à trois heures. En 1784, il y eut plusieurs expérien- 
ces aérostatiques; mais la première montée person- 
nelle en Angleterre, fut par Lunardi, un italien , 
qui monta du parc d'artillerie, avec un chien, tin 
chat , et nn pigeon. L'air pour remplir le ballon 
provenait de zinc, à l'aide d'acide vitriohque étendu. 
Il monta à une grande hauteur, et après une heure et 
demie il descendit près de terre , et débarqua le chat', 
qui était presque mort de froid ; après quoi il re- 
monta pour trois quarts d'heure de plus , et descen- 
dit alors près de Ware , en Hertfordshire. 

Le plus long voyage fut fait par MM. Robert s et 
Hullin , a Paris, le 19 septembre de la même année. 
Ils montèrent à la hauteur de quatre mille deux cents 
pieds , et continuèrent leur excursion aérienne pen- 
dant six heures. 

L'expérience la plus extraordinaire avec les ballons 
est celle d'en descendre a l'aide du parachute. 
M. Blanchard, aéronaute célèbre, en fut l'inventeur. 



Digitizsd by Google 



DES JEUNES GENS. 281 
Dans un voyage aérien de plus de trois cents milles, 
il envoya un parachute , ayant un panier attaché au 
bout , dans lequel était un petit chien ; l'animal attei- 
gnit la terre en sûreté. Cet instrument est de la forme 
d'un grand parapluie ; il est attaché au filet qui couvre 
le ballon, et porte, suspendu sur le bord extérieur, 
un panier d'osier, dans lequel le voyageur s'assied , 
et coupe les cordes par lesquelles le parachute est 
attaché au ballon; il tombe aussitôt très vite; comme 
le parachute s'étend, la vélocité est diminuée, et 
l'aventurier atteint graduellement la terre. En 1790 , 
un M. Murray fit une ou deux expériences hardies 
avec le parachute. Avec son aide il se jeta de la tour 
de l'église de Portsmouth , et descendit en sûreté. Il 
répéta l'expérience de la tour aux cloches de la ca- 
thédrale de Chichester, mais pas avec le même suc- 
cès. A environ quatorze pieds de haut, un coup de 
vent mit ce hardi aventurier dans une position hori- 
zontale, au niveau de la gouttière de la cathédrale ; 
il se releva , mais un vent fort le mit une seconde fois 
horizontalement. Dans cette position il tomba très 
fortement ; le sang lui sortit des oreilles, du nez et 
de la bouche très abondamment, et il fut plusieurs 
heures insensible ; il n'avait cependant reçu aucune 
blessure apparente. La première personne qui se ser- 
vit d'un parachute attaché à nu ballon fut M. Garne- 
rin, qui, le 8 septembre 180a , monta d'une clôture, 
près North-Audley street. A une vaste hauteur il 
coupa la corde ; le parachute passa sur Mary -le -bon e 
et Somers-town , et descendit dans un champ près 



Digitized by Google 



282 MANCEL 

Paneras. Un des étais on points d'appui qui servaient 
a étendre le parachute , cussa malheureusement, et 
troublant la balance de la machine, menaça l'aventu- 
rier de mort pendant toute sa descente. En atteignant 
la terre le choc fut très violent, et M. Garnerin re- 
çut plusieurs blessures graves. Le mémo aéronaute fit 
plusieurs descentes toutes pleines de succès. Sa fille lui 
succéda , et fit plusieurs descentes avec le parachute 
avec un succès continuel. Mais madame Blanchard, 
en i8ao, éprouva un malheureux sort à Paris; le para- 
chute tomba contre une cheminée, l'aéronaute fut jetée 
a terre et mise en pièces. Cela dépasserait nos limites 
de détailler les excursions nombreuses qui eurent 
lieu ; et les voyages aériens sont à présent si fréquent, 
depuis la découverte que le gaz hydrogène carburé 
( gaz ordinaire des rues) remplirait un ballon aussi- 
bien qne le procédé plus cher qu'on avait adopté 
avant, qu'ils ont presque cessé d'être un objet de 
curiosité, surtout, depuis que l'opinion des sa vans 
semble être , qu'on ne peut les diriger à aucun des- 
sein utile. 

COHSTRUI&H UN ballon. 

La forme du ballon est un objet principal ; elle doit 
être sphérique. Le sac, ou couvert, se fait de préfé- 
rence de l'étoffe de soie appelée lustrine vernie. Mais 
pour un Montgolfier, ou ballon d'air échauffé, à cause 
de sa grande taille, on s'est servi de linge couvert en 
dedans et en dehors de papier, et verni. Les petits 
ballons se font de papier verni ou non verni, de 



Digitized by Google 



DES JEUNES GENS. 283 

baudruche ou autres substances légères. La meilleure 
manière de faire le couvert des ballons , est de diffé- 
rens morceaux ou coutures, jointes en longeant de 
bout en bout, comme les tranches suivant lesquelles 
on coupe ordinairement un melon pour la table, et 
qu'on suppose être étendues plates. 

Après avoir pris la quantité nécessaire d'étoffe, et 
préparé convenablement chaque morceau avec l'huile 
séchante, que les bords correspondaus soient attachés 
ensemble de manière à laisser environ un demi-pouce 
ou trois quarts de pouce d'un morceau au-delà de 
l'autre morceau , afin que ceci puisse , dans un autre 
rang de points, se tourner sur le dernier, et être 
ensuite attaché ensemble. De cette manière , on 
donne beaucoup de force au sac, aux coutures , et le 
hasard de la sortie du gaz est très diminué. La cou- 
ture étant doublement cousue, comme ci-dessus, 
mettez dessous un morceau de papier brun , et un 
autre morceau dessus, en dehors, sur le dernier; 
passez plusieurs fois de suite un fer chaud, assez 
chauffé pour adoucir l'huile séchante dans la cou- 
ture ;ceci fait, toute ouverture sera bouchée, et les 
coutures rendues impénétrables. Le corps du ballon 
ayant, un pied de diamètre et trois de longueur, et 
toutes les coutures finies, le sac sera prêt à recevoir 
le vernis , dont une seule couche en dehors est pré- 
férable à la vieille méthode, maintenant justement 
repoussée, de donner une couche extérieure aussi- 
bien qu'intérieure. 

Le bateau ou la galerie se fait en général d'osier, cou- 



Digitized by Google 



284 MANUEL 

•vert de cuir peint , et la meilleure manière de le sus- 
pendre est par des cordes venant du filet qui couvre 
le ballon. Le filet est formé à la taille du ballon, et 
tombe au milieu avec plusieurs cordes, en sortant de 
la circonférence d'un cercle, d'environ deux pieds 
sous le ballon , et de ce cercle , d'autres petits cercles 
vont aux bords du bateau. Ce cercle peut se faire de 
bois ou de plusieurs morceaux de canne mince atta- 
chés ensemble. Les mailles du filet doivent être pe- 
tites au haut ; car c'est contre cette partie du ballon 
que l'air inflammable exerce la plus grande force , 
et elles peuvent augmenter en taille à mesure qu'elles 
s'éloignent dn haut. Si l'on demande un parachute, 
il doit être construit de telle sorte que, détendu, il 
forme un fragment de sphère, et non un hémi- 
sphère entier; car alors le poids de cette machine 
est très augmenté, sans gagner en surface opposée 
à l'air. - - ■ 

VERNIR LES 11 ALLONS. 

Le meilleur Ternis , pour ce dessein , se fait ainsi : 
pour faire sécher l'huile de lin , faites-la bouillir avec 
deux onces de sucre de plomb et trois onces de li- 
tharge par pinte d'huile, jusqu'à ce qu'elles soient 
dissoutes, ce qui peut être en une demi-heure; 
mettez une livre de glu et une demi-pinte de l'huile 
séchante dans un vaisseau de fer ou de cuivre dont 
la capacité doit être près d'un gallon , et qu'il bouille 
doucement sur un feu lent de charbon, jusqu'à ce que 
la glu ne craque plus, ce qui se fera dans une demi- 



Digitized by Google 



DES JECNES GENS. 285 

beure ou trois quarts d'heure ; versez alors dessus 
deux pintes et demie d'huile séchante, et faites-la 
bouillir une heure de plus, la remuant de temps en 
temps avec une spatule de fer ou de bois. Comme le 
vernis, en bouillant, et surtout quand il est presque 
prêt, s'enfle beaucoup , il fnut, dans ce cas, ôter le 
pot du feu , et le replacer lorsque le vernis descend ; 
autrement , il bouillira trop. Pendant que l'huile 
bout , l'opérateur doit voir si elle a assez bouilli ; 
ce qui arrive lorsque le verni s,. frotté entre deux cou- 
teaux, forme des fils entre eux en les séparant. Otez- 
le alors du feu ; quand il est presque froid, ajoutez 
environ une quantité égale de térébenthine. En se 
servant du vernis, l'étoffe doit être étendue, et le 
vernis appliqué tiède. En vingt-quatre heures il sé- 
chera. II faut avoir des draps mouillés à portée pour 
envelopper la machine en cas d'accident , car c'est 
la seule manière d'éteindre le feu. 

BÀILONS XS MIJUATUBE. 

C'est une expérience intéressante et amusante, de 
remplir un petit ballon fait de baudruche (avec un 
peu de gomme arabique pour fermer tous les trous 
ou fentes ) , ou bien d'une vessie avec un fil autour 
de son ouverture pour empêcher le gaz de sortir. 
Lorsqu'il est rempli, attachez-y un bateau de papier 
peint, ou de très mince carton, et laissez-le flotter 
dans uue chambre; il gagnera le plancher, où il 
restera quelque temps; si on le laisse dans l'air, il 
montera hors de vue. Celte expérience peut être 



Digitized by Google 



•lS6 MANUEL DES JEUNES GENS. 



variée en mettant plusieurs billes dans le bateau, 
pour voir la différence entre le poids du gaz hydro- 
gène et de l'air atmosphérique. 

Va appareil très joli, d'invention récente, peut 
s'acheter chez les faiseurs d'instrumens de chimie et 
de physique. C'est un petit ballon ressemblant à uue 
vessie, et il y en a de diverses tailles. Il est fait d'un 
gésier de dindon, et est si léger, que, rempli de gai 
hydrogène, et laissé libre dans l'atmosphère, il monte. 

Enfin , nous ne pouvons nous empêcher de remar- 
quer que la science prit évidemment l'idée de con- 
struire des ballons de plusieurs enfana faisant des 
bulles de savon. 




FIB OU l'HEMIEB VOLUME. 



Digitizad by Google 



TABLE DES MATIÈRES. 

hwaronCT p«e* i 

lin me Btmi 5 

La Tapette à caler 8 

La Roulette ibid. 

La' Pognette ibid. 

La Tapette g 

Le Conquérant ibid. 

La Planche an» arche» n 

La Rangette «impie. ibid. 

La grande Rangette la 

La Pyramide l3 

Jbpx na Tourna ij, 

La Toppie d'Allemagne ibid. 

Toupie à fouet , ibid. 

Toupie à Scelle i5 

Jtcx de Billes 17 

La Partie simple 18 

Le* nenf Troui , on la Balle dans le« chape» m . . ta 

La Balle empoisonnée 31 

La Balle aux pieds ibid. 

La Balle et la Crotae aa 

La Balle et lei Tabourets a 3 

La Trappe, le Battoir et la Balle a4 

Le Charme (lu Nord a5 

Les Ronds a6 

Ji.ui d'agilité ht d'esprit. 37 

Le Saut-de-monton ibid. 



Digiiized by Google 



288 TABLE 

Les Barres Page ag 

Le Cheyal fondu ibid. 

Les quatre Coins 3o 

Coquelette ibid. 

L'Imitation. , 3i 

Le Toucher ibid. 

Jeux préparas 3a 

La Canonnière iiid. 

La Fronde. , 33 

La Sarbacane ibid. 

Le Cerf-volant 34 

Le Thflumatrope 36 

La Baquette et le Tolant 3: 

Le Suceur , 38 

le Cerceau ibid. 

Le Chat et le Bat 3g 

Le Fusil à ressort de montre ibid, 

Jeîïx divers 4o 

Tonehe-l'ours ibid. 

Les Ricochet ibid. 

Colin-Maillard 4r 

Les Traîneaux 4l 

Patiner 43 

L'Escarpolette 45 

Le Français et l'Anglais , ibid. 

Chat pointu 46 

La Marelle 47 

Le Boi détrôné 49 

La Planche balançoire Sa 

Cligne-musette. .'. ibid. 

La Cachette,.. 5l 



Digitized by Google 



i MATIÈRES. 289 
lt) Page 5l 



54 



. ibid. 
. ibid. 
. ibid. 

. 56 

■ 5 7 



60 
ibid. 
61 
6a 



H 

ibid. 

ibid. 

ibid. 

iite a graisse , et la Poche. ... 65 

ibid. 

ibid. 



67 
«9 

70 
ibid. 



Digitized by Google 



2Ô8 TABLE 

Les Barres 

Le Cheval fondu 

Les quatre Coins , 

Coquelette 

L' Imitation 

Le Toucher 

Jeux fréfarÉs 

La Canonnière 

La Fronde. , 

La Sarbacane 

Le Cerf-Tolant 

Le Thaumatrope 

La Raquette et le Volant. . . . 

Le Suceur 

Le Cerceau 

Le Chat et le Bat 

Le Fusil à ressort de montre. 

Touche-l'oura 

Les Ricochet» 

Colin-Maillard 

Les Traîneaux 

L'Escarpolette 

Le Français et l'Anglais 

Chat pointu 

La Marelle 

Le Roi détrôné 

La Planche balançoire 

Cligne-musette 

La Cachette 



DES MATIÈRES. 2&) 

Le Cavalier (Hippas) Page îi 

Enfile l'anguille ibid 

Le Canard 5î 

La Pantoufle 5Î 

Le Mail 54 

S'avancer et Sauter ibid. 

Tirer l'Étuve 55 

Les Éclaïreurs hoileuï, ibid. 

La Bonteille de bois ibid. 

La longue Corde à Sauter. ibid. 

Pend™ le Mouchoir 56 

Le Daim 5î 

La Statue de neige 58 

JEUX ATHLÉTIQUES &ï 

L'Abc ibid. 

Les Flèches fia 

La Corde 63 

La Tassette 6j 

Le Gant ibid. 

Le Brassait ibid. 

Le Carquois ibid. 

Le Fourreau , la Boite à graisse , et la Poche. ... 65 

La Boite ibid. 

Le But ibid. 

La Marque 66 

Bander l'Are 6; 

Position 5g 

Tir à toute loléc £o 

Le Tir au blanc ibid- 

I. 25 



Digilized by Google 



Errer à l'aveutnre Page zç» 

Dernières remarques u 7a 

Li Ceossi 2$ 

Crosses, Balles, Guichets , etc j4 

Le Joueur de Boule ou Kouleur 2? 

Le Frappeur ibid. 

Le Gardeur da Guichet 

La première Chasse courte ibid. 

La Marque ibid. 

L'Avantage ibid. 

L'Arrêt de longueur 21 

La longue Chasse, pour couvrir la courte ibid. 

Le Couvreur de la Marque et du Gardeur de Gnî- . 
chet ibid. 

Le Long-Champ de droits ibid. 

Le Long-Champ de ganche 7 S 

Lois de la Crosse ibid. 

Simple Crosse 81 

GYMNASTIQUE 81 

EîCKECICH GimflSTIQOES 86 

Marcher 88 

Courir ibid. 

Sauter ibid. 

Barres parallèles jjg 

Barre horizontale go 

Le Saut en longueur 

Le Saut en profondeur ibid. 

Le Saut en hauteur , g» 

Le Saut eu hauteur aveo la perche 

Le Saut en profondeur arec la perche ibid. 

Digiiizad by Google 



DES MATIERES. H.) I 

Le Saut en longueur avec lu perçue Page g3 

Voltige. M 

Grimper à la Corde <jï 

La Planche ibid. 

Monter à l'Échelle 96 

Grimper sur la Perche perpendiculaire pu droite, ibid. 
Pus vola h s 27 

RÉCKÉiTIOS! GY MIT ASTIQUES, iftÛf. 

Santer sur ses Doigts 98 

Le Triomphe ibid. 

Le Javelot gj) 

Porter déni Personnes liirf. 

Se Coucher et se Relever 100 

Le Livre volant. ibid. 

S'agenouiller ibid. 

La longue Atteinte ibid. 

Passer la Jambe par-dessus la Chaise. ........ ma 

Le Tour complet ibid, 

L'Essai du Pouce Ifi3 

Le Kessort de la Main ibid. 

L'Étendue en se baissant. loi 

La Chuta U3Î 

L'Eiploit des Doigts ibid. 

Double et triple Tour 1116 

Lever à bras tendn ibid. 

Sauter avant de regarder. ibid. 

La Houle de bois ig-j 

L'Essai de Tantale ibid. 

Oter une Chaise de dessous vous sans tomber. . . 108 
Le Tour de la Pelle „ ibid. 

Digilized by Google 



g 2 TABLE 

La Poulie Page 109 

Le Ventre à la Bouche 110 

Le Sou attrapé. ibid. 

Les Écliasse III 

L'Escrime - . - . 1)3 

Fleuret», Masques, etc 1 1 4 

Manièie de tenir le Fleuret ibid. 

Garde ordinaire de Qnarte et de Tierce n5 

Engager et Dégager ti6 

I,' Avance et la Retraite ibid. 

Les simple» Parades de Qnarte et de Tierce. . . ■ 117 

Les Parades d'Octave et de Demi-Cercle 1 18 

Les simples Parades de Seconde et de Prime. . . iiq 



S'Allouger, se Fendre ; Coups de Quarte , Quarte 
sur te bras, et Tierce 

ÇggjM de Quarte basse , d'Octave , de Seconde et 
de Prime 

Variations et Leçons inr Engager et Dégager, 
Avancer et Reculer, Parades simples , et Coupa 



de Quarte et de Tierce ibid. 

Leçons et Variations de Demi -Cercle, Quarte 

basse et Octave n3 

Leçons et Variations de Prime et de Secoude. . . ia5 

Le Saint 11R 

Les Contre- Parade» de Quarte et de Tierce iafl 

Cootre -Dégagement d'Octave et Demi-Cercle i3o 

Les Coutre-Dégagemeas de Prime et de Seconde. | 3i 
Leçons et Variations tat les Cou ire -Parades de 
Quarte et de Tierce , et les Coiitre-Dégagemeos 
d'Octave, etc ,A,J. 



Digilized by Google 



DES MATIERES . ig3 

Fêlâtes Page '33 

Coup mr la Pointe i34 

Coup dn Poignet ibid. 

Retour Sur l'Extension l35 

Appels, Coupa but la Lame, et Glissades ibid. 

Le Coup a temps l36 

Leçons et Variations des Feintes, Appels, etc.. . ibid. 

Le Salut avant les Assauts i4o 

Désarmer I4l 

Observations pratiques I4a 

LA NATATION 146 

Remarques du docteur Buchan 148 

Avis du docteur Franklin aux Nageurs l5o 

Instructions pratique* 1 1S8 

Entrée dans l'Eau ibid. 

S'étendre 160 

Bouchons et Vessies 161 

La Planche 166 

La Corde et autres aides 167 

Perdre pied 169 

Nager en Demoiselle 171 

Nager sur le cûté ibid. 

Nager comme uu chien 173 

Le Marsouin, uu la Coupe ij3 

Nager et Flotter sur le dos 1 74 

Se Tourner en nageant 175 

Montrer les Pieds ibid. 

Battre l'Eau, etc ibid. 

Plonger 176 

Nager entre deux eau» 17J 



Digitized by Google 



I(j4 TABLE 

La Crampe Page 178 

Temps et Endroits pour Nager. 180 

Dernières Remarques |8[ 

AMUSEMENS ARITHMÉTIQUES .83 

Dire tout Nombre pensé 186 

Seconde manière 188 

Troisième manière ibid. 

Quatrième méthode ibid. 

Dire deux ou plusieurs nombres pensés j8<j 

Le Jeu de l'Argent 1Qa 

Le Jeu de l'Anneau.. ij)3 

Le Jeu du Sac 10,4 

Le Nombre Neuf. igj 

Le Jeu certain ig6 

Siècle magique igg 

Deviner un Chiffre ùté a( >| 

Le Dé deviné sans le voir 

Le Souverain et le Sage 20a 

Le Marché du Maquignon ao 3 

La Partie de Dîner 

Combinaison d'un Anagramme ao4 

Le Panier et les lierres 

La Souricière arithmétique 30 5 

AMUSEMENS MAGNÉTIQUES ao 7 

Manière de faire des Aùnaus ai(> 

Aimans d'acier.. ait 

Le Cygne merveilleux t ala 

Le Poisson magnétique aI $ 

S'assurer si une substance contient du fer 314 

Les Bouquets magnétiques 



Digitized by Google 



DES MATIERES. I$5 

Le Cadran miraculeux Page ai6 

Montrer que les Aiinans se tournent toujours à peu 

près vers le nord et le sud ar8 

La Boite divinatoire a'9 

Les Perspectives magiques »»" 

La Table magnétique "7 

L'Oracle magnétique , aa8 

La Moncbe intelligente - a3o 

Les Cercles magiques a34 

La Montre obéissante »38 

Magnétisme eiagéré »3o, 

AMUSEMEPJS D'OPTIQUE 

La Chambre obsenre a43 

La Chambre obscure grossissante a47 

La Chambre obscure prismatique a*8 

Chambre claire a4g 

Le Polémoscope aSo 

Le Kaléidoscope a5i 

La Lanterne magiqne a55 

L'Apparition afig 

La Lanterne magique nébuleuse 260 

La Fantasmagorie a6i 

Microscope solaire , . a6a 

Construire une Lanterne qui aidera quoiqu'on à 

lire la nuit à une grande distance a63 

Les Ombre» chinoise ibid. 

Le Miroir merveilleoi a65 

Anamorphose ingénieuse 067 

Le Paysage troublé attg 

Autre Anamorphose ibid. 



Digilized by Google 



I96 TABLE DES MATIERES. 

Illusion singulière Page »?3 

Antre 374 

Faire paraître devant uu verre convexe nn objet 

place derrière iÙid. 

L'Argent multiplié ■ . . »75 

L'Astronome et le Fon , ibid. 

AMUSE MENS AÉROSTATIQUES 277 

Construire un Ballon 283 

Vernir les Ballons aS4 

Salions en miniature 285 



UN DE LA T*BLK DU FKEMIKH VOLUME. 



Digitized by Google 



Drgilrzed by Google 



ENCYCLOPEDIE-RORET. 



COLLECTION 

rOnlIANT HHB 

ENCYCLOPÉDIE 

DES SCIENCES ET DES ARTS, 

FORMAT IH-l8 

Par une réunion de Savans et de Praticiens; 
MESSIEURS 

AMMOI, ABBEflHK. BlOT. B.HST, BUTO*. BolaUBY.L. Boituid. 
BOK. liOBT.M-.*!., Bm.M,, I ...L.V. Ci..^*b, f»l*IU, 
Cnnoii, C0MT*«Tm, Db G»ffim, D. Li««>. P. De- 
MWKMm, Diiiou, DWAWM», F»»™™»», GlUmL. Hebib, 
ïleoi, Jabuib. J.'li»-Fdbt«,e,.l«, Jouer, Linoii, L»n- 

DB1K, Lillll, LsDHlir, I.KKOAHlIltl , LïlSOH, LoBJOl , 

E. Loimi, F. Mui.ektbe, M«t»ii, Mmfc,Mou.Eii,NiciRt, 

NOIL, PtUTïT, RHO, RlICDD, lïlCniBB, lilïïllOl.T.TlnB*, 

Tiinqim, Tnitmoi m Bebhbioo, Tbillms, Tobhiiit 

ï&IllÉBI,TBBT,VlOQOEtlfsV«BDIM,VEnoniUD,YtlBÏ,elC. 

Xoiu le» Trailéi se icndeol jépuimEnl, ftOO roi tu 



■ p.-r> i l 



>. Toui le» OB»ragPi qui ne porlcni pu «u n« do 

rr : fj'irnirie Enrycfvpfdiyta d* foret n'appartiennent pou 
1 Culltctwndt jlfanur/i-flord qui a eu des ïmiliLenn a de» 



, . iipertonnesquï »nr«iml quelque cboie * non» f«ir« 
pjrmnit d»iu FlBIMl Jn> .cirr.cei ni de» sd". tont priés 
.In l'fniojer fr.mc de port » l'idr.iw du M. le Dirrtliur itt 
ry.. u ^:.,,:iéir-n^n, romul in-18, ihet M. IIoket, liurjif», 
roc ilauiDf.oillt, 13, l Pif h, 



Ma. Imp. d* C 



,Bonr